L’Alfa Romeo TZ, le meilleur d’Alfa révélé par Zagato

TZ. Ces deux lettres mettent en émoi la plupart des amateurs d’Alfa Romeo. L’Alfa Romeo TZ est une auto conçue pour le sport, mettant à son service tout le savoir-faire d’Alfa Romeo et le dessin de la maison Zagato, dédiée à l’aérodynamique.

De la Giulia, la TZ ne garde presque que le nom

L’Alfa Romeo Giulia TZ, de son vrai nom, donne ses caractéristiques dans son nom. L’auto est développée à partir de 1963 par Autodelta, l’officine de Luigi Chinetti.

De l’Alfa Romeo Giulia, la TZ garde le moteur. C’est le “1600”, un 1570 cm³ à double arbre à came en tête. Le moteur est moderne, et il permet de sortir 112 ch à 6500 tr/min dans la version civile. En course, le moteur est poussé jusqu’à 160 ch, grâce notamment à l’installation d’un système à double allumage, le Twin Spark ! Belle puissance ! Il est installé penché pour abaisser la hauteur du capot.

Surtout que le T inspire la légèreté ! Ce T signifie Tubolare, tubulaire dans la langue de molière. Le châssis n’a rien à voir avec celui de la Giulia puisqu’il est spécifique à la TZ, réalisé en tubes d’acier. Les quatre freins sont à disques, dans les roues à l’avant et inboard à l’arrière.

Enfin, le Z, vous l’aurez compris, vient de Zagato. C’est le carrossier italien qui dessine cette belle carrosserie, dédiée au sport et à l’aéro. L’arrière adopte la Conda Tronca, issue des travaux de Wunibald Kamm, inventeur du Kamm back dont on vous parlait dans cet article. Le tout est en aluminium.

Il en résulte une auto puissante, mais aussi légère. 660 kg que le moteur entraîne à 216 km/h ! L’auto est produite entre 1963 et 1965 à 112 exemplaires dont la plupart vont écumer les circuits.

 

La Coppa FISA de Monza comme première sortie victorieuse

Pour présenter l’auto, rien de tel que de l’amener sur une course. C’est une épreuve organisée par la FISA à Monza en Novembre 1963 qui est choisie. Quoi de mieux pour une auto sportive milanaise ?

Quatre auto sont engagées. Et si la victoire revient à Eduardo Lualdi sur une Ferrari Dino 196 SP, les TZ brillent. Bandini mène la charge à la seconde place, et la victoire en catégorie 1.6L, Bussinello se classe 2e, Baghetti 4e et Sanesi 5e. Belle entrée en matière.

Première saison complète en 1964

La saison 1964 du Championnat du Monde des voitures de sport commence pour l’Alfa Romeo TZ en Mars aux 12h de Sebring. La Scuderia Sant Ambroeus engage 4 autos. Qualifiées au delà de la 36e place, les autos vont mieux figurer en course.

Les américains Kaser et Stoddard vont se classer 13e et premier de leur classe 1.6L. L’auto de Dietrich – Wuesthoff abandonne sur une rupture de la boîte, celle de Bussinello-Biscaldi-Sanesi sort de la piste en vue de l’arrivée, celle de Theodoli-Sanesi-Bulgari abandonne suite à une perte d’huile.

Aux tests des 24h du Mans, deux autos sont présentes. Bussinello et Biscaldi sont les mieux placés, 13e, mais premiers de classe.

Le 26 Avril, trois autos sont engagées sur les routes Siciliennes. Bussinello et Todaro montent sur le podium, à la troisième place et remportent la classe GT 1.6L. Kim et Thiele les suivent à la 4e place. Nicodemi et Lessona se classent eux 16e. C’est le premier vrai résultat international de l’Alfa Romeo TZ.

On retrouve ensuite les TZ aux 1000 km du Nürburgring le 19 Mai. Trois autos sont au départ et si Rolland et Masoero abandonnent sur une défaillance moteur, Biscaldi et Futmayr se classent 13e et premiers de classe, juste devant Bussinello et Pianta, 14e.

