Le Mans Classic 2016, c’était fou !

Est-ce que le c’est la température estivale qui a rendu ce Le Mans Classic 2016 si particulier ? Probablement, le beau temps a beaucoup fait pour cette manifestation sublime. Et pour le reste, on s’en est remis à une énorme concentration de voitures exceptionnelles et au talent (ou à son absence) pour assurer le spectacle.

On va vous livrer toute la semaine une série d’articles. On commence avec celui-ci qui a un objectif : vous donner une idée globale de ce Le Mans Classic 2016. C’est parti.

Autour de la piste, on ne sait pas où donner de la tête à Le Mans Classic 2016

On commence par la partie en dehors de la piste. Ce n’est pas pour autant que les anciennes sont absentes ! D’ailleurs on en voit dès les camping de ce Le Mans Classic 2016, celui du Houx en particulier, qui accueille la plupart des équipes des participants.

Ensuite on rentre par le Bugatti. Le « petit » circuit du Mans accueille lui l’exposition des clubs. Il y en a pour tous les goûts. Le club Porsche est encore une fois venu en très très grand nombre et rassemble plus de 1000 voitures, principalement le Samedi et le Dimanche, le Vendredi étant plus calme, à tous points de vue et ce n’est pas plus mal.

Sur le reste du circuit sont installés les autres clubs, certains sont très fournis et très impressionnants, par exemple le club Ford GT40, avec de très nombreuses autos. Les généralistes ont aussi fait le plein, la perspective de rouler sur le grand circuit sur des plages dédiées a certainement aidé.

Au bout de cet espace club, un vaste espace d’Alpines, avec le dernier concept exposé, mais aussi quelques Porsche échappées de leur Musée, qu’on avait visité, c’est visible ici, et la grande tente d’Artcurial.
La maison de vente aux enchères parisienne profite de ce Le Mans Classic 2016 pour organiser une superbe vente. La Ferrari 250 GT SWB est d’ailleurs adjugée à plus de 7 millions d’euros… Mais non vendue. On en reparle dans un article visible en cliquant ici.

Derrière, un espace assez peu visité si ce n’est pas sur votre chemin, une exposition sur la Nationale 7 qui rassemble de nombreux véhicules et qui reconstitue un vrai petit embouteillage !

On enchaîne avec les paddocks. Si l’accès est aisé le vendredi, pour le reste du week-end, il faut montrer patte blanche, sous forme d’un accès, payant sur son pass. Petit bémol de la chose : elle attire désormais tellement de monde, que les équipes ont du mal à tourner autour de leurs autos, et que les spectateurs ont difficilement accès aux autos. Pour les « stars » Ford GT40 ou encore la Ferrari 250 LM, on attendra pour prendre les photos.
Par contre pour les Groupe C, dommage, elles se sont cachées dans les paddocks plutôt que dans leur grande tente…

L’activité dans les stands est aussi à observer. Pour cela deux solution, soit ne pas avoir peur du vertige en se mettant au dessus, soit dans les tribunes en face.

Direction ensuite l’énorme Village. Pêle mêle on y trouve des artistes, beaucoup sont déjà passés dans nos morceaux d’art du Samedi, des exposants vendeurs de pièces, (dont nos copains de Classic Auto Elec) de vêtements, d’accessoires, de livres, de miniatures, des restaurateurs de véhicules anciens, bref tout pour les amateurs de voitures anciennes. Ça tombe bien, c’en est rempli !

Sur le haut du village, on retrouve la superbe exposition Le Mans Héritage Club, qui présente une sélection de véhicule ayant participé aux 24h du Mans à toutes époques. Une constante, les voitures sont superbement préservées. On note d’ailleurs la présence de deux des trois Inaltera, qu’on vous présentait vendredi, la troisième étant sur la piste !

Autres expositions, celles des constructeurs que sont BMW et Alfa Romeo / Fiat, qui présentaient de superbes modèles ou encore celle de la FFVE, avec les transporteurs de voitures de course, superbe. On retrouve le camion Ferrari que l’on voit souvent à Retromobile et le célèbre camion de l’Écurie Ecosse avec sa Type D.

