La Vallée Bleue, c’est une base de loisirs située sur la commune de Montalieu-Vercieu (38) en bord de Rhône. Chaque année au 15 août, elle accueille le rassemblement des Amis des Anciennes Automobiles. Un cadre magnifique, avec une belle étendue d’eau surplombée par les dernières falaises du Bugey, rafraîchissant en cette période caniculaire. Rafraîchissant aussi ce marché associé au rassemblement de la Vallée Bleue, ainsi que les terrasses des bars et restaurants.
Le truc en plus de la Vallée Bleue
Sur les rassemblements, mensuels ou annuels, et même si la durée annoncée est sur la journée complète, la tendance actuelle est à une désertification vers 12-13h. A partir de ce moment là, plus de rotation, plus de renouvellement.
Les organisateurs doivent donc redoubler d’imagination pour faire en sorte que ceux qui sont présents restent et que les amateurs, propriétaires d’anciennes ou non, soient attirés tout au long de la journée.





Et le rassemblement de la Vallée Bleue offre une diversité d’activités ainsi qu’un environnement ludique et beau susceptible de réunir toutes les conditions pour une belle fréquentation tout au long de la journée.
C’est un marché avec des artisans, des artistes et des commerçants. Bijoux, textile, plaques et affiches mais aussi créations originales, on y découvre de quoi chiner. Comme dans un marché non alimentaire de village traditionnel. L’occasion de croiser Denis Bernard et ses réalisations à l’aérographe (pour le découvrir, c’est par ici).
Un marché jalonné d’animations et de rencontres incongrues ! Comme ce shérif américain flanqué de ses quatre pin-ups ou faisant copain copain avec un motard de la gendarmerie française. Ce n’est pas banal. Et par presque 40°, il fallait se pincer pour être certain que l’on venait vraiment de croiser Kermit la grenouille tenant Scooby Doo dans ses bras !
Pour se rafraîchir, et avoir une autre vision sur les voitures exposées, le rassemblement de la Vallée Bleue permettait l’accès à des activités nautiques, pédalos, paddles ou Oxoons (petites embarcations à moteur électrique sans permis).
Enfin, les restaurants, glaciers, bars et autres commerces de bouche permettaient de se désaltérer, se rassasier et de jouer les gourmands. Sur le site, on pouvait s’assoir, de se reposer, de discuter en terrasse ou à l’ombre des arbres, ce qui n’était pas du superflu.





En bref, au rassemblement de la Vallée Bleue, on pouvait y passer sans problème et sans s’ennuyer toute la journée !
Un parking des plus varié
Les ancêtres
Des très anciennes, il y en avait quelques unes au rassemblement de la Vallée Bleue mais c’est vrai que ces autos se font de plus en plus rares dans les rassemblements non dédiés. Probablement plus encore que leur restauration, ce sont des autos qui ne s’intègrent plus à la circulation moderne, et qui nécessitent toute une logistique pour se rendre sur les lieux d’exposition.
Et pourtant, ces avant-guerre font toujours leur effet et le rassemblement de la Vallée Bleue le souligne joliment, même si on les comptait sur les doigt d’une main.
La plus ancienne, c’est probablement ce modèle de Peugeot 5CV des années 1925 avec son système de freinage arrière sur pneu. Une autre Peugeot, une 201, se faisait discrète dans un coin d’ombre. Avec sa carrosserie cabriolet, et capote repliée, le soleil harassant de ce magnifique 15 août aurait chauffé à blanc les sièges en cuir noir !





La plus innovante ? Très probablement la Panhard et Levassor à moteur 6 cylindres sans soupapes (les deux lettres S – S autour du logo PL de la marque apposées sur le radiateur), remplacées par des chemises coulissantes. Dans les années 30, ce moteur a des qualités indéniables en souplesse, puissance, silence de fonctionnement, gain de poids… Mais un défaut de taille : une coût de fabrication plus élevé.
La plus élégante quant à elle est probablement la Citroën AC4 Torpedo. Blanche sous le soleil elle trône en place d’honneur du rassemblement de la Vallée Bleue entre le parking et la plage.
Et puis viennent deux autres modèles tout droit issus de cette période mais qui ont continué à faire les beaux jours de leurs marques après la seconde guerre mondiale. La Citroën Traction Avant d’une part, et la Morgan. La représentante anglaise est loin d’être de 1936, date de début de la production des modèles à quatre roues, puisque c’est une version Plus Six lancée en… 2019. Pourtant, on retrouve la ligne générale des premières Morgan, adaptée et modernisée, le châssis aluminium et le cadre bois qui sert de base de fixation à la carrosserie. Ce modèle n’a été produit qu’à 900 exemplaires.





