Essai d’une Morris Minor Découvrable, une belle découverte

Essai d'une Morris Minor Découvrable, une belle découverte
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Essai d'une Morris Minor Découvrable, une belle découverte
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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“Une Morris Minor découvrable, ça te tente ?” La question de Thibaut était une belle entrée en matière. Clairement, la Morris Minor, c’est le genre d’auto dont je ne me suis jamais demandé si ça me tentait ou pas. Une auto méconnue, mais au look tellement désuet… que j’étais rapidement curieux. Direction l’ouest pour un bain de soleil.

L’histoire de la Morris Minor en (plus ou moins) bref

Difficile de faire court pour l’histoire de cette auto. Sa carrière s’étend en effet sur 23 ans et trois séries !

Sortie en 1948, la Morris Minor est en fait étudiée pendant la guerre. Mais comme les usines doivent servir à autre chose qu’à fabriquer des autos (des avions par exemple), on repousse son lancement. L’ingénieur qui termine le travail est un certain Alec Issigonis, le futur père de la Mini. Ses objectifs : une auto pratique et économique. Celle qui doit s’appeler la Mosquito est plutôt moderne, suspension indépendante, direction à crémaillère et petites roues pour libérer de la place. Le moteur est un 4 en ligne (un 4 à plat est étudié mais abandonné) et sort 27,5 ch. En fait il est dérivé de celui de la Morris 8 de 1935.

La première série de Morris Minor MM apparaît avec deux carrosseries : une berline deux-portes et une découvrable/cabriolet, la berline 4 portes arrivant deux ans plus tard. Près de 250.000 autos sortent en 4 ans, 30% sont des découvrables.

La deuxième série s’équipe du moteur Austin Serie-A de 803 cm³ de 30 ch. Un break, le Traveller, arrive aussi à cette époque avec une structure en frêne sur sa partie arrière. Quatre ans plus tard, 269.839 autos ont été fabriqués.

En 1956 donc débarque la troisième série, avec un moteur qui passe à 948 cm³ et un pare-brise qui devient d’une seule pièce. Quatre ans plus tard, on ne change pas de série mais la Morris Minor passe un cap en étant la première auto anglaise produite à plus d’un million d’exemplaires.
En 1962, elle troquera son 948 cm³ contre un 1098 de 48 ch. Des petits changements l’accompagnent et l’auto reste en production.

En 1969 sort la dernière décapotable, l’année suivante ce sont les Berlines qui suivent et, comme souvent, les break font de la résistance en ne se retirant que dans le courant de l’année 1972. 1.6 million de Morris Minor ont été fabriquées, toutes versions confondues.

Notre Morris Minor Convertible du jour

Le ciel est bleu, le soleil bien présent, la voiture est bleue et découvrable. Parfait !

Le Prieuré des Sables (aux Sables d’Olonne) est un lieu parfait pour lui faire prendre le soleil. La Morris Minor capte bien la lumière et on peut détailler sa ligne. Alec Issigonis a voulu faire de l’américain, il a avoué s’être inspiré de Packard et de Buick. Forcément, c’est uniquement dans l’idée puisque notre anglaise est bien plus petite que les américaines d’alors : 3.76 m de long et 1.55 m de large.

Du coup, pour nous autres frenchies, on retrouvera des références qui sont bien plus près de nous. Regardez bien cette auto : vous mixez une Peugeot 203 et une Renault 4CV et hop, voilà une Morris Minor. Ce n’est pas un hasard, les années de sortie concordent.

La face avant est bien celle d’une auto de l’immédiat après-guerre. Les ailes sont bien dessinées, pas intégrées au capot et elles supportent les phares, forcément ronds et placés le plus vers l’extérieur possible. J’avoue trouver ça plus élégant que les phares bas des premières versions. Le capot reprend un bossage bien prononcé, là, oui, on voit bien l’influence Buick. Il surmonte une calandre assez large et un pare-chocs relativement simple avec butoirs.