Viennent ensuite les 24h du Mans 1964. Là encore, la Scuderia Sant Ambroeus engage trois autos. Bussinello et Deserti sont les mieux classés aux qualifications avec la 32e place, juste devant Sala et Biscaldi, 33e. Rolland et Masoero sont eux 38e.
Ce dernier équipage, avec le numéro 40 abandonne sur sortie de piste après 47 tours. Bussinello et Deserti couvrent eux 307 Tours en se classant 13e. Ils sont loin en catégorie GT, les 250 GTO, Shelby Cobra et Porsche 904 sont devant, mais la TZ n°57 est première de sa classe 1.6L. Sala et Biscaldi sont 15e et second de classe.

Belle performances sur la deuxième partie de saison

Durant l’été, les Alfa Romeo TZ ne courent ni aux 12h de Reims ni en course de côte du championnat du monde. Par contre on les trouve sur divers circuits allemands et américains.
On les retrouve à Enna en Italie à la mi-août. Biscaldi qualifié 10e ne prend pas le départ, Tipa, qualifié 10e se classe 7e.

A la Coppa Inter-Europa à Monza, les Alfa Romeo TZ sont 5 au départ de cette course réservée au autos de moins de 2L. Derrière un quintuplé de Porsche 904, les TZ prennent les 5 places suivantes.

Cinq autos sont engagées au Tour de France automobile en septembre et quatre sont au départ. Seule celle de Rolland et Augias termine la course, à une belle 7e place synonyme de victoire de classe 1.6L.

En parallèle aux USA, la voiture de Theodoracopulos et Grossman participe aux 500km de Bridgehampton où l’auto prend la 3e place.

Pour terminer la saison, deux autos sont engagées aux 1000 km de Paris sur l’autodrome de Montlhéry. Les suisses Moser et Foitek prennent la 15e place, et la première place de la classe, Rolland et Biscaldi se classent 17e.

A la fin de la saison, c’est Porsche qui est titrée en catégorie GT de moins de 2L, la classe des 1.6 ne comptant pas de classement officiel, c’est à la seconde place que se classe Alfa Romeo.

Une grosse nouveauté pour l’année 1965

Si les Alfa Romeo TZ font l’impasse sur Daytona, on les retrouve bien aux USA pour commencer la saison. C’est Autodelta qui engage quatre autos. Seule la 55 de Stoddard et Andrey abandonne sur sortie de piste. La voiture des français Rolland et Consten termine à la 16e place, avec la victoire de classe. Bussinello-de Adamich et Deserti-Zeccoli terminent à d’anonymes 24e et 27e places.

Aux tests des 24h du Mans une auto est confiée à l’Equipe Grand Ducale Luxembourgeoise et une autre TZ à Autodelta. Mais l’équipe italienne est surtout là pour étrenner sa nouvelle auto : l’Alfa Romeo TZ2

Pour aller encore plus loin, l’Alfa Romeo TZ2

C’est à cause d’elle que la TZ “tout court” se voit parfois affubler du nom de TZ1. La TZ2 apparaît donc en 1965. Une fois de plus Autodelta et Zagato sont à la manœuvre. Le moteur évolue peu, il passe simplement à 170 ch, toujours avec le Twin-Spark, sur cette auto de compétition. La TZ2 ne sera pas produite en version “civile”.

C’est sur la carrosserie que se concentrent la plupart des efforts. Le dessin est revu. La ligne est affinée et l’auto est plus basse. Pour être sûr de reconnaître une TZ et une TZ2, regardez la lunette arrière, en trois partie sur la première du nom, en un seul bloc sur la nouvelle auto. Enfin pour gagner du poids, l’alu est remplacé par de la fibre de verre. Les 12 exemplaires qui seront produits seront donc plus près de 620 kg.

L’auto monte alors à 245 km/h !

