Les Voitures Anciennes de nos lecteurs, la Golf GTI de Jean-Jacques

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Julie
Nouvelle stagiaire passionnée d'automobile depuis toujours. Elle adore se rendre à des courses pour écouter le bruit des moteurs. Elle adore conduire, surtout quand elles ont un peu plus de puissance que sa Kangoo.

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Un symbole des youngs. C’est ce que vous présente Jean-Jacques en plus de la folle aventure pour la récupérer.

Ma Golf GTI Mk2 en quelques mots :

Il s’agit donc d’une Golf II GTI 8 Soupapes, 112 ch, de mars 1990. Elle est espagnole et plus particulièrement elle a été vendue sur l’ile de Gran Canaria du fait d’une fiscalité allégée. Elle est ensuite revenue sur le continent une fois les 6 premiers mois de sa vie écoulés. Elle possède deux options intéressantes : le toit ouvrant manuel et les jantes alu BBS.

Pourquoi elle ?

Je cherchais une auto assez spacieuse pour voyager à 5 personnes, avec un moteur assez vivant. Ma mère avait une Golf 2 Travelling lorsque j’étais adolescent, j’aimais bien ce modèle. Les Golf GTI Mk2 sont beaucoup plus accessibles en Espagne qu’en France. Je vous le conseille, c’est une bonne opportunité d’acquérir un morceau de légende des années 80.

Ce qui a été fait dessus :

Pour le moment pas grand chose. En fait j’ai effectué un très gros nettoyage de l’intérieur de même qu’un polissage de la peinture. Reste à faire l’entretien courant et changer le démarreur, qui fait un bruit étrange…

Quelques souvenirs à son volant :

Le principal souvenir c’est comment je l’ai eue. Alors là c’est une sacré histoire, accrochez vous !

Déjà la vente de l’auto précédente, sans laquelle je ne pouvais pas acheter ma Golf. C’est une Talbot Solara. Décision est prise de la mettre en vente cette belle Talbot, à un prix évidemment plus haut que le tout-venant, mais après tout, elle le méritait. Après moultes reports (à cause de ce satané virus…), un premier acheteur vient de Rennes en train. Manque de bol, elle tombe en panne à son arrivée (je sut plus tard que les bougies étaient en cause). Bref, je la remets en vente et cette fois ci tout se passe bien.

J’ai donc l’argent pour m’offrir la Golf GTI vue sur un site d’annonces espagnol. Une trois portes, l’une des dernières sorties, avec les gros pare choc, un coloris sympa (Royal Blue) et option suprême, le toit ouvrant d’origine, 180.000 km, pas mal de factures. Les photos montrent une auto en bon état, et la courroie de distribution a 3 ans. Une vidéo m’est envoyée par le vendeur, la Golf semble bien rouler. Evidemment, il y a toujours un risque d’acheter comme cela, sur photos. Mais banco !

Après quelques négociations en espagnol, je prends mon billet d’avion, et là commence le périple par un trajet Orly-Madrid, pour remonter ensuite par un autre vol à Pampelune, près de la frontière française ! Les bonheurs du low cost le permettent. Je me dis qu’avec le test PCR de moins de 72 heures, les choses devraient bien se passer, bien qu’il soit interdit d’entrer en Navarre. Mais je me dis que ça “devrait le faire”. On est le 12 janvier, et les villes se ferment en Andalousie, mais qu’importe, je crois en ma bonne étoile ! Deux vols plus tard, me voilà arrivé, 17H30, les nuages s’accrochent sur les collines de ces contreforts Pyrénéens alors que la nuit ne devrait plus tarder.

Je me dirige vers la sortie. Las, je vois un filtre organisé par une patrouille de la guardia civil, et pas moyen d’y échapper. Je m’avance vers les types, pas vraiment engageants de prime abord. Le premier me demande ce que je viens faire ici, je lui répond bêtement que je viens voir un ami, un peu affolé et pas vraiment rassuré. Puis j’ajoute que je viens acheter une voiture à un ami… Il me dit que je n’ai rien à faire ici. Je me vois alors devoir faire demi-tour, et commence à pâlir sous mon masque. Je brandis le contrat d’achat rédigé (fort heureusement) par le gestor (une sorte d’avocat en Espagne) auquel j’ai fait appel pour la transaction, dans une ultime et probablement pathétique tentative d’explication… Il me fait passer à côté, avec un autre collègue. Je me dis que je suis « cuit ».

Mais non, le nouveau policier en face de moi, qui parle français, me dit que j’aurais dû expliquer de suite que je venais acheter une voiture puisque c’est une raison valable de rentrer en Navarre. Je lui donne tous les papiers en ma possession, il remplit un formulaire (je me demande bien à quoi ce dernier pouvait servir d’ailleurs, mais passons). Enfin libéré par mes geôliers, j’appelle le vendeur, qui travaille à proximité de l’aéroport. Je l’ai échappé belle me dis-je !