Les années 50/60
Les françaises
Elles sont déjà plus nombreuses au rassemblement de la Vallée Bleue mais ce n’est pas non plus pléthore !
Avec les traditionnelles Renault 4CV, Peugeot 203, des Citroën Ami que l’on voit de plus en plus fréquemment. La Renault 16 était aussi bien représentée. Et que dire de l’inévitable 2CV (même si la production s’est arrêtée dans les années 90) dans tous ses états, avec notamment des versions 3 roues Lomax et 4 roues Dutton.







Toujours chez Citroën et du fait de son anniversaire, les DS étaient de sortie, en famille : DS, D Spécial, D Super, ID… Toutes les modèles étaient représentés. En versions berlines mais aussi break dont on note le système de double plaque d’immatriculation arrière pour rouler « coffre ouvert ».
Utilitaire Citroën ou Renault ? Pour la marque aux chevrons, le bon vieux « panier à salade » de la police, le HY (qui n’est pas un Tub et on vous l’explique par ici). La régie était, quant à elle, représentée par une Goélette, nom donné en 1959 au Renault R.2062 1 400 kg. Une catégorie supérieure mais que l’on voit peu en rassemblement. Une discrétion que cultive aussi le pick-up de la Simca Aronde avec cette version intendante bâchée.






Les 204 et 304, là encore dans des carrosseries variées, mettaient Peugeot en avant. L’une d’entre elle, une 204 à toit ouvrant, possédait encore les autocollant officiels d’époque, du fait d’une entreposage à l’abri pendant de longues années.





Plus jaune que le soleil à son apogée, une brochette de trois Renault 8 en version « S » et Gordini en mettait plein la vue au rassemblement de la Vallée Bleue.
Pour finir avec les françaises, ce sera du côté de chez Ford… Et oui, Ford SAF, pour Société Anonyme France, qui sera racheté par Simca en 1954. Livrée bicolore, V8, carrosserie deux volumes et pare brise en deux parties typiques des modèles d’avant 1953, la Ford Vedette, version sedan à portes antagonistes, présente au rassemblement de la Vallée Bleue avait vraiment fière allure sur la plage.



Et les autres
La VW coccinelle montrait évidemment le bout de ses élytres. Comme la 2CV, peu d’anciennes mais une production longue qui la classe en termes de conception dans cette catégorie d’après guerre. D’autant que beaucoup d’entre elles sont aujourd’hui personnalisées et en trouver conformes aux modèles d’origine devient une gageure ! Mais le principal est qu’elles roulent, non ?
Tout comme les Combi de la voiture du peuple. Mais la version exposée au rassemblement de la Vallée Bleue était de toute beauté malgré une concession au niveau des jantes. Une chausse qui lui allait cependant comme la pantoufle de vair (ou de verre pour les amateurs de Disney) à Cendrillon. Une version T1 Camper, avec ses 5 glaces latérales et son pare brise en deux parties ouvrantes, sa livrée bicolore et ses chromes étincelants. Une version de base d’après 1964 sans vitre d’angle arrière, intégrant quelques « améliorations » presques discrètes.





