Babyboomer’s Adventure Maroc 2026, News d’Anciennes au cœur du raid

Publié le par Fabien

Babyboomer’s Adventure Maroc 2026, News d’Anciennes au cœur du raid

Le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026 est le 15ème du nom et la quatrième édition que je partage avec vous sur News d’Anciennes. Et comme à chaque fois, il y a des évolutions. Cette année, outre les 80% de pistes nouvelles, c’est la première édition où votre site d’actu des véhicules anciens préféré est partenaire de l’événement. On vous emmène donc à bord de la fidèle Citroën ZX 1.4i de 1993 à la découverte de ce raid.

Mais au fait, pourquoi Babyboomer’s Adventure ?

Compte tenu des débats actuels sur cet anglicisme, il est peut-être important de remonter à ses origines. Au milieu des années 2000, des organisateurs ont créé des événements en voitures « petit budget » pour les jeunes. Ainsi, ils pouvaient toucher du doigt l’aventure, le soleil et le sable, sur les traces des anciens Paris-Dakar, Dakar ayant été relocalisé dans ces années-là en Amérique du Sud.

Le 4L Trophy, le pionnier, créé en 1997, est probablement le plus connu de ces raids dont l’âge de participation est fixé à moins de 28 ans.

Yann Duffillot, qui avait vécu le Dakar d’Antan et voulait transmettre sa passion a lancé le Babyboomer’s Adventure, comme une note d’humour à l’opposé de ces « jeunots ». Les premières autos s’élançaient en 2009.

Et quant à prendre le contrepied, autant le faire jusqu’au bout : pas de compétition, de la solidarité et de l’entraide, ouvert à toute voiture de plus de 25 ans, 2 roues motrices de préférence. Pas de bivouac non plus, mais des hôtels haut de gamme… Et quand on y regarde de plus près, loger en hotel, c’est participer à la vie économique du pays hôte. Tout comme aller dans les restaurants le midi, chez les épiciers prendre son pain et chez les garagistes locaux pour les réparations un peu lourdes.

Ici, pas non plus de but humanitaire, cette fonction étant dédiée à des organisations spécialisées, locales, comme l’association Intilaka, qui connaissent les besoins des populations et les niveaux d’urgence d’intervention.

Certes, le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026 ne compte pas les plus de 1000 équipages du 4L Trophy 2026, mais ce n’est pas non plus l’objectif, ni de Yann, ni de Didier, Didier, Didier (oui, si on s’appelle Didier, on peut rapidement finir dans l’orga du Babyboomer’s Adventure !), Eric mais aussi de tous les autres bénévoles. Cette année, il y avait 40 équipages inscrits.

Le parcours du Babyboomer’s Adventure Maroc 2026

Cette 15ème édition a cherché à se renouveler. Après l’ouverture de la boucle Marrakech/Marrakech en 2024, avec un départ de Mohammedia, sur la côte, au nord de Casablanca, c’est le point le plus au sud qui changé.

Si Merzouga et Erfoud sont de hauts lieux pour les amateurs de dunes et de sable, c’est vers Zagora que le road-book a mené les participants. Zagora, la Porte du Désert, fut fondée au 11ème siècle par les Almoravides comme un poste avancé dans le désert, pour favoriser le commerce avec les contrées subsahariennes. Toute une histoire !

La première étape nous a donc conduit jusqu’aux Cascades d’Ouzoud, les plus hautes du Maroc avec près de 110 m de haut ! Un spectacle grandiose et un bruit de cataracte puissant et omniprésent.

La seconde nous a permis de franchir le Haut Atlas et des cols culminant à 3000 mètres jusqu’à Boumalne-Dadès, quand nous passions la barrière de l’Anti Atlas pour plonger sur Zagora au troisième jour. Un passage par le djebel Saghro et ses paysages faisant penser à la planète Mars, faits de terre rouge, de pierre et de poussière.

Après deux belles boucles désertiques où nous avons pu croiser de nombreuses qualités de sables différentes, tantôt de sables assez porteurs, tantôt moins et mettant à mal les mécaniques et les équipages, c’était la remontée vers Marrakech avec une pause à Ouarzazate, puis via le tizi n’Tichka (littéralement le « col des pâturages » en tamazight).

