Au volant d’une Mini Moke, pure beach car

Au volant d'une Mini Moke, pure beach car
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Au volant d'une Mini Moke, pure beach car
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Essayer une Mini “classique” ? Quelle idée ! On l’a déjà fait, avec une 1000 et sur plusieurs jours. Par contre, la petite anglaise s’est déclinée en de nombreuses versions, du coup cela permet de varier un peu. Et j’avoue que Thibaut a éveillé ma curiosité en me parlant de la “voiture de plage” de la bande, la Mini Moke. Le beau temps semble s’installer (pas tout le temps, mais bon), les vacanciers se préparent à aller à la plage. C’est de saison, je vais tester cet engin tellement singulier.

L’histoire de la Mini Moke en bref

La Mini apparaît en 1959 et, très vite, elle se décline selon les besoins du marché. Et parmi ces besoin, l’armée anglaise est présente car elle a besoin d’une auto légère, parachutable et chez BMC on se dit que la petite citadine ferait une bonne base. Las, on se rend vite compte que la proposition est loin de satisfaire au cahier des charges, en particulier en tout-terrain.

Par contre on a pas bossé pour rien chez BMC et on propose la Mini Moke sur le marché à partir de 1964. Avec son moteur 850 cm³, cette auto est, comme notre Méhari nationale, surtout prévue pour un usage utilitaire. En découle un certain dépouillement, notamment au niveau des panneaux de carrosserie. Le succès n’est pas au rendez-vous, le climat relativement humide des iles anglaises n’étant pas adapté à la machine. Le fait qu’elle devienne une auto “normale” et plus un utilitaire à partir de 1967 empire même les choses. Sur les 15.000 autos produites pendant les 4 premières années, seules 1500 autos restent sur le marché domestique.

Pour autant, quand les anglais arrêtent la production à Longbridge, cela fait deux ans que la Mini Moke est produite en Australie. Elle y est doté d’un moteur de 1000 cm³. On l’améliore en 1969 et l’année suivante elle devient BMC Moke, le nom Mini lui étant retiré. 26.142 exemplaires sont fabriqués de l’autre côté du globe jusqu’en 1981. Mais là encore, ce n’est pas la fin puisque les Moke sont produites en CKD au Portugal depuis l’année précédente ! Elle seront produites jusqu’en 1992, les dernières sous la marque Cagiva.

Notre Mini Moke du jour

Quand on regarde cette Mini Moke, blanche comme beaucoup d’autres, on ne peut que se demander ce qui est passé par la tête de ses constructeurs. Déjà, quand on regarde une Méhari, on se doute que le climat est un vrai ennemi de l’envie d’en prendre le volant. Alors imaginez notre anglaise… sous un climat local !

La carrosserie de notre auto du jour est en superbe état, restaurée par un spécialiste. On enlève la toile qui la recouvre avant de la regarder. Même si cette toile peut-être bien utile, son “esthétique” fait confirme que la Mini Moke n’est pas faite pour être ainsi parée d’une toile de tente soutenue par quelques piquets !

Maintenant qu’on la regarde… on se demande bien où est la Mini. En fait, le seul indice va venir des roues. En alliage, petite et rejetées aux 4 coins du véhicule, c’est certainement ce qui met la puce à l’oreille.

L’avant n’a aucun lien avec la Mini “carrossée”. La Mini Moke n’en garde que les feux. La simplicité est indéniable. Aucune notion de design dans cette carrosserie, c’est un habillage de protection de la mécanique et c’est tout. Ainsi on retrouve le moteur entre les roues avant, sous un capot qui redescend et tenu par des attaches caoutchouc. Devant le moteur, un panneau vertical découpé par une calandre dont le contour est souligné par un matriçage de la tôle. On retrouve également les phares, les clignos, le signe Moke bien visible en rouge pétant et les fixations du pare-choc… un tube peint en fait !