Toujours dans la famille VW et toujours sur base coccinelle, deux 181 avaient aussi fait le déplacement. Celui qui était surnommé « la chose » est un cabriolet quatre portes inspiré du VW 82 Kübelwagen, avec cette élégance toute teutonne… Et militaire !
Côté anglaises, on notera les Triumph Spitfire et la jolie Sunbeam Alpine, mais aussi une MG C. Et quoi de plus normal que de ne retrouver que des versions cabriolet venues d’outre-Manche ! Cela dit, la Mercedes Pagode cabriolet vient elle aussi d’une contrée où le beau temps n’est pas forcément présent tous les jours…





Les Américaines
Vu leur nombre au rassemblement de la Vallée Bleue, elle méritent à elles seules un chapitre spécial ! Toutes époques confondues sur la seconde moitié du XXème siècle. Que l’on aime ou pas le design ou le côté un peu rustique de leurs mécaniques, elles ne laissent personne indifférent.
Tout est en démesure, et c’est presque un paradoxe que de voir ces voitures sur des événements comme le rassemblement de la Vallée Bleue, desservi par un réseau routier plutôt très français dans son dimensionnement. Mais pour avoir essayé une Dodge Challenger R/T (c’est ici) on est surpris de la maniabilité de ces autos.
On retrouve la Ford Crown Victoria, véhicule d’interception de la Police US flanqué d’un « Sheriff » immanquable, celui là même qui posait avec les pin-ups !


Des autos que tout le monde reconnaît comme les Corvettes C2 Stingray et C3, ou les Mustangs des années 60. Des outsiders peut-être moins connus du public mais que les amateurs repèrent rapidement, comme les Camaro dont on pouvait voir l’évolution du design au fil des époques, ou cette Mustang Grandé d’avant la crise pétrolière de 1973.






Une Chevrolet El Camino, un pick-up caractéristique sur base de coupé, avait aussi fait le déplacement. Pour l’anecdote, l’idée de cette voiture viendrait d’Australie où un fermier a demandé en 1932 « un véhicule pour aller à l’église un dimanche et qui peut transporter nos porcs au marché le lundi » ! Etait-il encore vivant pour voir cette réalisation ? L’histoire ne le dit pas !
En continuant avec les utilitaires, on trouvait un Chevrolet C10 avec Clint Eastwood au pochoir sur les portières, ou encore un rutilant Chevy Apache des années 50.



On retrouvait enfin les versions coupé et sedan de Cadillac en DeVille, série 60 ou série 62, des Chevrolet Bel Air ou Styleline des années 50… Toute la culture américaine en condensé pour ce rassemblement de la Vallée Bleue 2025.






Toute ? Toute ! Car quelques hot rods étaient présents pour boucler ce tour d’horizon outre Atlantique. Si les base Ford de chromes et de flammes aux moteurs apparents sont des références dans ce domaine, il est plus rare de croiser des rat rods, souvent basés sur des Ford A mais plus que profondément modifiées, roulant au ras du sol.





Années 70 et « youngtimers »
C’étaient en fait les plus représentées à ce rassemblement de la Vallée Bleue. Et une chose doit être notée à ce sujet. L’âge de ces voitures allant grandissant, cette catégorie, quasi exclusivement représentée par des modèles sportifs jusqu’à présent, évolue. Les modèles à moteur diesel commencent à arriver, comme des BX mais aussi des BMW ou des Mercedes.
On voit de plus en plus régulièrement apparaître des autos dites populaires. Des séries spéciales comme la 205 Junior, ou des modèles de base, de la Supercinq en passant par la Visa, la LN, la R11, ou encore la Fiat Tipo et même l’Express. Chez Talbot, c’est une Horizon 1.1 Ultra qui représente ces voitures dans lesquelles les quadra- et les quinquagénaires d’aujourd’hui ont usé leurs fonds de culottes pour aller à l’école ou partir en vacances.







Au rassemblement de la Vallée Bleue, c’est dans cette période que l’on retrouve la plus grande variété de nationalités, des françaises aux allemandes, en passant par les italiennes, les anglaises, mais aussi les japonaises.
Parmi elles, nous avons eu le plaisir de voir Mia, la Toyota Celica GT 2000 de la Miss Japan Team, et qui a participé au Wonder Rallye 2025, rallye exclusivement féminin. Les MX5 étaient en nombre.





Mais là encore, les françaises dominaient largement. R21 Turbo, 205 Rallye et GTI, mais aussi des modèles plus rarement rencontrés comme les Talbot Samba en version Rallye pour le fils et cabrio 82 hp pour le père ou une R9 Turbo.
Encore plus rare : une 405 MI16 série spéciale Le Mans, sortie en à peine 150 exemplaires en France, et encore moins au delà de nos frontières ! Un moteur de 405 MI16 de 155 cv « standard, mais un équipement et surtout une couleur rouge Lucifer métallisé spécifiques.