Après quelques minutes d’attente, j’entends un doux bruit que j’avais oublié, celui d’un moteur “PB”: la voilà, c’est elle ! Oui c’est bien cette Golf au son caractéristique… Je saisis ma valise à roulettes et me dirige prestement vers Ignacio, le jeune propriétaire. Nous nous saluons assez chaleureusement et ai une bonne première impression de lui. 

Nous bavardons quelques instants, son français est meilleur que mon espagnol. Nous faisons le tour de la voiture, et d’un premier abord je ne suis pas déçu. Il y a bien quelques points de rouille sur le hayon, du mastic qui s’écaille sur le capot mais l’auto a l’air saine et dans un bel état d’origine. Et puis je n’ai qu’une envie, c’est partir loin d’ici ! Ignacio m’explique qu’il est en cours de séparation avec son épouse et qu’il a une petite fille, et qu’il doit donc se séparer de cette voiture en conséquence. Le moment est un peu triste, j’imagine qu’il a passé quelques bons moments avec sa famille dans cette voiture, mais j’imagine aussi que mes fils seront heureux de découvrir cette survivante des années 80. 

Ignacio conduit et m’en dit un peu plus sur la voiture, alors que nous rejoignons l’endroit où est stationnée sa voiture de tous les jours. Nous effectuons la transaction sous la nuit qui commence à tomber, et j’avoue avoir envie de rejoindre la chambre d’hôtel que j’ai réservé. Par chance, ce dernier est à proximité. Par précaution, j’ajoute au prix de la chambre un emplacement dans le parking souterrain adjacent. Je prends quelques minutes pour faire le tour de la belle, je détaille la jolie calandre 4 phares, les fabuleuses jantes BBS, la double sortie de pot, les élargisseurs d’ailes… Toute la panoplie d’une GTI des années 80 !

Le lendemain, pas de petit déjeuner, il est trop tôt, départ donc au petit matin pour la région de Cádiz, en ce vendredi 13 janvier. Beaucoup de trafic automobile déjà, sûrement vers la France en grande partie. Autoradio calé sur “Cadena 100”, le GPS du téléphone en marche, je démarre doucement. J’avais pris soin de faire le plein à la station Cepsa à proximité la veille, mais j’avais encore très peu conduit cette nouvelle monture et ses 112 chevaux. Me voici donc sur les “autovias” basques, en route vers Vitoria Gasteiz, la dernière grande ville basque sur la route de Burgos. Il fait nuit, et la légende disant que les feux de Golf sont à peu près aussi efficaces qu’une lampe à huile n’en ai pas une… Cette autopista est relativement déserte, je paye et ne demande pas mon reste. Le jour se lève en arrivant à Burgos, et je commence à respirer. Néanmoins, très peu de trafic, étant interdit de circuler entre les provinces du royaume…. Mais qu’est-ce que je fiche là ?

Je n’ose pas pousser la voiture, et préfère rouler sur le couple généreux afin de ménager la monture et ne pas trop consommer. La position de conduite est bonne bien que la jante du volant soit épaisse, les sièges maintiennent bien. 

Après Valladolid, c’est Salamanca, là où se trouve la bifurcation vers Palencia et l’autovia de la Plata, qui longe le Portugal sur un axe sud/sud ouest. Je rencontre quelques flocons de neige sur ces cols culminant à presque 1000 mètres, et je me dis que rien ne me sera épargné. Je suis tétanisé et extrêmement concentré, mais fort heureusement la neige s’arrête pour être remplacée par une pluie battante après avoir passé les sommets. Des panneaux annonçant des contrôles possibles sur la route, mais je n’en verrai que deux… de vitesse ! Je retrouve le soleil après Caceres, et ce dernier ne me quittera plus jusqu’à mon arrivée. Puis c’est Séville et le très grand pont suspendu, et enfin l’autoroute « del Sur » qui passe à proximité de Jerez de la Frontera et de son fameux circuit où eurent lieu de beaux GP de F1.

Reste encore l’arrivée à Chiclana de la Frontera, ma destination, qui est officiellement déclarée comme ville bouclée d’où il est théoriquement impossible d’entrer comme d’en sortir (toujours à cause du Covid). Je sais que l’amende est salée (600€ je crois) si on se fait pincer. La guardia civil a été impitoyable lors du premier confinement, qui fût l’un des plus stricte en Europe ! Je sais que l’entrée dans la ville sera le point déterminant, et je croise là encore les doigts pour que ma bonne étoile, qui m’a jusqu’à là accompagnée, ne me quitte pas. J’aperçois un véhicule des forces de l’ordre à l’entrée, mais ses occupants sont affairés avec le conducteur d’une camionnette. Ouf ! Je souffle, et mon périple touche presque à son but, et sans encombres !

Une fois arrêté pour faire quelques courses, j’envoie un message rassurant à Ignacio, qui n’en menait pas large non plus.

Et voilà, la Golf GTI Mk2 est à la maison, c’est terminé !

Et maintenant :

Bien sûr je ne vais pas m’en séparer de suite. Je vais la conserver pour un usage loisirs dans ma maison située en Andalousie. Je vais faire refaire quelques imperfections de carrosserie pour la rendre encore plus belle.

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