Dossier : Les Rallyes VHC de la FFSA ont la cote : papy boom !

Depuis quelques années, les annexes historiques se multiplient sur les épreuves de la FFSA tandis que certaines deviennent exclusivement « histo ». Tentons un début d’explication à cet engouement pour les Rallyes VHC.

Constat : les chiffres parlent !

Bonnétable dans la Sarthe le 13 Juillet dernier. 13 autos sont au départ de la 9ème édition du « Rallye Le Mans VHC ». Chiffre en légère progression (+1) par rapport à 2018… mais multiplié par deux par rapports aux années précédentes où, comme sur beaucoup d’épreuves, les listes VHC peinaient à dépasser les 5 partants.

En effet, chiffres à l’appui, on constate que la moyenne des partants dans les catégories historiques ont bondis de 70% tandis que le nombre d’épreuves a augmenté. Bien sûr ce chiffre masque des disparité entre les épreuves de grande notoriété (Tour Auto, Tour de Corse), les régions ou le vivier est important et certaines zones ou le VHC est encore balbutiant. Mais l’on observera que globalement les « défilés à 5 partants voir moins » ont quasi disparus… alors qu’auparavant ils composaient la grosse moitié de la saison.

Année201920182017201620152014
Partants72797913281251862851
Nombres d’épreuves33791141075959
Moyenne de partants22.0312.3911.6411.6914.6114.42

Les Rallyes VHC : entre effet de mode et coup de projecteur

Si la fédé avait fait une première tentative pour faire décoller les rallyes historiques en calquant le calendrier du championnat de France VHC sur celui du championnat « moderne », le premier vrai moteur sera la création de la Coupe de France VHC. Sur un principe grosso-modo similaire là encore à la coupe moderne on établit d’abord un classement par comité, puis on court une grande finale nationale où tout se joue. Ainsi certains « chasseurs de points » se sont pris au jeu et ont commencé à sortir de leur région…

Effet de mode aussi. Le «vintage» et le «revival» ont le vent en poupe et certains l’ont bien compris en surfant habilement sur la vague. Aussi bien côté organisateurs que préparateurs ou revendeurs de pièces. Cette tendance qui a fait revenir sous nos yeux des autos des années 70, 80, voir maintenant 90, est aussi de mise en sport auto. Certains reviennent ainsi à leurs premiers amours ou s’offrent l’auto (inaccessible alors) qui les a fait rêver à leurs débuts.

Ces autos des années 80/90 justement, celles qui, en moderne, souffraient de la comparaison rapport au matériel plus récent. Si la Renault 5 GT Turbo ne luttait pas à armes égales avec une Mitsu Evo 9 en groupe N, elle retrouve le haut des feuilles de temps en VHC. Il en va de même pour les plus célèbres BMW M3, Lancia Delta ou encore Ford Sierra Cosworth 4×4. Et oui, depuis quelques années la FFSA a ouvert les épreuves VHC aux véhicules périodes J1 (1982-1985) d’abord, puis J2 (1986-1990) : nos fameuses « youngtimers ». Là sera l’élément déclencheur de cette hausse du nombre de partants sur les annexes historiques.

Tout n’est pas rose pour autant dans les Rallyes VHC

Oh bien sur chaque médaille a son revers. Les Pilotes de «grosses » Porsche Groupe 4 ont fort toussé à l’arrivé de ces autos, voyant leurs places menacées. Beaucoup d’encre a coulé à ce sujet. “Est-ce la place d’une M3 ou d’une Sierra en historique ?” Mais c’est l’évolution naturelle des choses. Ces 911 SC ou Renault 5 Turbo n’ont-elles pas détrôné les Alpines 1300, Lotus Elan ou encore Mini Cooper des premières places… à l’époque déjà ?!

Autre revers : l’inflation des prix du matériel. Auparavant, vous trouviez une « 5 GT » en groupe N pour moins de 5000€, avec son lot de pièces et ses roues montées par dessus le marché. Si elles ne faisaient que figuration par rapport aux grosses japonaises dans sa classe N4, elle avait cependant le mérite d’être peu chère et de permettre à un débutant de se mettre le pied à l’étrier… aujourd’hui son prix aura doublé !

En effet, elle sera plus recherché puisque le VH lui a ouvert une porte dans laquelle beaucoup veulent s’engouffrer, et l’auto est devenue peu courante. La loi de l’offre et la demande comme on dit… Idem pour les Golf , 205 GTI et autres « petites sportives »… elles suivent petit à petit le chemin qu’ont pris les « vraies » alias R8 Gordini ou Mini Cooper. Cela nous amène à un parallèle sur le dossier des populaires : certaines seront peu chères… mais pas longtemps.

Pour conclure

En conclusion on ne peut que se féliciter de cette belle progression des rallyes VHC. Si notre chère FFSA émet parfois des décisions qui laissent perplexe dans le milieu, force est de constater qu’elle a vue juste avec la Coupe et les J2. Je vois certains attendre déjà les Clio I et les 306 : soyez très (mais alors très) patients, vue le tollé de l’admission des J2 et surtout la boite de Pandore que représente les VK (variantes kit), la FFSA n’est pas prêt d’ouvrir la porte de sitôt…

Nota : Dans les comptes, j’ai mis volontairement de coté les « régularités » et les « cartographiques » car leur réglementation est différentes. Mais ils sont aussi en plein boum car plus libéraux et moins onéreux sur certains aspects. Pour les data, je me suis référé à la base de donnée ewrc-results.com.

Elvis Bacq
Rédacteur-photographe à News d'Anciennes
Passionné de Rallyes et de Voitures anciennes, Elvis photographie tout ce qui roule et n'hésite pas à en faire profiter les lecteurs de plusieurs sites.
Il a rejoint News d'Anciennes à l'été 2018.

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