Le profil fait également américain. Certes, le pare-brise n’est pas trop incliné et peut paraître haut. C’est aussi que les vitrages d’alors sont de belle taille. On remarque de suite les ailes avant et arrière bien rebondies et dessinées. L’influence des avant-guerre n’est pas très loin car, si c’est ici une courbe de carrosserie, on retrouve presque un marchepied en bas de la caisse. Un pli forme également une ceinture de caisse réhaussée d’un filet de peinture bleue, seulement coupé par la poignée de porte.

L’arrière est tout aussi rondouillard. En fait on retrouve surtout la longue malle qui occupe toute la partie centrale. Les deux ailes sont rebondies et les feux en ressortent sans provoquer de pli de carrosserie. On a fait simple sur cette partie… et on retrouve une nouvelle fois les influences américaines d’Issigonis.

L’arrière nous permet de voir un peu plus de la partie découvrable de la Morris Minor. Ce n’est pas un cabriolet puisque les vitrages latéraux sont bien surmontés d’une armature, très fine pour le coup. D’ailleurs les vitres arrière sont résolument fixes. La capote est bien visible une fois pliée sans pour autant prendre trop de place. Une fois en place, on a pas un beau soleil tous les jours, heureusement pour nos agriculteurs, la toile vient bien s’intégrer au dessin.

Une bouille bien sympathique pour cette Morris Minor. En tout cas, elle allie le côté popu et le côté “air libre” dès son dessin. Bien joué !

À l’intérieur : simple, efficace et spacieux

L’habitacle de la Morris Minor reste clair avec sa capote… mais s’apprécie encore plus une fois la toile repliée. Pour le coup on ne fait pas dans le multicolore : la sellerie se pare du même bleu que la carrosserie. C’est plutôt sympa et ça renforce le côté popu de notre anglaise.

Cet intérieur est simple des formes aux équipements. Les sièges sont peu creusés avec une assise et un dossier moyennement épais. On verra ce que ça donne sur nos routes “parfaitement entretenues”. Le grand volant à deux branches apporte une touche de couleur avec son M entouré de rouge, au centre. Côté instruments et commandes, c’est encore une fois très simple : tout se passe au milieu avec un gros compteur rond (gradué en Mph et Km/h, c’est sympa) qui surmonte quelques actionneurs.

Pourquoi le centrer à ce point ? Et bien parce que la Morris Minor est bien une anglaise. Regardez le dessin de la planche de bord : c’est symétrique. On peut échanger le vide-poche de gauche et la boîte à gant de droite pour passer d’une conduite anglaise à une conduite continentale. Logique implacable.

On remarque un long et fin levier de vitesse au plancher avant de passer à l’arrière. Parce que c’est là aussi que réside l’intérêt de la Morris Minor découvrable. Elle reste une berline (même si la base reste le coach) décapsulée et du coup on garde les places arrières. Un adulte ne s’y sentira pas à l’étroit et aura droit au même traitement qu’à l’avant. Un vrai bon point si vous cherchez une auto pour emmener toute la famille prendre l’air.

Sous le capot : un moteur qui ne dit pas son nom

Vous aurez certainement remarqué que la Morris Minor découvrable porte des monogrammes Morris 1000 sur le capot et la malle arrière. Un 1000 ? Pas vraiment. Cette auto est une des dernières produites et vu que notre anglaise a troqué son 948 pour un 1098 dès 1962, c’est bien cette cylindrée qu’on retrouve sous le capot.

Ce moteur à la course bien plus importante que son alésage (83,72 contre 64,6) est bien un moteur moderne de l’époque avec soupapes en tête. Évidemment n’en attendez pas un foudre guerre. Bien qu’il soit préparable, il est ici dans une version d’origine avec son carbu SU qui lui permet de sortir 48 ch. Suffisant pour emmener les 800 kg de l’anglaise à 120 km/h.

Pour le reste de la technique c’est donc du très classique avec roues indépendantes et des freins à tambours partout. Très classique, d’accord, et sur la route, ça donne quoi ?

Au volant de la Morris Minor

La belle m’attend, devant la maison de sa propriétaire. La capote est abaissée, le soleil est haut dans le ciel. Je suis toujours curieux. “Elle démarre au quart de tour” me glisse Sylvie en me tendant les clés. Pour le coup, c’est vrai. Le moteur A-Series part effectivement au premier coup de clé, avec juste une aide de l’accélérateur.

