Au cœur de l’atelier de Denis Bernard, artiste de l’aérographe

Publié le par Fabien

Au cœur de l’atelier de Denis Bernard, artiste de l’aérographe

Je l’avais encore croisé sur le rassemblements Bleu 16, comme régulièrement sur les événements en Auvergne Rhône-Alpes. Car c’est certain, les réalisations de l’atelier Paint’Art, et de son maestro de l’aérographe, Denis Bernard, ne laissent pas indifférent. Alors quand Yannick, organisateur du Rétro07, m’a proposé une rencontre, je n’ai pas mis bien longtemps à me décider !

Sur les coteaux du Lac d’Aiguebelette

Nous voici donc partis sur les routes savoyardes, à proximité du troisième lac naturel de France, le lac d’Aiguebelette, pour découvrir l’antre de Denis Bernard. De la vieille pierre, un tabouret négligemment posé à l’extérieur avec une aguicheuse Betty Boop qui nous fait de l’oeil… On est bien au bon endroit !

Au cœur de l’atelier

Un grand gars nous accueille alors, Yannick et moi. Le verbe fort, le sourire discret, mais on sent bien que l’artiste est heureux de montrer son travail.

Denis m’entraîne directement dans son petit atelier… Petit, car la réserve avec les supports bruts (cadres nus, réalisations en attente d’exposition…) ne fait pas beaucoup plus que 20 m², et l’atelier en lui-même, paré de panneaux d’agglo et d’OSB, doit tout juste en faire 15 ! Mais cela semble suffisant pour l’homme et son travail.

On en fait vite le tour. Pas de fenêtre, la lumière est assurée par un éclairage blanc neutre, constant. Autour de l’établi où il peint, Denis Bernard s’est organisé. Un pan de mur est dédié à quelques étagères où sont remisés les travaux en cours. On trouve aussi une armoire à couleurs regroupant les peintures dont certaines datent de plus de 10 ans, mais sont encore utilisables tant il prend soin de bien refermer les pots pour éviter toute évaporation.

Un bac grillagé et ventilé est dédié à l’application du vernis sur les œuvres. Entre les séances d’application du vernis, il est utilisé pour poser les pochoirs en attente. On trouve l’espace où sont entreposés les accessoires et les outils.

Mais le principal est placé à portée de main, de part et d’autre de l’établi principal bariolé. D’un côté, on a les rubans adhésifs aux largeurs bien définies qui permettent de ne pas avoir de tracés complexes à faire sur les supports, mais qui, également permettent de masques les zones à ne pas peindre. Et de l’autre on trouve le rack d’aérographes, outils au cœur des œuvres de l’artiste.

L’aérographe

Car Denis Bernard est un grapheur. Pas à la bombe. Pas de street art. Lui, son outil, ce sont les aérographes. Des espèces de stylos alimentés par de l’air comprimé, et possédant leur réserve de peinture.

Un outil de petite taille, mais somme toute très technique. Son utilisation est basée sur un subtil dosage entre le débit d’air, le débit de peinture et la distance au support. Ce troisième point est essentiel dans la qualité de l’application : plus on se rapproche du support, plus le trait est fin et dense en peinture, et plus on s’en éloigne, plus il s’élargit.

Carrossier de métier, Denis Bernard maîtrise parfaitement le maniement de l’outil mais aussi crée lui-même ses mélanges de couleur comme le bleu Miami Peugeot ou les dégradés d’orange que l’on retrouve chez BMW. Il est capable de reproduire toutes les teintes.

Les matières premières de l’artiste

Le support, c’est essentiellement de l’aluminium, ou plus exactement du panneau composite couramment appelé Dibond, dont les principaux avantages sont d’être léger, extrêmement rigide et stable, selon les termes du fabricant.

Pour les peintures, ce sont des peintures de carrosserie solvantées. Pas de peinture à l’eau qui prend trop de temps à sécher entre deux passes. Ces bases hydrocarbonées permettent un séchage très rapide et une application quasi instantanée, sauf pour les couleurs métallisées qui nécessitent un séchage rapide au décapeur thermique.

L’eau, c’est une astuce pour obtenir certains rendus. Et des astuces, Denis Bernard en a quelques-unes ! La seule, très poétique, que j’ai l’autorisation de révéler, concerne l’effet chrome sur une base de gris : « une base grise entre terre et ciel ».

