Guide Pratique pour vivre un excellent Goodwood Revival

Dans moins de 6 semaines les vacances et la trêve estivale seront loin derrière nous, la rentrée des classes sera faite avec la longue liste de courses pour de grands cahiers petits carreaux à spirale moyenne introuvables, mais surtout le week-end du 9 au 11 Septembre sera chargé en événements automobiles. Il y aura bien sûr le Concours d’Elégance de Chantilly par Peter Auto près de notre chère capitale, et en même temps de l’autre côté de la Manche, à une poignée d’heure de route et nage le Goodwood Revival ! Difficile de faire un choix, je vous l’accorde, mais pour moi ce week-end sera définitivement britannique : impossible de ne pas résister à l’incroyable voyage dans le temps que propose le Goodwood Road and Racing Club tous les ans depuis 1998.

Y étant allé à quelques reprises ces dernières années, les sollicitations de la part des copains souhaitant s’y rendre ne sont pas rares. Benjamin a ainsi eu la bonne idée de me demander de rédiger ces quelques lignes pour partager les bons tuyaux et ainsi optimiser au mieux votre expérience Revival. Si pour cette 20ème édition c’est peut-être un peu tard, il est temps de penser dès maintenant à celle de 2018 ! En tout cas, si il faut encore vous convaincre, voici les différents reportages réalisés au fil des ans.

Combien de temps rester sur place ?

La réponse est simple, aussi longtemps que possible, c’est-à-dire les 3 jours que durent l’événement, idéalement en arrivant dans le région le jeudi soir, pour en repartir le dimanche soir ou mieux le lundi matin. C’est grand, c’est beau, c’est magique, faites durer l’expérience aussi longtemps que possible sous peine de rester sur votre faim.

Les précieux sésames !

Chaque année le Goodwood Revival se déroule à guichets fermés, car pour ne pas gâcher la fête avec une fréquentation trop importante, Lord March préfère limiter le nombre de spectateurs journaliers tout en augmentant, peu à peu, le nombre de places en tribunes. Aussi, si vous êtes certains d’y aller, ne manquez pas les premiers jours d’ouverture de la billetterie, généralement début Novembre. Il est d’ailleurs possible de s’inscrire sur le site du GRRC pour recevoir une alerte par email à l’ouverture, et les billets mettant quelques semaines à arriver cela permet de faire un joli paquet sous le sapin de Noël.

Si vous avez déjà regardé la billetterie en ligne, le choix est vaste avec toutes sortes de package, combo et autres à des tarifs très divers. L’idéal, à mes yeux, est de prendre un accès « general admission » pour les trois jours et d’y ajouter une place en tribune (Grandstand) pour le samedi. On reviendra plus tard sur une suggestion d’emploi du temps, mais la multitude de choses à voir combinée aux tarifs élevés pour les tribunes peuvent justifier ce choix. Pour les tribunes, un des meilleurs spots est sans conteste celles situées dans le virage de Woodcote et juste avant la Chicane, ce sont logiquement les plus prisées, ne traînez donc pas.


Où dormir ?

Un autre point sur lequel il ne faut pas traîner et essayer d’anticiper dès les dates connues (et votre décision d’y aller) : trouver un logement ! La région du Sussex est sublime, verdoyante et campagnarde. C’est agréable quand on s’y promène, un peu moins lorsque l’on chercher un lit pour le week-end d’un événement regroupant plus de 150.000 personnes…

Tout est bon pour trouver : Bed&Breakfast, Hotel, Pub ou Airbnb pour ceux qui veulent un vrai lit. En commençant à chercher vous verrez qu’à proximité de Goodwood tout est complet d’année en année pour les dates clés (Members Meeting, FOS et Revival), il ne faut pas hésiter à élargir la recherche soit après Chichester du coté de la côte sud, de Worthing à Portsmouth en passant par l’incontournable Bognor Regis, soit plus dans les terres en remontant vers le Nord. N’ayez pas peur d’être à 45 min du circuit pour dormir, les trajets le soir et le matin font partie de l’ambiance avec des voitures anciennes absolument partout, des pubs décorés avec des gens en tenue d’époque, le Revival contamine toute la région pour le plus grand plaisir de tous. Les anglais sont passionnés de voitures anciennes et le partagent très bien.

Pour les plus roots il y a bien sûr la possibilité de camper, soit sur le campsite officiel du circuit, à l’extérieur des parkings visiteurs avec bien évidement des sanitaires en nombre. L’ambiance semble ultra festive, un peu comme au milieu des anglais aux 24h du Mans, les voitures d’avant-guerre côtoient les supercars et camping-cars ultra modernes, mais un point non négligeable reste la météo.

