La vente Gooding Christie’s de Pebble Beach cartonne

Publié le par Benjamin

La vente Gooding Christie’s de Pebble Beach cartonne

On ne parle plus de Gooding & Co mais bien de Gooding Christie’s et c’est cette vente officielle du concours de Pebble Beach qui permettait à la maison d’étrenner cette nouvelle identité (en attendant de débarquer en France avec la vente de Rétromobile 2026). Quoi de mieux… que de cartonner ? La vente n’est pas la plus grosse de la Monterey Car Week en terme de valeur mais affiche des chiffres énormes.

La vente Gooding Christie’s de Pebble Beach en bref

Comme la plupart des autres grosses ventes, on parlait en fait de deux ventes réparties entre le 15 et le 16 Août, en préambule du concours d’élégance qui avait lieu le lendemain. 183 lots étaient au programme, un très gros catalogue qui promettait plus d’une quarantaine de lots au-dessus du million de dollars.

Au total, la maison de vente écoule 153 lots et en vend 27 au-dessus de la barre symbolique du million de dollars. Plusieurs records de valeur aux enchères pour des modèles ou des marques sont atteints et le résultat final est de plus de 128 millions de dollars !

Les Ferrari en stars

Cette année, c’était définitivement la marque la plus en vue lors de la Monterey Car Week. Dans le catalogue de la vente Gooding Christie’s de Pebble Beach, 7 des 10 plus grosses estimations étaient des Ferrari.

La plus grosse estimation du catalogue (et de la Monterey Car Week) n’avait pas di son prix mais on l’estimait au-dessus des 20 millions. Cette Ferrari 250 GT SWB California Spider Competizione de 1961, l’une des deux à carrosserie alu, conserve presque tous ses éléments mécaniques d’origine. Passée par des collections reconnues, elle bat le record du modèle… de plus de 7 millions de dollars en se vendant 25.305.000 $ !

La deuxième plus grosse estimation de cette vente allait à la 365 GTB/4 Daytona Competizione Serie III de 1973. C’est l’une des 5 série III produite (15 Competizione au total) et cette voiture a couru au Mans en 1973 et 1974 mais a surtout signé ses plus belles perfs à Daytona où elle s’est classée 2e au général et première de classe… en 1979 ! Restaurée et gagnante du Enzo Ferrari Trophy à Pebble Beach 2024, estimée entre 8 et 10 millions de dollars, elle signe le record pour une Daytona avec 8.145.000$ sous le marteau.

La troisième estimation revenait à une autre 250 GT SWB California Spider de 1961. C’est ici une version routière, certainement la seule avec cette configuration « Nocciola » sur intérieur tabac. Estimée entre 8 et 10 millions de dollars, elle se vend en dessous mais pour 7.550.000$ tout de même !

On trouvait une troisième California Spider dans le catalogue de la la vente Gooding Christie’s de Pebble Beach mais la particularité de #0769GT c’est que c’est le prototype de la California Spider LWB. Cette auto de 1957 est une légende de la marque à l’histoire parfaitement connue. Primée lors de nombreux concours, estimée entre 7,5 et 9 millions de dollars, elle se vend 7.265.000$.

Moins de succès pour la Ferrari 400 Superamerica Serie I Cabriolet de 1961. Faisant partie d’une série de 6 voitures construites par Pininfarina, en parfait état, et estimée entre 5,5 et 6,5 millions de dollars, elle n’est pas vendue.

Pour les deux dernières Ferrari stars du catalogue de Gooding Christie’s à Pebble Beach on retrouvait deux autos des années 50. La première était la 250 GT Berlinetta Tour de France qui n’a pas couru ce qui ne l’empêchait pas d’être estimée entre 4,5 et 5,25 million de dollars et de partir à 4.850.000$.

La dernière Ferrari star était une 166 MM/195S Berlinetta Le Mans de 1950. Carrossée par Touring puis exposée au salon de Paris et livrée neuve à Briggs Cunningham, elle courut jusqu’en 1952 avec plusieurs victoires de classe avant de devenir très active dans les années 90. Estimée entre 4,5 et 5,5 millions de dollars, elle n’est pas vendue.

