Portait de collectionneur : Franck ou les Rootes sablaises

Portait de collectionneur : Franck ou les Rootes sablaises
Thibaut
Copilote, président de l'AutoMoto Classic de l'Ouest, Directeur de Course FFSA... et rédacteur/photographe pour News d'Anciennes (depuis 2017) lorsque les évènements s'y prêtent. C'est au volant d'un Mazda MX-5 ND (pas une vieille, désolé) que j'arpente les routes de France... c'est fort de ces différentes casquettes que je tâcherai de vous faire vivre par procuration autant d'évènements que possible : pas toujours de manière professionnelle, mais avec une constante sincérité...Viendriez-vous avec moi découvrir ce que la passion de l'auto ancienne a de plus diversifié ?

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C’est sur la côté Atlantique que nous vous amenons découvrir à nouveau un de ces véritables passionnés que News d’Anciennes a l’honneur de compter dans son lectorat. Derrière cette expression se cache évidemment un groupe automobile, un ensemble de marques… c’est donc Franck, une encyclopédie locale (et nationale) en ce qui concerne le groupe Rootes que nous vous emmenons rencontrer, et il sera accompagné ! Chaussez vos lunettes de soleil, nous partons à la mer…

Où allons-nous ? Qui est-il ?

N’étant pourtant pas un grand amateur des articles “graissage de pattes”, nos lecteurs les plus avisés auront souvent vu apparaître le nom de Franck dans mes papiers. Forcément, lorsqu’on est un des triumvirs à la tête de ce qui constitue pour moi le plus beau rassemblement vendéen de véhicules anciens (sans offense pour les autres tant chacun a sa particularité mais celui-ci présente un site que je trouve tout simplement exceptionnel), quand en plus de cela on se trouve être une <insérer le nom d’un livre saint de votre choix> en ce qui concerne un groupe automobile trop souvent oublié de la presse du crû, on ne peut absolument pas passer inaperçu, loin s’en faut !

Ce rassemblement, on en a parlé plus d’une fois : août 2018, novembre 2018 et août 2019 sont à relire ici. On avait aussi parlé de Franck à l’occasion du Rallye de la Chaume 2019 où le trio habitué à faire camper ses équipages en statique les emmenait, une fois n’est pas coutume, en promenade. Bref, c’est un véritable passionné que l’on vous présente en terres sablaises : un gars qui, enseignant dans le lycée technique local, voue un culte sans faille au groupe Rootes et à sa marque-étendard Sunbeam, qui tâche de partager sa passion avec tout un chacun (sa compagne et son fils, aussi piqués que lui, l’épaulant dans cette tâche)… je lui ai donc ouvert ces lignes, présentation du plateau !

La Sunbeam Rapier : la belle et la bête… de rallye !

J’ouvre le bal avec mon auto préférée… porté rallyes en ancienne, voir une auto qui a réellement marqué les épreuves à son époque et qui serait prête à repartir demain si on lui demandait, forcément, ça me branche. La Rapier, c’est très exactement cette philosophie. En effet, Peter Harper et sa Rapier se hisseront en 5ème position sur le Monte-Carlo (qu’on ne qualifiait pas encore d’Historique, évidemment).

L’exemplaire de Franck, quant à lui, a réellement couru au Monte-Carlo mais a aussi affronté les sables du Maroc. Equipé de son compteur odométrique à rouleaux, elle semble d’attaque et prête à en découdre… sans pour autant sacrifier au confort : véritable coupé 4 places, les fenêtres arrières coulissant même pour rentrer dans la carrosserie (qui a dit que ça faisait penser à une Avantime ?).

La Humber Super Snipe : break royal… à plus d’un titre

La Super Snipe, je ne vais pas m’étendre dessus puisque je vous l’avais déjà présentée dans un article sur le rassemblement mensuel du Prieuré aux Sables d’Olonne. Cependant, histoire de resituer, c’est une auto de 1965 que l’on vous présente ici, probablement la seule et unique LHD à évoluer en France. Propriété de l’importateur officiel Rootes en France, elle arbore encore aujourd’hui le fameux écusson de la RAF dont ledit propriétaire était membre.

NOTA BENE : parce qu’un break ne saurait aller sans sa berline, Franck dispose aussi d’un exemplaire qui n’attend que sa restauration… ou sa revente, le temps lui manquant.

La Sunbeam Alpine : appelez la Bond…

Elle aurait pu figurer comme un hommage à ce monstre sacré du cinéma que fut l’écossais qui donna ses lettres de noblesses à James Bond : Sir Sean Connery.