Ensuite, un village vintage avec barbier, coiffeur, salle d’arcade, bref un endroit où le dress code (pas du tout respecté, les français ne seront certainement jamais prêts pour ça) vous met tout de suite dans l’ambiance. Enfin, le haut du Bugatti est investi par le traditionnel Drive-In et un mur de la mort où les motard casse cou se donne en spectacle.

Côté affluence, si on est « tranquilles » vendredi, le samedi et le dimanche, tout est plus rempli. La circulation est plus difficile sur les routes intérieures qui permettent notamment aux concurrents de rejoindre les stands, et qui permettent aux navette de circuler. Idem du côté des tribunes, elles sont bien remplies en après-midi, mais bien plus clairsemées le matin et aux heures des repas. Et les spectateurs ont tort, car à Le Mans Classic 2016, le spectacle a été constant !

Sur la piste de Le Mans Classic 2016

Parce que c’est bien ça, l’attraction principale de Le Mans Classic 2016, la piste. C’est le centre de l’événement et les spectateurs ne s’y trompent pas. Tout passage hors piste, toute touchette, tout dépassement est salué par des clameurs dans les tribunes ou des applaudissements. On va vous montrer tous les plateaux, pour les résultats, ils font l’objet d’autres articles, visibles en cliquant ici.

On commence par deux plateaux un peu en dehors des classements de Le Mans Classic 2016, mais qui ne font pas tâche pour autant. Le premier, presque le plateau le plus attendu au Mans, c’est le Groupe C Racing. Les gloires de 1982 à 1992 sont présentes en nombre. Si 48 voitures étaient engagées, « seulement » 42 sont effectivement sur la piste mancelle, l’absence des Jaguar étant la plus notable…
Les autos sont capricieuses et quand on voit l’armée que chaque team doit mobiliser pour seulement en démarrer une, on comprend le peu de roulage d’une Sauber-Mercedes, l’absence en course de la Lancia LC2 ou encore l’abandon, alors qu’il était en tête de la Nissan R90 CK. Du coup les solides et rapides Porsche 962 se montrent sous leur meilleur jour.

Autre plateau en dehors, c’est celui des Jaguar où les moteurs Xk font la loi, les Jaguar Type D se battant avec des Type C, des Type E et quelques XK. Pas le plus attendu ni le plus impressionnant, mais au moins on ne ratera pas ces autos… de toute façon engagées dans d’autres plateaux en complément.

Viennent ensuite les plateaux qui seront vraiment primés sur ce Le Mans Classic 2016. On commence avec le plateau 1, les vénérables ancêtres, celles qui ont fait les 24h du Mans sur la piste du Mans, quand le goudron n’était qu’une vague idée. Certaines courent même avec leur capote, qui devait alors tenir toute la course, c’était dans le règlement. Les autos sont de vrais paquebot du bitume que les pilotes doivent agripper fermement pour pouvoir les emmener correctement, y compris en glisse.
Bonus, les voitures ont eu droit à un départ « Type Le Mans ». En fait, c’est une simulation, qui ne sert pas à donner le départ. Les voitures sont ensuite regroupées derrière le Safety Car et la course est un « classique » départ lancé. Les Talbot, Aston Martin et Lagonda sont alors lâchées, les Bentley et autres Lorraine Dietrich à leur poursuite.

Le plateau 2 regroupait les autos de l’après guerre. On y retrouve des Porsche 356 en grand nombre, des Jaguar Type C et Type D, des Maserati, des Lancia, encore des Aston Martin et même quelques Ferrari, bien rares. Des Austin Healey, des Morgan, des Lotus XI et quelques autos plus originales comme des Callista, DB HBR, Morreti ou Allard permettent à ce plateau d’offrir quand même une belle diversité. Par contre niveau trajectoire, on a de tout, des autos qui évitent de prendre la meilleure pour ne pas se faire rentrer dedans, des amateurs des grandes glisses, et des pilotes beaucoup plus… amateurs !

