Catalogue fou pour RM Sotheby’s à Monterey entre supercars et magnifiques françaises

Publié le par Benjamin

Catalogue fou pour RM Sotheby’s à Monterey entre supercars et magnifiques françaises

La Monterey Car Week 2026 approche à grands pas. Ce rendez-vous américain qui réunit les plus belles voitures de la planète autour de concours d’élégance de folie, à commencer par Pebble Beach qui clôture la semaine, rassemble également les plus grandes maisons de ventes aux enchères du monde. Les catalogues commencent à sortir et c’est RM Sotheby’s qui impressionne avec le catalogue de sa vente de Monterey.

La vente RM Sotheby’s à Monterey en bref

La vente de RM Sotheby’s revient au Portola Hotel. Il faut de la place puisque ce sont 199 lots qui seront présentés ! Un chiffre fou quand on sait en plus que près de la moitié de ces lots peut viser un prix de vente supérieur au million de dollars ! Pas facile de faire une « petite » sélection dans ce catalogue qui ravira notamment les amateurs de belles mécaniques et carrosseries françaises.

Pour vendre ces autos, ce sont 3 séances d’enchères qui sont au programme les 13, 14 et 15 Août prochain avec des expositions publiques le matin.

Les stars de la vente et leurs très gros prix

On débute avec la plus grosse estimation du catalogue mais aussi le pedigree le plus fou. On parle d’une McLaren F1 GTR de 1996 tout simplement. 10R est une voiture mythique, l’une des deux GTR courtes. Elle a fait les tests des 24h du Mans 1996 avant d’être conservée par le constructeur. C’est McLaren qui lui procure sa livrée iconique et la convertit en voiture de route avant de la vendre à Nick Mason en 1999. Cette voiture est estimée à plus de 35 millions de dollars !

Tant qu’on est dans le domaine des supercars, on enfonce le clou avec des voitures de toutes les époques proposées par RM Sotheby’s.

Dans les années 60 on retrouve la 14e des 19 Aston Martin DB4 GT Zagato. Cette auto de 1962 a couru en Australie, a été restaurée récemment et est devenue une référence des concours d’élégance, de la Villa d’Este à Pebble Beach. C’est la deuxième estimation de la vente de Monterey avec une fourchette établie entre 12 et 15 millions d’euros.

Forcément, les supercars des années 80 et 90 sont plus nombreuses. Côté Ferrari, on les trouve toutes, de la 188 GTO de 1985, la 99e construite avec seulement 1541km au compteur, estimée entre 9 et 11 millions de dollars, à la LaFerrari de 2015 avec 711 miles et une estimation située enter 5 et 6 millions. On complètera la collection complète avec une F50 « US » de 1995 avec 6196 miles et une estimation entre 7 et 9 millions, une F40 avec 320 miles (est. 4-5 millions) ou une Enzo de 20003 (est. 6,75-7,5 millions).

Il n’y a pas que Ferrari dans la vie. La vente de Monterey proposera aussi une Porsche 959 Sport (29 exemplaires) ex-Nick Heidfeld, peu de kilomètres, une restauration et une estimation entre 5 et 6 millions de dollars.

Plus originales, on ajoute deux autre supercars. D’abord la Bugatti EB110 GT de 1993 estimée entre 1,75 et 2,25 millions ou une Cizeta-Moroder V16T de 1988, le prototype et seule voiture badgée ainsi, entre les mains de Giorgio Moroder jusqu’en 2022 estimée entre 1,4 et 1,8 million de dollars.

On complète avec toute une sélection de supercars beaucoup plus modernes, Pagani Huayra Roadster « Executor » (unique, est. 5-7 millions), McLaren Speedtail (2020, est. 1,95-2,35 millions) et Solus GT (2025, est. 2,5 3 millions), Bugatti Mistral (2025, est. 7,5-9,5 millions), Ferrari Daytona SP3 (2023, est. 10-12 millions) ou la Czinger 21C (2025, est. 2,3-2,5 millions).

En plus des supercars, RM Sotheby’s proposera des voitures plus classiques. On retrouve ainsi une Ferrari 250 GT Cabriolet Serie I de 1958, celle du salon de New York, parfaitement préservée et devenue une reine de concours estimée entre 4 et 5 millions de dollars.
Toujours chez Ferrari, on ajoute une 275 GTB nez court de 1965, restaurée et estimée entre 2 et 2,2 millions de dollars.

Côté anglaises on retrouve une des 25 Aston Martin DB5 « Goldfinger », la série réalisée en 2020 qui reprend les gadgets du film. L’auto est estimée entre 1 et 1,5 million de dollars.

Retour aux italiennes avec la Miura. Il s’agit là d’une P400 de 1967, la troisième voiture de la série après les 5 exemplaires de pré-série. Complètement restaurée, elle est estimée entre 1,9 et 2,8 millions de dollars.

