Alors que les Jeux Olympiques de Milan-Cortina se déroulent actuellement et qu’ils se préparent à revenir en France, c’est l’occasion d’ouvrir l’album souvenir pour se replonger dans les années 90. En 1992, Albertville accueille les 16e Jeux Olympiques d’Hiver du 8 au 23 Février. L’organisation est aux petits oignons et les partenaires prestigieux sont au rendez-vous. Parmi eux, Renault, qui ne fait pas que de la pub mais a un vrai rôle à jouer. Une implication qui va se voir jusque dans les concessions.
Le losange véritable acteur des JO d’Albertville
En 1992, cela fait 24 ans que les JO n’ont pas été accueillis en France. En 1924, la France avait eu double dose avec les JO de Paris et les premiers JO d’Hiver à Chamonix. Il avait fallu attendre 1968 pour que les JO ne reviennent en France, à Grenoble en 1968 quand les stars françaises du ski alpin Marielle Goitschel (titrée en slalom) et Jean-Claude Killy (triplé Descente-Géant-Slalom, les trois seules épreuves au programme) se révèlent au grand public.
Justement, Jean-Claude Killy est à l’origine de ces JO de 1992 avec Michel Barnier, président du conseil général de Savoie. Ils lancent l’idée dès 1981 et c’est officiel l’année suivante et en 1986, la sous-préfecture de la Savoie et ses 17.000 habitants sont désignés hôtes des 16e Jeux Olympiques d’Hiver. Le COJO (Comité d’Organisation des JO) se met en place et un budget de 3,176 milliards de francs est établi.

Sur ce budget, on compte évidemment sur les partenaires. Le « Club des Quinze » a un ticket d’entrée à 500.000 francs et regroupe Saint-Gobain, Matra, Péchiney, Club Med’, etc. Mais les plus gros partenaires sont ceux du Club Coubertin avec un chèque établi entre 50 et 70 millions d’euros qui attire d’emblée La Poste et IBM France puis, par la suite le Crédit Lyonnais, la SNCF, France Télécom, Évian, Alcatel, Bis, Yoplait, Thomson, AGF et, donc, Renault.
La logistique en Renault
Albertville est une petite ville. Qui plus est, les JO d’hiver doivent composer avec des équipements sportifs souvent dispersés. Le Village Olympique est officiellement situé à Brides-les-Bains, près des stations de Méribel et Courchevel mais il y a 11 autres sites sur lesquels se déroulent les 57 épreuves. Il va donc falloir déplacer les 1801 athlètes venus de 64 nations. Pour cela, Renault va mettre le paquet.

Pas moins de 1500 véhicules sont fournis au COJO. Blancs et frappés d’un slogan « Vive le Sport » ainsi que des logos de Renault et des JO, ils vont être conduits par plus de 1000 collaborateurs de la marque. Ces véhicules sont variés. Toute la gamme Renault n’est pas utilisée puisque les modèles en fin de carrière sont mis de côté. On retrouve la Clio, la R19, la R21 et la R25 avant de passer aux plus gros porteurs avec l’Espace, le Master et le bus FR1 tandis que les Traffic et Express seront utilisés pour la stricte logistique entre les sites.


Note originale : le Jeep Cherokee, alors vendu par Renault en France est également de la partie ! Autre note originale : toutes ces voitures sont immatriculées XX JO 73 !
Ces voitures très particulières sont souvent repassées dans le réseau… en étant débarrassées de leurs signes distinctifs. Rares sont celles comme cette Clio qui commence à être bien célèbre, à avoir conservé leurs peintures de guerre. D’ailleurs, on les confond souvent avec d’autres Renault blanches qui n’ont pourtant rien à voir !
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Les Renault Olympique 92 : du blanc en concession
La confusion ? Elle est logique car Renault n’a pas fait que montrer ses modèles aux athlètes. L’appartenance au Club Coubertin a permis à Renault d’en faire des caisses autour de son partenariat avec les JO. Dès 1990, les pubs, les plaquettes publicitaires, les catalogues, des voitures, des utilitaires, des camions et des bus, arborent le logo officiel des JO, un drapeau savoyard transformé en flamme olympique. Les publicité télé ? Elles peuvent utiliser la musique officielle des Jeux, composée par Philippe d’Aram.
Comment ça se traduit en concession ? Avec du blanc, et on s’y prend tôt. Dès 1990 on propose des séries limitées qui fleurent bon la neige. Ce sont les R25 qui deviennent Méribel avec un peu d’équipement en plus en série limitée avant de devenir Courchevel de façon permanente. La R19 se fait Dynamic avec un jonc bleu et une sellerie spécifique. L’Espace génération 2 ? Il est dévoilé à la presse à Albertville et à Courchevel.
Mais c’est surtout la série des « Olympique 92 » qui marque les esprits. Cette série limitée couvre plusieurs modèles, la plupart du temps dans leurs finitions haut de gamme, et elle est lancée en Novembre 1991 afin de pousser les « 20 Jours Olympiques » du réseau (du 18 Novembre au 7 Décembre). Cette opération « d’animation commerciale » propose aussi de gagner l’une des Clio de la série.