La philosophie 2RM

Traditionnellement, la priorité lors de l’inscription est donnée aux deux roues motrices, les fameuses 2RM. Un voeu de Yann que toute l’équipe de l’orga continue de soutenir. Patrick Mitchell, coéquipier de Yann sur le Dakar 84 en 504, mais aussi sur la Baja Montesblancos toujours en 1984 en est sans conteste le plus fervent défenseur, comme il me l’avait confié l’an dernier (c’est par ici).

D’ailleurs, Patrick a repris une nouvelle fois pour le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026, sa Lada 2107 « Jigouli », la fameuse Avto-VAZ née en 1970 et dérivée de la Fiat 124, en hommage au prototype engagé sur la Baja.

Et pour la petite histoire, ce sont les échanges que j’ai pu avoir avec Yann et lui qui m’ont donné envie d’engager une 2RM. Et ma Citroën ZX 1.4i en est à son troisième Babyboomer’s Adventure Maroc.

Si la Jigouli est une propulsion à moteur avant, de conception antique et réputée robuste, quand on voit la ZX on a quelques doutes sur ses capacités à tenir le choc. Doux euphémisme, même, quand j’en parle et observe les réactions ! Et pourtant, elle s’améliore d’année en année et pour sa troisième participation, elle nous a, mon équipier et moi, ramenés à bon port.

D’autres équipages ont tenté l’aventure avec ces « petites autos ». La plus petite des petites, même en étant équipée d’un plus gros moteur, était aussi une Citroën. Une superbe 2CV6 au look baroudeur, au châssis renforcé, équipée d’un treuil et au bicylindre refroidi par air de 652 cm3. Quant à la XM TD12, elle n’en était pas, elle aussi, à sa première participation malgré les soucis de la précédente édition.

Pour la première année, le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026 s’est internationalisé. Un couple de hollandais, au caractère « so british », s’était engagé à bord d’une magnifique Peugeot 404 à la patine trahissant son âge. Deux amis venus de Belgique pilotaient, quant à eux, une Peugeot 505.

Autant il était visible que la 404 n’était pas une voiture de compétition, mais qu’elle était rompue aux rallyes de régularité et aux raids avec son trip master notamment et quelques stickers sur la carrosserie, autant la 505 était une auto qui avait été préparée pour le VHC ou le VHRS, avec des arceaux de sécurité, des sièges baquets, ou encore une monte pneumatique spécifique. Côté moteur, cette 505 était équipée du 2 litres carbu, initialement de 108 chevaux, et les deux lionnes tournaient à l’essence et non au diesel.

Enfin, venaient la Lancia Fulvia 1.3S Safari et une Porsche 944 dans la liste des engagés au Babyboomer’s Adventure Maroc 2026. La Lancia était déjà présente lors de l’édition 2025 avec Jeff « Dakardantan » à son bord (l’interview est par ici). Elle est revenue en version « EVO2 » pour une nouvelle session de mise au point. Peu de changements esthétiques, mais beaucoup de détails mécaniques revus pour corriger les problèmes rencontrés l’an passé.

Et si c’était la première participation de la 944, ce n’était pas celle de son équipage puisqu’ils fêtaient cette année leur dixième participation ! Ils sont donc déjà venus, sans être exhaustif, au volant d’une 205, d’une 405 Mi16, d’un coupé 406 ou encore d’une Cox au look Baja en 2025. Cette année, la Porsche 944, avec son moteur 4 cylindres de 2,5 litres et 156 chevaux mais préparée « aux petits oignons » pour l’aventure semble avoir comblé son équipage.

Les petits 4×4

Eux aussi sont intégralement liés à l’histoire des premiers Dakars et du Babyboomer’s Adventure Maroc. Et le 4×4 type qui illustre cette catégorie est le Lada Niva. Pas moins de sept Niva constituaient la flottille marocaine !