Le plateau 3 est lui dominé par une grosse bataille entre Jaguar Type D, Maserati Birdcage et les Tojeiro Jaguar. Là on entre dans une autre dimension, les voitures sont bien plus rapides, le bruit est énorme, en particulier sur les Lister. Les attaques sont nombreuses, le plateau est un peu plus homogène.
En tout cas, on a du spectacle et ça va vite, la tôle froissée n’est, semble-t-il, pas un problème.

Le plateau 4 regroupe des habitués, les plateaux que l’on voit animer le Tour Auto chaque année. Les pilotes se connaissent bien et ça bataille en piste. D’ordinaire on voit se battre une mêlée de Shelby Cobra avec des Jaguar Type E, les Ford GT40 se joignant de temps en temps à la bataille.
Là les grandes lignes droites mancelles donnent un net avantage aux mythiques américaines. Il n’est pas rare de voir quatre GT40 devant. Les Type E ne peuvent pas faire parler leur « agilité ». Un peu plus loin viennent les Porsche 904, les Morgan et les Porsche 911 mais aussi les petites Alpine M63 et M65.
C’est le dernier plateau à avoir droit à un départ type Le Mans, les autres plateaux ne l’ayant pas connu même à l’époque.

Dans le plateau 5, Le Mans Classic ressemble déjà plus aux 24h du Mans actuelles. Les Porsche 911 sont là pour jouer le rôle des GT, accompagnées de Chevrolet Corvette, de Chevron et une Ligier JS1. Sa sœur Ligier JS2 est également de la partie, aux avants postes et devant on retrouve des voiture que l’on a pas l’habitude de voir deux Porsche 917.
Par contre elles se battent avec les Lola T70 MkIII que l’on voit beaucoup plus, notamment au Grand Prix de l’Age d’Or où seuls des abandons peuvent les empêcher de gagner. Derrière on trouve beaucoup de Lola, plus petites, accompagnées de Chevron, de Porsche 906 ou d’une Alpine A220. Bonus, la Costin Nathan avec sa cellule centrale en bois dont on vous parlait déjà hier.

Dans le plateau 6, ce sont les autos les plus récentes. On retrouve avec bonheur deux Gulf Mirage qui ont fait le bonheur du J. W. Automotive Engineering dont on vous a déjà parlé dans cet article. Là aussi les Porsche 911 sont nombreuses, même si en fait, il n’y a pas que des Porsche 911. Au programme, 911 en GT, à côte de Ferrari 512 BB LM ou de BMW 3.0 CSL, mais aussi des Lancia Beta Gr V. Non, du côté Porsche on trouve surtout, aux avant poste, des Porsche 935, très impressionnantes à la réaccélération. Et tout devant, une Porsche 936, seule, et qui tient tête à des autos de conception plus récente, Lola, Chevron, TOJ, etc… On notera enfin la participation de Pescarolo et Beltoise (fils) sur une Inaltera dont on vous parlait tout récemment.
Dans ce plateau ci, le son est impressionnant, avec en point d’orgue, le seul V12 Matra engagé, celui d’une Matra MS 660, toujours un régal au milieu des sons rauques des autres autos. Enfin on notera que beaucoup de voiture crachaient des flammes, et pour le spectacle de nuit, c’était royal !

Voilà, globalement, ce qu’il y avait à dire de ce Le Mans Classic 2016. Peter Auto nous a sorti une très belle édition, et a provoqué la chance puisque aucune pluie n’a pointé son nez de tout le week-end.
Définitivement, le Mans Classic reste la manifestation à faire en France, un immanquable qu’il faut essayer.

D’autres articles sont à venir, vous ne raterez rien avec de très très nombreuses photos.

