Triumph Italia 2000, un beau mariage… mais pas sur le papier

Triumph Italia 2000, un beau mariage... mais pas sur le papier
Triumph Italia 2000, un beau mariage... mais pas sur le papier
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Non, les coupés Triumph ne se sont pas tous appelés TR quelque chose. À la fin des années 60 la Triumph Italia 2000 était un beau mariage entre la Grande Bretagne et l’Italie. Mais les histoires d’amour finissent mal, en général.

Une voiture anglaise pour les italiens

C’est à la fin des années 50 que Salvatore Ruffino a des envies d’une nouvelle auto. Via sa société la CESAC il importe des autos du groupe Standard-Triumph en Italie. Parmi ces autos on retrouve la TR3. C’est un roadster économique et plutôt performant. Mais selon Ruffino, il manque un coupé.

Il va donc œuvrer pour créer sa propre version de l’auto. L’auto doit rester économique et le meilleur moyen d’y parvenir est de conserver la base technique en lui greffant une carrosserie transalpine.

Salvatore Ruffino contacte Zagato mais le résultat n’est pas vraiment à la hauteur des ambitions de l’importateur. Il se tourne alors vers Michelotti qui propose une auto plus en adéquation avec ses idées. La TR3 est rhabillée avec un habitacle assez haut, des ailes arrières effilées et un avant très plongeant avec des phares avants sous bulle.

La réalisation est confiée à Vignale et le premier prototype apparaît au salon de Turin 1958 avant de faire une petite tournée. L’accueil est plutôt bon et Ruffino passe un accord, verbal (et ça a toute son importance) avec Standard-Triumph. On part sur un objectif de vente d’environ 1000 autos, sur des bases mécaniques livrées en Italie et habillées sur place. On rêve d’exporter en Amérique mais déjà c’est sur le marché local que se fera le lancement avec 720 voitures réservées à chaque revendeur de la marque en Italie !

On choisit également le nom de l’auto. Ce sera la Triumph Italia 2000, le chiffre renvoyant directement à la cylindrée du moteur de 95ch de la TR3.

On change tout sur la Triumph Italia 2000

Les essais vont se montrer assez décevant. Déjà l’aérodynamique est déplorable avec des problèmes de stabilité. Pire, le moteur, pourtant robuste, n’est pas suffisamment refroidi vu que la carrosserie n’a pas de calandre !

La conséquence est directe. Durant l’année 1959 Michelotti va revoir le dessin du pavillon et de l’avant. La calandre plus carrée est d’abord proéminente avant de retrouver la forme qu’on lui connaît.

Au salon de Turin cette année là, on présente la version définitive avec un avant totalement remanié carrossé par Vignale en urgence sur un des trois prototypes.

Une première série d’auto parcourt les concessions CESAC d’Italie et les salons. La presse loue les qualités et le dessin de la nouvelle auto. À la fin de l’année 1959 la Triumph Italia 2000 est disponible pour le grand public.

La fabrication se fait donc chez Vignale qui reçoit les éléments d’Angleterre et produit le tout sur une ligne louée directement par la CESAC.

Cependant on sent déjà qu’il y a quelques désaccords. La Triumph Italia 2000 devient très vite Italia 2000 et Triumph se voit relégué à un monogramme sur les ailes arrières. Et cela ne va pas aller en s’arrangeant. On se rend vite compte qu’avec les taux de change en vigueur il sera impossible d’avoir une auto compétitive commercialement parlant aux USA. Le problème c’est que le taux de change joue aussi sur les bases mécaniques importées. L’auto se révèle trop chère en Italie également.

La relation avec Triumph va vite tourner court. L’usine anglaise refuse dans un premier temps d’apporter les quelques modifications nécessaires aux châssis pour recevoir leur nouvelle robe. On fera ces opérations en Italie, mais ce sera plus cher.

Et puis finalement Standard-Triumph… n’est plus. Leyland rachète le groupe et la nouvelle direction n’approuve pas du tout la Triumph Italia 2000. En fait on prépare la nouvelle TR4. Et celle-ci est dessinée… par Michelotti qui a d’ailleurs repris le dessin de l’arrière de l’Italia 2000 pour la future anglaise. Comme le moteur est le même, c’est une véritable concurrente que l’on trouve là. Du coup on stoppe la collaboration. Les distributeurs Triumph n’achèteront pas leurs autos et les bases mécaniques ne seront plus livrées. Tout cela est possible à cause du fameux accord… qui n’était que verbal.

Triumph Italia 2000, un beau mariage... mais pas sur le papier

Finalement les dernières Triumph Italia 2000 seront renommées Ruffino Italia 2000. Leur base mécanique sera celle de quelques roadsters propriété de la CESAC. Les toutes dernières autos sont basées sur des TR3B, qui reprennent le moteur de la TR4.

En Septembre 1961 Ruffino arrête les frais. Il n’a produit que 330 autos et doit renflouer son entreprise mise à mal par cette aventure.

À ce moment là les dernières autos sont toujours en Italie et invendues. Ruffino a d’ailleurs arrêté l’import des Triumph. La marque les rachète et les envoie aux USA où elles auront du mal à se vendre.

Les Triumph Italia 2000 de nos jours

Ces vraies raretés sont discrètes. Si vous en croisez une, prenez le temps de la regarder, vous ne savez pas quand vous en reverrez une autre. La belle bleue était ainsi présente lors des Grandes Heures Automobiles 2016.

Si vous souhaitez en acheter une, oubliez le prix de la TR3. La rareté fait que ces autos sont trouvables à partir de 60.000 € en bon état et les plus beaux modèles se vendent le double !

Source : l’automobile ancienne, Photos additionnelles : Carstyling

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