On poursuit. La semaine de Rétromobile a donc compté plusieurs ventes aux enchères extérieures au salon. La deuxième se tenait au Louvre et c’est RM Sotheby’s qui s’en chargeait.
En bref :
– C’est la 4e fois que la maison de vente était au rendez-vous au Louvre et le catalogue était relevé
– RM Sotheby’s réalise les plus gros scores de la semaine, tant en montant global que sur des lots en particulier
– Les supercars pas vraiment anciennes avaient de nouveau la cote
La vente RM Sotheby’s à Paris en pratique :
La vente avait lieu le Mercredi 28 Janvier en début d’après-midi. Dès le mardi, l’exposition faisait salles combles et une queue impressionnante s’étirait dans le Caroussel du Louvre. Il faut dire que les lots étaient fous… même si certains n’étaient pas là pour les voitures anciennes.
La vente RM Sotheby’s à Paris est la plus grosse de la semaine. Elle l’était déjà en nombre de lots (97) mais en montant, elle fait très fort puisqu’elle atteint 81 millions d’euros au total. Quand on regarde les prix des stars, on comprend vite d’où vient ce montant !





Les Ferrari stars
La vente RM Sotheby’s à Paris rimait avec Ferrari. 8 voitures sur les 10 plus grosses estimations venaient de Maranello mais la variété était énorme.
Forcément, l’immense star était la Ferrari 250 GT LWB Berlinetta « Tour de France » de 1956. Pour rappel 0557GT est la voiture qui remporta le Tour de France Automobile en 1956 avec de Portago et fut celle qui donna son nom à toute la série qui suivit. Avec un historique clair, elle était estimée au-dessus des 13 millions d’euros… mais ne les a pas atteint en salles.
Cette voiture est un bel exemple du pourquoi il faut attendre pour juger les résultats des ventes aux enchères. Si elle n’est pas vendue immédiatement, c’est en after-sale, juste après la vente qu’elle est finalement partie pour 12 millions d’euros. Son prix est tout de même intégré dans la somme totale de 81 millions d’euros.





Une seconde Ferrari 250 était exposée. Cette California Spider de 1960 était la première construite avec phares sous bulles et fut livrée neuve à Paris. Estimée entre 12 et 14 millions, elle se vend 14.067.500€, le plus gros montant de la semaine parisienne.


Quatre des Ferrari stars de la vente RM Sotheby’s à Paris étaient des voitures de course mais le succès est plus mitigé. Si la 488 GTE, ancienne voiture d’usine au solide palmarès part pour 2.873.750€, si la Ferrari 550 GTC de 2003 qui courut avec le JMB Racing sur 4 courses du championnat FIA GT en 2003, se vend 1.975.750€, ce n’est pas le cas des deux autres.
Quelles autres ? D’abord la F310B, F1 de l’année 1997 utilisée par Schumacher et Irvine mais surtout un mulet sur la plupart des courses, elle était estimée entre 5,5 et 7,5 millions d’euros. Ensuite on retrouve la magnifique et petite Dino 206S de 1967 avec sa carrosserie Spyder/Targa qui est passée par le Mas du Clos et était estimée entre 3,8 et 4,2 millions.






Ensuite, on retrouvait des supercars Ferrari, la grande mode du moment en salles des ventes. On débutait la série à son commencement avec une 288 GTO. Cette auto est la 18e produite, était totalement certifiée et ne compte que 24.244km au compteur. Estimée entre 4,5 et 5 millions d’euros, elle se vend 5.855.000€.
On retrouvait également une F50 de 1997, avec des options peu communes mais surtout avec seulement 1680km au compteur. Estimée entre 5,5 et 6,5 millions d’euros, elle se vend 7.598.750€. On terminait avec une Enzo de 2004 ne présentant que 286km, estimée entre 3,8 et 4,2 millions de dollars mais qui explose cette estimation avec ses 8.105.500€ sous le marteau.



Les autres millionnaires
On arrête les Ferrari pour d’autres millionnaires. La Bugatti Bolide de 2024 a fait se lever des centaines de smartphone et a attiré sur place des amateurs plus jeunes. Elle se vend 3.998.750€. La Lamboghini Miura SV rouge, restaurée elle aussi, atteint 3.717.500€ sous le marteau.


On passait ensuite chez Mercedes, d’abord avec deux 300 SL. La gullwing estimée entre 1,25 et 1,75 million d’euros se vend 1.326.875, dépassée par la version roadster qui se vend 1.355.000€. Toutes deux sont coiffées par la plus moderne SLR McLaren Stirling Moss de 2009 qui part à 3.070.625€.