Grâce à cela, à titre anecdotique, on peut pratiquement dire qu’ils avaient à eux tous embarqué de quoi en refaire un complet… J’exagère à peine, car en effet, c’est en faisant abstraction de la carrosserie ! Je pense que je vais me faire chambrer pour ces lignes !

A côté des Lada, on retrouvait la « bip-bip » Panda déjà vue les années précédentes, mais cette fois avec un moteur et des roues légèrement sur-dimensionnés. En effet, les 965 cm3 d’origine aurait été trop à la peine avec les gros pneus pourtant nécessaires pour mieux évoluer dans le sable.

Et l’on commence à voir Toyota arriver : le RAV4. Essence en 4 portes et Diesel en 2 portes. Pour le 2 portes, il s’agit d’une « montée en gamme » de l’équipage qui en 2025 était venu avec une 206 look WRC… un peu basse ! Cette année, la hauteur de caisse était corrigée. Quant à l’autre RAV4, le duo BP-BF (pour beau-père – beau-fils) découvrait totalement le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026. Et ils n’ont pas été déçus !

Dans le même gabarit, il y avait aussi un Mitsubishi inconnu en France. Enfin, si. Mais sous un autre nom. Le Mitsubishi Montero, ici en motorisation V6, est en fait le Mitsubishi Pajero. Un petit soucis de traduction avait contraint le constructeur japonais à renommer le modèle dans les pays hispanophones. Encore une rareté dont on peut remercier le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026 !

Et dans cette catégorie apparaissait un 4×4 Peugeot. Si je vous dis : construit pour l’armée française sous licence Mercedes ? Oui, il s’agit bien d’un Peugeot P4. Mais celui-ci est un peu particulier. Exit ici les moteurs fiables mais anémiques, que ce soit le 4 cylindre 2.0 l de 80 chevaux ou l’Indenor Diesel XD3 tous deux issus de la 504.

Ce P4 là a été littéralement sauvé par Jean-Louis, son propriétaire. Ce P4 là, est équipé du V6 PRV de la 505 V6. Ce P4 là n’a été produit qu’à une dizaine d’exemplaires pour servir de véhicule d’assistance aux 40 T16 et ZX Rallye-Raid. Ce P4 là a une sonorité de dingue et des capacités en tout terrain juste dingues. Et c’est ça aussi la magie du Babyboomer’s Adventure Maroc 2026 : découvrir des voitures exceptionnelles !

Des gros 4×4, pour s’assurer d’arriver tous à bon port !

Là, on ne joue plus dans la même catégorie. On est sur des voitures de 2 tonnes, de bon vieux gros diesels… Enfin bon vieux, ce n’est pas le mot puisque certains sont même très récents comme les Land-Cruiser de Jean-Luc Pailler et d’Arnaud et Lucas Delmas-Marsalet, de la Compagnie Saharienne, photographes officiels du Babyboomer’s Adventure Maroc 2026.

Et oui, Jean-Luc Pailler, déjà présent l’an dernier et qui revient, en toute simplicité. C’est l’effet Babyboomer’s Adventure.

Malgré ses onze titres de Champion de France de Rallye-Cross, bien qu’avoir gagné, été vice-champion et fini quatre fois 3ème du championnat d’Europe de la discipline, bien qu’avoir gagné les 24 heures du Mans catégorie poids-lourds… Il était là, au Babyboomer’s Adventure Maroc 2026 avec ses potes, jamais avare de clins d’œil et de conseils.

L’un d’eux était venu avec un Toyota plus vintage, le BJ71 déjà croisé en 2025. Un châssis court qu’il faut arriver à maîtriser compte tenu de sa tendance à « sautiller » sur les pistes tantôt roulantes, tantôt cassantes du Babyboomer’s Adventure Maroc 2026. Et pourtant, quel franchisseur !

Et outre ce BJ, ce sont surtout les Toyota Land Cruiser HDJ 80 produits entre 1990 et 1995 et les KDJ 95, 120 et 125 des années 2000-2005 qui nous intéresseront. Sans oublier le Mitsubishi L200 double cabine de troisième génération, également produit à partir de 1998.