Petit rappel, nous sommes en Septembre, au sud de l’Angleterre : attendez-vous donc à rencontrer durant ces 3 jours au moins quelques minutes de chacune des 4 saisons. Il y aura forcément une ou plusieurs averses, il y a forcément pendant un moment du vent très frais avec le soleil voilé, enfin il y aura forcément un court moment avec un soleil vif et piquant, généralement celui pendant lequel sont faites les photos de pitgirls en minijupes et des aviateurs lunettes de soleil sur le nez 🙂

Comment aller à Goodwood ?

Vous savez désormais combien de temps vous restez, où vous dormez et vous avez vos billets. Mais avez-vous déjà décidé comment y aller ?

Evidemment le temps disponible avant et après ainsi que votre localisation de départ peut influencer sur votre choix. Depuis quelques éditions des transports en commun, en vieux bus, sont organisés matin et soir depuis les principales gares de Londres, une option super sympa si vous venez en Eurostar mais un peu contraignante une fois sur place puisque vous êtes à pied. L’autre option pas forcément plus coûteuse en réservant tôt à l’avance est un petit coup d’avion (British Airways n’est pas plus cher qu’Easyjet plusieurs semaines à l’avance) puis une voiture de loc. La région de Goodwood est à moins de 2 heures de conduite du mauvais côté de la route des principaux aéroports londoniens, le plus proche étant Gatwick déjà bien au sud et évitant une traversée périlleuse des alentours de la capitale.

Enfin, dernière option qui promet des vacances complètes est de venir en voiture, ancienne ou moderne. La route depuis Douvres si vous êtes plutôt bateau ou Folkestone si vous êtes plutôt Shuttle par la côte Sud de l’Angleterre est magnifique. On alterne vues sur la Manche et traversées de petits villages typiques le tout entrecoupé de collines verdoyantes (oui pas de sécheresse en UK). En bonus, plus on se rapproche de la région de Goodwood plus le nombre de voitures anciennes augmente, tant sur les parkings de pub, devant les stations-services qu’en circulation, un vrai régal. Effectivement le petit bémol reste la conduite de l’autre côté de la route, cela nécessite un peu plus d’attention et génère un peu plus de fatigue, mais cette balade d’environ 200 km vaut vraiment le coup !

Et on s’habille comment ?

Vous avez pu le constater sur les photos de l’événement, les spectateurs participent grandement à l’ambiance en jouant le jeu de la tenue d’époque. On retrouve de toute les époques jusqu’à la fin des années 60 même si quelques hippies, probablement en avance sur leur temps, arrivent à se glisser dans la foule. Les femmes rivalisent d’élégance tandis que les hommes se répartissent entre militaires, mécanos et nœud-pap’ / cravate.

N’allez pas non plus investir dans un costard à carreaux Gucci pour l’occasion, n’oubliez pas que tout se passe en extérieur, dans l’herbe voire la boue lorsque la pluie persiste. Du coup Emmaüs ou une friperie équivalente pourra vous donner une bonne opportunité de « déguisement » à moindre coût. Pour les plus last minute d’entre vous, chaque petit village anglais offre au moins un charity shop qui pourra vous dépanner.

Coté chaussures pensez confort avant look, en évitant quand même les Nike orange, car vous allez faire des kilomètres dans le week-end ! Mais s’il vous plait faites l’effort de jouer le jeu, vous verrez que l’expérience est encore plus intense lorsque l’on fait partie du décor, et les gens « modernes » sont tellement peu nombreux que ce sont finalement eux qui se font remarquer.


Une fois sur place, où aller, que voir ?

Concernant l’emploi du temps sur les 3 jours de la manifestation, les choses à voir sont tellement nombreuses qu’il vaut mieux essayer de se construire un plan de bataille. Le programme détaillé des courses et autres démonstrations est en ligne sur le site officiel bien avant l’événement, sous réserve de modifications mineures bien-sûr. Il permet de voir les grandes lignes du week-end et les incontournables. Ainsi, selon vos préférences vous pouvez caler les horaires des courses que vous ne voulez pas manquer.

Les courses

Pour moi la première du week-end, le Kinkara Trophy du vendredi soir finissant à la tombée de la nuit, les 2 courses du St Mary’s Trophy et le RAC TT du dimanche en début d’après-midi sont véritablement les immanquables… mais toutes les autres sont tout aussi passionnantes, animées et regroupant voitures et pilotes de légende.
Si vous ne savez pas encore quel plateau regroupe quoi, tous les détails sont là. Bref difficile de ne pas vouloir toutes les regarder, mais il y a tant à voir et à faire autour de la piste.