Et puis, parce qu’il en faut une et qu’elle illustre parfaitement la hausse de la cote du modèle, on retrouvera aussi cette Mercedes 300 SL de 1955, restaurée entièrement et estimée entre 1,8 et 2,2 millions de dollars.

On notera aussi la présence de voitures de course au catalogue et des Corvette pour commencer. On débute avec la Grand Sports de 1963, une des 5 construites, avec un beau palmarès en SCCA mais également la 2e place de sa classe à Sebring en 1964 et la 3e l’année suivante. Cette voiture du Mecom Racing pilotée par A.J. Foyt, Jim Hall ou Dick Thompson est une légende estimée entre 11 et 13 millions de dollars.

La seconde est plus ancienne. C’est une C1 « LM » de 1960 vendue par la famille Cunningham. Cette voiture est en effet une des 3 voitures engagées au Mans par Briggs Cunningham cette année là. Restaurée, originale, elle est estimée entre 2 et 2,5 millions.

On termine avec une auto un peu moins chère, une L88 RES/NART qui a gagné le Groupe 4 des plu de 5 litres au Mans en 1972 ! Elle a aussi couru aux 24h de Daytona 1973 où elle a terminé 3e. Restaurée, elle est estimée entre 900.000 et 1.1 million d’euros.

Côté européennes, on note une Ferrari 512 BB/LM de 1979, la 7e construite, restaurée et estimée entre 2 et 3,5 millions de dollars ainsi qu’une Porsche 550 de 1955 notamment pilotée par Richie Ginther aux USA et avant dernière voiture client construite, équipée d’un moteur 4 arbres et estimée entre 3,25 et 3,75 millions.

Avalanche de françaises

Rarement un catalogue de vente aux enchères américaine n’avait concentré autant de françaises d’exception. On ne parle pas de quelques modèles populaires qui apportent de l’exotisme mais bien de voitures prêtes pour les concours que RM Sotheby’s a rassemblé, notamment à travers plusieurs collections.

Venue de la Jim Patterson Collection (en plus d’une Mercedes 280 SE) on débute avec une Bugatti Type 57SC Atalante de 1937, la plus sportive de la gamme, une des 4 avec des phares de ce genre et déjà Best of Show à Pebble Beach… en 1976 et réprimée en 2014. Restaurée depuis, elle est estimée entre 4,5 et 6 millions de dollars.

Suit une Delage D8-120 Coach Aérosport de 1937 carrossée par Letourneur et Marchand. C’est une des 6 premières voitures de la série Aérosport et elle a déjà remporté le concours d’Amelia Island en 2022. Elle est estimée entre 2 et 3 millions de dollars.
Autre D8-120, une S coupé de 1939 sortie des ateliers du même carrossier. Restaurée, elle est estimée entre 1,5 et 2,5 millions.

On retrouve enfin la seule survivante des TalbotLago T150-C Competition Roadster par Figoni et Falaschi. Cette auto à l’histoire originale a été restaurée et elle est estimée entre 1,5 et 2,5 millions.

Autre collection proposée chez RM Sotheby’s, la Ray and Bonnie Kinney Collection. En plus d’une Duesenberg Model J Tourster et d’une Stutz DV-32 (excusez du peu) et plusieurs Rolls, on ajoute là aussi quatre françaises.

On débute avec une Talbot-Lago T26 Record Cabriolet de 1937 carrossée par Figoni et Falaschi. Ancienne voiture du réalisateur George Sidney, cette voiture a été restaurée par le passé et elle est estimée entre 1,9 et 2,5 millions de dollars.

On retrouve ensuite une Type 57 Cabriolet de 1938 carrossée dans le style d’une Aravis par D’Ieteren. Cette auto à 3 places, parfaitement documentée, est estimée entre 900.000 et 1,5 million de dollars.

On passe chez Delahaye pour la prochaine avec une 135 M Cabriolet Dandy de 1937 estimée entre 200 et 275.000$ et on termine avec la seule Delage D8C carrossée par Chapron encore existante, estimée entre 175 et 225.000$.

Il y a encore une autre collection et celle-ci est encore un cran au-dessus. C’est celle de Sam and Emily Mann. En plus de ces françaises, on retrouvera aussi une Duesenberg Model JN, une Mecer raceabout, une Cord 812 ou une Chrysler Imperial Speedster.

On débute avec la Delahaye 145, une voiture à l’histoire folle, qu’on racontera dans un autre article. En bref, ce fut une voiture de compétition avec un moteur 12 cylindres avant de devenir une bête de concours après guerre quand elle fut carrossée par Franay. Elle est estimée entre 4,5 et 6 millions de dollars.