Les autres sont trop récents, même s’ils sont une véritable bouée de sauvetage quand les conditions deviennent compliquées et que le terrain l’emporte sur les capacités des voitures et des équipages des 2RM et des petits 4×4. Et ils ont constitué une monture intéressante pour ceux qui voulaient découvrir le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026, notamment.

Road-book, parcours et assistance : une orga à fond !

Comme à chaque édition, le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026 a tenu toutes ses promesses, entre galères et récompenses, moments difficiles et joyeux, fatigue et… Fatigue !

Et derrière ce succès, il y a une équipe d’organisation ne comptant pas moins de 22 bénévoles, qui prépare déjà l’édition 2027 à l’heure où j’écris ces lignes. Et que dire des ouvreurs, Eric et Didier… Non, pas lui, l’autre… Bref, il va falloir des noms !

Les ouvreurs

Eric Dehillotte et Didier Savany, donc, se lancent sur les pistes pour les reconnaissances à partir d’une étude documentaire et les souvenirs qu’ils ont nombreux. Mais au Maroc, les choses évoluent rapidement. Entre intempéries et autres catastrophes naturelles que le Maroc cumule malheureusement ces dernières années (on repense au dramatique séisme de 2023), ou la « goudronnisation » galopante mais nécessaire pour désenclaver les régions reculées, les paysages changent vite et deux voyages sont nécessaires pour que le road-book soit le plus juste possible.

D’ailleurs, ce sont eux, Eric et Didier, qui partent de potron-minet, voire même avant, pour valider les informations du road-book auprès de l’assistance. Et si par malheur la piste envisagée n’est plus praticable, ils mettent en place et balisent un itinéraire bis.

Méca, Médical et Régulateurs

Les Méca 1 et 2, c’est probablement ceux que l’on voit le plus souvent sur les pistes… Surtout en 2RM et dans les zones sablonneuses. Ils sillonnent inlassablement le parcours du jour. Grâce aux balises Owaka (celles-là même qui vous permettent de suivre chaque équipage en temps réel) et la présence de Thierry qui passe toute ses journées à scruter ses écrans et nous remet parfois sur le droit chemin, ils nous repèrent rapidement si par malheur un problème survient.

La Méca 3, c’est la logistique qui monte et démonte le matériel matin et soir. Rôle probablement le plus ingrat mais si nécessaire !

Quant à la Méca 4, c’est la voiture que personne ne veut voir. On surnomme cet équipage « le charognard ». Un terme qui peut paraître dur, mais qui en fait est affectueux, même si, il faut avouer qu’avec un nom pareil, ça motive à ne le voir qu’une fois rentré à l’hotel.

Et tout ce petit monde rend compte au PC… Ou plutôt aux régulateurs. Les deux Didier, Bonnet et Faure, que l’on écoute religieusement le matin au briefing et qui sont aussi là pour tirer les oreilles et rappeler à l’ordre, notamment, ceux qui oublieraient de lever le pied dans les villages par exemple. Car oui, le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026, comme les éditions précédentes et suivantes se veut respectueux des populations et du pays d’accueil.

Pour finir le tour de l’équipe, un médecin et une infirmière urgentistes veillent sur notre santé. Le Babyboomer’s Adventure Maroc est d’ailleurs l’occasion pour le toubib de visiter dispensaires et petits hôpitaux pour les épauler en direct. Et le saviez-vous ? Le mot toubib signifie médecin en arabe.

Mais surtout, des souvenirs plein la tête !

Quand on se sait bien encadré, avec un road-book fiable, une voiture bien préparée, on peut alors profiter à fond. Et ça a été le cas pour ce Babyboomer’s Adventure Maroc 2026, qui pour la première fois, nous a réservé deux pauses, deux spots touristiques à couper le souffle, au mileu de paysages toujours grandioses.

Les grands moments, sur route et sur piste

Le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026 a été, comme par le passé, une aventure où les mécaniques ont été sollicitées, parfois au delà de leurs possibilités. L’occasion de voir des équipages s’affairer sur leurs autos jusqu’au plus noir de la nuit.

