Le Rétro 07 n’a pas fait dans la demi-mesure. Pour sa cinquième édition, la bourse d’échange de la miniature automobile et du jouet ancien a établi ses quartiers à Saint-Cyr (07), à quelques kilomètres d’Annonay où s’étaient tenues les quatre précédentes éditions. Mais ce déménagement physique a aussi été l’occasion de rassembler plus d’une vingtaine de voitures exceptionnelles à l’occasion de la première édition de la balade Régul’ Classic Haut-Vivarais. Et là aussi, ça a déménagé, au sens très figuré !
Une organisation qui se plie en quatre
Début des hostilités à 14h le samedi avec l’ouverture officielle du salon de la miniature automobile et du jouet ancien, et le départ de la balade. Une double activité, à l’intérieur et à l’extérieur. A l’extérieur tout d’abord, on trouve trois grandes zones pour que tous les visiteurs et participants se retrouvent correctement orientés. Quand on arrive, les bénévoles de l’organisation envoient sur leurs parkings dédiés respectifs les véhicules anciens et les visiteurs en voitures modernes.
Un barnum attend les équipages de la balade, dont les voitures sont alignées, prêtes au départ, à proximité des partenaires venus présenter quelques spécimens. Deux d’entre eux sont issus de chez Citroën. D’une part la Xsara WRC, évocation de celle pilotée par le regretté Philippe Bugalski et d’autre part la C2 S1600 aux couleurs de celle de Loeb et Meny lors du Rallye du Var de 2003.





La Mustang GT de 1967, garée sur une espace PMR, aurait tout à fait le droit d’y être car elle a été adaptée par la société Handi-Drive pour permettre aux passionnés en fauteuil de rouler en ancienne. La BMW E46 M3 à ses côtés a, elle aussi, été aménagée mais pour un usage sportif.
Sur ce Salon de la Miniature Automobile, difficile de manquer la Subaru Impreza II 2.0 WRX STi à la décoration pour le moins ostentatoire, qui ferait presque passer le kit Dimma de la 205 CTI pour un modèle de sobriété !
Deux Toyota au look baroudeur permettaient de toucher du doigt la préparation des voitures pour les rallyes raids. Le préparateur n’est autre que Modulauto, basé à St Cyr. Pour définir ce préparateur, je citerai Michel Maindru, à qui l’on doit l’essentiel des photos prises sur les Dakar africain et américains et dont le Toyota était exposé au Salon de la Miniature Automobile :
« La référence absolue. Christophe Girard, le patron, a des clients qui font restaurer des légendes du Dakar, comme le Toy ex-Vambergue à côté du mien. De plus, il possède une flotte de 4×4 en location pour les organisations sur les rallyes raids (sauf Dakar) »
Michel Maindru
Enfin, pour accueillir les visiteurs, exposants et participants du 5e Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien, la Peugeot 403 préparée par EDR Motorsport et dont la décoration évoque celle de la voiture ayant participé au Tour Auto 2016.





Quant aux anciennes exposées, on retrouvait les grands classiques, comme des Citroën DS et Tractions, Clio Williams, 4L, R5 Alpine ou des Mustang, mais aussi des voitures moins courantes sur les rassemblements.
On citera notamment, un beau coupé Peugeot 304, une Talbot-Matra Rancho, des Super Seven de chez Caterham, mais aussi de chez Westfield, une Matra 530 ou encore une Panhard PL17.







On retiendra également le coupé Mazda RX-7 (FB Series 2) avec ses jantes évoquant le piston rotatif embarqué dans son moteur Wankel. Et pour le convoyage, on pouvait toujours compter sur un plateau Ford Série A.
En voyant le Ford F-1 rose du début des années 50 ou la Cadillac Deville convertible fuchsia, on se prend à rêver de croiser Margot Robbie dans une robe tout droit sortie du film Barbie. Mais cela restera un vœu pieux : pas de Barbie au Salon de la Miniature Automobile !






