Le Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien 2026 : une régularité inspirante

Publié le par Fabien

Le Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien 2026 : une régularité inspirante

Pour cette sixième édition, et la seconde sur Saint-Cyr, aux portes d’Annonay en Ardèche, l’association Retro07, organisateur du Salon de la Miniature, a renouvelé l’expérience tentée l’an dernier (c’est par ici). En parallèle de ce salon, Yannick et ses bénévoles ont reconduit la balade Régul’ Classic Haut-Vivarais qui regroupait cette année 29 voitures. Et si la fréquentation du week-end a été un peu en deçà de celle enregistrée en 2025, elle fait montre d’une belle régularité par les temps qui courent.

En bref :
– Les jouets et les miniatures restent les stars de cet événement mais les voitures à l’échelle 1:1 ont pourtant eu leur succès.
– Couplé à une balade régularité, l’événement ce salon se montre particulièrement varié avec des animations pour tous.

Salon de la Miniature et Balade, le combo gagnant

C’est en effet surprenant d’organiser en unité de temps et de lieu deux événements somme toute assez différents que sont le Salon de la Miniature et la Régul’ Classic. Pourtant, il y a une vraie logique derrière cela.

Il faut remonter à la première édition du Salon de la Miniature. En 2020, la crise du COVID et ses confinements ont laissé des traces. Les négociants en miniatures et jouets anciens veulent relancer leur activité. Les collectionneurs ont économisé pendant cette période et sont prêts à chiner pour découvrir la perle rare qui manque à leurs collections.

Quant aux particuliers, ils ont envie de revenir sur des salons, voir du monde, échanger. Ils veulent recommencer à rêver et se faire plaisir. Et quoi de mieux que des miniatures et des jouets pour retourner un temps en enfance, oublier le présent et rapporter chez soi un petit souvenir régressif qui trônera fièrement sur l’étagère.

Le Retro07 se lance alors dans l’organisation du premier Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien qui est une véritable réussite et encourage l’équipe à remettre ça l’année suivante, et les suivantes encore. Mais si les visiteurs et les exposants sont là, le rythme s’essoufle. Et le déménagement risque également de causer du tort, comme tout changement dans une organisation métronomique.

Alors germe l’idée de regrouper des voitures « état concours » pour amener une activité à l’extérieur et permettre d’attirer d’autres passionnés, tout en relançant la fréquentation du Salon de la Miniature. L’an dernier, c’est une vingtaine d’autos qui a inauguré la première balade Régul’ Classic Haut-Vivarais. Et cette année, la barre des 30 inscriptions a été franchie.

Le Salon de la Miniature se tenant sur le week-end et la balade uniquement le samedi, cela permet également aux visiteurs de planifier au mieux leur visite sur les deux jours en fonction de leurs objectifs. Et le résultat est là, avec le maintien de la fréquentation du salon en 2026.

La balade Régul’ Classic Haut-Vivarais

Le parcours

Une balade, ce n’est pas un rallye. Routes ouvertes, pas de casque, et toute voiture immatriculée peut y participer en respectant le code de la route.

Par contre, la régularité, c’est un challenge et ce même s’il n’y a pas d’enjeu sur cette balade encadrée, de la définition même des organisateurs, puisque pas de chronométrage officiel. Mais suivre les indications du road-book, respecter au mieux les objectifs de temps proposés pour boucler chaque spéciale. C’est tout de même du sport, et ce malgré la présence des bénévoles sur la plupart des difficultés du parcours, pour suivre au mieux le road-book.

Car des difficultés, les petites routes ardéchoises n’en sont pas avares. Nombreux changements de direction, routes étroites et bosselées, et il est difficile aujourd’hui d’éviter 100% des ralentisseurs qui fleurissent allègrement dans pratiquement tous les villages traversés, ce qui peut présenter un problème pour les lames, les bas de caisses, et les diffuseurs des autos dont la garde au sol est limitée.

Quant à ce parcours, il reprend le tracé des spéciales du Rallye du Bassin Annonéen, organisé par l’ASA Haut-Vivarais dans le cadre de la Coupe de France des Rallyes de la FFSA, et dont c’était en avril dernier la 30e édition. Le départ est donné à Saint-Cyr, sur le lieu du Salon de la Miniature.

La première zone ZR1 pour zone de régulation 1, est une boucle au niveau du Col du Fayet. La seconde passe par Talencieux. Et la ZR3, la plus au sud, part de Préaux pour arriver sur Saint-Jeure-d’Ay via le col de Juvenet. A la fin de cette balade encadrée, les voitures se sont concentrées sur la Place des Cordeliers d’Annonay.

Les voitures

Ouverte aux voitures anciennes et de prestige, on trouvait parmi les partantes quelques auto modernes, dont quatre Alpine A110 et un… Comment décrire cet engin ? Déjà sa marque. C’est un Polaris, marque américaine du Minnesota qui, en 1954, a inventé la motoneige et s’est spécialisée dans les véhicules de sport et de loisir notamment. Là, il s’agit en fait du tout dernier produit de la marque : le Slingshot, que l’on peut traduire par fronde ou lance-pierre en français. Bref, une curiosité de près de 200 chevaux pour 800 kg.