En compétition, la TZ2 démarre fort !

C’est donc au Mans que la TZ2 se montre. Pilotée par Bussinello elle prend la 14e place des tests et la première de sa classe. Les TZ sont 21e et 24e !

Aux 1000km de Monza à la fin Avril, on peut enfin voir cette nouvelle venue en compétition. De Adamich et Bussinello piloteront cette auto engagée par Autodelta, la Scuderia Sant Ambroeus se charge de l’engagement des 6 autres TZ première génération.
La TZ2 se classera à une belle 7e place, et emporte la victoire de classe. Les TZ se classent 14e (Rave et Kim), 15e (Parmigiani-Deserti), 16e (Nabokov-Manfredini) et 17e (Panepinto-Facetti), un beau peloton en somme !

Si les autos font l’impasse sur le Tourist Trophy, on les retrouve à la Targa Florio. Cinq TZ et une TZ2 sont au départ. La TZ2 de Bussinello et de Adamich ne terminent pas la faute à un accident. Les TZ ne réitéreront pas l’exploit de 1964. Si Bianchi et Rolland emportent leur classe avec la 7e place, les autres autos sont 9e (Sirugo-Arena), 17e (Capra-Pinchetti), 24e (Gargano-Denza) et 25e (Benini-Frola).

Mois de Mai Funeste pour les Alfa Romeo TZ

Aux 500km de Spa, seules les TZ sont au départ. Pittard pour le Ian Walker Racing se classe 7e et premier de classe, Gosselin est 12e, Koob abandonne et le malheureux Hegbourne se tue au volant de quatrième auto…

En Allemagne fin mai ce sont trois TZ et deux TZ2 qui sont au départ. La mieux classée sera la TZ2 de De Adamich et Geki, 17e et première de classe, et toutes les autres abandonnent. Pire la voiture des Luxembourgeois Koob et Wagner va subir un grave accident. Wagner y trouvera la mort.

Au Mugello, début Juin, aucune TZ2. Zuccoli et Rava se classent 5e et premiers de classe, Galimberti et Sirugo arrivent 30e tandis que Brandi finit 23e.

Grosse désillusion aux 24h du Mans 1965

Trois TZ2 sont dans la Sarthe pour les 24h du Mans engagées par Autodelta. Les luxembourgeois remis de leur drame allemand se présentent avec une TZ pour Koob et Finkel et se qualifient 37e.
Bussinello et Rolland qualifient leur TZ2 à la 31e place, suivis à la 32e par Geki et Zuccoli et à la 36e par Zeccoli et Rosinski.

Par contre, aucune auto n’est à l’arrivée. Zeccoli et Rosinski ne sont pas autorisés à prendre le départ, Geki et Zuccoli cassent une durite d’huile au 22e tour, Bussinello et Rolland sont trahis par leurs coussinets au 218e tour tandis que la TZ voit son moteur lâcher au 222e tour.

Les autos font l’impasse sur les 12h de Reims. On retrouve des TZ à la course de cote de Bolzano-Mendola début Juillet, comptant pour le championnat du monde, où Rava termine 5e et premier de classe. A Enna le 15 Août, Rava sur TZ remporte sa classe en prenant la 9e place.
La dernière sortie mondiale des Alfa Romeo est à noter du côté de Bridgehampton où seuls Harry Theodoracopulos et Bob Grossman sont engagés sur une TZ qu’il mènent à la 8e place et à la victoire de classe.

Une nouvelle fois Alfa Romeo est deuxième du championnat en GT, derrière Porsche.

1966 : première saison complète de la TZ2

En 1966 tous les efforts d’Autodelta sont concentrés sur les TZ2… et l’Alfa Romeo GTA qui rejoint plus les autos de série. La saison débute une nouvelle fois en Mars avec les 12h de Sebring ! Qualifiées entre les 32 et 36e place, les autos ne vont pas briller par leur fiabilité. Seul le duo Geki – Andrei arrive au bout, 14e et premier de classe.

