Course de cote de Gaillon, les Ancêtres ont encore du souffle !

Ce week-end on fêtait les 120 ans de la Course de cote de Gaillon. Déjà réunir une cinquantaine d’autos datant d’avant 1930 est déjà une gageure, mais quand en plus ce rendez-vous n’a lieu qu’une fois tous les dix ans, on se dit qu’on ne peut pas rater ça ! Et si pour faire bon poids on rajoute la venue d’une méga star italienne en la personne de la Fiat S76 dite The Beast, alors on prend la route de l’Eure dans l’heure et on va voir la Rétrospective Historique de la Montée de la Côte de Gaillon !

Gaillon, son château, sa cote, sa bête !

C’est en septembre 1889 qu’eut lieu la première édition de la course de côtes de Gaillon, et ça dura jusqu’en 1932 avec quelques coupures. Comme à l’époque c’est toujours la rampe de Sainte Barbe qui est utilisée, sur 1000 m avec un pourcentage moyen de 10%. À cette époque le défi relevait de la prouesse pour enlever la victoire. Et comme celle de Chanteloup-les-Vignes le public venait nombreux.

Pour la petite histoire c’est un Français, René Thomas, qui détient le record avec 20,6 s sur une Sunbean de 18L de cylindré, ça laisse rêveur. Pour cette édition Course de cote de Gaillon 2019, aucun record n’était à battre et nul question de chronométrage. C’était juste le plaisir de l’exhibition. Le plateau est constitué de voitures qui auraient pu réellement y participer. On retrouvait un joli choix de voitures avec des Darracq, des Sizaire, des Darmont autant de marques qui ont disparu depuis longtemps.

Les festivités s’étalaient sur le week-end, le samedi étant réservé à une ballade et l’expo des autos dans la cour du château. Le dimanche c’était les montées, deux le matin et autant l’après-midi. Mais le point d’orgue de la journée résidait, bien sûr, dans la venue de l’incroyable Fiat S76. En tout cas, tant pour les passionnés que le public, tout le monde est venu nombreux pour admirer ces magnifiques autos.

Un plateau de choix pour la Course de cote de Gaillon

Avec une cinquantaine de voitures on se serait presque cru au Vintage Revival Montlhéry qu’on peut revivre ici. J’ai même croisé quelques autos ayant participé à la dernière édition. À l’image de la Darracq V8 200HP, qui remporta l’épreuve en 1906, les voitures sont parfois très brutes avec un gros moteur, un châssis, quatre roues et basta, on roule comme ça !

La De Dion Bouton de 1913 et son moteur Curtis de 8,3L en est le parfait exemple. Toujours dans le sublime et l’énorme, on pouvait admirer un trio de brutes a savoir la Mercedes GP 1913, la démesurée American La France de 1918 et surtout l’incroyable Panhard et Levassor X46 et sa carrosserie skiff.

(cliquez sur les images pour les légendes)

Des marques moins connues car disparues étaient représentées à la Course de cote de Gaillon, comme les Amédée Bollée ou une Sizaire Frères, deux sportives superbes. Mais les participantes n’étaient pas que des sportives, on retrouvait également des familiales/routières de l’époque comme cette Bayard Ac4, une Panhard X45 ou une rare Invicta de 1928.

Les petites sportives françaises étaient bien présentes avec un trio tout aussi intéressant que vitaminé. Ce groupe était constitué d’une incontournable Bugatti 37, de plusieurs Amilcar et d’une BMC 527 de 1926. Mention spéciale, et même si ce n’est pas une Française, à l’ami Vincent Chamon et sa GN Martyr de 1930, et organisateur du fameux VRM.

La star : la Fiat S76, la bête de Turin !

Surnommée The Beast par les Anglais, cette auto mérite amplement ce qualificatif tant l’engin est digne des enfers de Dante. La bestiole ne fut construite qu’à deux exemplaires en 1911 et uniquement pour battre des records. Notamment celui du record du monde de vitesse qu’elle battra mais ne réussira jamais à l’homologuer, l’histoire reste assez compliquée à ce sujet.

Reste que la voiture est juste hors norme, le moteur est un 28.353 cm³, oui vous lisez bien 28L de cylindré issue d’un dirigeable et qui développe 290 Cv. C’est un énorme moteur 4 cylindres à refroidissement liquide qui pèse à lui seul la moitié du poids de l’auto, soit presque 2 tonnes en ordre de marche. L’Italienne possède des mensurations à faire pâlir beaucoup de ses contemporaines. Avec une longueur de 3,75 m, une largeur de 1,30 m pour une hauteur de 1,55 m, sur les photos on se rend bien compte de la grande hauteur du radiateur.

La voiture a été redécouverte au début des années 2000, en plusieurs parties, par un anglais. Le châssis de la N°1 en Australie et le moteur est celui de la N°2. Pour le reste avec quelques plans, croquis et photos anciennes on attaqua la reconstruction.

La grosse bête rouge est prête pour Goodwood 2017. Lors de la Course de cote de Gaillon c’est la première fois qu’elle foule le sol continental. En tout cas ce dimanche ce fut l’attraction, il est vrai que la bête souffle et crache des flammes comme un vrai monstre sorti des enfers. Son râle est puissant et la fait ressembler à un dragon, c’est juste à la fois énorme et magique !

Et un petit bonus, qui vient de notre page Facebook (c’est par là), la voici en vidéo :

The Beast arrive à Gaillon !

Publiée par News d'Anciennes sur Dimanche 29 septembre 2019

La Course de cote de Gaillon : que du bonheur !

Avec le temps façon crachin breton, on aurait pu craindre le pire, et bien non ! Les autos et une moto, faut le dire, étaient là pour en mettre plein les yeux, les oreilles et même le nez avec les bonnes odeurs de ces anciennes pleines de vie ! L’organisation était plus qu’au top et je leur tire mon chapeau au passage. En espérant ne pas attendre encore dix ans avant de revoir une belle manifestation comme ça !

Merci à l’ami Igor d’avoir soufflé le conseil à Benjamin, je ne fus pas déçu !

On se quitte avec une grosse série de photos :

bertrand
photographe/reporter
rédacteur et photographe à news d'anciennes.
Passionné d'histoire et de véhicules anciens, il rejoint la rédaction de news d'anciennes en 2015. Armé de son fidèle Nikon, il écume les rasso et salons pour vous les faire découvrir.

6 commentaires sur “Course de cote de Gaillon, les Ancêtres ont encore du souffle !”

  1. C’était en effet une manifestation à ne pas rater !
    Entre la monstrueuse Fiat qu’on voit à peine monter la côte et la petite Georges Richard qu’on a le temps de saluer, on pouvait admirer une belle collection d’autos dans ce musée roulant !
    Vivement dans 10 ans !

  2. la “bête de turin” a déja été présentée par Duncan Pittaway a retromobile en 2016,avec démonstrations de roulage à l’extérieur

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