Cette Clio, comme les autres autos, se distingue du reste de la gamme. La couleur ? Un blanc Glacier 389 quand il est disponible dans le nuancier. Néanmoins cela ne distingue pas vraiment les voitures quand 20% des voitures sont vendues en blanc ! La Clio est la seule à recevoir des enjoliveurs blancs mais toutes les autres voitures sont équipées de jantes alliage blanc. Extérieurement on ajoute une sérigraphie avec un skieur sur les flancs et un autocollant Albertville 92 (au lieu de Olympique 92) à l’arrière. On complète avec un intérieur en cuir gris et passepoil bleu, un lecteur CD, bref, c’est le grand luxe !
Quelles voitures sont au programme ? D’abord la Clio, déjà le best-seller de la marque, qui est proposée à 1800 exemplaires avec comme base la RT et son moteur 1.7 de 92ch. Suit la R19, une TXI avec le 1.7 de 107ch produite à 500 exemplaires. On monte en gamme avec 300 Renault 21 (TXI 2 litres, 140ch) et autant de R25 avec la même motorisation (ce sera d’ailleurs la dernière série limitée de l’auto dont la production s’arrête durant les JO). On ajoute ensuite 100 Espace avec le V6 PRV de 2.8 litres et 153ch et l’originale Cherokee qui est proposé avec son 6 cylindres de 189ch… à seulement 49 exemplaires.





C’est peu ? C’est tout de même plus que l’Alpine A610. En fait ces sportives sont vraiment à part puisqu’elles sont créées pour être des voitures « COJO » destinées à transporter les VIP ultimes des Jeux. La voiture est alors la plus exclusive de la marque, de par ses chiffres commerciaux aussi, et on doit même aller piocher dans le nuancier des GTA pour récupérer le Blanc Gardénia 303 et l’habiller. Deux voitures seront réalisées, là, on ne cherchait pas à les vendre mais les placer sur les plaquettes publicitaires !



Les Renault « Olympique 92 » de nos jours
Ces séries très limitées sont désormais très recherchées. Les Clio sont plus courantes, et encore, et recherchées ne serait-ce que pour leur équipement intérieur. Une Olympique 92 permet d’augmenter un peu la cote, surtout que nombre de ces autos ont été bien conservées par des collectionneurs qui ont eu le nez creux.



Certaines sont plus que rares, notamment le Cherokee quasiment introuvable. Les Alpine ? L’une a été proposée à la vente par Artcurial au Peninsula le mois dernier et elle a atteint 97.744€ sous le marteau !
Pour ce qui est des COJO, c’est encore plus rare puisqu’elles ne devraient même plus exister avec ces autocollants ! La Clio est une des rares autos à circuler encore (avec une autre plaque pour ceux qui se posent la question) et on peut la croiser de Lohéac (où ont été prises les photos) à Epoqu’Auto.
Maintenant, on peut aussi se projeter dans le futur. Les JO d’Hiver reviennent en France, dans les Alpes, lors de la prochaine édition en 2030. Est-ce qu’un constructeur français tentera sa chance en tant que partenaire ? Rien n’est moins sûr !
Source principale : Youngtimers
Photos : Osenat, Artcurial





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