[Acheter une Ancienne] Comment les pros définissent le prix des anciennes ?

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[Acheter une Ancienne] Comment les pros définissent le prix des anciennes ?
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Quel est le bon prix pour une ancienne ? On pourrait relancer une émission présentée par Philippe Risoli mais il est presque sûr qu’elle susciterait des polémiques. Car le prix de nos voitures anciennes est compliqué à fixer. Mais pour certains pros, c’est toute une partie de leur métier dont on parle ici. Alors on en a interrogé plusieurs pour croiser leurs méthodes.

Comment un expert automobile donne le prix d’une auto ancienne ?

On va commencer par le métier d’expert car c’est effectivement leur métier de donner le prix d’une voiture ancienne, même si eux ne la vendent pas (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas inclus dans le processus d’achat).

Pour cela, on a profité de Sport et Collection pour interroger Frédéric Dubois de Classic Expert sur les méthodes d’un expert.

On commence par l’influence de l’état de l’auto ancienne sur son prix.

“Quand un élément mécanique est neuf, évidemment c’est une plus-value. À l’inverse, quand il faut le changer, c’est une moins-value. Après cela dépend quand même des autos dont on parle. Quand il y a la distribution à faire sur une Testarossa, le prix de l’intervention est énorme et forcément cela impacte celui de l’auto entière. Notre rôle est aussi de connaître le prix de ces pièces pour ajuster le curseur et bien placer le prix final de l’auto.”

L’expertise est souvent faite par le propriétaire, est-ce qu’il essaye d’influencer le prix final ?

“Il n’essaie pas vraiment d’influencer mais sans lui on ne peut rien faire. Récemment le propriétaire d’une Dino m’a dit qu’il avait fait refaire la boîte. Le souci, c’est que ça ne se voit pas donc plus le propriétaire est préparé, plus il nous donne d’infos, plus il a de facture, mieux on pourra définir le bon prix d’une auto ancienne.”

Et en dehors de cet état, qu’est-ce qui change influe sur le prix d’une auto ?

“Son histoire et son authenticité. On en revient à l’état puisque l’historique d’entretien est important. Après on ajoute la couleur par exemple. Si elle était rose, ça aurait été négatif, sauf si elle apparaît comme cela dans un film par exemple. L’authenticité et la conformité historique sont importants. Récemment un monsieur nous a fait expertiser une DS Pallas, avec tous les éléments, sauf que c’était une ID. Authenticité et conformité ne vont pas forcément de paire !”

Ensuite, quels sont les éléments que vous recoupez pour définir un prix ?

“On recoupe au moins deux ou trois cotes mais ce n’est pas suffisant. Pour les voitures rares on regarde les enchères, pour les plus courantes on scrute les annonces et enfin les sites internet spécialisés. Parfois on se rend compte que les cotes ne sont pas du tout concordantes, à nous de bien placer le curseur.”

Un vrai métier en somme… un peu impacté par les méthodes des autres pros qu’on a interrogé. Alors on continue !

Comment une maison de vente aux enchères fixe ses prix ?

Autre métier qui doit fixer des prix : les maisons de ventes aux enchères. Sauf qu’ici on est dans un cas particulier où ce sont des estimations qui sont fixées.

Pour avoir plus d’infos, on a interrogé Stéphane Pavot, directeur du département automobiles d’Osenat, d”abord, sur ces fameuses estimations.

“Les maisons de vente aux enchères ne donnent pas un prix fixe, mais une estimation, pour les automobiles anciennes comme pour n’importe quel lot. On retrouve donc une estimation basse et une estimation haute qui donnent une fourchette. C’est dans cette fourchette que devrait se réaliser la vente. Le prix final dépend ensuite du “jeu” des enchères.”

Ces estimations sont données avant la vente et représentent une grosse caractéristique de l’auto qui sera incluse dans le catalogue. Mais il faut aussi contenter le vendeur qui confie en fait son auto à la maison de vente.

“Notre travail est de trouver un terrain d’entente entre les prétentions du vendeur et la réalité du marché. Certains pensent avoir une véritable pépite mais ce n’est pas toujours le cas. Ainsi, il nous arrive souvent de refuser des automobiles lorsque les prétentions du vendeur sont trop élevées. Enchères ou pas, on ne peut vendre n’importe quelle auto à n’importe quel prix.”

