Résultats d’Artcurial à Retromobile 2018, les stars font faux bond, les autres assurent

Artcurial à Retromobile 2018 c’étaient trois ventes aux enchères avec toutes des catalogues de fou. On a scruté les résultats et les voici avec quelques photos des autos exposées. Après les ventes de RM Sotheby’s et Bonhams en demi-teinte, elle était attendue.

La vente Artcurial à Retromobile 2018

On aurait pu croire la vente mal embarquée quand la Ferrari 275P a été annulée. L’auto passera peut-être chez Artcurial, mais pas tout de suite. En attendant, le catalogue de cette première vente de Vendredi était tout de même bien fourni. Au final Artcurial signe de beaux résultats. 31.815.566 € et 86 % de lots vendus, c’est franchement bon… surtout quand on regarde ce qui ne se vend pas, et le fait que beaucoup d’autos n’atteignent pas l’estimation haute.

Pour une fois nous étions deux à être passés à la vente. Le temps de voir les horribles spéculateurs qui peuplaient la salle. En fait non. On y a vu des passionnés, comme vous et nous, avec simplement un porte feuille bien rempli. Le but n’était pas forcément d’acheter une auto sur laquelle faire une belle culbute. Non, certains étaient bien là pour un lot, celui qui manque à leur collection, leur coup de cœur. Bref, on ne peut pas vous dire que toutes ces belles iront à des passionnés qui les sortiront tous les week-end. On ne peut pas non plus vous dire que ce sont des spéculateurs qui font le chiffre de ces ventes.

Les résultats sont donnés frais compris.

Les stars de la vente

La grosse estimation

En l’absence de la Ferrari 275P, la plus grosse estimation revenait à une autre Ferrari. Une des 40 Série I, qui ressemble à une California Spider LWB mais qui reste un cabriolet Serie I. C’est une des seules 11 à rester matching numbers. Estimée entre 7 et 9 millions d’euros, elle ne se vend pas.


Du coup, le trio de tête est composé de la magnifique Bugatti Type 57 Atalante, Matching Numbers estimée entre 3 et 3.5 millions d’euros qui part à 2.903.200 € avec les frais. Suit la Ferrari FXX à 2.674.400 € et la Maserati A6 GCS/53 Spyder à 2.445.600 €.

Les insolites

La première auto insolite de la vente Artcurial à Retromobile 2018 qu’on avait noté était la Monica 560. Le très grand luxe à la françaises des années 70 estimée entre 100 et 130.000 € et qui tient son rang à 107.280 €.
Autre insolite, la Deep Sanderson ex-24h du Mans 1963, Estimée entre 50.000 et 80.000 € cette auto ne sera pas au départ de Le Mans Classic avec un nouveau propriétaire puisqu’elle ne se vend pas.
La dernière insolite, la DeTomaso Vallelunga Compétition, une des seules 50 autos produites, était estimée entre 200.000 et 300.000 €. Finalement elle signe le record aux enchères du modèle en se vendant 292.040 €.

Les résultats des collections de la vente Artcurial à Retromobile 2018

Plusieurs collections étaient proposées lors de la vente Artcurial de Retromobile 2018.

La Collection Volante fidèle aux attentes

Composée uniquement d’auto ayant été carrossées par Vanvooren, rassemblées par l’Allemand Martin Waltz, c’était une des attractions de la vente d’Artcurial à Retromobile 2018.

La massive mais superbe Horch 853 Sport Cabriolet de 1937 dans un état d’origine bluffant était estimée entre 600.000 et 800.000 € et se vend pour 631.960 €.
Côté anglaise, on trouvait une Bentley 4 litres 1/4 de 1938, un modèle unique estimé entre 275 et 350.000 € et vendu pour 278.400 €.

Ensuite trois françaises. La  Bugatti Type 57 Cabriolet ex-salon de Paris 1938, était estimée entre 650.000 et 950.000 € mais elle ne trouve pas d’acquéreur.
L’Avion Voisin C11, la seule voiture du constructeur à avoir été carrossée chez Vanvooren était estimée entre 120 et 180.000 € et s’adjuge 137.080 €.
La plus récente, la Delahaye 135 M Coach de 1950 était estimée entre 250.000 et 350.000 € et grimpe à 286.080 €.

La Collection de Jean Claude Miloé, la 904 cartonne, les 356 déçoivent

La collection de Jean-Claude Miloé comptait de magnifiques Porsche.