Une Porsche Cayman S type 987, c’est à dire les premières produites à partir de 2005 et une Ferrari 360 Modena en boîte F1 du début des années 2000 également, étaient alignées au départ. Mais sur News d’Anciennes, ce sont justement les plus anciennes qui nous intéressent d’avantage et il y avait des modèles fort sympathiques.

Celles de série…

Origines, styles, motorisations, elles faisaient dans la diversité. On comptait même une Chevrolet Camaro LT350, de deuxième génération, avec son T-Top, son toit en T. Pas vraiment le gabarit que l’on imagine sur les départementales ardéchoises !

La plus ancienne d’entre elle était une Jaguar XK140. Une voiture produite entre les victoires au Mans de la marque de Coventry en 1953 et 1955, puisque seules les victoires de 1951 et 1953 sont mentionnées sur le capot de malle de la belle.

Venait ensuite une Ford Taunus 12M type P6, produite dans la seconde moitié des années 60 et motorisée par le V4 à 60° Ford de 1183 cm3. Le propriétaire de cette Ford avait hésité à rouler avec la Capri RS Gr.2 venue sur son camion plateau, et ce sont justement ces routes délicates à appréhender pour une pistarde qui ont orienté son choix. De manière anecdotique, on retrouvait une version équivalente de cette Capri sur le Salon de la Miniature.

Une petite Opel GT faisait le lien entre les années 60 et 70, ces dernières étant représentées par une Alfa Romeo GTV (ou Alfa Romeo Giulia Coupé Bertone 2000 GT Veloce, ou quelque chose comme ça avec tout son pédigrée !) de 1972.

On continue à progresser dans le temps avec deux allemandes produites entre les années 80 et 90. A ma droite, une Porsche 911 Type 964 Carrera et à ma gauche une BMW 325 i série e30. Et pour finir, la plus récente de ces autos du siècle dernier est également très rare : une Rover Mini 1.3i Cabriolet, produite uniquement en 1994 à environ 300 exemplaires.

Les voitures conçues pour le sport

Dans cette catégorie, on ne va retrouver quasiment que des françaises. On ouvre le ban, assez logiquement, avec des Alpines. Une Berlinette A110 en motorisation 1300 et une A310 V6. Dans le même esprit que la Berlinette, et taillée pour les routes sinueuses de l’Ardèche, il y avait la Scora croisée cet été lors du rassemblement de Verna (c’est par là).

Chassant le moindre kilo superflu, et conçue à Lyon, il est difficile d’imaginer que la Marcadier FM01 de la balade est un kit-car. Son propriétaire, s’il ne trouvait pas dans le matériel fourni par la marque certaines pièces comme les roues, le groupe propulseur ou encore le réservoir d’essence, était invité à les récupérer sur une Renault 8.

Enfin, on retrouvait une Citroën AX Sport au moteur TU2/4 de 1294 cm3 préparé chez Danielson et avec ses stickers typiques des premiers modèles, et une Renault Clio Williams (on l’a essayée par ici). Deux bombinettes qui savent faire parler la poudre.

Presque toutes françaises… Car il y avait aussi une Fiat 500 à la diabolique puissance de 38 chevaux. En fait, cette petite Fiat était passée, au milieu des années 60, dans l’antre de Abarth. Résultat, ce n’est plus une 500 mais une Fiat 500 Abarth 695 SS. Ces deux lettres signifient ici, Abarth oblige, Scorpione Sport. Et côté puissance, il faut garder en mémoire qu’une 500 de base, c’était 15/17 chevaux et la version Sport officielle culminait à 21 chevaux !

Les voitures préparées pour la compétition

Pour finir, on va faire un tour du côté des voitures préparées. On trouvera sur cette Régul’ Classic en marge du Salon de la Miniature plusieurs types d’approches de la compétition automobile.

Des préparations d’époque pour courir en Groupe 4 ou Groupe A dans les compétitions FISA, mais aussi des modifications récentes pour participer aux courses VHC ou VHRS… Toutes sont donc arceautées, et leurs moteurs sont un peu, voire beaucoup, plus affûtés.

Ainsi la Berlinette se fait plus méchante avec sa préparation Gr.4, tout comme la Clio 1 en version Gr.A. Et ce n’est pas une mais ce sont bien deux Peugeot 104 ZS qui nous ont gratifié de leur présence, l’une en version Evolution aux ailes élargies, musculeuse par rapport à la préparation VHRS qui paraissait presque gracile en comparaison.

Suffisamment rare également pour ne pas être mentionnée, on pouvait admirer une Opel Kadett GTE. Il s’agissait d’une Kadett D, de quatrième génération donc, venant tout droit des années 80.

