Les Bambanes Lyonnaises sous le soleil de Chaponnay

Publié le par Fabien

Les Bambanes Lyonnaises sous le soleil de Chaponnay

2025, c’est l’année de la neuvième édition de la journée « Les Bambanes Lyonnaises roulent leurs mécaniques ». Nous avions été en 2022 sur cet événement, et l’attente valait le coup ! Plus de 1100 véhicules, autos et motos sont venus parader dans le superbe parc de Chaponnay (69). Un écrin de verdure bienvenu sous le soleil de septembre encore chaud.

C’est quoi les Bambanes ?

Il est très probable que, si vous n’êtes pas lyonnais, ce mot dans le titre vous aura interpellé. Pour jouer à Maître Capello (que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître !), la racine du mot se retrouve en français dans bambin ou bamboche. Des mots qui désignent un esprit enfantin.

Le terme de bambane, à Lyon, est utilisé pour définir un lambin, un flâneur, un indolent, ou même un fêtard, qui aime boire, d’après la chronique « parlons lyonnais » de Jean-Baptiste Martin de la Tribune de Lyon.

Et les fêtards indolents des Bambanes Lyonnaises, ils aiment aussi les voitures et les motos ! Et on retrouve bien cet esprit « entre potes », sans prise de tête et sympathique lors cette manifestation dans le parc de Chaponnay.

Quand on arrive en ville…

Pour y aller, pas beaucoup d’indications. Programmation du Parc de Chaponnay sur Waze, et on arrive dans la petite commune au sud de Lyon, où il suffit de suivre ici une Jaguar et une Pontiac GTO, là une MG, une Supercinq GT Turbo ou encore un groupe de Harley…

Et l’on arrive devant la grand portail du parc à l’ombre des grands arbres, une ombre bienvenue car il faut l’avouer, l’arrivée s’est faite au pas sur le dernier kilomètre. Mais là, on se retrouve plus star que les stars du festival de Canne sur le tapis rouge !

Une nuée d’amateurs avec leurs téléphones filment et immortalisent les véhicules. Car oui, ce sont bien eux qui sont sont les stars et pas leurs conducteurs et passagers. Et jusqu’à ce que l’on se gare, guidés et orientés par les membres de l’organisation avec leur T-shirt aux couleurs des Bambanes Lyonnaises.

Et à partir de ce moment là, on devient soi-même groupie, à saliver devant nos véhicules préférés. Et pour ça, il y a du choix !

Autos, motos, restos, expos et show !

Les différentes catégories de véhicules

La philosophie des Bambanes Lyonnaises, c’est se faire regrouper des passionnées et des passionnés (oui, je n’aime pas l’écriture dite inclusive, alors je répète en accordant) avant tout. Et il ne faut surtout pas le perdre de vu quand on fait son tour, car si beaucoup de manifestations d’anciennes sont aussi ouvertes aux autos de prestige, les Bambanes Lyonnaises intègrent aussi les véhicules à caractère sportif.

Les anciennes sont recrutées sur un critère souple de 35 ans minimum, soit des autos et motos jusqu’en 1990, ce qui intègre nombre de youngtimers. Mais les trentenaires ne sont pas éliminées d’emblée.

Dans la catégorie prestige, on retrouvera les marques classiques telles Ferrari, Lamborghini, McLaren ou encore Porsche, bien sûr. Et pour les voitures à caractère sportif, c’est le groupe des Golf et 208 GTI, des Fiesta ST et autres bombinettes modernes. Ces deux catégories sont hors sujet pour News d’Anciennes, mais qui ont aussi leurs aficionados. Et les Bambanes Lyonnaises l’ont bien compris !

Et les espaces de convivialité

Comme déjà remarqué, pour réunir du monde et pour qu’il reste toute la durée de l’événement, il faut des à-côtés. Ici, les Bambanes Lyonnaises ont opté pour une belle offre de restauration avec de nombreux food-trucks et autres stands de nourriture foraine (barbapapa, glaces, boissons…). Un grand chapiteau avec tables et bancs permettait de se poser, manger, boire et refaire le monde.