La Porsche 356 A Carrera 1600 GS Cabriolet et la B Carrera 2 GT de 1963, étaient estimée entre 800.000 et 1.2 million d’euros mais aucune ne se vend.
Ensuite laa Porsche 904 GTS de 1964, ex-Tour de France 1964 et 1000km du Nürburgring. Estimée entre 1.2 et 1.4 millions d’euros et part pour un très beau 1.873.600 €.
Enfin la 911, une Carrera RS 2.7 de 1973 à l’historique et l’entretien parfait était estimée entre 550.000 et 650.000 € et termine en dessous de l’estimation à 536.400 €.


Un amateur parisien au bon goût

Egalement propriétaire de la Vallelunga, on trouvait 8 autos dans cette collection. On avait noté la Lamborghini Islero noire de 1969 estimée entre 180 et 240.000 € et qui se vend 184.760 €.
La Dino 246 GTS, ex Laetitia Casta, estimée entre 300.000 et 400.000 € part pour 345.680 €, enfin, l’Aston Martin DB4 Serie V SS estimée entre 550.000 et 750.000 € ne se vend pas.

Les Citroën et Maserati de la collection Reinders déçoivent un peu

La Reinders mettait en avant des Citroën, pas forcément mises en avant par leur exposition un poil serrée, et beaucoup d’autos carrossées par Chapron :
– Une DS21 Coupé Le Dandy (50 exemplaires) de 1965 estimée entre 250 et 350.000 € part pour 262.240, un record là aussi.
– l’unique DS21 Cabriolet Palm Beach estimée entre 400 et 600.000 € ne se vend pas.
– la DS 19 Cabriolet Palm beach de 1966, la rouge, estimée entre 400 et 600.000 € reste aussi invendue.
– la DS 21 Berline Lorraine, estimée entre 100 et 150.000 € ne trouve pas non plus d’acquéreur
– la DS 23 ie Berline Lorraine, la seule, estimée entre 180 et 260.000 € est elle aussi invendue

En plus de ces cinq autos, on avait aussi noté Citroën Visa Chrono Groupe B de 1983, avec un beau palmarès d’époque estimée entre 30.000 et 50.000 € qui part à un “petit” 26.224 € et une Maserati 3500 GT au petit kilométrage estimée entre 180.000 et 240.000 € et vendue 241.560 €.

La collection J-G Roger

La collection de J-G Roger était petite mais constituée de belles autos de courses. La VRAIE René Bonnet Aerodjet, celle qui fut au départ, ET à l’arrivée des 24h du Mans 1963 estimée entre 250.000 et 350.000 € ne se vend pas.
L’Alpine A110 1600 S Groupe 4, estimée entre 170 et 210.000 € grimpe à 174.000 €.

La Maserati A6 CGS/53 Spyder de 1954 faisait partie de cette collection et elle est donc le troisième plus gros prix de la vente à 2.445.600 €.
Enfin l’Alfa Romeo 6C 1750 SS 3e série Zagato, qui était au catalogue initial n’était finalement pas présente pour la vente.

Les autos de Rallye

Dernière collection composée d’autos de rallye made in France. La Renault 5 Turbo “1” de 1982 en très bel état et estimé entre 90 et 120.000 € part pour 103.704, la Groupe 4 rouge, estimée entre 120 et 160.000 € s’arrête elle à 131.120 €.
Quand à elle, la 205 T16, estimée entre 140 et 180.000 € part à 154.960 €.

Enfin, LE prototype de l’Alpine GTA, une magnifique sortie de grange estimée entre 20 et 40.000 €, était peut-être dans un trop mauvais état et il ne se vend pas.

Les valeurs sures

En tant que valeur sure de la vente Artcurial à Retromobile 2018, la Mercedes-Benz 300 SL tient son rang. Estimée entre 800.000 et 1 million d’euros, l’auto se vend au dessus à 1.158.760 €.

La F40 est également une valeur sure. Celle proposée par Artcurial à Retromobile 2018 atteint 953.600 €, légèrement au dessus de celle de RM Sotheby’s, mais désormais on est repassé sous le million.


De magnifiques françaises

Logiquement beaucoup de françaises faisaient partie de la vente Artcurial à Retromobile 2018. Pour le prestige, la Bugatti Type 57 Galibier, comme celle qu’on a essayé ici, estimée entre 120.000 et 180.000 € est adjugée pour un joli 244.360 €.
Ensuite la Delahaye 135 Coupe des Alpes Cabriolet Mylord carrossé par Chapron de 1936 était estimée entre 250.000 et 350.000 € et dépasse aussi son estimation à 375.480 €.