Du coup, le prix du marché est toujours à scruter !

“En ce moment le marché est très dynamique. Mais il faut, en effet, le surveiller pour ne pas proposer des estimations trop faibles ou trop hautes. Cependant certaines autos offrent parfois des surprises. Nous vendons, par exemple, toujours très bien les avant-guerre.”

Après ces deux métiers un peu particuliers, on va s’intéresser à des métiers encore plus tournés vers la vente.

Comment un négociant spécialisé fixe son prix ?

Pour cette partie on a demandé l’avis de Kristoff Vinter-Koch, spécialiste des américaines et en particulier des Mustang, qui dirige Wild Cars.

“Le facteur numéro 1 pour fixer le prix d’une ancienne, pour moi, c’est son état. Une restauration concours n’est plus, aujourd’hui, le graal, les connaisseurs recherchent d’avantage un état de préservation d’origine exceptionnel. En outre, une voiture modifiée perd énormément de sa valeur. Cependant certaines modifications peuvent jouer sur le prix quand il s’agit de fiabilisation qui n’altèrent pas l’aspect d’origine comme un allumage électronique par exemple. Mais il faut aussi regarder la rareté, les options, l’historique (sa traçabilité, les factures, etc) ou la combinaison de couleur, si elle est rare.”

L’état est important, mais même sur un segment très spécialisé, le marché joue ?

“Dans mon cas, le marché américain dicte ses prix pour les autos… américaines. En effet, ce marché est particulier et les américains connaissent mieux que quiconque ses spécificités. Les prix sont très élevés pour certains modèles, ce que les européens ont du mal à assimiler. Au delà d’un certain montant, il devient difficile de vendre une belle auto rare à un français, moins à un suisse, un allemand ou un suédois. Question de culture.”

La question rituelle : au delà du marché, quelle est l’importance de la cote ?

“La cote la plus utilisée aux USA est la cote Hagerty, elle regroupe toutes les marques dont les marques européennes. Les cotes des américaines, publiées en France, sont souvent complètement à coté de la plaque, tant ce marché évolue vite au gré des modes.”

Un exercice pas si évident… qui peut d’ailleurs être impacté par le cours du dollar face à l’euro !

Comment établit-on le prix pour un dépôt-vente ?

Comme il n’est pas toujours aisé de vendre soi-même une auto, et comme tous les négociants ne sont pas prêts à vous reprendre votre belle, vous pouvez aussi faire appel à un dépôt-vente. Un métier un peu à part puisque, comme pour les enchères, il met en relation un triptyque vendeur – intermédiaire spécialisé – acheteur.

Pour cette partie on a interrogé Charles Champeroux qui joue ce rôle d’intermédiaire spécialisé pour des autos, souvent sportives à l’image de la MG C qu’on avait essayé, avec Tastycars.

“Le dépôt-vente c’est toujours un peu délicat. Il faut savoir vendre pour contenter le vendeur sans pour autant abaisser trop ses critères par appât du gain. En fait il faut toujours avoir la tête froide et rester sur la ligne directrice de son entreprise.”

L’acheteur voudra forcément vendre au meilleur prix. Du coup, n’aurait-il pas une influence sur le prix de l’auto ancienne ?

“La vente n’est jamais dans le sens d’une personne, que ce soit le vendeur ou l’acheteur d’ailleurs. Si l’auto proposée est de bonne qualité, elle intéressera les bons clients. J’entends par là, ceux qui ont le même esprit que nous !
Concernant cette qualité, c’est à nous de sélectionner les autos qu’on nous propose. Ensuite, définir son prix n’est pas compliqué puisque notre métier est aussi de connaître le marché et de pouvoir adapter le prix en temps réel.”

Conclusion

Des techniques, il y en a beaucoup. Et encore, on ne vous a pas demandé comment VOUS fixez le prix de votre ancienne avant de la mettre sur un site d’annonce ou dans un magazine spécialisé.

Cependant n’oubliez pas : soyez réalistes, scrutez le marché, et si vous êtes perdus, regardez la façon dont travaillent ces pros. Et puis vous pouvez toujours passer directement par eux, dont c’est le métier !

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