Direction les Ardennes, et plus précisément Carignan, pour le Grand Prix Rétro d’Yvois 2026 qui se tenait lors du premier week-end de juin. Véritable rendez-vous pour les passionnés de voitures et motos d’avant-guerre, l’événement propose pendant deux jours une immersion dans un univers où authenticité et patrimoine mécanique occupent une place centrale.
Carignan replonge dans l’âge d’or de l’avant-guerre
Sept ans. C’est le temps qu’il m’aura fallu pour revenir au Grand Prix d’Yvois. Lors de ma première visite en 2019, le reportage est ici, je m’étais promis de revenir rapidement. La période Covid et quelques aléas de la vie en auront décidé autrement.
Mais avant de parler ambiance et plateau, il faut déjà comprendre le format particulier de l’événement. Le samedi, les participants prennent part à un rallye touristique de 170 kilomètres sur les routes ardennaises. Le dimanche, place aux démonstrations dans les rues fermées de Carignan. Et c’est un point important : ici, il ne s’agit pas d’une course. Pas de chronomètre, pas de duel en piste, simplement le plaisir de faire rouler ces machines historiques dans des conditions qui rappellent les grandes heures du sport automobile d’autrefois.







Un plateau exceptionnel entre rareté et patrimoine roulant
Ce qui frappe immédiatement, c’est la diversité et surtout la rareté des véhicules présents. Croiser des voitures d’avant-guerre reste déjà peu courant. Les voir réunies en si grand nombre l’est encore moins.
Dans la catégorie Classic, on notait notamment la présence d’une Bentley 4.5L Le Mans de 1924, véritable icône du sport automobile d’avant-guerre dont la silhouette évoque immédiatement l’époque des Bentley Boys. Plus élégante mais tout aussi impressionnante, la Rolls Royce 20HP faisait également partie des stars du week-end.







Du côté des Cyclecars, difficile de passer à côté des Austin Seven Ulster. Avec leur allure typiquement Brooklands et leur cockpit ouvert, elles incarnent à merveille l’esprit du sport automobile amateur britannique des années 30. Mention également pour l’Amilcar CGSS de Flor Hermans, superbe représentante de l’époque où les petites sportives françaises savaient déjà procurer de grandes sensations.








Place ensuite aux véritables têtes d’affiche avec les voitures de la catégorie Sport. Ici, on touche directement à l’histoire de la compétition automobile. Les Bugatti occupaient évidemment une place à part avec deux modèles particulièrement remarqués : une Type 51, descendante directe de la mythique Type 35, ainsi qu’une Type 23 Brescia, autre nom incontournable du patrimoine sportif de la marque de Molsheim. Les Riley étaient elles aussi bien représentées.























Concernant les Tricyclecars et Sidecars présents au Grand Prix Rétro d’Yvois 2026, impossible de ne pas évoquer la Morgan Super Sport, véritable icône des Three Wheeler dont on reconnaît immédiatement la silhouette atypique. Encore plus spectaculaire visuellement, la Morgan Aero apporte quant à elle ce côté prototype de course typique des années 30. Plus inattendu, le BSA M20 Sidecar offrait un vrai voyage dans le temps et dégageait immédiatement une atmosphère historique particulièrement forte.




















Du côté des motos, je dois avouer moins maîtriser le sujet, même si j’adore toujours les voir évoluer. Impossible malgré tout de manquer l’Harley-Davidson WLA Liberator avec sa sonorité immédiatement reconnaissable. Plus rare à croiser, la Velocette rappelait quant à elle l’histoire d’une marque disparue au début des années 70, largement reconnue pour son engagement en compétition, notamment au Tourist Trophy de l’Île de Man.






