Deux autres Delahaye sont présentées. La première est une 135 Grand Prix de 1937 qui été transformée et a couru à l’époque et qui est estimée entre 250 et 400.000€ et une 135 M Cabriolet « Vedette » de 1948 par Chapron qui s’est distinguée en concours et qui est estimée entre 700.000 et 1 million de dollars.

Toujours dans la même collection, on retrouve une Delage D8 Aerodynamic Coupé de 1937 carrossée par Pourtout. Prototype du genre, best of show à Pebble Beach en 2005, elle est estimée entre 5 et 6 millions de dollars.

Suit une Hispano-Suiza H6C Monza Speedster de 1924 construite sur un vrai châssis Monza et avec une carrosserie inspirée par Kellner estimée entre 500 et 800.000$.

On arrive en 1934 avec l’Avions Voisin C23/24 Roadster de 1934 à carrosserie Saliot qui a remporté le Best of Show de Pebble Beach en 2002 et Amelia Island en 2004 ! Entièrement restaurée, elle est estimée entre 2,5 et 3 millions de dollars.

Dernière auto de cette collection, une Bugatti Type 57 Atalante carrossée par Gangloff estimée enter 1,5 et 1,8 million de dollars.

Après toutes ces beautés, il reste des françaises et pas n’importe lesquelles. On commence ainsi avec des Talbot-Lago T150. La première est une C SS « Goutte d’Eau », l’une des 11 fabriquées avec le dessin original « New York ». Cette auto a couru aux 24h du Mans 1939 ! Documentée, elle est estimée entre 7 et 8 millions de dollars.

La seconde est une T150 C « Lago Speciale » Cabriolet de 1938, identique à celle qu’on avait essayé, passée notamment par la collection Mullin. Elle est estimée entre 550 et 750.000$.

On poursuit avec deux Bugatti. La première est une 37A Grand Prix, la 2e construite, avec beaucoup de pièces authentiques, estimée entre 800.000 et 1,1 million de dollars.

La seconde est une Type 57C Cabriolet de 1939 qui fut carrossée dans le style de Corsica dans les années 2000 et qui est estimée entre 650 et 750.000$.

Plus massive on retrouve une Hispano-Suiza J12 de 1937 carrossée par de Villars estimée entre 750.000 et 1 million de dollars.

On retrouve une voiture unique, la 175 S Cabriolet de 1949, la seule 175 carrossée par Franay, estimée entre 400 et 450.000$.

Dernière française la 135 MS Cabriolet par Faget Varnet, celle du salon de Paris 1949 et qui aurait appartenu au Roi Mohammed V. Prête pour le concours, elle est estimée entre 450 et 600.000$.

On note aussi

Après ces françaises, on ajoutera quelques lots qui sont remarquables dans le catalogue de RM Sotheby’s pour Monterey.

On débute avec d’autres avant-guerre de grande classe. Débord les Duesenberg déjà citées. La JN Convertible Coupé de 1935, carrossée par Rollston and Bohman & Schwartz a été commandée neuve par Clark Gable. Devenue une voiture de concours, elle est estimée entre 5,75 et 8 millions de dollars.

La J Tourster de 1931 carrossée par Derham est passée dans de belles collections, a été restaurée et est estimée entre 2,25 et 3,25 millions.

On repasse en Europe pour la Mercedes 680 S Torpedo-Sport avec une carrosserie « Cannes » par Saoutchik. Restaurée, elle est estimée entre 5 et 6,5 millions de dollars.

Côté italiennes, on note une Fiat Abarth 750 Bialbero Record Monza de 1959 carrossée par Zagato avec un palmarès comprenant une 2e place à Sebring en 1959 et plusieurs prix en concours d’élégance ces dernières années, estimée entre 175 et 250.000$.

On retrouve ensuite le prototype de la Dino 206, la voiture qui fut exposée au salon de Turin en 1966/ Forcément unique, elle est estimée entre 3 et 3,5 millions de dollars.

On terminera avec deux allemandes. D’abord une BMW 507 qui serait une star dans bien des catalogues mais se retrouve noyée dans celui-ci malgré sa provenance sympathique et sa restauration récente. Elle est estimée entre 2 et 2,5 millions de dollars.

Moins chère, l’Audi 5000 CS Quattro Speed Record Prototype de 196 qui fut conduite par Bobby Unser pour plusieurs records à Talladega (206,3 mph) est estimé entre 250 et 300.000$.

Si vous voulez en voir plus de ce catalogue de fou, c’est par ici.

Benjamin

http://newsdanciennes.com

Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos et a publié plus de 5000 articles directement... et participé à de nombreux autres. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres et compte plus de 300 essais de voitures anciennes à son actif. Il sillonne la France et l'Europe pour vous faire vivre toute sorte d'événements, de la petite exposition aux plus grands salons.

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