Max Hoffman, un Américain à la Commande des Roadsters Européens

Les automobiles sont conçues par des ingénieurs sur des idées des départements commerciaux et marketing des marques. Ça c’est la théorie. Car il y a des exceptions. Max Hoffman est l’une de ces exceptions. Cet importateur américain est en effet à l’origine de superbes et mythiques automobiles. Voilà son histoire, et son oeuvre donc !

Max Hoffman, un autrichien qui fuit le nazisme

Si l’oeuvre de Max Hoffman peut être connue après-guerre, son amour de l’automobile naît bien avant. Né en Autriche en 1904, sa mère est catholique mais son père est Juif. D’ailleurs le nom a été modifié par la suite mais s’écrit à la base Hoffmann avec deux N. Ce dernier est fabricant de cycles et c’est comme ça qu’il grandit dans le milieu de la mécanique. Il s’intéresse d’abord aux première motos, des DKW propulsées par des moteurs de 122 cm³.

Il passe à l’automobile et devient même pilote sur une Amilcar offerte par son père. Ses succès sont tellement remarqués que Grosse et Friedmann se lance dans la fabrication d’Amilcar produites sous licence autrichienne. Ce sont les Grofri. Parallèlement il développe également son côté commercial. Ainsi il est agent de Smoliner et Kraky, l’importateur exclusif en Autriche des marques Auburn, Cord et Duesenberg (du même groupe), de Pontiac et de l’italien Lancia. Il crée ensuite sa propre enseigne, Hoffman et Huppert qui importe les marques anglaises Rolls-Royce et Bentley, les françaises Talbot et Delahaye, l’italien Alfa Romeo et devient le premier revendeur Volvo en dehors de Suède !

Le 12 Mars 1938, l’Allemagne Nazie d’Hitler, lui même autrichien, annexe le pays voisin. A moitié Juif, Max Hoffman fuit vers la France où il continue ses activités dans l’automobile en travaillant avec Joseph Ganz sur le développement d’une petite sportive à deux place. Mais la guerre le rattrape et il débarque à New York en Juin 1941.

Des bijoux en toc aux bijoux automobiles

Max Hoffman le “bijoutier”

Aux USA, l’offre automobile est énorme. Et comme les marques européennes ne sont pas importables pendant la guerre, il se tourne vers une autre activité. Les femmes américaines n’ont pas toutes les moyens de se payer de beaux bijoux. Alors Max Hoffman lance la fabrication de bijoux en plastique plaqué de métal. Sa fortune est faite et il gagne au minimum 5000 $ par semaines, l’équivalent actuel de 8 million d’euros !

Retour à l’automobile

En 1947, Max Hoffman fait son retour dans l’automobile en créant la Hoffman Motor Company. En 1948 il devient l’unique importateur des Jaguar à l’est du Mississipi ! Il importe également les 20 premières Volkswagen aux USA en 1949. Dès 1950, il devient importateur unique de la marque aux USA.
Sa fortune grossit et il devient très influent aux USA. Ses relations avec Volkswagen le conduisent naturellement auprès de la marque Porsche. Après une rencontre avec Ferry Porsche qui espère lui faire vendre 5 autos par an, il décide de relever le défi de vendre très vite 5 autos par semaine. Dès 1950 il vend 32 autos Porsche 356 et 283 l’année suivante !

Peu à peu il devient également distributeur de BMW, de Mercedes et d’Alfa Romeo.

Max Hoffman l’influenceur d’usines !

Le premier fait d’arme de Max Hoffman comme influenceur d’usine se fait avec Porsche. Fin 1954, les Porsche gagnent des courses aux USA mais sont trop chères pour bien des clients potentiels. Afin d’élargir cette assiette, Max Hoffman persuade la marque de produire la Speedster, une auto dépouillée, abordable et performante. D’emblée c’est un succès.

Il persuade, la même année, la marque BMW de se lancer elle aussi dans la production d’une auto sportive et élégante. Elle sera propulsée par le V8 dérivé de la 503 et habillée par Albrecht Von Goertz selon un dessin élégant. C’est la naissance de la BMW 507 (lire : Modèles à la une : la BMW 507, finesse absolue). Pour le coup, c’est un raté. Max Hoffman espérait vendre 5000 autos à 5000 $ pièce mais le prix de vente est finalement, quand elle arrive enfin en concessions fin 1956, de 10.500 $. Trop cher. La marque allemande perdra tellement d’argent sur ce projet qu’elle passera tout prêt de sa fin !

Toujours en 1954, c’est Max Hoffman qui lance la Mercedes 300 SL ! La voiture, qui n’est alors qu’une auto de course, est connue outre atlantique grâce à sa victoire remarquée et remarquable à la Carrerar Panamericana 1952. Pour convaincre l’état major de Stuttgart, il commande 1000 voitures et signe un confortable acompte. C’est sur son stand qu’elle est révélée au salon de New York. La voiture sera un succès et c’est toujours Max Hoffman qui propose de remplacer le coupé par un roadster pour compléter vers le haut l’offre née de la 190 SL. Pour en savoir plus : La Mercedes-Benz 300 SL, le Papillon qui Vaut des Millions.

Mais il n’a pas de l’influence qu’aux USA. En 1955 il bénéficie également du succès de l’Alfa Romeo Giulietta Sprint. Les américains sont friands de Cabriolets, Max Hoffman suggère donc à Milan de lancer la production du Spider qui sera un succès commercial.

En 1961, il n’est plus le revendeur exclusif des Jaguar mais touche des royalties sur chaque vente. Alors que la Type E se profile, il suggère que pour le marché américaine elle garde une terminologie plus connue. Ce sera donc aux USA la Jaguar XKE.

Dernier coup d’éclat de Max Hoffman comme influenceur, à la fin des années 60. Alors que BMW s’est relancé avec les Neue Klasse, la 1600 arrive. Pour le marché américain il demande qu’un moteur plus puissant soit disponible. L’hélice lancera alors la série des 2002, qui sera elle aussi un beau succès.

Max Hoffman l’amateur d’art

En 1975, il prend sa retraite en restant propriétaire de son incroyable réseau. La seule marque qu’il perd, c’est BMW qui rachète le réseau de Max Hoffman en 1975. Il passe son temps à voyager et à accroître sa collection d’œuvres d’art. Sa résidence New Yorkaise en est d’ailleurs une. Dessinée par Frank Lloyd Wright, comme la concession Jaguar de New York, cette maison est désormais réputée.

Il décède en 1981. Son testament trop léger entraînera cependant l’explosion de son empire.

Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

3 commentaires sur “Max Hoffman, un Américain à la Commande des Roadsters Européens”

  1. Bonjour,

    Bel article publié sur un blog sympa. Toutefois vous commettez une grosse erreur: à part la Porsche, aucune des autos présentées n’est un roadster.

    1. Je suis plutôt d’accord avec ça mais jamais la 300 SL n’a été présentée comme un cabriolet. Idem pour la BMW 507.
      Ce sont des cabriolets mais on nous les vends comme des roadsters

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.