La Moynet LM75, l’aéro pour la performance

Marc mise la Moynet LM75 dans ses coups de cœur de Le Mans Classic, pour lui c’était la plus belle auto sur la piste. Il est vrai que cette belle auto se faisait remarquer sur la piste, mais son histoire est tout aussi remarquable !

André Moynet, as de chasse, pilote et ministre !

Derrière la Moynet LM75 il y a André Moynet. Cet homme, né en 1921 se distingue en tant qu’engagé volontaire pendant la seconde guerre mondiale. Il est pilote de planeur, puis de chasse. Incorporé à l’escadrille Normandie-Niemen qui combat sur le front russe. Il est crédité de 6 victoires. A la fin du conflit, il reçoit de multiples distinctions militaires et intègre l’armée.

En 1953 il commence une nouvelle carrière, celle de pilote automobile. Pilote de DB, il participe aux 12h de Sebring avec Cook (abandon), aux 12h de Hyères avec Bayol (7e), aux 24h du Mans (17e) et deux abandons aux 12h de Reims et au GP de Caen.
En 1954, il est engagé sur une Gordini aux 24h du Mans, mais c’est un nouvel abandon.

A l’automne, il est secrétaire d’état à la Jeunesse. Parallèlement il est toujours pilote d’avion, c’est lui qui copilote la Caravelle lors de son premier vol.

Toujours sur DB, il fera 38e aux 1000km du Nürburgring en 1961, 10e au GP de Rouen et 19e au Mans.

André Moynet le constructeur

En 1968, il est PDG des Etablissements Saint-Chamond Granat à Courbevoie, une société qui produit des équipements pour l’aviation. Il recrute alors Jacques Hubert, ancien de chez Bonnet et ils conçoivent une auto pour les 24h du Mans.

Ils utilisent une base de Costin-Nathan. Pour en savoir plus sur cette auto, on lui a dédié un article complet, visible ici. Le moteur est un Simca 1204 cm³, un bloc Poissy, issu de la Simca 1200S. Accouplé à une boîte Renault, il propulse une belle auto, très aérodynamique.
La Moynet XS68 fait le 48e temps aux essais avec Max et Ligonnet, et va abandonner au bout de la 3e heure.

Naissance de la Moynet LM75

On prépare une voiture pour 1970 mais elle ne sera pas admise.

C’est donc en 1975 qu’on revoit une voiture Moynet au Mans. Construite sous la supervision de Robert Pellegrino, la Moynet LM75 reprend la forme de carrosserie de la XS68. C’est une petite auto, 3.45m de long, 1.57m de large, 0.98m de haut.

Côté moteur, c’est encore vers Poissy qu’on se tourne. Le moteur est un 2L Simca Chrysler de la coupe Simca Shell préparé par JRD pour sortir 220ch. On accole le tout à une boîte Porsche à 5 rapports.

Le tout ne pèse que 675 kg et la vitesse de pointe, grâce à un cx de 0.20 la Moynet LM75 atteindra 270 km/h dans les hunaudières. Si on ne vise aucune victoire au général, c’est en classe 2L que les ambitions sont fortes.

La Moynet LM75 aux 24h du Mans 1975

Pour les 24h du Mans 1975, on va trouver deux partenaires principaux. La Moynet LM75 est ainsi habillée des couleurs de Esso qui lui donnent ses belles couleurs bleu-blanc-rouge. Michelin et Marchal apportent aussi leur soutien.

Côté équipage, on veut marquer le coup pour l’année de la femme. Les pilotes seront trois femmes, Marianne Hoepfner, Christine Dacremont et Michèle Mouton.

La voiture se qualifie 46e en 4:34.400. La voiture n’a pas vraiment connu de galop d’essai et les problèmes commencent après seulement une heure et demi de course. Au milieu de la nuit, c’est plus grave, le compte-tour a rendu l’âme.
La Moynet LM75 va pourtant continuer sa course grâce au talent de ses trois pilotes. Les trois femmes vont rouler à l’oreille.
Et elles vont bien le faire. André Moynet croit la course terminée, il n’est plus dans le stand quand un membre du staff vient le chercher. Les filles ont doublé la Lola T292 et la Moynet LM75 est en tête de sa catégorie !

La voiture va finir loin des vainqueurs, à 67 tours de la Mirage GR8 du J. W. Automotive Engineering (l’histoire de ce team ici). Avec la 21e place au général, la voiture gagne la catégorie des moins de 2L !

Un engagement était prévu pour 1976 mais la voiture ne sera pas admise.

La Moynet LM75 de nos jours

La voiture a longtemps été exposée au musée automobile de Mougins en 2008. La famille Moynet, toujours propriétaire de la voiture après le décès d’André en 1993, décide de vendre la voiture.

Totalement restaurée, elle apparaît depuis dans divers championnat, V de V, Le Mans Classic 2012 puis 2016 et probablement de la Sport Proto Cup prochainement.

Photos : News d’Anciennes, Club Moynet et Classic Driver / Atelier 46

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