Balade Régul’ Classic Haut-Vivarais
Mais si cette exposition de voitures anciennes était intéressante, les plus de 20 voitures qui prenaient le départ de la première édition de la balade de régularité lors du Salon de la Miniature Automobile méritaient un coup d’œil attentif. Le parcours d’un peu plus de 100 km alternait les liaisons et les « spéciales » à parcourir dans un temps imparti, car même en mode balade, le challenge donne toujours un piment supplémentaire au plaisir.
On commence par un voiture récente, ouvreuse de la ballade, de conception française, qui reprend le design des célèbres berlinettes, qui sont quant à elles deux à prendre le départ. Vue de l’avant, on reconnait bien la berlinette, mais de l’arrière, on note quelques dérives par rapport au modèle original, et pour cause. Nous sommes en présence d’une smarlinette. Une voiture basée sur le châssis du coupé Smart Roadster, et habillée par une carrosserie inspirée de la célèbre dieppoise. Une évocation intéressante, avec une philosophie proche de son modèle.



Trois véhicules faisaient figure d’ORNI, objets roulants non identifiés du Salon de la Miniature Automobile. D’une part, une Ariel Atom, dont le concept la rapproche d’une moto à quatre roues avec des accélérations de 0 à 100 km/h en 3 secondes, soit 4 dixième de moins que la Radical SR3 RS, voiture anglaise à hautes performances également, directement inspirée des voitures qui courent en sport-prototype.
Le troisième ORNI n’a quant à lui, que 3 roues. Directement dérivé des Morgan three-wheelers de la première moitié du vingtième siècle, c’est un JZR Trikes, anglais lui aussi, mu par un moteur Honda, mais qui peut aussi embarquer des mécaniques Guzzi et Harley. Pour ajouter à l’exotisme, les suspensions avant sont empruntées à la Ford Cortina et d’autres éléments mécaniques à la Ford Escort.



Immanquablement, on retrouve des Porsche. Certaines sont d’ailleurs les voitures les plus récentes du plateau. On retrouve donc une Porsche Cayman type 987, une 911 GT3 au couleurs Gulf et une 911 Carrera 4 type 964 .
Parmi les plus récentes également, l’une des engagées était une Audi TT, une auto collector en puissance dont nous avons essayé un modèle (c’est par ici). En restant teuton, les BMW et Ford n’étaient pas en reste ! Chez BMW, avec une 323i 2.3i et une 325i 2.5 i, les E30 sont bien représentées.






Pour Ford, ce sont des Sierra et Escort qui ont été engagées. Côté Sierra, avec son aileron monstrueux, ses prises d’air sur le capot et ses 204 chevau, la Ford Sierra Mk1 2.0 RS Cosworth impressionne toujours. Et ce look Cosworth fonctionne toujours, même sur une série II Hatchback 2.0 i de seulement 125 chevaux d’origine.
Pour l’Escort, c’est un modèle plutôt rare qui était inscrit. En effet, la 1.6 RS Turbo est une Escort Mk3 qui n’a été produite qu’à 5000 exemplaires dont seuls 650 ont été commercialisés en France entre 1985 et 1986. Côté esthétique, on aime ou pas les optiques optionnelles, mais c’était en vogue à l’époque.



Toujours chez Ford, était alignée au départ une Capri au look 3100 RS. Même si la base est une phase I 2600 de 125 chevaux, le travail de carrosserie est impressionnant. Tout comme sur cette Renault Dauphine Gordini, aux ailes élargies. Si le travail moteur est similaire au travail dont a fait l’objet le design, cette sportive doit être diabolique sur les routes de l’Ardèche !
On finit les productions d’outre rhin par une « mini Corvette » : l’Opel GT des années 70. Malgré sa puissance modeste inférieure à 100 chevaux, son poids très contenu sous les 900 kg lui autorisait de jolies performances dans sa version 1897 cm3, et il est logique de voir cette voiture figurer au départ d’un rallye.
Bien qu’ayant subi de plein fouet la crise pétrolière du début des années 70, les américaines sont toujours aussi impressionnantes en cette fin des seventies. Preuve en est cette Pontiac Camaro série 2 T-Top, aggressive et démesurée.