Les parkings

En premier lieu la zone « Over the road », de l’autre côté de la route donc, entre les parkings et l’enceinte du circuit. On y retrouve le parking pour les voitures d’avant 1971, regorgeant souvent de trésors, une fête foraine d’époque bien évidement, plusieurs food-courts regroupant de quoi rassasier petits et grands quelles que soient les préférences de chacun. Il y a également l’espace dédié à la vente aux enchères Bonhams et surtout des dizaines et dizaines de stands, de vendeurs de pièces et d’accessoires, de voitures, d’outillage, des coiffeurs et barbiers pour parfaire votre look et même quelques stands officiels des marques dont Caterham, Jaguar Land-Rover Classic et bien d’autres.

Dans l’enceinte

Une fois de l’autre coté la route, on peut rentrer dans l’enceinte du circuit et là aussi les sources de distractions sont multiples. A commencer par les nombreuses allées du Revival Market où l’on retrouve de très nombreux stands automobilia proposant livres, accessoires, peintures, vêtements ou encore des stands officiels comme Michelin, Porsche, Shell,… bref de quoi passer plusieurs heures à se faufiler d’un stand à l’autre.

Si on progresse un peu plus loin sans se laisser attirer par un nouvel espace de restauration, nourriture hein pas voiture ancienne, deux options s’offrent à nous : passer sous la ligne droite par un des 2 tunnels piétons et découvrir l’inflied, soit continuer autour du circuit. Le tour du circuit vous permettra de rejoindre l’une des nombreuses zones spectateurs, bien souvent agrémentées d’un écran géant pour suivre la course et ne rien manquer de l’action, mais aussi quelques animations agricoles tout au fond du circuit et encore quelques zones de food court. Un service de navette, d’élégantes remorques accrochés à des tracteurs d’avant 1966, comme tout ce qui se trouve dans le circuit, vous soulagera pour les longues transhumances d’un bout à l’autre du circuit.

Au centre du circuit

A l’intérieur du circuit on retrouve l’ensemble des paddocks, en grande partie accessibles à tous. Seule la partie juste derrière les stands est réservé aux happy fews, mais il y a largement de quoi se satisfaire avec le reste ! Quelques boutiques dont les officielles GRRC, un autre barbier et coiffeur, des food court, des vendeurs de glaces, de thé ou de champagne, non franchement il y a tout ce qu’il faut. Un peu plus loin, juste avant la partie aviation, on pourra découvrir des bâtiments « en dur », ceux des garages Rolls et Mini et le bâtiment central Earl’s Court qui propose un salon de l’auto. Le salon mêle une expo thématique centrale et des stands constructeur tout autour partageant modèle 2017 et modèle ancien. Un bon endroit pour se réchauffer ou rester au sec le temps d’une averse, d’autant que bien souvent les modèles exposés valent le détour !

Ensuite, en continuant d’avancer on traverse à nouveau quelques paddocks pour déboucher sur le Freddie March Spirit of Aviation, qui comme son nom l’indique regroupe un panel d’avions assez impressionant ! Et n’allez pas croire que l’expo est statique puisque les démonstrations en vol se succèdent plusieurs fois par jour entre les courses. Pour un amateur d’aviation c’est un endroit incroyable dans lequel il risque de passer plusieurs heures. Mention spéciale à la démonstration de combats du vendredi soir durant laquelle 2 Sptifire se livrent à des acrobaties réellement spectaculaires à bord de ces légendes.

Une dernière suggestion ?

Avant de conclure ce (looong) recueil d’infos, une dernière suggestion sur le planning du week-end. Si le samedi doit être centré sur l’action en piste, profitez du vendredi pour faire tous les à-côtés, il y a un peu moins de monde et ça vous plonge dans l’ambiance en attendant la première course du soir. Si vous n’avez pas tout vu, vous pourrez compléter le dimanche entre 2 courses vous passionnant un peu moins. Enfin sachez que si le circuit ferme ses portes environ 30 min après la dernière course, toute la zone Over the road reste en activité jusque 22h00-22h30. Le soir la musique et la bière permettront de prolonger un peu la fête, si par contre vous voulez aller manger dans un pub des villages aux alentours, ne traînez pas trop car les cuisines ferment tôt et les réservations sont nombreuses.

En espérant que ces quelques lignes vous aident à profiter au mieux du Revival, et au plaisir de se croiser là-bas, au milieu des 150.000 personnes présentes sur le week-end. Je serai facile à reconnaitre, une veste en tweed, une cravate et un béret…
Enjoy the magical step back in the past !


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Ambroise

D’habitude à l’oeuvre sur AutomotivPress où il rédige les articles concernant les automobiles anciennes.

Spécialiste es Goodwood, il nous y a déjà emmené plus d’une fois !


3 commentaires sur “Guide Pratique pour vivre un excellent Goodwood Revival”

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