Chaque équipage a tenté de gérer au mieux la fiabilité de la mécanique et l’excitation du challenge, de l’aventure, après un pré-départ donné en direct du rassemblement Bordeaux Classic Days, le départ officiel étant donné à Mohammedia, au Maroc.

Au Babyboomer’s Adventure Maroc 2026, il n’y a pas de honte à se faire dépasser. Il y a juste le challenge de rallier l’arrivée. Que ce soit sur la route, en Espagne, quand la compagnie de ferries nous impose des heures et des heures d’attente et où, chacun, prend son mal en patience.

Toujours en Espagne, l’équipage 100% féminin de la 505 Dangel a dû abandonner sa monture initiale, un problème de carburant ayant fait déclarer forfait à la Peugeot.

Que ce soit sur les routes et les pistes marocaines, les mécaniques sont mises à rude épreuve et ce n’est pas rare de travailler sur les voitures à la lumière des frontales. Et à ce jeu, si l’on peut dire, la 2CV a été la plus mal lotie, mais quand même pas au point de la 2CV du Babyboomer’s Adventure Maroc 2024 avec son moteur de Visa démonté en intégralité presque tous les soirs (c’est par ici). Heureusement son propriétaire connaissait sa monture par cœur, mais la copie devra sérieusement être revue pour une prochaine participation.

Mais il y a aussi ces gens que l’on rencontre, ces animaux que l’on croise et qui nous font oublier notre quotidien. « Makein Mouchkil » (désolé pour la transcription phonétique) est peut être l’expression qu’il est impératif de connaître au Maroc. Ca signifie « pas de problème » et en effet, nul besoin de stresser et se mettre la rate au court-bouillon, les choses se font, en temps et en heure. Peut-être pas comme dans nos modèles occidentaux, mais avec un peu de discussion, d’analyse et de temps, on arrive toujours à un résultat qui permettra d’atteindre l’étape suivante.

Quand t’es dans le désert…

Dans la première boucle au départ de Zagora, le vent était de la partie. Sous le sable léger, du sable dur et compact. Et bien qu’en suivant le road-book, il était difficile de lire les traces.

Si bien que nous avons pris une trajectoire trop au nord de la piste. Comme il est de règle, quand au repère suivant nous ne l’avons pas vu, nous avons fait demi-tour. Mais le vent, après 50 mètres refaits dans nos traces, avait tout effacé. Pneus dégonflés à 800 grammes, c’est au cap que nous avons tenté de rejoindre la piste.

Dunettes, sable dur, et autres embûches sont avalées sans faillir par la ZX. Deux voitures passent. La piste ! On les prend en chasse et… On se perd à nouveau ! Nouveau demi tour. Nous sommes 3 équipages maintenant et nous cherchons toujours cette piste ! Thierry nous indique que nous sommes encore 500 mètres trop au nord.

En 2RM, nous prenons la tête du convoi, composé d’une Lada Niva et du Toyota RAV4 4 portes. Tout au cap, nous filons vers la piste. Le vent nous isole et efface les traces. Nous croisons la piste et quand nous nous arrêtons pour faire le point, nous sommes cette fois 1 km trop au sud.

Demi tour… La ZX, se met en sécurité sur du sable dur quand la Niva s’ensable et le RAV4 est victime de la rupture de son arbre de transmission. Ironique : seule 2RM échappe aux problèmes ! Mais, perdus et sans repère, le plus important est d’éviter le « suraccident ». Alors les 3 naufragés activent la balisent et attendent les secours.

Dans le vent, le sable et au milieu de nulle part, la voiture Méca 2 prend en remorque le RAV4 dont la transmission a été désaccouplée. Et même cet équipage de secours se retrouve ensablé, se demandant comment, guidés par une 2RM, le petit groupe avait pu arriver jusque là.

La Méca1 veillant au grain, nous avons pu finalement rallier la fin d’étape, mais pour un retour direct à l’hôtel, et au garage, puisque dans l’aventure, la coupelle de suspension avant droite de la ZX avait cassé.