L’Hispano-Suiza J12 Gurney Nutting quand à elle signe un record pour ce modèle. Estimée entre 600.000 et 900.000 € elle termine à 643.680 € sous le marteau.

Plus sportive, la Gordini Type 16 de Formule était estimée entre 900.000 et 1.4 millions d’euros mais ne se vend pas malgré un beau palmarès.
La Simca Huit carrossée par Motto parfaitement restaurée était estimée entre 225.000 et 275.000 € ne se vend pas non plus. Dommage on aurait aimé la voir au Mans Classic.


Conclusion ?

Sans proposer la Ferrari 275 P qui aurait pu rapporter entre 30 et 50 millions, et faire doubler le résultat de la vente, et sans vendre la Ferrari 250 GT California, la vente Artcurial à Retromobile 2018 signe de beaux scores. Certes on s’attendait à plus encore, mais comparé aux autres ventes de la semaine, on est clairement dans les mêmes genre de résultats.

Tous les résultats sont visibles ici

Plus de photos à voir ici.

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

10 commentaires sur “Résultats d’Artcurial à Retromobile 2018, les stars font faux bond, les autres assurent”

  1. la deep sanderson est une copie , caisse poly et non alu comme la vraie , les commissaires priseurs l’ont annoncée comme étant éligible à Le Mans , je serai curieux de voir si elle passerait le contrôle d’ éligibilité … peut être une explication de sa mévente … indépendamment du tarif aussi , un peu exagéré ….

  2. Bonjour et bravo pour votre site que je découvre. Un vrai plaisir.
    Bravo également pour votre article particulièrement riche.
    Cependant, je ne partage pas votre analyse. En effet, si on analyse les résultats de la vente “phare”, c’est à dire celle de vendredi, la vente n’a signé que quelques beaux scores et “les autres n’ont pas assurés”. En effet, sur les 128 véhicules présentés, 33 n’ont pas trouvé preneur (25.78%) et 55 se sont vendus en-dessous de leur estimation basse (42.97%). Ce qui fait donc que 68.75% des lots présentés n’ont pas atteint leur estimation basse. Pour rappel, une estimation annoncée est hors frais de vente; donc les résultats doivent être analysés de la sorte.
    On peut donc faire dire tout ce que l’on veut aux chiffres et Artcurial s’y connait parfaitement en la matière.
    Les résultats d’Artcurial, de RM et de Bonhams ne peuvent pas masquer la réalité actuelle qui touche la monde des voitures de collection.
    Faut-il s’en réjouir ? Bien évidemment ! La spéculation qui a fait flamber les prix depuis plus de 10 ans a eu pour corollaire de priver les vrais passionnés de modèles qui autrefois leur étaient accessibles.
    Que les soi-disant amoureux et passionnés de l’automobile arrêtent de se gargariser de la flambée des prix.Un vrai passionné ne peut que se lamenter de cette spéculation. Par conséquent, cet atterrissage des prix est une excellente nouvelle.

    1. Attention, on entend souvent que la flambée des prix prive les “vrais” passionnés de ces autos. Mais rien ne dit que les acheteurs, aussi fortunés soient-ils, ne sont pas des passionnés.
      Autre chose, si une auto qui se vend actuellement 200.000 € arrive à 80.000 €, pas sûr que l’acheteur ait les reins pour payer l’entretien et la restauration qui sont (au moins en partie) attachés aux spécificités techniques des autos en question.
      Il est vrai que la spéculation a marché, mais cela a tiré vers le haut tout le milieu, multiplié le nombre d’ateliers de restaurations et le nombre de fournisseurs de pièces de qualité. Il ne faut pas tout jeter pour autant.
      Enfin, les estimations sont un vaste problème. Entre les vendeurs et les maisons de vente, certains prix sont hauts… sans que l’auto ne soit systématiquement en rapport avec la valeur.

  3. Dans ma jeunesse j’ai eu la chance de vivre la belle époque ou nous roulions en Talbot, Facel, Aston Martin, Lamborghini, Ferrari sans être fortuné. Les voitures roulaient souvent et bien, et si elles sont aujourd’hui dans des grandes collection c’est que nous trouvions les moyens de les entretenir et de les faire rouler. Il y a bien longtemps que je n’ai pas vu sur l’autoroute une DB5, une Miura ou ou 250 GT qui sont pourtant restaurées à grands frais.
    Par ailleurs la hausse des prix obligent de nombreux propriétaire de belle autos achetées “avant” de les vendre à cause des droits de succession. Le marché atterrit doucement mais surement et c’est très bien.

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