Les artistes étaient bien mis en valeur dans cette zone du plateau principal regroupant notamment les voitures de prestige. De quoi donner des envies de repartir avec une aquarelle ou une plaque à l’aérographe (c’est technique et c’est par ici) par exemple.

Un mini village regroupant les miniatures, les « fringues » et autres objets de décoration était quant à lui organisé un peu en retrait à proximité du stand officiel de l’association des Bambanes Lyonnaises.

Et sur la scène, arrosant son rock sur l’ensemble de l’espace d’exposition, les Quatre Lascars ont animé la journée et mis une belle ambiance… Tout comme Deadpool, le personnage irrévérencieux des comics Marvel, à bord d’un buggy !

En un mot, rafraichissant et bienvenu, comme ce petit vent qui s’est levé dans l’après midi, même s’il a un peu malmené les solex, légers, obligés d’être tenus pour ne pas tomber.

Le tour du parc de Chaponnay

Les rotations étant permanentes, certains modèles intéressants et marquants étaient déjà repartis des Bambanes Lyonnaises à mon arrivée. Et puis, avec plus de 1000 véhicules, et malgré des tours du parc de Chaponnay répétés, certains ont inévitablement été manqués. Mais cela n’a pas empêché de voir quelques très beaux exemplaires sur cet événement des Bambanes Lyonnaises !

Les deux/trois roues

La grosse majorité des motos présentes étaient des Harley Davidson plutôt récentes, mais au milieu de cela, de jolies choses comme cette motobécane ou une Honda 250, ou encore un V-Max monté en side-car.

Pour voir de l’ancienne aux Bambanes Lyonnaises, il fallait faire un tour au milieu des cyclos. Impossible à rater, ce Peugeot 103 kité Polini, un modèle dont tout ado a rêvé début des années 80 ! Une mob électrifiée Noil (vu au salon du 2 roues 2025) dont le propriétaire m’expliquait que le moteur étant serré, cette solution l’avait intéressé, d’autant que sur un cyclo, la modification est facilement réversible.

Pas mal de Vespa également, qui, comme à leur habitude étaient pour beaucoup personnalisés, et côté italien, un triporteur Piaggio APE. A proximité d’un Mobyx de Motobecane, le « cyclomoteur du caravanier », très léger et sans suspension, on trouvait la Rhonsonnette sortie dans les années 50 de chez Rhonson, fabricant lyonnais.

Par rapport à cette exposition moto, petit bémol toutefois, mais c’est très fréquent même en salons spécialisés, on avait plus l’impression d’un parking moto que d’une présentation. Ce qui n’enlève cependant rien à la qualité des engins présentés, mais qui ne permet pas de vraiment les mettre en valeur en photo. A voir pour la prochaine édition des Bambanes Lyonnaises ?

Les autos les plus anciennes

Immanquables avec leurs couleurs franches, essentiellement jaune et bleu ligné de blanc, les amis de la Gordini étaient venus avec un joli panel de Renault 12 et de R8. Si les 12 étaient des « Gorde » aux Bambanes Lyonnaises, les R8 frappées du G en 1300 et 1100 étaient accompagnées d’une version S de couleur bordeaux. La voiture des jeunes et de ceux qui voulaient un peu de sportivité sans pouvoir s’offrir la Gordini trouve de plus en plus sa place dans les rassemblements.

Bien à l’ombre des arbres, une jolie découverte anglaise des années 50. Rare aujourd’hui puisque fabriquée à seulement 15151 exemplaires. Cette élégante Sunbeam Rapier série 2, fabriquée uniquement en 1958 et 59, est reconnaissable à ses ailerons arrière marqués et sa ligne latérale de la même teinte que le toit. Ces attributs, associés à la ligne générale de l’auto, lui donnent de faux airs de Studebaker Golden Hawk raccourcie.

Une autre anglaise peu banale pouvait être admirée au rassemblement des Bambanes Lyonnaises : une Morris Oxford Series MO four-door saloon produite entre 1948 et 1954. On connaît bien les Morris pour leurs versions break à la boiserie apparente, et notamment la Minor, mais cette version quatre portes ne manque pas d’élégance non plus.