Clignotant à droite, le rétro n’est pas énorme mais il me permet de voir que je peux me lancer. La pédale de gauche s’enfonce assez facilement, peut-être presque trop. La première rentre facilement. Par contre le verrouillage est aussi franc que celui de ma 1100. Si vous avez déjà tâté des boîtes Simca à synchro Porsche, vous savez de quoi je parle. Je relève le pied gauche en enfonçant le pied droit, bon, le point de patinage est facile à trouver. Premier bon point pour notre Morris Minor.

C’est parti. En première, la petite anglaise est plutôt nerveuse, mais comme on pourrait s’en doute, elle tire court. Je passe la seconde assez rapidement, elle aussi tire assez court. Allez, troisième. Oups. Le guidage de la boîte n’est pas aussi aussi précis qu’espéré. En voulant mettre la troisième, ce sont les pignons de la première, pas synchronisée, que je suis allé chercher. Et forcément, la boîte a signifié son mécontentement, de façon plutôt sonore. Je recommence. En fait il faut vraiment bien décomposer et aller chercher la troisième bien à droite avant de pousser le levier.

Ce rapport est parfait pour la circulation urbaine. La Morris Minor reste vive et la seconde assure les relance si besoin. La direction reste parfaitement légère, directe aussi. Elle place l’auto exactement où je veux et renvoie suffisamment d’infos pour que je sache que je suis au bon endroit. Les freins ? En ville, pas de souci. Même quand Thibaut doit freiner un peu fort devant moi, la Minor fait le job et s’arrête sans me faire peur. Pour des arrêts plus normaux, ils sont également efficaces. La pédale a un toucher des plus classiques, peut-être un peu mou, mais pas de piège de ce côté.

Vous voulez encore des bons points pour notre anglaise ? La visibilité. Rien de surprenant mais avec la capote et les vitres baissées, la conduite urbaine est très facile. Vous verrez toujours les autres autos arriver… et des sourires sur les visages des conducteurs.

Bon, la conduite urbaine c’est bien… mais il serait bien rare que vous succombiez à la Morris Minor uniquement pour l’emmener en ville. Voilà que la sortie d’agglo se profile. La route est tortueuse, la petite anglaise se place parfaitement. L’état du bitume est bien loin du billard mais les roues ne sautent pas outre mesure. L’amortissement est bon, avec ce petit côté très 50s, très souple. Du coup, en accélérant, la Morris Minor a tendance à prendre du roulis, mais j’avoue, j’en joue.

Le moteur est volontaire. La quatrième était bien utile en ville, à allure de croisière. Il faut bien avouer que pour relancer en virage, elle n’est pas d’une grande aide. Quand la route s’ouvre et que j’atteins les 80 réglementaires, je peux la repasser et laisser couler. La Minor s’y conduit facilement. La direction n’est toujours pas piégeuse. On ressent bien qu’on est dans une découvrable et pas un cabriolet. L’assise est basse, le pare-brise est haut, les bruits d’air sont donc bien limités.

Le moteur sait, lui, se rendre présent. Pas sûr que la ligne soit parfaitement étanche. Quelques petites pétarades arrivent quand je lève le pied. C’est tellement déplacé dans cette auto que c’en est drôle. Et ça donne un côté sportif que ni le compteur, ni les occupants ne peuvent confirmer !

La balade continue. Je n’ai pas grand chose à ajouter à part que j’aime vraiment le comportement de cette anglaise. La route est belle, je prend tout mon saoul de conduite. Bon au passage le soleil laisse sa marque sur mes bras. Pour autant… je n’aurais recapoté pour rien au monde !

Conclusion :

Avec cette auto, Sylvie et sa fille ont participé au Rallye des Princesses. Oui, un rallye avec cette Morris Minor. Franchement, je ne l’aurais pas forcément emmené dans ce genre de rallyes. La Morris Minor a beau pouvoir suivre un rythme normal, la conduite soutenue, elle n’est pas faite pour.

Mais pour une balade au long cours, par beau temps, la petite anglaise saura se montrer parfaite. Elle vous emmènera loin sans trop vous fatiguer, vous serez en sécurité et pas plus à la traine que ça. Et puis il faut bien avouer que son physique vous attirera beaucoup de sympathie des passants !