Quand t’es dans le désert, depuis trop longtemps… En fait dans sa chanson, Capdevielle ne pensait pas que la seule chose qui comptait pour un équipage du Babyboomer’s Adventure Maroc 2026, c’était de prendre sa revanche et prouver que l’erreur n’était qu’un aléa.

Lors de l’étape de nuit et la journée qui suivirent, l’équipage News d’Ancienne s’est mis un point d’honneur à finir sans encombre, parmi les premier. Pas de compétition ne signifie pas faire du tourisme !

Grandeur et ruines

Même si sur cette édition, le road-book prévoyait des escales touristiques des plus intéressantes. Les kasbahs marocaines, anciennes, construites en pisé, en terre crue, étaient voués à disparaître et migrer au gré des intempéries et du temps.

Ainsi, il nous a été donné l’occasion de visiter une kasbah abandonnée et sa version équivalente maintenue en état grâce à l’Unesco. Le Ksar d’Aït-Ben-Haddou, puisqu’il s’agit de lui, a par ailleurs servi de cadre au tournage de films à la renommée planétaire comme Gladiator (2000), Lawrence d’Arabie (1962) et plusieurs dizaines d’autres de 1956 à 2026.

Des pauses bienvenues, qui permettent de découvrir ce fabuleux pays qu’est le Maroc.

Vous prendrez bien quelque chose ?

Mais le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026, c’est cet entêtant besoin de se raconter, le soir venu, nos journées. Victoires, galères, entraides, ou simples saluts, on partage tout lors de l’apéro-capot.

Après avoir fait l’entretien de routine des voitures, et notamment, le soufflage du filtre à air, les niveaux et le check-up des organes de sécurité, les outils font place à un équipement typiquement français : gobelets (recyclés et réutilisables), amuse-bouches, rires, verbe haut, et amitié. L’apéro. L’apéro-capot pour être plus précis.

Les Calandres d’Antan de Gradignan qui ont trouvé assez de place à côté des pièces détachées des Niva, l’orga, la communauté basque, et les copains qui mettent en commun soir après soir… Chacun cherche à participer à cette institution qui, loin d’être une beuverie, est avant tout un moment de partage et de communion entre tous les participants. Un moment de passion et d’échange, quand l’âme du Babyboomer’s Adventure Maroc s’exprime sans réserve.

Fin du Babyboomer’s Adventure Maroc 2026… Vive 2027 !

La cérémonie du dernier soir, où chacun reçoit en souvenir le témoin de sa participation, est toujours un moment intense. On sait que le lendemain, chacun reprendra sa route, retournera à son quotidien.

Cette cérémonie, c’est dire au revoir à Mustapha et Houcine, les deux mécanos marocains, véritables magiciens de la mécanique, et les deux seules personnes à ce jour à avoir participé à toutes les éditions du Babyboomer’s Adventure Maroc.

Le cœur lourd mais chargé de souvenirs, on remonte vers le froid et la grisaille, car le Babyboomer’s Adventure Maroc 2026 a offert à ceux qui sont restés en France du soleil et de la chaleur en pleine grisaille, exactement ce que Thierry Sabine voulait offrir aux Français en créant le Paris-Dakar.

Mais si l’édition 2026 s’achève, on sait tous qu’elle s’ouvre sur une édition 2027 qui continuera à faire vivre le rêve de Yann Duffillot, à faire vivre la passion de l’équipe actuelle, à faire vibrer les équipages engagés et à mettre du soleil et di sable dans les yeux de tous ceux qui suivent cette aventure.

Et pour finir, voici la galerie du Babyboomer’s Adventure Maroc 2026, avec notamment le départ de Bordeaux lors du Bordeaux Classic Day du 3 mai 2026, sur le port, mais aussi les images de la longue attente du ferry…

Fabien

C'est un lion et un cheval cabré qui lui ont fait aimer les voitures dans son enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des pilotes de légende l'ont conduit à me passionner pour des bolides plus anciens. Fabien est basé près de Lyon où il essaye régulièrement des voitures variées mais couvre des événements dans toute la France avec plus de 200 articles à son compteur.

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