Du côté des allemandes, il faut se tourner vers Auto Union, ou plutôt DKW avec un cabriolet F12 de 1964, seule année de production de ce roadster. Comme toute DKW qui se respecte, elle est mue par un moteur moteur deux temps, le Pfaffrath trois cylindres de 889 cm3 développant 45 chevaux.

Si la Peugeot 201 et probablement la plus ancienne auto des Bambanes Lyonnaises, date réellement des années 30, ce n’est pas le cas des deux modèles suivants. La Siata Spring (notre essai est par ici) est arrivée sur le marché à la fin des années 60, et la Spartan, originalement un kit car anglais qui a évolué vers une auto à part entière avec un châssis maison, a été produit fin des années 70, début des années 80.

Dans les utilitaires, on notera la 403 break tôlée, aux couleurs d’une abeille puisque son propriétaire initial était apiculteur, qui ne passe pas inaperçue ! Et chose rare, ce rassemblement des Bambanes Lyonnaises a été l’opportunité de voir un Citroën type H non transformé en food-truck !

Mais à côté de ces auto remarquables, il y en avait bien d’autres aux Bambanes Lyonnaises comme un coupé BMW 3.0 CSL, série E9, dans sa version civile ou toujours chez le constructeur bavarois, une 3.0 Si berline, série E3, toutes deux mues par un L6 de 200 chevaux. On trouvait aussi de vraies MG et des Mini toutes deux anglaises, des Triumph, une 4CV à 6 moustaches ou encore une Peugeot 202… La liste exhaustive serait longue !

Les anciennes les plus récentes

Certes, les plus anciennes des anciennes les plus récentes (vous suivez ?) ont aujourd’hui 50 ans. Mais leur technologie, leurs puissances et leur confort marquent un tournant avec l’arrivée massive des plastiques dans l’habitacle, ce qui permet de les regrouper en un groupe à peu près homogène.

Parmi elles aux Bambanes Lyonnaises, on a pu retrouver les françaises emblématiques comme les 205 et AX GTI, l’impressionnante R5 Turbo, ou encore les Supercinq GT Turbo et Clio RS, 16S ou Williams. Mais on trouvait aussi les modèles sportifs familiaux comme la 21 Turbo chez Renault ou les 309 GTI-16 et 406 V6 berline. Sans oublier la 406 réplique de l’héroïne du film Taxi !

On pouvait aussi croiser des inclassables, comme le tricycle car de marque JZR, inspiré des Morgan et Darmon. Seulement 50 chevaux, mais dans une caisse de 350 kg, avec le regard à moins de 80 cm du sol, les sensations sont assurées ! Dans cette catégorie, figurait aussi un spider Renault sans pare-brise, équipé d’un saute-vent et portières en élytre ouvertes, comme prête à décoller.

Si les Golf GTI série 1 sont discrètes, que dire du Caddy mk1, ce croisement improbable entre une Golf et un pick-up croisé aux Bambanes Lyonnaises ? Une motorisation de 70 à 95 chevaux selon cylindrée, mais dont de nombreux exemplaires ont été swapés en leur temps (le terme n’existait pas encore) avec des moteurs plus puissants. Quant aux cox et combis, pas de soucis pour eux, ils sont toujours là en nombre !

Toujours de l’autre côté du Rhin, Porsche, Mercedes et BMW étaient pas mal représentées aux Bambanes Lyonnaises. Pour la firme de Stuttgart, des 911 mais aussi des modèles à moteur avant comme une 944 au look compétition. Les modèles frappés de l’étoile de ces années là sont très sobres et passeraient presque inaperçus.

Les BMW, essentiellement des série 3, en E21, E30 et E36, mais des modèles plus exclusifs aussi comme le coupé 850i ou une série 7 E23. L’une des série 3 arborait une livrée façon BD. Un travail d’artiste.

Les italiennes et les japonaises étaient, comme souvent les moins représentées, mais avec de jolis modèles. Côté transalpin, Alfa Romeo présentait une Giulietta 1.8 seconde série du modèle lancé en 1977 et des coupés Alfetta GTV série 2 également, reconnaissables aux plaquettes plastique qui ont remplacé les lettres GTV sur le profil de la voiture. On peut comparer l’esthétique de ces années avec la version suivante.