Les plusLes moins
Une bouille très sympaManque de dynamisme
Une découvrable économiqueRare sur le continent
Comportement sainBoîte floue
Quatre vraies places
Originale
CritèreNote
Budget Achat16/20
Entretien15/20
Fiabilité15/20
Qualité de fabrication14/20
Confort14/20
Polyvalence15/20
Image13/20
Plaisir de conduite14/20
Facilité de conduite15/20
Ergonomie14/20
Total14,5/20

Rouler en Morris Minor découvrable

Avec 270.000 exemplaires produits, ce n’est pas spécialement une auto rare. Pour autant, n’oubliez pas que ce chiffre concerne les conduite à droite et à gauche. Forcément ces dernières ne sont pas si courantes.

Concernant le prix d’achat, on reste dans une auto raisonnable. On regardera surtout le prix des Série II, les dernières séries, celles avec les plus gros moteurs mais toujours cette bouille si sympathique. Comptez entre 10 et 12.000 € pour une auto en bon état et entre 15.000 € et 20.000 € pour une auto vraiment exceptionnelle. Des prix largement accessibles.

Les pièces ne seront pas un problème majeur, l’auto a été largement produite et sa mécanique s’est retrouvée sous le capot de bon nombre d’anglaise. Néanmoins l’auto n’est pas toujours bien réglée. Il faudra évidemment surveiller la rouille qui aura tendance à s’installer sur les longerons, le berceau arrière et même sur la carrosserie. Il faudra penser à graisser très régulièrement les suspensions (tous les 1500 km).

Notez enfin que de très bons spécialistes anglais vous découperont une Morris Minor berline pour en faire une parfaite découvrable. Une solution intéressante si vous ne trouvez pas l’auto qu’il vous faut.

Un grand merci à Sylvie pour nous avoir laissé les clés de sa belle anglaise et à Franck qui nous a accompagné.

Vous retrouverez des Morris Minor à vendre sur Classic Numbers, c’est par ici.

Fiche Technique de la Morris Minor Découvrable
MécaniquePerformances
Architecture4 cylindres en ligneVmax121 km/h
Cylindrée1098 cm³0 à 100 km/h24 s
Soupapes8400m da
Puissance Max48 ch à 5100 tr/min1000m da
Couple Max77 Nm à 3000 trs/minPoids / Puissance15,96 kg/ch
Boîte de vitesse4 rapports manuelle



TransmissionPropulsion
ChâssisConso Mixte
Position MoteurLongitudinale avantConso Sportive
FreinageTambours AV et AR
Dimensions Lxlxh376 x 155 x 152 cmCote 2021±12.000 €
Poids766 kg à vide

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2 Commentaires

  1. Merci pour cet article, toute une époque la Minor qui d’ailleurs s’appelait plutôt “1000” en fin de carrière. Elle est née avec le vieux moteur à soupape latéral des Morris Ten d’avant-guerre, le A-Series étant un moteur Austin né en 803cc pour équiper l’A30 – la concurrente avant la fusion en 1953. Ce moteur équipera jusqu’à la dernière Mini tout en équipant une bonne partie des Austin-Morris et dérivés Wolseley-Riley et même la Vanden-Plas Pricess 1100/1300, les MG Midget Austin Metro. Hommage au créateur de la Minor Sir Alec Issigonis qui n’a pus à l’époque donner libre cours à son génie créatif avec une traction à moteur boxer, mais il se rattrappera avec la Mini, les 1100/1300 puis la 1800/2200, la Maxi. La Minor sera remplacée par la Marina qui recevra des moteurs 1300, 1800 jusqu’à … 2600 pour l’Australie tout en conservant les antiques dessous de la Minor avec malheureusement un comportement plus que limite.

  2. en vacances au SRI LANKA , j ai trouvé un tolier qui a recupéré les machines d’emboutissage et refabrique les pieces de carrosserie de cette sympathique petite voiture
    il en possede une qui nous a largués sur la route du bord de mer ! et il envoie des pieces de reparation dans le monde entier !

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