Un mois plus tard elles sont trois à Monza pour les 1000 km. Une des autos est trahie par son embrayage, une autre par sa boîte et la dernière se classe 11e et première de classe.

Le 8 Mai il y a quatre TZ2 et quatre TZ privées au départ de la Targa Florio. Si les “anciennes” TZ ne font pas mieux que 24e (Galli et Capra), 28e (Lo Piccolo et Sutera), 29e (Donato et Trapani) et 41e (Guigno et Parla), les officielles font mieux. Seul l’équipage Frederico – Shangri-La abandonne. Zeccoli et Geki se classent 13e, Bianchi et Bussinello sont 10e mais Pinto et Todaro se classent 4e derrière une Dino et deux Porsche 906, et avec la victoire de classe.

Les Alfa Romeo TZ2 font l’impasse sur Spa et reviennent au Nürburgring pour les 1000km le 5 Juin 1966. Quatre autos au départ, une seule à l’arrivée, celle de Bianchi et Schultze qui se classe 13e et première de classe.

Les 24h du Mans se déroulent sans aucune Alfa Romeo TZ ni TZ2 au départ !

On retrouve toutes les italiennes au Mugello le 17 Juillet. Deux des 4 TZ se classent 15e et 16e, la seule TZ2 engagée pour Shangri-La et Federico finit à la 4e place, avec une nouvelle victoire de classe.

Même résultat pour le seul Shangri-La à Enna le 7 Août tandis que Lo Piccolo se classe 8e sur son auto.

Après 1967 : Toutes les TZ en mode privé

L’usine laisse les TZ et les TZ2 aux mains des écuries privées en 1967. Le programme T33 (on en reparlera) en prototype et la GTA en GT occupent les efforts des milanais.

La première vraie sortie des autos intervient à Monza où trois TZ2 privées sont au départ des 1000 km, mais aucune ne se classe.
En fait les autos se feront rares dans leurs engagements. On notera quand même :
– la 28e place et la victoire de classe d’une TZ aux 1000 km du Nürburgring avec Capra et Nardari
– la 15e place et victoire en proto de moins de 1.6L pour la TZ2 de Trosch et Pilette à la même course
– la 11e place et victoire en proto de moins de 1.6L pour les mêmes Trosch et Pilette aux 12h de Reims
– la 33e place et victoire en sport 1.6L pour Lo Piccolo et Sutera à la Targa Florio 1968
– la 26e place et victoire en sport 1.6L pour Lo Piccolo et Serse à la Targa Florio 1969

Les Alfa Romeo TZ de nos jours

Les Alfa Romeo TZ se font rares. En France on les compte sur les doigts d’une main. Dans le monde elles restent peu nombreuses. C’est le genre d’auto que l’on rencontre dans les ventes aux enchères.

Avant 2010, les autos avec palmarès s’échangeaient autour des 300.000 $. Mais ses dernières années, ces autos sont devenues des stars. Les modèles qui passent aux enchères sont estimées autour du million. Et elles les frôlent !

Bref une auto qui fait rêver encore plus de 50 ans après ses premiers succès ! Et ce n’est pas tout. La voiture aura sa déclinaison moderne en 2010. L’auto s’appellera l’Alfa Romeo TZ 3 Stradale. Rien à voir avec Alfa Romeo sous le capot, puisque la belle abrite une mécanique… américaine. C’est en effet la Viper ACR qui offre ses 8.4L de cylindrée et ses 600ch ! Une auto forcément rare et qui n’aura pas la saveur d’une TZ d’antan !

Photos : RM Sotheby’s, Artcurial, Bonhams, News d’Anciennes au Pantheon Museum, News d’Anciennes à Chantilly Arts et EleganceNews d’Anciennes à l’Auto Moto Retro Dijon, News d’Anciennes à l’exposition RM Sotheby’s aux Invalides.

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes

Passionné d’automobile ancienne, il a créé News d’Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.

Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu’elles sont un peu plus rapides !


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