Le profil de la Mini Moke montre encore plus de simplicité. L’habitacle est plus qu’ouvert, même derrière le pare-brise plat et incliné. Seul de gros caissons entre les roues forment la “carrosserie centrale”. C’est là qu’on retrouve le réservoir. Côté conducteur, un tapis en plastique noir la joue marche-pied… mais vu sa hauteur, son utilité n’est que relative. Les ailes au dessus des roues se révèlent droites, sans aucun galbes. Des garde-boues plus qu’autre chose.

L’arrière est tout aussi simple. La capote vient s’y poser entre la banquette arrière et la roue de secours, protégée par une toile similaire à la capote. Il reste juste assez de place pour les feux et la plaque d’immatriculation ! On notera un petit détail qui tue : le pare-chocs reçoit une boule pour tracter une remorque ! En même temps la Mini Moke devait bien justifier de son côté utilitaire !

En bref, la Mini Moke est bien une auto de plage. Elle est faite pour profiter du soleil et des embruns.

L’habitacle : encore plus simple !

Si vous avez trouvé la carrosserie de la Mini Moke très simple, attendez de voir l’intérieur. C’est simple, il n’y a ici que le strict minimum pour emmener quelques passager d’un point A à un point B en espérant qu’il fasse beau !

Les deux sièges avant, sur glissière, et la banquette arrière sont dans le même esprit. Tubulaires, blancs, on se doutait qu’en partant d’une Mini ce n’allaient pas être des Chesterfields mais leur épaisseur fait presque peur, tout comme l’absence de forme… et donc de maintien. Certes, vous allez rarement fait 500 bornes d’une traite dans une Mini Moke, mais au moins vous savez tout de suite à quoi vous en tenir. Pour se tenir d’ailleurs, heureusement que les assises des sièges de devant propose une sorte de poignée.

Niveau commandes, on fait dans le simple. Le joli volant bois paraît énorme, mais c’est uniquement quand on le regarde en situation. Il est planté au bout de la colonne, on ne peut plus visible et accessible. Le même matériau coiffe le pommeau du levier de vitesse. On ajoutera quelques boutons autour du compteur de vitesse central. La jauge de carburant et le compteur kilométrique y sont intégrés. Sur notre Mini Moke de 1972, on s’est prémuni de toute frayeur avec un thermomètre d’eau additionnel. Ce n’est pas d’origine mais ce n’est jamais une mauvaise idée.

Bon… et bien j’ai déjà fait le tour !

Sous le capot de la Mini Moke

Les deux attaches en caoutchouc sont vite enlevées et on bascule le capot. Pour le faire tenir ? Et bien il suffit de le poser délicatement contre le pare-brise et c’est fait.

La mécanique, c’est bien de la Mini. À chaque fois on s’étonne mais le compartiment moteur a beau être minuscule, le 4 cylindres a encore pas mal de place à l’intérieur. Il est placé transversalement avec le radiateur contre la contre-aile gauche. Pour le coup, ce dernier pourra encore plus respirer avec la forme de celles de la Mini Moke.

Le quatre pattes fait ici 1097 cm³. Rustique, il délivre 50ch SAE envoyés aux roues avant par l’intermédiaire d’une boîte à 4 rapport. Le couple est tout aussi petit mais le poids de base n’est que de 620 kg. On est larges !

Pour le reste de la technique, il n’y a pas grand chose à ajouter, la Mini Moke joue la simplicité et on aura pas de système hyper sophistiqué ou d’avant-garde à se mettre sous la main.

Maintenant qu’on l’a regardé, on va le faire causer ce moteur !

Au volant de notre kart du jour

Pour le coup je vais commencer par vous raconter les quelques kilomètres qui précédent ma prise en main de la Mini Moke. La première étape a été d’enlever la capote. Si vous voulez le faire à un stop : oubliez. Il faut sortir le tournevis, enlever quatre vis qui fixent la capote à l’armature, bref, c’est long et ça ne s’improvise pas. Ensuite c’est Frank qui prend le volant. Je prend quelques photos de la Morris Minor (c’est à retrouver ici) et je m’installe sur le siège passager. Je boucle la ceinture et c’est parti.