Bien plus qu’une exposition, un événement à vivre de l’intérieur
Concernant l’événement en lui-même, je n’ai malheureusement pas pu assister à la journée du samedi et au rallye touristique. En revanche, j’ai pu de nouveau profiter des démonstrations du dimanche en ville. Et clairement, impossible de s’ennuyer au Grand Prix Rétro d’Yvois 2026.
Pas de bracelet VIP, pas de zones interdites ou d’accès ultra réglementés. Ici, tout est simple. L’accès est libre, le paddock ouvert, le public circule facilement et profite d’une proximité devenue rare dans le monde automobile actuel.
Le parcours offre de multiples points de vue, tandis que le paddock installé au pied de l’église Notre-Dame de Carignan apporte un charme fou à l’ensemble. Entre deux démonstrations, il est même possible de traverser la piste pour rejoindre un autre point d’observation. Une liberté presque surprenante aujourd’hui, mais qui fonctionne parfaitement. Comme quoi, quand chacun fait preuve d’un peu de bon sens, tout se passe très bien.
Autour du circuit, plusieurs broquanteurs participaient eux aussi à l’ambiance de la journée. Entre les stands de pièces automobiles anciennes, les vieux magazines spécialisés, les objets publicitaires vintage ou encore les miniatures d’époque, difficile de ne pas s’arrêter quelques minutes pour fouiller et dénicher quelques trésors. Une dimension supplémentaire qui participe pleinement au charme du Grand Prix d’Yvois.
Les plus jeunes n’étaient évidemment pas oubliés avec un parcours de voitures à pédales et de draisiennes, un atelier dessin ainsi que plusieurs animations dont un stand magie et maquillage animé par un clown. Présent également, le Bagad Arduinn, groupe local de musique celtique, faisait quant à lui profiter le public du son puissant de ses cornemuses, bombardes et percussions.











Quand la mécanique mobilisait tous les sens
Mais ce qui fait réellement le charme du Grand Prix Rétro d’Yvois, c’est cette impression permanente de voyager dans le temps. Voir rouler ces machines dans ce décor, donne parfois le sentiment de plonger dans une époque que nous ne connaissons qu’à travers quelques photos en noir et blanc. Les bottes de paille qui bordent le tracé, les commissaires en tenue d’époque, les pilotes eux-mêmes qui jouent le jeu avec des équipements cohérents avec l’année de leur voiture… tout participe à cette immersion.












Et puis il y a la mécanique
Si une simple goutte d’huile dans votre garage suffit à vous inquiéter, si les démarrages capricieux vous stressent ou si vous n’avez jamais tenu une clé de 12 dans les mains, ces voitures ne sont probablement pas faites pour vous.
À bord, le confort est secondaire. Quelques manomètres suffisent à surveiller le bon fonctionnement de la mécanique. Pas d’écran, pas d’assistance, pas d’électronique.
Et pourtant, malgré cette simplicité apparente, chaque détail impressionne. Les poignées de portes, les repose-pieds, les bouchons de radiateur, le travail d’ébénisterie… tout rappelle une époque où l’automobile faisait encore appel à un savoir-faire artisanal aujourd’hui presque disparu.
Bien avant le silence feutré et l’efficacité clinique de l’automobile moderne, ces mécaniques rappellent une époque où conduire mobilisait tous les sens : grondement du moteur, vibrations brutes… et cette odeur si particulière mêlant essence, huile chaude et mécanique en mouvement.













La simplicité comme plus belle des signatures de ce Grand Prix d’Yvois 2026
Un mois après avoir assisté au Grand Prix de Monaco Historique, je dois reconnaître avoir pris tout autant de plaisir à découvrir cette édition du Grand Prix d’Yvois.
Sur le papier, tout oppose pourtant ces deux événements. D’un côté le prestige monégasque, de l’autre la simplicité d’un rendez-vous à taille humaine. Et finalement, c’est peut-être précisément cette authenticité qui rend le Grand Prix d’Yvois aussi attachant.
Il faut d’ailleurs saluer le travail réalisé par toute l’organisation. Derrière ce week-end se cachent plus de 120 bénévoles ainsi qu’une logistique impressionnante avec près de 500 bottes de paille installées pour sécuriser le parcours.
Bravo également à la ville de Carignan et à son maire qui permettent, eux aussi, à cet événement unique de continuer à faire vivre ce patrimoine roulant.
Alors simplement : bravo à tous ceux qui rendent encore possible ce genre de rendez-vous. Pour ne pas rater les infos sur la prochaine édition, c’est par là.






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