Et Ferrari entre dans nos années avec une 360 Modena Spider noire quand Lancia sort son arme de guerre pour les Bambanes Lyonnaises : la Delta R86 2.0 i 16V Turbo Evo Integrale. Un nom à rallonge pour une auto mythique !

Au pays du soleil levant, on sait aussi faire des sportives radicales, dans le même esprit que Lancia, comme le prouve cette Subaru Impreza WRX STI Type R.

Mais le Japon est un pays qui cultive l’originalité automobile. Pour preuve la Datsun 240Z Fairlady ou le petit coupé Toyota MR-S (coupé MR mk3) strict 2 places à la motorisation en position centrale. Ceci sans compter sur les deux Daihatsu qui font… Copen-Copen ! Ce petit cabriolet est un exemple type de Keycar, avec une motorisation 4 cylindres de 659 cm3, gavé par un turbo au japon, remplacé par un 1298 cm3 en Europe. Sans oublier la MX-5 N1 Miata…

Les américaines aux Bambanes Lyonnaises

Dans cette catégorie, on n’est clairement plus sur la même planète. La transition avec la Copen de moins de 3,50 m est vite faite : on pourrait presque en mettre 2 bout à bout et ne pas dépasser la longueur des machines d’outre-Atlantique comme cette Cadillac Sedan De Ville ou cette Ford Thunderbird, toutes deux de 1956.

Une Mustang 64 bleu ciel ou la Corvette C2 déjà croisée dans d’autres rassemblements locaux la jouaient fidèles jusque dans leurs jantes à la version trouvée à l’époque en concessions. A l’opposé, cette Ford A transformée en hot-rod, avec toute sa mécanique à l’air et ses chromes brillant de mille feux sous le soleil.

Pour beaucoup d’américaines, les jantes et la peinture sont des personnalisations. On prendra pour exemple ce coupé Buick Riviera de 69 ou cette Dodge Challenger III R/T, certes plus récente mais qui illustre bien cette philosophie.

Dans la démesure américaine, l’Excalibur, inspirée des Mercedes SSK d’avant guerre, génère des réactions assez tranchées : on aime ou on déteste. Tout est question de goût. Concernant la Cobra 427, la démesure est ailleurs : un big bloc monstrueux, une caisse légère et pour la conduire, des dons de pilote et la devise imprimée sur les billets de 1 dollar : « In God We Trust » (en Dieu nous croyons) !

Et puisque l’on parle de Shelby et de son partenariat avec Ford, les Bambanes Lyonnaises ont réussi à attirer un américaine produite à 6999 exemplaires seulement entre 1965 et 1970 : une Shelby GT 350. L’objectif de Ford avec cette auto : « gagner des courses le dimanche c’est vendre des autos le lundi ». Le modèle vu est probablement un modèle 1968 vu le positionnement des entrées d’air du capot.

Quoi qu’il en soit, les américaines font toujours leur effet, et on s’imagine vite sur la Route 66, dans un remake de Thelma et Louise ou encore des frères Duke de Hazzard !

Et au bilan ?

Une fois que l’on sait à quoi s’attendre sur les véhicules exposés, on comprend que les Bambanes Lyonnaises sont une question de passion pure et dure.

Quelle que soit la voiture, de la petite Citroën LNA des années 80 à la Bentley Continental, en passant par les buggy ou l’Aronde, on se rend compte que le rassemblement des Bambanes Lyonnaises c’est une belle occasion de réunion tout ce monde en toute simplicité.

On finit bien entendu par la traditionnelle galerie.

Fabien

C'est un lion et un cheval cabré qui lui ont fait aimer les voitures dans son enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des pilotes de légende l'ont conduit à me passionner pour des bolides plus anciens. Fabien est basé près de Lyon où il essaye régulièrement des voitures variées mais couvre des événements dans toute la France avec plus de 200 articles à son compteur.

Commentaires

  1. FBe69

    merci pour ce beau compte-rendu !

    Répondre · · 11 septembre 2025 à 9 h 41 min

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