Le sentiment est très, mais alors très étrange. On se rend vite compte qu’il manque quelque chose. À part le tablier et le pare-brise devant nous… rien ne nous sépare de l’extérieur. Rien du tout. Et puis les sièges sont plus comparables à des bancs qu’à de vrais sièges automobiles. Heureusement que je me suis attaché sinon j’aurais eu l’impression de me faire éjecter à chaque virage. En fait, je vous conseille tout de même de bien vous cramponner à tout ce que vous trouverez !

Allez cette fois c’est mon tour de prendre le volant. Pour ce qui est de l’installation et du réglage des commandes… bah on en reste à l’installation. Me voilà assis sur ce fameux “banc”, ceinture bouclée et prêt à en découdre. La Mini Moke démarre au quart de tour et la première rentre bien. C’est parti. L’accélération est réelle. Je vous ai vendu la mèche : c’est un vrai kart, on s’en doutait. La légèreté de l’ensemble ne fait pas peur à ce moteur et à sa cavalerie qui serait trop légère pour bien des autos.

La Mini Moke demande vite à passer la seconde. Là, ça se complique. En fait le levier vient d’abord heurter mon genou droit avant de passer la seconde. Elle est vraiment passée ? Le moteur ne tourne pas dans le vide, ça veut dire oui, en tout cas ce n’est pas le verrouillage de la boîte qui m’a communiqué la moindre info à ce sujet. Au pire si le verrouillage n’est pas bon, le levier étant sous votre genou, il ne risque pas de bouger !

Si vous pensez que ce deuxième rapport est flou, comme on dit sur les réseaux sociaux : “la troisième va vous surprendre”. En fait, il faudrait fournir une carte pour savoir où la trouver. Alors elle est à droite à peu près par là. Bon là je vais trop à droite, il n’y a rien. Là ce n’est pas assez je vais remettre la première. Je vise à peu près au milieu, ah, le levier avance. Toujours pas de sensation de verrouillage pour me dire si c’est bien rentré. Je lève le pied gauche. Ah bah c’est bon ! À deux seconde près, la troisième n’aurait servi à rien puisqu’on serait trop redescendu en vitesse.

Les kilomètres suivant ne nécessitent pas énormément de changements de rapport, mais suffisamment pour que, petit à petit, j’apprenne à bien appréhender le maniement du levier de notre Mini Moke. Au final, ça se fait, mais dire qu’on a vu mieux est bien trop gentil.

Le mode d’emploi rentre et voilà une belle route pleine de beau virages. Tout se fait entre la 4e et la 3e. Pas besoin de redescendre plus bas. Les freins le permettraient tout à fait, vu le peu de masse à ralentir ils sont très bien dimensionnés même si la pédale est un poil molle à mon goût. Au niveau du comportement ? Et bien on reprend le kart. La base reste une Mini donc l’auto vire à plat. Et elle relance parfaitement. La Mini Moke se montre, vraiment, très dynamique et on peut jouer dans les virages sans se faire peur.

D’ailleurs, l’appréhension que j’ai eu en tant que passager a disparu. La raison est toute simple : en tenant le volant on a beaucoup moins l’impression de se faire éjecter. La vitesse de croisière se situe autour des 70 km/h. Elle pourrait aller plus vite mais déjà les bruits d’air sont très présents. Si vous voulez conduire seul, libre à vous d’aller plus vite. Et si vous voulez mettre une casquette, vérifiez qu’elle est bien serrée !

On notera tout de même que le confort n’est pas au top. Les “suspensions” de la Mini sont évidemment des raisons suffisantes mais elles ne sont pas aidées par les sièges au rembourrage symbolique.

En ville la Mini Moke est évidemment à son aise. Sa nervosité permet de se sortir de toute situation. Les freins vous arrêteront bien avant de taper le Kangoo qui vient de vous refuser la priorité. Et puis dans les ronds points vous serez le roi des extérieurs. Le petit plus : en ville vous trouverez un public. Des passants qui vous regarderont en se demandant si vous avez vraiment le droit de rouler avec ça. Le pire, si ils le font à voix haute, vous pourrez leur répondre. La direction vous permettra de vous placer où vous voulez et le gabarit sera parfait pour éviter les cyclistes sortis de leur piste réservée.

