De Tomaso Montella

Concepts et Études, ép. 12 : De Tomaso Montella, quand le remplaçant reste sur le banc de touche

Parce que toutes les autos anciennes ne sont pas arrivées sur nos routes, on va vous proposer d’en découvrir régulièrement. Rendez-vous pour cela le 3e dimanche de chaque mois (les autres sont là). Aujourd’hui abordons la De Tomaso Montella.


Avec l’avènement de la Pantera en 1971, De Tomaso voit les choses en grand. En effet, Ford était partie prenante de l’aventure, assurant la distribution de la voiture aux USA via le réseau Lincoln-Mercury. Au passage, Alejandro De Tomaso faisait une belle culbute, en vendant en plus au géant à l’ovale les carrosseries Ghia et Vignale.

A l’horizon 1974, la réglementation change aux USA, et la Pantera doit être revue de fond en comble. Cette dernière n’est effectivement pas conforme tant en terme d’émissions que de sécurité passive. D’autre part, Ford se retrouve enseveli sous les retours en garantie, et le torchon commence à brûler entre les deux constructeurs. De Tomaso joue alors son dernier atout, une nouvelle voiture capable de prouver à Dearborn qu’ils peuvent faire mieux.

De la Pantera 7X…

C’est ainsi qu’en 1973, DeTomaso lance un nouveau projet. Ghia est à nouveau missionné pour dessiner la nouvelle carrosserie, tout en conservant la plateforme de la Pantera.

Tom Tjaarda, qui a dessiné la Pantera, livre alors un nouveau design, intégrant les pare-chocs à absorbeurs qui deviennent la nouvelle norme (qui défigurera nombre d’européennes exportées aux USA). On notera également les arches qui encadrent le capot moteur, qui ne sont pas sans rappeler la Maserati Merak.

Afin de réduire les couts, l’intérieur reprend le mobilier de la Pantera L, qui fait fi d’une grande partie des pièces d’origine Ford. D’autre part, le Cleveland 351, qui ne passera plus les normes de pollution est prévu pour être remplacé par sa version 400ci, afin de ne pas baisser en puissance.

La voiture est présentée en 1974 et fait le tour des gros salons américains. Elle passe ainsi par Détroit, Chicago et Los Angeles. Malheureusement pour De Tomaso, Ford coupe les cordons de la bourse et arrête la vente chez l’Oncle Sam.

Pas de bol pour la firme italienne, il reste des dizaines de Pantera en stock, et il faut les écouler avant de penser à un éventuel remplacement.

… à la Montella…

Après une petite année, De Tomaso revient à la charge. Après un petit coup de frais (la voiture est maintenant bi-ton blan et bronze), la Pantera 7X (les logos sont encore sur les montants de porte) est devenue Montella 5.7. Elle est présentée à Détroit en 1975, dans l’espoir de trouver un nouveau partenaire.

La voiture reçoit sa feuille d’homologation pour l’état du Michigan., et Alejandro DeTomaso est confiant. Hélas pour lui, la réputation de De Tomaso est déjà faite, et personne ne veut prendre le risque.

Pendant 5 ans, la firme italienne garde espoir, mais il faut se rendre à l’évidence, les carottes sont cuites. La Montella est vendue à un vendeur de voitures de sport du Michigan qui la revendra à un propriétaire privé, qui la conservera pendant 25 ans.

… pour revenir à la Pantera 7X

La voiture est vendue par RM Auctions à Monterey en 2007. Le nouvel acquéreur, italien, décide de reprendre la voiture de fond en comble pour la retransformer en Pantera 7X.

Elle passe par une restauration complète, avec l’aide de Tom Tjaarda (rien que ça!) et retrouve sa configuration d’origine. Seule concession à sa période Montella, la voiture arbore maintenant une plaque numérotée sur le capot indiquant “De Tomaso Montella – Torino, Italia 1/1”.

Par la suite, on la verra notamment à Villa d’Este en 2008, au Festival of Speed la même année, ou encore au Uniques Special Ones, à Florence, en 2011.

Crédits photos : RM Sotheby’s, Automotive Masterpieces, collection Lopresto


Pierre
Rédacteur à News d'Anciennes
Tombé dans la marmite automobile quand il était petit, il a rejoint l'équipe de News d'Anciennes en 2015. Expatrié en Angleterre depuis Mai 2016, il nous partage les évènements de là-bas.
En dehors de ça, il partage une bonne partie de son temps sur la route entre une Opel Ascona et une Mazda RX-8.

1 commentaire sur “Concepts et Études, ép. 12 : De Tomaso Montella, quand le remplaçant reste sur le banc de touche”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.