Avant l’instauration de certaines lois et réglementations, les sponsors provenaient de tous les secteurs : cigarettiers, fabricants de dentifrice ou marques d’alcool. Certaines d’entre elles, comme Martini, ont bâti de véritables empires communiquant allègrement grâce à leurs livrées emblématiques. Face aux célèbres bandes bleu et blanc sur fond blanc, une marque de bière allemande a elle aussi marqué de son empreinte les plus belles voitures du monde. La livrée Warsteiner compte ainsi parmi ces designs devenus incontournables.
Au sommaire :
Les origines de l’engagement en compétition
Comme souvent en sport automobile, lorsqu’une marque appose ses couleurs sur une voiture et finit par en faire une livrée mythique, il y a à l’origine un homme passionné par le sport automobile derrière tout cela. Warsteiner n’y échappe pas.
La brasserie allemande débute son histoire en sport automobile à la fin des années 60, début 70. Le directeur financier et marketing de l’époque, Klaus Cramer, se lance au volant de sa BMW 1600 en course de côte. Pour le moment, pas de livrée or et noir ni d’inscription sur les flancs de la voiture, juste un des acteurs de Warsteiner au volant de sa voiture.


Mais ce virus du sport automobile se transmet rapidement, et Peter Cramer, le frère de Klaus, se lance à son tour dans la course de côte, cette fois sur Ford Escort. Toutefois, en cherchant un allié afin de monter une équipe, il tombe sur Jörg Obermoser, lui aussi passionné et désireux de monter une équipe. Le problème : Obermoser est sponsorisé par une brasserie rivale. Les Cramer jugent cela inacceptable et Klaus décide alors de sponsoriser complètement son frère et son ami pour monter leur équipe.
De cette façon naît le Team Obermoser Jörg, aussi appelé TOJ. Et à partir de 1974, le sponsoring de la brasserie prend un autre tournant. C’est cette année-là que les voitures dorées au logo Warsteiner commencent à apparaître sur les pistes d’Europe. À la différence d’autres grands sponsors, la brasserie allemande débute dans de petits championnats.


Formule Super Vau, Formule 2 ou Formule 3, la livrée Warsteiner commence à s’imposer. Obermoser va même lui-même piloter en DRM sur BMW 2002 Ti avant de passer sur sa propre voiture, la TOJ SC02 BMW aux couleurs or. La brasserie allemande, en à peine plus de quatre ans, s’impose comme une des livrées les plus reconnaissables des plateaux.
TOJ et Warsteiner vont alors évoluer en monoplace mais aussi en endurance. On retrouvera les voitures dorées notamment aux 24 Heures du Mans 1976, où les SC204 et SC301 seront malheureusement livrées trop tard pour être mises au point, mais participeront au moins aux essais. Parmi les réussites de la petite marque, la SC304, qui arbore toujours une livrée dorée, a réussi à s’imposer sur certaines courses, bénéficiant d’une vitesse de pointe élevée.




Warsteiner s’attaque à la F1
Warsteiner en Formule 1, c’est une grande part de son histoire. L’histoire débute en 1975, lorsque le pilote de F2 Harald Ertl recherche un baquet en F1 pour le GP d’Allemagne. Ne trouvant pas de baquet, son manager rachète la Hesketh 308-1 sur laquelle James Hunt a été victorieux. Klaus Cramer voit l’opportunité de faire monter Warsteiner au sommet du sport automobile. Il prend alors en charge une grosse partie du budget, la voiture est repeinte en or aux couleurs de Warsteiner et, pour la première fois, la brasserie allemande est en compétition sur une voiture de F1.


Après ce court passage au GP d’Allemagne, la brasserie va soutenir un pilote, Rolf Stommelen. Celui-ci débute en F1 en 1977 et recherche un baquet. En parallèle, une nouvelle équipe, Arrows, se lance dans l’aventure de la monoplace. La brasserie allemande va alors accepter de devenir un des sponsors titres d’Arrows, permettant à la marque de développer ses voitures et à Stommelen de se lancer en monoplace.
Au début de la saison 1978, les Arrows FA1 à la robe dorée sont prêtes. Klaus Cramer voit enfin ses couleurs alignées pour une saison entière de F1. Ce partenariat entre Arrows et Warsteiner va durer jusqu’en 1980 ; entre-temps, les voitures évoluent et l’Arrows A2 est engagée en 1979. Si les résultats ne sont pas exceptionnels, la voiture marque par son allure d’aile d’avion inversée et l’absence d’aileron avant, mais aussi par sa livrée Warsteiner complètement dorée.




Après cela, Warsteiner va se retirer quelques années de la Formule 1 avant de revenir en 1997 sur les flancs des voitures de chez McLaren-Mercedes. Aux côtés de West, Warsteiner fait partie des sponsors titres. Cette fois, les voitures ne sont pas dorées, elles restent argentées, mais le logo de l’entreprise est bien présent. Le partenariat va tenir jusqu’en 2005 : West devra se retirer suite à l’interdiction de la publicité pour le tabac et Warsteiner suivra.
Durant cette période, Warsteiner aura pour but de s’internationaliser et, dans cette volonté, en 1999, ils vont devenir sponsor titre du GP de Saint-Marin. L’année 1999 verra alors se dérouler le « Gran Premio Warsteiner di San Marino ». Michael Schumacher s’impose et Warsteiner est propulsé à l’international. Le couvert sera remis en 2001, où Warsteiner sera à nouveau le sponsor titre du GP.


