Des carrosseries allemandes aux sièges baquets, de Reutter Carosserie à Recaro

Personne ne m’a demandé de faire cet article, mais cela fait quelques mois qu’il me trotte dans la tête. En me baladant dans les allées du salon de Cologne, reportage à lire ici, je tombe sur le stand de la Reutter Carrosserie. Un stand qu’on retrouve sur tous les salons allemand et qui vend surtout des vêtements, alors qu’on s’attendrait à y trouver des Porsche 356… Mais surtout un prospectus a attiré mon attention. Une simple mention éveillait ma curiosité : on pouvait y lire REutter CAROsserie, l’origine donc de Recaro.

La Karosseriewerk Reutter

Des débuts à la guerre

En 1906, Willhem Reutter crée la Karosseriewerk Reutter, littéralement, fabrique de carrosserie Reutter. Rejoint par son frère en 1909, ils déposent cette année là un brevet de capote articulée. Le principe est plutôt similaire à ce qu’on trouvera sur la plupart des cabriolets à capote souple et articulée.

Après la première guerre mondiale, Reutter est un pendant allemand des Labourdette, Saoutchik et autres Guilloré que l’on a en France. Les châssis et mécaniques sont de toutes les provenances. BMW, Daimler, Benz, Horch ou Maybach font appel à la Karosseriewerk Reuttere. Mais des châssis étrangers passent aussi entre leurs mains. On trouve ainsi l’existence de Bugatti, Chrysler ou Fiat carrossées par Reutter.

A la fin des années 30, on retrouve l’entreprise impliquée dans plusieurs projets de plus grande ampleur. Le premier, c’est la carrosserie des Wanderer W24 commandée par Auto-Union et qui voit le jour en 1937. Cette collaboration rapproche Reutter de Porsche. Ce dernier étudie les Volkswagen. Et c’est précisément l’usine de Zuffenhausen de Reutter qui produira les prototypes à partir de 1938.


Après-guerre : intimement lié à Porsche

Au sortir de la guerre, la Reutter Carosserie Werke resserre encore ses liens avec Porsche. C’est Reutter qui fabriquera les carrosseries des Porsche 356. Quand la marque revient d’Autriche, elle loue une partie des ateliers de Zuffenhausen à Reutter. La voiture est un succès et les ateliers de Stuttgart sont parfois trop petits pour la demande. Certains speedster ont ainsi été carrossés chez Drauz. Quand Porsche libère la place en 1953, toute la production est faite à Zuffenhausen. Ce sont 78.000 Porsche 356 qui sortiront des ateliers de la Reutter Carrosserie.

Pour voir notre essai de la Porsche 356, c’est ici.

Les commandes de Zuffenhausen sont majoritaires, et si certains autres projets sont menés en parallèle, ils sont plus rares. On notera par exemple des cabriolets sur base BMW 501 ou DS19.

A la fin des années 50, Reutter et Porsche travaillent ensemble sur le projet T8, qui deviendra 901 et puis la mythique 911. L’auto sortira en 1963. Cette année là, Porsche rachète les ateliers de Zuffenhausen à l’entreprise devenue RECARO. Cette dernière continue en son nom propre en étant spécialisée dans les sièges de voitures.

RECARO devient le spécialiste du siège

Tandis que les ateliers assemblent les carrosseries de Porsche 911, RECARO sort en 1965 un nouveau siège. Il joue sur des mousses placées sur les côtés du siège pour améliorer le maintien latéral. En 1974, c’est le premier baquet d’une seule pièce, une seule coquille qui est lancé, il va devenir une référence et équiper une multitude de voitures de sport et de course… dont nombre de Porsche.

On signalera quand même que RECARO a diversifié ses activités, toujours dans le siège évidemment. On retrouve ainsi leurs produits dans de très nombreux avions, mais aussi en siège autos pour les plus jeunes enfants, et même en poussette !



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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

4 commentaires sur “Des carrosseries allemandes aux sièges baquets, de Reutter Carosserie à Recaro”

  1. Merci pour cet article. Je ne connaissais pas l’origine ni du nom, ni des sièges Recaro. J’ai pourtant dû être un pionnier à en bénéficier en France lorsque j’ai acheté neuve, importée d’Allemagne chez Valette à Paris, ma première Porsche 911S Targa “splint windows” à carburateurs de couleur Jaune Bahamas avec des sièges Recaro noirs cuir et velours si je me souviens bien. La particularité de ces sièges n’était pas que de présenter des bourrelets latéraux de maintien mais de permettre une allonge réglable au niveau des cuisses.Je mourrai donc moins bête grâce à vous. J’adore vos comptes-rendus et les photos qui vont avec.

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