Taillées pour la course
En plus des Ferrari, d’autres voitures de course étaient au catalogue de la vente RM Sotheby’s à Paris.
La De Tomaso Pantera Groupe 4 de 1972 était une voitures de connaisseurs puisque c’est l’une des 14 vraies Groupe IV voitures produites. Elle a couru à l’époque (Targa Florio 1973 notamment) et a terminé 2e du Tour Auto 2025. Estimée entre 300 et 350.000€, elle se vend 224.250€.
Autre italienne, la Lancia Beta Coupé Groupe 4 préparée pour un trophée monotype en 1974. Restaurée elle participe désormais à des rallyes historiques. Estimée entre 80 et 120.000€, elle se contente de 50.600€ sous le marteau.


On remontait ensuite le temps. La vente RM Sotheby’s à Paris présentait une Talbot-Lago T26 Grand Sport de 1951. Cette voiture courut trois fois aux 24h du Mans (2e en 1951 avec Meyrat et Mairesse), remporta plusieurs belles épreuves (Coupe du Salon, Coupe de Vitesse et des courses de côte) et s’engagea même aux Mille Miglia 1952 ! Passée par de belles collection (dont le Mas du Clos), restaurée et remise en configuration des 24h 1951, elle était estimée entre 800.000 et 1,2 million d’euros mais se contente de 708.125€.
Plus moderne, la McLaren MP4-17A de 2002 qui fut utilisé en 2002 et 2003 (devenue MP4-17D) et remporta Melbourne en 2003 avec Coulthard en plus de 4 autres podiums en 13 courses (avec Räikkönen). À remettre en route et estimée entre 1 et 1,4 million d’euros, elle part à 905.000€.


Les deux dernières des voitures de course qu’on avait noté étaient des Porsche. La 911 GT3 Cup de 2009 qui a notamment couru aux 24h de Daytona (9e au général et 1ere de sa catégorie) et devient éligible aux plus grands événements dorénavant, était estimée entre 150 et 250.000€ mais ne se vend pas.
On retrouvait ensuite une Porsche Kremer 962 de 1988 utilisée par l’équipe en 1988 et 1989 et brilla surtout en Interseries. Elle courut tout de même au Mans (9e avec Takahashi, Giacomelli et Oka) et en championnat du monde sans jamais briller. Notons qu’elle courut aussi en IMSA avec Mario et Michael Andretti pour une 6e place à Tampa ! Vue en courses historique, elle fut surtout convertie à un usage routier et immatriculée en 2021 ! Estimée entre 800.000 et 1 million d’euros, elle se vend 848.750€.


Une française
En plus de celles déjà présentées, une autre française était au catalogue de la vente RM Sotheby’s à Paris, c’est une Citroën SM de 1973 restaurée patiemment entre 2000 et 2011 pour un moment total de 175.000€ ! L’estimation était folle, entre 90 et 140.000€, mais la belle ne part qu’à 54.625€.

On notait aussi
La vente RM Sotheby’s à Paris proposait un des plus larges catalogues de la semaine donc on rajoute quelques lots.
On commence avec une Bugatti Type 57SC Atlantic… vendue 78.000€ ! En fait c’est l’une des nombreuses voitures pour enfants qui étaient proposés, et c’est la plus chère de la bande, plus chère que plusieurs lots pour les adultes.
On trouvait aussi une Cobra 289 de 1964. Cette auto avec ressorts à lames fut livrée neuve en Californie et a couru en autocross ! Restaurée plusieurs fois, elle est remise dans sa teinte d’usine récemment, estimée entre 750 et 900.000€, elle se contente de 623.750€ sous le marteau.


Les trois dernières autos qu’on avait noté étaient des sportives bien plus jeunes, datant des années 80 et 90. On débutait en 1986 avec une Ferrari Testarossa « Monospecchio » avec une boîte récemment revue à Maranello. Son estimation, entre 280 et 320.000€, est justifiée par RM Sotheby’s par le fait qu’il n’y a eu que 6 Monospecchio grises à intérieur rouge. Résultat ? Elle n’est pas vendue.
Suivaitt une autre italienne, une Lamborghini Countach 25e anniversaire de 1989. 657 furent produites et celle-ci a la particularité de n’avoir parcouru que 6002km. Estimée entre 500 et 700.000€, elle se vend 567.500€.
On terminait avec une 600 BMW M3 Sport Evolution de 1990 avec son 2,5 litres de 238ch. Bien équipée, en parfait état, estimée entre 190 et 240.000€, elle part à 207.000€.


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