L’effet chromé est obtenu en peignant le bas du motif, préalablement peint en gris métal, en marron très léger et en recouvrant le haut d’une brumisation de bleu. Cette astuce permet de ne pas avoir le rendu terne du gris de base et donne du caractère au motif traité.

Comme on l’a vu, des scotchs de largeur et de qualité différentes permettent de maîtriser le rendu et les distances dans les réalisations. Le rendu, car certains de ces adhésifs sont lisses et permettent de réaliser des bords nets, alors que d’autres sont étirables (comme les scotchs de protection en peinture bâtiment) et permettent d’obtenir des bords plus vagues.

Les pochoirs « perdus » (car détruits pour révéler les motifs peints) qu’utilise Denis Bernard sont réalisés par ses soins. Pas de Photoshop ou autre logiciel, il dessine tous ses pochoir et n’utilise l’informatique que pour les scanner et les imprimer sur le support autocollant. Il maîtrise donc chaque auto, chaque forme pour que chaque réalisation soit unique !

Ensuite, on a les gabarits spécifiques à chaque réalisation : tableau à clefs, décapsuleur, porte manteau… Et les pochoirs réutilisables pour des effets spécifiques ou la protection de surfaces lors des applications de peintures.

Une œuvre en direct

Mieux vaut un exemple plutôt que de longs discours ! Alors Denis Bernard se met à l’œuvre et l’on assiste à la naissance d’une 205 GTI Bleu Miami, justement.

L’exercice est périlleux ! Il faut penser à l’envers. La première couche appliquée et la couleur d’arrière-plan, et la dernière est, de ce fait la couleur de premier plan… Et en fonction du nombre de couleurs à appliquer et du nombre de plans, une concentration de tous les instants est capitale pour ne pas se tromper.

Tout comme la pose et le retrait des adhésifs : une découpe chirurgicale au scalpel de chirurgien (ça ne s’invente pas) adapté au besoin est nécessaire entre les différentes couches et le rendu attendu. Et la moindre erreur générera un défaut. Et même si le client ne le voit pas, Denis Bernard ne laisse rien passer ; le diable se cache dans le détail et notre homme est pointilleux.

Mais d’où vient cette passion ?

Fils de passionné, Denis Bernard est tombé dans la marmite de l’automobile quand il était petit. Il était carrossier, comme nous l’avons vu, mais aussi, il a été pilote de course de côte sur une Mercedes 190 2.3 16v. Alors peindre des voitures, des motos, des moteurs quand on a ça qui coule dans nos veines est juste une évidence.

De plus comme tout passionné qui se respecte, et son travail d’artiste s’en ressent, quand il réalise une œuvre, il cherchera les moindres détails pour coller avec l’objectif, comme avec ses réalisations de R5 Turbo Maxi dont quasiment chaque exemplaire a ses couleurs et ses caractéristiques discriminantes.

Bref, un passionné qu’il faut découvrir et dont les œuvres permettent de se faire plaisir sans assassiner le porte-monnaie !

Remerciements : Merci Yannick pour l’organisation de cette rencontre, et un grand merci Denis pour m’avoir ouvert en grand les portes de ton atelier !

Fabien

C'est un lion et un cheval cabré qui lui ont fait aimer les voitures dans son enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des pilotes de légende l'ont conduit à me passionner pour des bolides plus anciens. Fabien est basé près de Lyon où il essaye régulièrement des voitures variées mais couvre des événements dans toute la France avec plus de 200 articles à son compteur.

Commentaires

  1. Callon

    Il faut compter combien pour faire notre R12 GORDINI
    MERCI

    Répondre · · 16 août 2025 à 12 h 56 min

    1. Fabien

      Le mieux est de demander à Denis. Je lui transmets votre commentaire et votre e-mail.

      Répondre · · 16 août 2025 à 13 h 00 min

  2. fabienne zenner

    bonjour , j aurais aimer demander un travail sur du 1/18 eme a peindre
    merci

    Répondre · · 15 décembre 2025 à 16 h 25 min

    1. Fabien

      Bonjour,
      Pour cela, n’hésitez pas à prendre contact directement avec Denis Bernard au 06 19 03 09 14

      Répondre · · 15 décembre 2025 à 16 h 33 min

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