Et on se risque même sur le bizarre… Pas de polonaise ici, mais un buggy sur châssis cox, d’origine française, le Pachiaudi type HY, de 1970, sorti en à peine 25 exemplaires ! Pour les anglaises, ce sera une Panther Lima Mk1 de 1980. Ce roadster inspiré des Bugatti et des Morgan, a une base de chassis Vauxhall Magnum complété par un treillis tubulaire et est motorisé par un moteur Vauxhall lui aussi de 2300 cm³ de cylindrée développant 150 chevaux environ.
Pour le luxe, c’était tout simplement Rolls Royce avec une Silver Shadow II des années 80 et une Corniche de la même époque. What else ? Même si la Jaguar XJ40 Sovereign ou la Citroën SM et son 6 cylindres Maserati ne faisaient pas pâle figure à côté. Mais Rolls reste tout de même une référence.






Par contre, côté sportives au, il y avait du choix et en balayant les diverses origines, on retrouvait au rassemblement de la Vallée Bleue des Alpine GTA et A310 en 4 cylindres et V6. Il y avait aussi une PGO Cévennes côté français, une Ferrari 360 Modena pour l’Italie, une BMW 2002 TII et des Porsche 911 et autres Golf GTI pour l’Allemagne ou encore Caterham Super Seven côté anglais et sa cousine hollandaise Donkervoort. Sans oublier l’Impreza WRX de chez Subaru côté nippon.







On finit avec d’autres cabriolet intéressants, c’est à dire qui sortent du standard des rassemblements, comme la Mégane série 2 cabrio, la Supercinq Belle-île, ou la Mercedes Classe SL (Type 129). La Ford StreetKa, cabriolet sur base Ka Mk1, commence à arriver puisque sortie en 1996 pour la Ka et 2003 pour les SportKa et Streetka. La 914, Porsche ou VW-Porsche sort quant à elle peu à peu de l’ombre. Mal aimée des porschistes, elle commence à être reconnue et surtout appréciée des amateurs.





Conclusion
Comme à chaque fois sur ces événements annuels, et le rassemblement de la Vallée Bleue ne fait pas exception, c’est une explosion de marques et de modèles, mais aussi de visions du monde de la collection. Et c’est toujours de la passion qui transpire, un terme qui s’accordait parfaitement au temps et aux températures de ce 15 août 2025 !
Pour News d’Anciennes, ce rassemblement annuel organisé et parfaitement orchestré par les Amis des Anciennes Automobiles, est une belle découverte. Alors si le coeur vous en dit, vous pouvez d’ores et déjà noter la date pour 2026 !
On termine par la traditionnelle galerie histoire d’attendre les prochains rendez-vous.















































Pinchon
Bonjour et merci pour cet article 🙂
· · 21 août 2025 à 12 h 06 min
Fabien
Merci à vous !
· · 21 août 2025 à 12 h 07 min
Jean-Noël GUIGNARD
Très beau reportage et belles photos à l ‘année prochaine j’espère. Le cadre est très beau.
· · 21 août 2025 à 14 h 50 min
Fabien
Merci pour votre commentaire.
Quant à l’année prochaine, on verra, mais ce sera volontiers !
· · 21 août 2025 à 14 h 53 min
Rétro 07 - Yannick
Encore un gros job de reporter-photographe, rien ne t’a échapper ! bravo Fabien !
· · 21 août 2025 à 20 h 12 min
Fabien
Merci Yannick ! Quand il y a la passion, les choses sont toujours olus simples.
· · 21 août 2025 à 20 h 22 min
Garrido Marilyne
Sté KREA MKM Bourgoin-jallieu
J’avais un stand pour l’événement convivial. Très belle accueil chaleureux @Fatima Bennacer et de l’association, bénévoles etccc. Des voitures exceptionnelles et des artisans locaux professionnels très impliqués .je reviens en 2026 absolument, merci pour la photo des pin-ups.
· · 23 janvier 2026 à 15 h 56 min