A côté de ces auto de séries préparées, il y avait aussi deux prototypes immatriculés, homologués pour un usage routier. D’un côté, la Renault Dauphine Strakit-Quéron développée par Georges Quéron, un sorcier automobile dans la lignée des grands préparateurs français. Trains avant et arrières issus de R8 Gordini, moteur 1300 de R8 Gordini porté à 1450 cm3, et utilisation d’un kit Ferry retravaillé. Cette Dauphine dépassait allègrement les 100 chevaux !

En 1975, Bernard Darniche remportait la Ronde de la Durance au volant de la Fiat Abarth X1/9 prototipo. Cette auto a été éclipsée par la Lancia Stratos qui l’a remplacée en rallyes. Pourtant son 4 cylindres double arbre à cames de 180 chevaux et le poids plume de l’auto permettaient de belles performances. Là encore une bien belle rencontre sur cette balade liée au Salon de la Miniature.

Le Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien

Malgré la situation économique, et notamment le prix du carburant avec un gasoil qui frôle les 2,50€/l et du super à plus de 2,00€/l (oui, utile de préciser pour que l’on s’en souvienne quand on relira cet article dans 20 ans…), l’intégralité de la surface de la salle polyvalente des Mûriers de St-Cyr était occupée par le Salon de la Miniature. Deux cents mètres linéaires de miniatures, jouets, travaux d’artistes, livres proposés par plus de 50 exposants. Et cette année, les voitures radiocommandées faisaient leur démonstration sur l’estrade.

Les grand noms du modèle réduit étaient nécessairement représentés. Otto, Norev d’un côté, Matchbox ou Hot Wheels de l’autre, sans oublier les Dinky Toys et autre Corgi, et tant d’autres, toutes époques et échelles confondues.

Mais si les version d’origine encore sous leurs blisters étaient nombreuses, beaucoup d’exposants proposaient sur ce Salon de la Miniature, des modèles customisés. Par ici une décoration fidèle de la voiture qui a couru tel rallye en telle année, par là ce sont les robes et les accessoires des voitures de courses américaines qui ont été reproduites. Toutes ces réalisations transpirent la passion et il est parfois difficile d’imaginer les heures passées à ces personnalisation.

Certains exposants proposaient même des maquettes montées et décorées par leurs soins, dans le militaria notamment. Avions, blindés, transports de troupes et de matériel, tout y était jusqu’aux soldats de plomb peints avec minutie.

Le Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien, c’est aussi l’occasion d’admirer des dioramas. Des reconstitutions de scènes, photos des lieux réels à l’appui, pour se replonger dans un passé révolu ou aller avec quelques véhicules de pompiers éteindre un incendie en pleine nature.

Et puis discuter avec ces exposants, c’est souvent prendre de véritables leçons d’histoire. Ecouter par le menu les anecdotes que ces amateurs ont vécu durant leur vie au volant des modèles réduits qu’ils présentent. Que ce soit sur route, sur rails, en mer ou dans les airs.

On rencontrait même au Salon de la Miniature, Tintin et Milou, les personnages d’Hergé, qui s’extasiaient devant quelques voitures, après avoir été accueilli par un Captain America, le héro Marvel, grandeur nature. Inévitablement on pouvait aussi admirer Betty Boop, personnage de fiction inspiré de l’actrice Louise Brooks.

Du côté des artistes, on y croisait le maestro de l’aérographe, Denis Bernard, qui nous avait ouvert son atelier pour nous y faire découvrir son travail (c’est par ici). D’autres travaillaient le bois, le déclinant en lampes, décapsuleurs et autres objets utiles au quotidien et décoratifs.

Mais le Salon de la Miniature, c’est avant tout voir des yeux qui pétillent, des sourires au vu de tel ou tel jouet, quand les souvenirs de l’enfance remontent. On se souvient des grands-prix endiablés, de ces histoires que l’on s’inventait étant mômes et des moments de vie associés. C’est aussi ressentir cette fierté d’avoir trouvé l’objet de convoitise en le faisant admirer à la ronde, après avoir cherché sur un stand puis sur l’autre, après avoir hésité entre deux modèles… Eh oui, le banquier surveille toutes les transactions et il faut faire des choix, malheureusement.

En route pour 2027 ?

Le Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien est bien ancré dans le paysage des manifestations locales, bien épaulé par la Régul’ Classic. Et c’est de ce côté là qu’il faut attendre des évolutions.

Cette balade est avant tout une animation destinée à attirer des visiteurs au Salon de la Miniature Automobile.
Forte de ces deux premières expériences, l’équipe organisatrice imagine déjà une troisième édition, avec l’ambition de faire évoluer la balade touristique vers une formule plus sportive.
Yannick Noblet, Président du Retro07

Un joli programme qui donne envie de se revoir dans un an. Et pour patienter, voici la galerie liée au Le Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien et à la balade Régul’ Classic Haut-Vivarais, version 2026.

Fabien

C'est un lion et un cheval cabré qui lui ont fait aimer les voitures dans son enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des pilotes de légende l'ont conduit à me passionner pour des bolides plus anciens. Fabien est basé près de Lyon où il essaye régulièrement des voitures variées mais couvre des événements dans toute la France avec plus de 200 articles à son compteur.

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