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11 réflexions au sujet de « Le Mans Classic 2016, c’était fou ! »

  1. Bon résumé, en effet beaucoup de monde sous un soleil de plomb, c’est un bel événement mais l’organisateur doit tenir compte de quelques dysfonctionnements :

    1- Dommage que le dress-code ne soit pas plus suivi malgré les demandes, annonces, pancartes (comme à Goodwood revival), à commencer par l’organisation Peter Auto qui devrait donner l’exemple avec ses propres personnels, mais aussi le demander aux exposants, tarverniers, boutiques, constructeurs auto, sponsors. Ceux qui font des efforts sont bien seuls… On ne change pas l’envie du campeur aux slaps Arena-chaussettes de tennis et Marcel-à-trous Short Ricard de changer de tenue d’un coup si c’est cette tenue qui est majoritairement rencontrée ; SOLUTION : Donner l’exemple ou favoriser (incentive en anglais) ceux qui sont costumés par un réduction d’entrée (ça motive sauf l’organisateur) ou bien des goodies à l’entrée, créer des évents pour les piétons…

    2- Dire au commentateur qui occupe 98,2% du temps dans un haut parleur plastique modèle 72 révisée 78 qu’on entend rien et qui nous fatigue à ne rien dire. SOLUTION : louer les services d’ingénieurs du son qui savent pallier aux problèmes d’échos (ça c’est pour l’ACO) ou bien laisser le bruit de moteur nous bercer parce que les commentaires étaient (comment dire) inutiles.

    3- Apprendre la cartographie au type qui dessine les plans et les pancartes : c’est mal fait et c’est dommage, on loupe des zones avec des trésors. (ah oui l’appli mobile sur fond noir c’est pas très visible au soleil). SOLUTION, prendre une bonne agence….

    4- Quand on dit aux clubs qu’ils vont faire 3 tours de piste (bon c’est bien mais c’est le péage le plus cher au km que j’ai emprunté….) c’est pas 2,2 et prévenir au type qui conduit la pace-car que le radar des Hunaudières est désactivé pendant la course, il peut appuyer un peu, je le rattrape avec une voiture de 50 ans.

    • On espère que le message est passé.
      Pour le dress-code, je persiste, on est en France, le mec mettra une chemise s’il y a une réduc, mais gardera son short et embêtera le vigile !

      Pour la sono, j’avoue que ça dépendait beaucoup des tribunes et des plateaux. Dans la tribune 23, à part les Gr5 et Gr6, on l’entendait bien…

    • Tout a fait d’accord ! Le dress code a été bien ignoré par nombre de visiteurs pour lesquels le ridicule le disputait à la vulgarité (torses nus, vêtements en mauvais état, shirts et tee shirts de plage,etc… ) alors que d’autres avaient fait un bel efforts de costumes impeccables. et je regrette, on n’a pas plus chaud en pantalon avec une chemise, et en plus, on ne prend pas de coup de soleil !
      Le commentateur était parfois agaçant et le son : insupportable, mais bon, il faut bien expliquer certaines choses.
      Les pancartes… un vrai jeu de piste, mais l’orga s’en sort tout de même pas mal, : je n’ai jamais fait demi-tour autrement que parce que je regardais ailleurs au moment de passer devant…
      Enfin : les tours de piste du vendredi matin confinent à l’arnaque, je suis resté en 3 sur 5 vitesses avec à peine 200cv…

  2. Merci pour ces belles photos
    En effet pas mal de gens se sont plaind du pace car qui faisait bouchon, peut etre pour eviter d eventuelles sorties de piste qui retarderaient l agenda…
    Concernant le dress code je vous trouve durs, je bossais a l entree du garage vert et je trouve que beaucoup jouaient le jeu. Je bosse aussi pour les autres evenements au Mans alors peut etre ne suis je pas objectif car aux 24h il n y a pas de dress code, loin de la….. Le personnel de Peter etait habille de haut en bas en Alain Figaret donc je ne les estime pas criticables vestimentairelent parlant…
    Mais la solution de Bob pour inciter au dress code est bonne
    Je rejoins Raph, on est tres bien en pantalon et chemise…
    Vous etes aussi un peu dure avec les hauts parleur 🙂

    C etait quand meme une belle fete ensoleillee

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