Beaucoup de belles françaises au catalogue

Gooding Christie’s se prépare pour Rétromobile ? En tout cas les voitures anciennes françaises étaient nombreuses dans le catalogue, avant-guerres en tête.

On commençait avec avec deux ancêtres, deux Panhard et Levassor. La plus ancienne est une M4E « Course » de 1989 et c’est une voiture d’usine qui participa au Paris-Amsterdam. C’est aussi une des premières voitures à avoir introduit l’utilisation de l’aluminium dans sa fabrication. Estimée entre 1,25 et 2 millions de dollars, elle signe le record de valeur pour la marque avec 1.380.000$ sous le marteau.

La seconde était une X14 20CV Torpédo de 1912 carrossée par Vanvooren, très bien préservée et de ce fait prétendante à de belles victoires de classe en concours d’élégance. Jamais vue aux USA, estimée entre 450 et 650.000$, elle part à 390.000$.

Suivaient ensuite pas moins de 7 Bugatti ! Par contre, leur authenticité était variable et les résultats le sont aussi.

La première était une Type 35 compressée, utilisant de nombreux composants d’époque. Estimée entre 625 et 850.000$, elle reste à quai. Pas plus de succès pour la Type 37 de 1926, la troisième Type 37 existante (37103), estimée entre 750 et 950.000$ ou pour la 35B qui avait pourtant un palmarès solide avec Louis Chiron à son volant (est. 2,5-3 millions) ni pour la Type 43 Grand Sport de 1927 au moteur refait récemment (est. 1,5-2,25 millions).

Les trois dernières ont eu plus de succès. La Type 40 Grand Sport de 1928, aux USA depuis longtemps, connue et estimée entre 375 et 450.000$, part pour 401.000$.

Les deux dernières étaient des Type 57. Le cabriolet n’est pas un Stelvio et fut carrossée par James Young (deux autos seulement). Gagnante de sa classe à Pebble Beach en 1984 et habituée aux concours, elle n’a eu que deux propriétaires. Estimée entre 400 et 550.000$, elle se vend 434.000$.

La seconde était une Ventoux, passée par les réserves de la collection Schlumpf (acquise comme tant d’autres auprès de John Shakespeare) avant de passer au Mullin Museum. Jamais restaurée, estimée entre 250 et 325.000$, elle se vend 224.000$.

Les françaises n’étaient pas toutes des Bugatti. Côté avant-guerre performantes, on poursuivait avec une Amilcar CS Torpédo de 1925 carrossée par Duval. Bien connue et déjà primée en concours, estimée entre 60 et 80.000$, elle se vend 47.600$.

La BNC Model 527 Torpédo Sport « Paris-Biarritz » de 1930 arriva aux USA en 1942 et courut ensuite entre 1947 et 1951 ! Estimée entre 250 et 350.000$, elle se contente de 106.400$ sous le marteau.

On terminait avec une Delahaye 135 Coupe des Alpes de 1937, l’une des 7 à avoir reçu cette carrosserie roadster signée Chapron. Elle a déjà gagné sa classe à Pebble Beach et estimée entre 700 et 850.000$, elle se vend 665.000$.

On terminait avec deux après-guerre, deux Citroën. On retrouvait ainsi une des premières DS19 Cabriolet. Cette voiture avec ailes cendrier et bien restaurée était estimée entre 140 et 180.000$ mais se contente de 106.400$.

Suivait une Citroën 2CV AZAM de 1965 à l’histoire américaine et originale. Elle fut achetée en Californie par William F. Harrah qui l’exposa dans son musée. À sa fermeture, l’auto passa dans la collection du National Automobile Museum et n’en sortit qu’en 2004. Deux autres propriétaires suivirent mais l’auto n’a toujours que 131 miles au compteur ! Estimée entre 30 et 40.000$, elle part à 50.400$.