Mais la brasserie allemande n’a pas qu’une histoire en F1 ; au contraire, en sport automobile en général, Warsteiner fait partie de ces sponsors aux livrées mythiques.
Des livrées dans toutes les disciplines
En parallèle de la F1, Warsteiner s’intéresse aux courses de voitures GT et d’endurance. Les débuts de la livrée Warsteiner sur des voitures autres que des monoplaces s’effectuent en 1979. À ce moment-là, en F1, on retrouvait comme course support les BMW M1 Procar. Très vite, Warsteiner se retrouve à apposer ses couleurs sur une des voitures.





La M1 arbore alors le doré de la marque, mais aussi le rouge et le noir. Pendant quelques années, Warsteiner va continuer de sponsoriser plusieurs voitures, notamment des TOJ. En 1984, Warsteiner va sponsoriser une Porsche 956 lors des 24 Heures du Mans et la voiture accrochera la deuxième place avant de terminer quatrième suite à des problèmes mécaniques.



L’ère du DTM
En 1987, Warsteiner entre dans une nouvelle ère. Durant cinq années, le DTM va être la série à suivre : les plus grands constructeurs vont s’affronter en piste. BMW, Mercedes, Alfa Romeo, les courses sont impressionnantes et la lutte est présente. Mais la guerre ne se fait pas qu’en piste : entre sponsors, la lutte est acharnée et Warsteiner doit réussir à se faire une place.



C’est finalement sur les BMW M3 E30 de chez Zakspeed et Schnitzer que Warsteiner va apposer ses livrées. Et ce sera un pari payant, puisqu’en 1987, Eric van de Poele, puis en 1989, Roberto Ravaglia ramènent en Bavière les trophées du DTM. Les nouvelles livrées Warsteiner arborent le nom et l’emblème de la marque avec les couleurs « M » Motorsport de chez BMW.
En 1993, le DTM prend fin, faute de nouvelles réglementations. Warsteiner développe en partenariat avec l’automobile club d’Allemagne le Warsteiner ADAC GT Cup ; BMW engage alors une M3 E36 GTR sous les couleurs Warsteiner. Entre les mains de Johnny Cecotto, la livrée Warsteiner blanche à damier bleu et rouge va s’imposer pour la première fois en remportant le championnat.


Le passage en BTCC
La même année, Schnitzer traverse la Manche et débarque en Angleterre à la conquête du BTCC. C’est bien la E36 qui est choisie, mais pas dans sa version GTR. La réglementation imposant des motorisations deux litres, c’est sur une base de E36 318i que Schnitzer débute.


Les résultats sont bons puisqu’en 1992, la voiture en version deux portes était déjà engagée par un autre team et avait remporté le championnat. En 1993, c’est Schnitzer qui s’engage, toujours avec une 318i, mais cette fois dans sa version quatre portes, jugée meilleure pour la piste. Elle arbore la livrée issue de l’ADAC GT Cup et la voiture va, dès sa première année, s’imposer avec Joachim Winkelhock à son volant et offrir à BMW et Warsteiner une nouvelle victoire.



Pour terminer en GT, les couleurs Warsteiner se retrouveront également en FIA GT. Ce sont notamment les Mercedes CLK GTR de 1997 et CLK LM de 1998 qui retrouveront sur leurs capots l’inscription et le logo de la marque. Les Mercedes vont dominer la saison, offrant une nouvelle victoire au sponsor allemand. La même année, on retrouvera Warsteiner sur les flancs des Porsche 911 GT1, mais aussi et surtout sur une McLaren F1 GTR Longtail reprenant les couleurs FINA et Warsteiner qui étaient apposées sur les BMW de BTCC.





Après cela, Warsteiner a commencé à disparaître en tant que sponsor : l’année 2005 en F1 est la dernière, les lois interdisant les publicités pour des alcools ayant contraint la brasserie allemande à revoir sa façon de communiquer. Toutefois, durant plus de 30 ans, Warsteiner a écumé les circuits avec ses livrées dorées puis blanches, bleues et rouges. La brasserie aura donné parmi les plus belles livrées du sport automobile et sera restée dans la tête de tous les passionnés comme une livrée unique et remarquable au premier coup d’œil.
Aujourd’hui, Warsteiner n’existe plus vraiment en tant que sponsor : en 2015, durant une saison de Formule 3, les couleurs Warsteiner sont revenues. Mais les livrées de la brasserie allemande n’existent aujourd’hui que grâce à des passionnés qui décident d’utiliser à nouveau ces couleurs sur leurs voitures pour des courses de côte, par exemple, ou lors de courses historiques comme au Mans Classic, où l’on voit les anciennes voitures Warsteiner évoluer en piste !



















Commentaires