En effet, ceux qui ont quelques souvenirs de James Bond contre Dr No reconnaîtront comme “Bond car” une Alpine Series II, le groupe Rootes démontrant alors son implication sur le sol britannique. Son modèle originel, l’Alpine mk1 fut aussi le carrosse d’une certaine Grâce Kelly, mais l’on s’écarte du sujet tant les modèles n’ont rien à voir : sur la photo ci-dessous, à gauche l’auto de La main au collet, à droite celle de l’agent secret.

L’Alpine Series, c’est l’archétype d’une logique de groupe : une auto produite à partir de pièces venant d’un peu toutes les marques du groupe Rootes… on trouve donc une base de Hillman Husky chaussée de trains issus de la Sunbeam Rapier (qu’on a évoqué plus haut). Propulsée par un 1500cm³, c’est l’atelier Armonstron Siddeley qui se chargera de l’assemblage (en support de Thomas Harrington, on y reviendra, pour les versions dotées de hardtop).

Le modèle de Franck, c’est une Series II. La principale évolution réside alors dans un moteur un peu gonflé porté à 1600cm³. Il suffit alors de faire le tour du véhicule pour voir que l’auto se situe dans le volet “classe” des roadsters britanniques, dissimulant le diable dans les détails : petit cache mobile devant la serrure, couvre-tonneau fractionnable, etc. une très belle auto qui ne demande qu’à cruiser sur le front de mer sablais !

La Sunbeam Tiger : un constructeur sort ses griffes… mais pas celui auquel vous pensez !

Croyez-moi sur parole, je ne suis pas neuneu au point de faire 2 paragraphes sur 2 autos identiques… on pourrait dire de l’une comme de l’autre qu’elle est le Canada Dry de sa jumelle : la Tiger ressemble à une Alpine, elle a des badges d’Alpine, mais n’est franchement pas une Alpine…

En effet, il faut regarder plus attentivement l’auto ou s’intéresser à ce qui se trouve sous le capot pour découvrir le pot aux roses (ou poteau rose pour les spécialistes en mobilier urbain) : celle qui revêt une parure d’Alpine cache en faite un superbe moteur V8 Ford ! Et quelle ascendance que celle de ce modèle survitaminé… d’abord passé par un certain Caroll Shelby, c’est ensuite la firme britannique Jensen qui reprit les rênes pour passer à l’assemblage. Pour un historique plus complet et détaillé, rdv sur l’article de l’ami Guilhem à relire ici.

Le Commer : une invitation au camping… où tout fleure les sixties

Détour par l’une des plus rares pièces de Franck, quoique la plus dissimulée : le Commer. Eh oui, l’histoire du groupe Rootesc’est aussi l’histoire du Commer : ce camion aura connu la quasi-totalité des déclinaisons possibles d’une plate-forme… une sorte de Renault Mascott avant l’heure ! Et ce modèle est tout équipé, tout y est : depuis le combiné gazinière-frigo-évier jusqu’aux lits suspendus pour les enfants… oui, tout y est, même le fameux tissu orangé avec motifs à carreaux et floraux chers à la période 1960-1970 ! Un joli modèle donc qui fleure bon les vacances, à l’ancienne !

BONUS TRACK : la Sunbeam Harrington Le Mans, comme un parfum d’acte manqué

Rah… cette auto, je pourrais lui dédier des lignes et des lignes sans jamais parvenir tout à fait à faire disparaître ce goût doux-amer qu’elle me laisse. Déjà, parce que le modèle (en général) en lui-même est exceptionnel : conçu, dessiné, retravaillé, réexploiter… pour courir au Mans avec succès. On l’a vu avec l’historique rapide de l’Alpine, son lancement se voit confronté au premier vecteur de notoriété pour cette gamme de véhicule : les titres sportifs.

Et à ce jeu là, les MG, Healey 3000 ou encore Triumph TR2 ont une avance non négligeable. Si l’Alpine se lance à l’assaut de l’épreuve mancelle c’est justement pour se faire un nom. Mais c’est de l’usine de Thomas Harrington, déjà à l’œuvre sur les hard-top des Alpine Série 2, que viendra le salut : il revoit les lignes et composantes “carrosserie” de ladite Alpine, il la hisse alors à la 16ème place en 1961, raflant par la même occasion l’indice de performance. Harrington saisira alors la balle au rebond lorsque Sunbeam se refusera à produire un coupé : est né le coupé Harrington Le Mans.

Mais ensuite et surtout parce que cet exemplaire est encore plus exceptionnel. Propriété initiale de Thomas Harrington himself, Franck s’en était porté acquéreur par coup de cœur. Mais par manque de temps essentiellement et parce qu’il disposait d’un autre coupé Le Mans, celui-ci est resté en “stand-by”. Cherchant une nouvelle auto, je suis alors à mon tour tombé amoureux de cette auto, de son passé, de son histoire… au point d’en organiser la cession avec Franck.