On avait aussi noté…

Avec 183 lots, le catalogue de Gooding Christie’s pour la vente de Pebble Beach était vraiment bien rempli. Notre sélection était donc plutôt large.

On commençait avec les grands classiques des ventes aux enchères et on commençait avec une Lamborghini Miura P400 de 1968, bleue, restaurée, estimée entre 1,75 et 2,25 millions et vendue 1.765.000$.

Côté 300 SL, il y avait du choix. Le coupé noir de 1956 avec intérieur rouge, jamais restauré, était estimé entre 1,6 et 2 millions de dollars et se vend 1.572.500$.
Le roadster beige de 1957 est le second roadster construit et il fut exposé au salon de New York 1958. Estimé entre 1,5 et 1,8 millions, il se part contre 1.545.000$. Le blanc est un des 6 exemplaires assemblés lors de la dernière semaine de fabrication. Bien restauré et estimé entre 2 et 2,5 millions de dollars, il part à 2.150.000$.

Côté américaines, le catalogue de Gooding Christie’s faisait fort. On retrouve évidemment de nombreuses muscle cars mais on avait sélectionné des voitures plus originales. On avait débuté avec des Cobra mais ni la 289, démonstrateur de chez Shelby estimée entre 1 et 1,25 million de dollars, ni la 427 Competition authentique de 1965 estimée entre 2,25 et 2,75 millions de dollars ne se vendent.

Plus originales, on trouvait des Kurtis, et notamment plusieurs Kurtis-Kraft, des racers destinés aux championnats de Midgets américains qui se vendent autour des 44.000$. Le catalogue présentait aussi une Kurtis Sport Car de 1950, la dernière des 16 autos produites avec un V8 Cadillac. Restaurée par le fils de Frank Kurtis et estimée entre 275 et 325.000$, elle se contente de 123.200$.

Autre voiture de course, la Miller Model 91 de 1927. Cette voiture noire avec un 8 cylindres en ligne est la reconstruction de l’original qui a participé aux 500 Miles en 1928 et 1929 en ayant la particularité d’être une traction ! Estimée entre 600 et 900.000$, elle se vend 692.500$.

On avait aussi noté une Cisitalia 202 SC Gran Sport Cabriolet carrossée par les Stabilimenti Farina. Déjà été vue dans de nombreux concours, estimée entre 400 et 500.000$, elle n’est pas vendue.

Suivait Alfa Romeo SZ Coda Tronca de 1962, une des toutes dernières. Elle a fait partie de la collection Rosso Bianco de Peter Klaus et a déjà remporté sa classe à Pebble Beach. Estimée entre 375 et 450.000$, elle fait également partie des invendus.

On terminait notre sélection avec les anglaises. La vente Gooding Christie’s de Pebble Beach proposait une authentique Jaguar Type C. Cette auto livrée aux USA et fut utilisée comme voiture de route par son premier propriétaire ! Exposée lors de nombreux concours, estimée entre 3,75 et 4,5 millions de dollars, elle se vend 3.635.000$.

La seconde Jaguar est indiquée comme étant de 1963… mais cette Jaguar Type E Lighweight est en fait la première continuation construite en 2014 (série de 6 voitures) avec des numéros de châssis qui auraient du êtes attribués en 1963 mais ne l’ont pas été. Estimée entre 900.000 et 1,4 millions de dollars (quand même), elle se vend 797.000$.

On terminait notre sélection avec une Aston Martin DB4 GT de 1961. C’est l’une des 30 conduite à gauche et elle courut un peu dans les années 60 aux mains de son propriétaire suisse qui la garda de 1962 à 2010 ! Restaurée et estimée entre 2,5 et 3 millions de dollars, elle se vend 3.195.000$.

Tous les résultats sont à retrouver par ici.

Benjamin

http://newsdanciennes.com

Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos et a publié plus de 5000 articles directement... et participé à de nombreux autres. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres et compte plus de 300 essais de voitures anciennes à son actif. Il sillonne la France et l'Europe pour vous faire vivre toute sorte d'événements, de la petite exposition aux plus grands salons.

Commentaires

Laisser un commentaire

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.