La Bugatti Type 37, plus qu’une petite Type 35

Il y a quelques jours, à Montlhéry, les Bugatti étaient à la fête au milieu de cet événement à l’ambiance si particulière qu’on vous fait revivre ici. Parmi la forte délégation de “Pur Sang” de la marque, les Type 35 étaient présentes, mais aussi de plus rares Bugatti Type 37. C’est à elle qu’on s’intéresse aujourd’hui.

La Bugatti Type 35, la Bugatti aux 2000 victoires

Les Bugatti en course ce sont d’abord les Type 13. Quand elles arrivent à être dépassées, Bugatti va créer une des autos les plus mythiques de la course automobile : la Type 35.

Elle est la première a adopter la calandre en fer à cheval. Cette calandre étroite annonce qui va derrière, la salle des machines. On utilise le 8 cylindres des autos précédentes. Le moteur est constitué de deux blocs de 4 cylindres en alu, surmonté d’une culasse à simple arbre à came en tête. Trois soupapes par cylindres, deux litres de cylindrée, deux carburateurs, et 100 chevaux à 5000 tr/min au bout. Voilà pour les chiffres. La transmission est assurée par une boîte à 4 rapports.

Le châssis est plus évolué. Molsheim est parti d’une feuille blanche pour le construire. Les longerons sont fabriqués avec des sections évolutives. On ne prend pas une poutre métallique qui traverse la voiture. Ainsi on économise du poids. Les suspensions sont à lames, les freins sont à tambours et actionnés par câbles.

La voiture fait 750 kg et avec sa puissance, elle peut monter jusque 210 km/h !

Pour démocratiser le mythe : la Bugatti Type 35A

La Bugatti Type 35 s’impose d’emblée comme une redoutable arme en course. A Molsheim on décide donc d’en vendre mais… pour la route ! Si on reprend le châssis, le 8 cylindres est monté sur des roulements différents, la puissance et le régime maxi baissent.

Entre 1925 et 1928 la marque française vendra environ 130 exemplaire de la 35 A aussi surnommée Tecla, le nom d’un fabricant français de bijoux en “toc”. En effet, pour beaucoup la 35A reste une imitation de la 35.

La Bugatti Type 37, une 35 à quatre cylindres !

Si on voulait résumer rapidement et de façon presque caricaturale la Bugatti Type 37, on dirait que c’est une Bugatti Type 35A mais avec un moteur réduit de moitié. Elle apparaît en Novembre 1925. Le châssis, la carrosserie et la transmission sont les mêmes sur les 35 et 37. Les roues sont les mêmes, à rayon, que celles de la 35A et différent des superbes jantes emblématiques de la 35.

Mais le moteur est une vraie nouveauté. C’est vraiment un demi 8 cylindres, mais celui de la 35 est de trop petites cylindrée pour servir de base. On part de celui de la Type 28. A l’arrivée le 4 cylindres fait 1496 cm³ et développe tout de même 60 chevaux. Il garde en effet quelques raffinements, l’arbre à came en tête et les trois soupapes par cylindres.

Forcément la voiture est moins véloce, mais son poids est aussi réduit. 150 km/h en pointe, c’est bien assez !

Les Bugatti Type 37 se retrouvent en compétition

L’avantage de la Bugatti Type 37 au final, cela va être sa cylindrée. Avec moins de 1.5 litres, elle remplace la vieillissante Brescia en course. Forcément la Bugatti Type 37 ne remporte pas de grandes courses, face à des autos plus puissantes. Elle se classe néanmoins régulièrement dans les 15 premières des grandes courses internationales telles que les 24h de Spa, les Grand Prix d’Allemagne ou la Targa Florio.

On notera notamment la victoire d’une auto au Grand Prix de l’ACF 1928 dans sa catégorie.



Pour aller plus loin, la Type 37 A

A partir de 1927, Bugatti a sorti une Type 35 C, qui garde le 8 cylindre et lui ajoute un compresseur. La recette est bonne et la firme alsacienne va l’adapter à son moteur 4 cylindres. La puissance grimpe alors à 90 ch et la vitesse de pointe frôle les 190 km/h.

Ces belles performances vont se prouver en compétition. Les Bugatti Type 37A brilleront derrière les Type 35, sauf… en Italie ! Le 9 Septembre 1928, le monégasque Louis Chiron va imposera sa machine à Monza pour le Grand Prix d’Italie. C’est la seule victoire d’une 37 sur un Grand Prix du championnat du monde.

La production des Type 37 et Type 37A s’arrêta en 1931. 286 autos sortirent des usines, dont 86 dans la version compressée.
Certes l’auto est restée dans l’ombre de la mythique Type 35 sur la piste. Mais ses résultats en course et au final ses performances et sa particularités font qu’il ne faut pas la réduire à une simple Type 35 “downsizée”.

Les Bugatti Type 37 de nos jours

Forcément c’est une auto sportive, rare et donc chère. Les 37 normales tournent autour des 400.000 €, les 37A dépassent les 500.000 €.

Parmi les autos vendues ces dernières années, on a vu passer de beaux modèles aux enchères. Osenat détient ainsi le record du monde pour le modèle avec les 920.000 € signés par cette auto en 2015. RM Auctions avait signé une belle performance en 2014 avec une auto à 965.000 $.

Photos : Cedric, Gaultier, Vincent, Bertrand et Benjamin pour News d’Anciennes

 

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes

Passionné d’automobile ancienne, il a créé News d’Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.

Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu’elles sont un peu plus rapides !


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