Et c’est ici que l’histoire est belle, après avoir fait un tour minutieux de l’auto, de ces éléments (présents ou absents), Franck n’a pas hésité à me faire part de ces doutes quant à la réalisation de la renaissance que je pensais offrir à la voiture : son honnêteté aura primé sur une vente probable, je me suis rangé à ses arguments… quitte à nourrir des regrets, qui ne me sont pas étrangers dans cette affaire, croyez-moi ! Il me semblait donc plus que pertinent de clore ce papier sur cette anecdote, peut-être pourrais-je de nouveau écrire sur cette auto dans quelques années et vous dire que mes regrets ont été effacés !

Portait de collectionneur : Franck ou les Rootes sablaises

Merci de nouveau à Franck et son accueil. Evidemment, et les plus techniciens m’en auront sûrement fait le reproche avant même d’être parvenu à la conclusion de cet article, ceci n’est ni un historique exhaustif ni une encyclopédie du groupe Rootes et de ses branches. Ce n’était bien sûr pas le but, car il s’agirait alors de dédier un article complet à chaque auto présentée.

Cependant, je ne ferais probablement pas le job si je ne vous communiquais pas quelques sources utiles : mission accepted !

Voici donc les liens qui pourraient vous être utiles :

Portait de collectionneur : Franck ou les Rootes sablaises

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6 Commentaires

  1. Bonsoir, je suis toujours étonné quand je vois ces belles automobiles anglaises d’après guerre, de la vitalité et de la créativité des constructeurs anglais qui ont pratiquement tous disparus ou rachetés ; que c’est il passé, ont ils subis comme les grands constructeurs français d’avant guerre, une politique tirant vers le bas et pour une plus grande diffusion en oubliant les marques prestigieuses qui faisaient la renommée de la France, à vous lire.

    • Difficile question en ce qui concerne nos amis outre-Manche et Franck saurait probablement mieux vous répondre que je ne saurais le faire, mais il me semble qu’il faille garder en tête que le haut-de-gamme britannique a connu les mêmes freins et mécanismes que le nôtre : un marché finalement “de niche” et des possibilités d’export relativement limitées. Mais en ce qui concerne le groupe ROOTES, c’est qu’ils ont joué sur plusieurs tableaux : en absorbant un nombre assez considérable de marques, leur “gamme” s’est trouvée très (trop ?) étirée, la rendant assez nébuleuse. Et ce retard pris, ils le traîneront. Leur développement en a donc pâti : comment vendre à l’internationale à partir d’un groupe que peu connaissent et qu’aucun ne comprend vraiment ? Que dire des prix de vente qui souffrent de l’importation pour des véhicules qui peuvent sembler trop rustiques comparés à la concurrence locale (et pas que, des marques comme Austin se trouvant déjà bien implantées) ? Combinez ce frein international à l’auto-asphyxie d’un groupe déséquilibré et malheureusement, la conclusion a finit par s’imposer d’elle-même… et le rachat par Chrysler n’aura finalement eu d’autre air que celui du chant du cygne ! J’espère avoir à peu près répondu à votre question ?

      • merci pour votre réponse, je pense aussi que la stratégie des marques anglaises ont fait qu’ils n’ont pas su ou pu se moderniser et voir à l’exportation et qu’en France, le plan Pons a fait beaucoup de mal à notre haut de gamme, des choix que les Allemands n’ont pas choisi et l’on voit le rapport entre nos automobiles.
        bonne soirée

        • C’est toujours le problème en effet lorsqu’on souhaite aborder, pour une marque, la notion d’export : comprendre que les standards du marché local ne sont pas toujours identiques à leurs homologues… et savoir s’adapter le cas échéant ! Question de pari et de possibilité de refonte aussi : difficile pour une marque à faibles revenus ou à faible “bénéfice marginal” d’investir dans l’innovant… vaste sujet au combien intéressant d’ailleurs !

  2. Bonjour, Rootes après les grèves de 1961 qui ont sérieusement plombé la rentabilité s’est suicidé avec l’Imp. Enormes investissements pour concurrencer en vain la Mini. En France hormis les Alpine/Tiger ce sont l’Imp et la gamme Arrow, Avenger qui ont timidement fait connaître le groupe aux marques pléthoriques mais gamme réduite. Pas sûr que la gamme Minx etc … Loewy aurait pu connaître le succès en Europe avec son style US et ses planches de bord en bois, ses volants de paquebot, toutes choses désuettes au milieu des années 60 face au « modernisme » des Simca 1300/1500, Fiat 1300/1500, Taunus, Opel Olympia, Peugeot 404 et l’arrivée de la R16 en 1965 1 an avant les Arrow.

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