Démesurée aussi la Jaguar Type E qui était engagée. Dans cette version cabriolet, « la plus belle voiture au Monde » selon Il Commendatore lui-même, marque plus par son élégance que par sa performance, même si avec son L6 de 4,2 litres pour le modèle présenté à la balade de régularité du Salon de la Miniature Automobile, l’esprit de compétition n’est jamais bien loin.
Côté italien aussi, deux voitures iconiques, l’une des années 80, l’autre des années 90. On se souvient qu’Abarth, le sorcier transalpin, s’est penché sur le berceau de quelques FIAT. Et la 131 Mirafiori, devenue 131 Abarth Rally, est l’un de ces modèles entré à la postérité aux mains de Michèle Mouton en Groupe IV. C’est d’ailleurs un exemplaire aux couleurs Calberson, sous lesquelles courait la « Reine des Rallyes » lors du Rallye Monte-Carlo 1980, notamment.
L’autre italienne, c’est la Lancia Delta HF Intégrale. Une des rares voiture ayant remporté un succès dès sa première sortie, lors du Jolly Club, aux mains de Massimo Biasion et le titre cette même année 1988. Et c’est une auto parfaitement taillée pour les petites routes ardéchoises.



Pour finir sur les forces en présence lors de la balade du Salon de la Miniature Automobile, concentrons nous sur les françaises dont nous n’avons pas encore parlé. Donc à côté des deux berlinettes A110 et de la Dauphine, on retrouvait deux Citroën, une Peugeot, une Matra, une Renault et une Scora.



Côté Citroën, une DS modifiée pour le rallye, avec ses ailes arrières modifiées pour un meilleur accès aux roues, ses arceaux, ses sièges baquets, et son habitacle dépouillé résolument orienté course, partait aux côtés d’un des rares exemplaires restants de la BX 4TC (notre essai est ici) reconnaissable à son rostre monstrueux, nécessaire pour intégrer le moteur d’origine « Chrysler » dans cette série d’homologation Groupe B.
Chez Peugeot, on retrouve une 304 S berline directement inspirée des modèles Groupe 2, qui ont couru le Championnat de France des Rallyes, notamment aux mains de Marianne Hoepfner, ou le Tour Auto en leurs temps, et qui s’alignent aujourd’hui dans des épreuves comme le Rallye Monte-Carlo Historique.



Une autre concurrente française est la Matra Murena « Total », aux couleurs de celles pilotées par Wambergue, Julienne ou encore Beltoise sur des rallyes asphalte ou terre et rallye-cross comme le rallye des 1000 pistes. C’était le petit Poissy 1600 cm3 qui avait été préparé par Politecnic, et non le lourd 2.2l Chrysler.
On monte d’un cran avec la Clio Maxi Kit Car et ses 250 chevaux qui ont été domestiqués par Jean Ragnotti notamment ou Philippe Bugalski. Une R5 Turbo première génération (nos articles dédiés par là) était aussi inscrite mais n’a pas pris le départ faute de pépin mécanique. Elle s’est cependant faite admirer tout au long de la première journée du Salon de la Miniature Automobile.
On finit par la Scora, conçue et fabriquée par Jacques Durand, et évolution de la Jidé présentée en 1974. Cette voiture, largement inspirée de l’Alpine A110, est en outre plus légère que son modèle. Ses 620 kg sont emmenés par un moteur 1600 cm3 Gordini développant 160 ch ou un 1796 cm3 d’origine Renault de 183 ch DIN à 7200 tr/min.



Un salon de la miniature accessible et étoffé
Retour dans le gymnase de la commune de St Cyr pour aller au coeur du sujet : le Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien.
Contrairement aux éditions précédentes sur Annonay, le gymnase garantissait un accès sécurisé aux personnes à mobilité réduite, l’ensemble de la bourse d’échange étant sur un seul et même niveau… Exception faite de la scène, mais les oeuvres exposées étaient bien visibles à son pied.


Au total, c’étaient 32 exposants qui étaient attendus au Salon de la Miniature Automobile, auxquels s’ajoutaient cinq invités sur les thèmes de la littérature et de la peinture tournés vers l’automobile.
J’ai ainsi eu l’honneur de présenter la Maîtresse d’Acier, le roman de l’automobile en 1925, écrit par Pierre Coutras, bien entouré par Alain Buisson et ses bandes dessinées racontant les « Aventures d’Emile Tartarin et Camomille », ainsi que par Dany et Pathy, parents de « Max le Pilote » mais aussi des BD humoristiques de « Zoreye ».
Grâce à son passé de pilote, au 24h du Mans notamment, Daniel Duplex, alias Dany, connaît bien l’univers de la course automobile et avec Pathy, ils ont donné vie à Max dans une BD interactive où des notes renvoient à un site web qui permet de creuser le sujet annoté. Au Salon de la Miniature Automobile, ils proposaient également des tableaux de caricatures automobiles.