Et puis en ville, c’est certainement le meilleur rythme pour apprécier la Mini Moke. La vitesse n’est pas trop élevée et vous pourrez apprécier la conduite de cette auto si singulière. Bon il faudra jouer avec la boîte, mais finalement je ne rate plus un seul passage. Dans le genre “coup à prendre”, une avant-guerre pas synchro est plus simple à appréhender.

Allez on continue la balade. On profite de l’air marin puisque rien ne l’empêche de nous arriver aux narines. Au moment de la rendre… je n’en ai plus trop envie. Mais de toute façon la jauge d’essence m’interdit d’aller bien plus loin. L’expérience, car c’est bien le mot, touche à sa fin.

Conclusion :

Rapprocher la Mini Moke de la Méhari, c’est une idée, puisque certains détails sont communs. Mais en réalité l’anglaise pousse le bouchon beaucoup, mais alors beaucoup plus loin. Sa conduite déroutera, de prime abord, même les plus originaux. Mais une fois le mode d’emploi bien assimilé, il n’y a pas de raison pour ne pas aimer.

Notre anglaise est une auto parfaite pour profiter des éléments, surtout si c’est un beau soleil de bord de mer. Elle sait se montrer joueuse et vous offrir des sensations, sans être trop scabreuse ou trop vive. Mais dans tous les cas, gardez la pour des petites balades, sans vous presser, avec un ou deux copains et un pique-nique à l’arrivée. Si c’est en bord de mer, c’est vraiment l’idéal. La Mini Moke est vraiment faite pour ça. Alors ne lui demandez pas autre chose !

Les plusLes moins
Une image au topPerformances justes
Une simplicité redoutableAbsence totale de maintien
Un comportement très funConfort absent
Le Grand Air…… la Grosse Pluie
CritèreNote
Budget Achat12/20
Entretien17/20
Fiabilité15/20
Qualité de fabrication15/20
Confort10/20
Polyvalence10/20
Image16/20
Plaisir de conduite17/20
Facilité de conduite15/20
Ergonomie13/20
Total14,0/20

Conduire une Mini Moke

Pour une auto si peu diffusée en Europe, il n’est pas si compliqué que ça de la trouver ! Par contre, si le prix d’une Mini vous fait déjà tiquer, passez votre chemin. La rareté de l’auto et le fait qu’elle soit plutôt prisée, font que les prix sont soutenus.

Vous trouverez des Mini Moke roulante dès 10.000 €. Pour des autos en très bon état, on approchera des 16-17.000 €. Par contre, pour ce qui est des autos en parfait état, comme celle de cet article, les prix peuvent monter jusque 30.000 € ! Il faudra évidemment que l’auto soit parfaite pour le justifier, mais avec une grosse restauration et des soins réguliers, c’est faisable !

Concernant les pièces : merci les anglais (et les australiens, et les portugais). On trouve presque tout pour une Mini Moke, la mécanique notamment ne sera presque jamais une source de problème vue la diffusion des blocs BMC sous divers capots !
Avant d’acheter, vérifiez bien la corrosion qui aime autant les Mini Moke que ces dernières n’aiment les bords de mer (ceci explique aussi cela) et qu’elle soit complète et rigide.

En tout cas merci à Sylvie pour le prêt de son auto.
Vous retrouverez des Mini Moke à vendre sur Classic Numbers en cliquant ici.

Fiche Technique de la Mini Moke
MécaniquePerformances
Architecture4 cylindres en ligneVmax113 km/h
Cylindrée1097 cm³0 à 100 km/h± 21,7 s
Soupapes8400m da20,4 s
Puissance Max50 ch à 5100 tr/min1000m da40,6 s
Couple Max81 Nm à 2500 trs/minPoids / Puissance13,7 kg/ch
Boîte de vitesse4 rapports manuelle

TransmissionTraction
ChâssisConso Mixte8,6 L/100 km
Position MoteurTransversale avantConso Sportive10,3 L/100 km
FreinageTambours AV et AR
Dimensions Lxlxh324 x 1448 x 160 cmCote 202118.000 €
Poids620 kg à vide

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