Les tableaux et la peinture, c’est aussi le domaine de Pierre Studler, avec des œuvres de toutes tailles, mais aussi une très intéressante série de portraits de pilotes sur des toiles de 10×15 cm maxi. Senna, Renault, Ferrari, Williams, R5 Turbo, 205 T16… Tous les grands noms et les modèles mythiques du sport automobile sont présents.
Denis Bernard exposait également ses porte-clefs, décapsuleurs et autres pompes à essences personnalisées et personnalisables (notre article par ici). Des objets artisanaux à l’aérographe uniques pour les passionnés. Un complément idéal aux miniatures exposées par ailleurs.





Justement, et sans transition… Allons faire un tour du côté de la bourse sur ce Salon de la Miniature Automobile.
Comme c’est le cas dans ce type de salon, en cherchant bien, on trouve tout, avec parfois un brin d’émotion. Pour l’anecdote, Ana, jeune étudiante mexicaine venue pour six mois en France, a trouvé la réplique exacte au 1/43e de la voiture que son père venait d’acheter la veille dans son pays !

D’autres trouvent les voitures qu’ils ont possédé à l’échelle 1 ou des voitures de légende pour compléter ou commencer une collection… Rarement pour la finir ! C’est bien simple, rare sont les visiteurs du Salon de la Miniature Automobile qui ne se sont pas fait happer jusqu’à l’épaule par cette passion le jour où ils ont malencontreusement mis le doigt dedans.
Et question choix, il y en avait sur le Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien. Bien entendu, des voitures de toutes les époques tant dans les modèles que dans l’âge de ceux-ci étaient exposées. Un utilitaire du Printemps de marque Citroën de 1924, en bois et depuis ce temps, on pouvait voir l’évolution des matériaux utilisés pour la réalisation des modèles ainsi que l’évolution dans les détails. Alors qu’au début du vingtième siècle les modèles présentaient assez peu de finitions, les miniatures les plus récentes jouent sur ces finitions et la qualité d’assemblage ce qui s’en ressent au niveau du prix.






Pourtant, ce sont souvent les jouets les plus anciens, en fonction de leur rareté et de leur état qui montent le plus haut et les négociations sont âpres ! Certaines peuvent durer des heures. Dinky Toys, Corgy, Norev, Majorette, Matchbox (les boîtes carton avaient la taille de boîtes d’allumettes)… Des noms symboles de différentes époques dont les productions peuvent aujourd’hui s’échanger à prix d’or.






Autour des miniatures de voitures, on trouve des dioramas, de la militaria miniature, des engins de chantiers, des camions, des motos… bref, tout ce qui roule. Et de la miniature, on passe petit à petit au jouet. La voiture va intégrer un ressort, comme les voitures à friction, et le vendeur s’amuse comme un enfant sur le circuit qu’il a monté sur son stand, faisant apparaître des étoiles dans les yeux des plus jeunes.


La miniature devient jouet aussi en étant téléguidée par câble ou ondes radio, ou tout simplement grâce à une clef de remontage mécanique. Et ce qui est vrai pour les voitures, l’est a fortiori pour les trains électriques, nombreux à être proposés.
Si les circuits et parcours sont, depuis les années 60-70, modulables, le Salon de la Miniature Automobile est l’occasion de redécouvrir les jouets mécaniques des années 50 avec des circuits, et parfois même les miniatures elles-mêmes, en fer blanc embouti et peint. La nostalgie d’une autre époque !






Pour finir…
Un beau week-end donc, au coeur de ce double événement, la première édition de la balade de régularité et la cinquième édition du Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien.
Une belle organisation par le Rétro 07, Yannick et son équipe de bénévoles très engagés et toujours agréables, comme ça avait été le cas lors du rassemblement de Davézieux. Et avec plus de 900 entrées payantes, un beau succès pour cette équipe !
Et pour attendre la prochaine édition Salon de la Miniature Automobile et du Jouet Ancien ainsi que du rallye de régularité, on se quitte sur la traditionnelle galerie photo.


































































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