Rencontre avec François Allain, présentateur de Vintage Mecanic

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Rencontre avec François Allain, présentateur de Vintage Mecanic
Vincenthttp://autodantanmag.canalblog.com/
Etudiant et passionné d'automobiles , il commence en 2011 en écrivant "Auto d'Antan", une revue amateur sur les voitures anciennes. Trois ans plus tard il se lance sur la blogosphère puis rejoint l'équipe de News d'Anciennes en 2016 . Il partage la route avec sa Motobécane N40T et de son Vélosolex 3800.

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Début février, Benjamin s’entretenait avec François Allain pour parler de la première partie de la Saison 6 de l’émission Vintage Mecanic, diffusée sur RMC Découverte. À quelques jours de la diffusion de nouveaux épisodes (dès Jeudi soir), j’ai posé quelques questions à François sur sa passion et ses projets à venir.

Origines Bretonnes

Nous sommes à Larmor Plage, sur la Pointe des Blagueurs face à Port-Louis, près de Lorient. Ce n’est pas un lieu choisi au hasard. En effet, François Allain a passé une grande partie de son enfance en Bretagne.

François Allain :
On avait une maison familiale dans le Morbihan à la Trinité-Sur-Mer. C’est là que j’ai tous mes souvenirs de gamin et d’adolescent : les cours de voile, la plage, puis les boîtes de nuits… C’est donc un lieu qui m’est très cher. Malheureusement je ne peux pas revenir aussi souvent que je le souhaiterais.

Quand j’ai acheté ma première Méhari (NDLA : François Allain a écrit deux livres sur ce modèle), ça n’avait aucun intérêt de rouler avec dans Paris. Alors à chaque fois que je venais en Bretagne, mon bonheur c’était d’ouvrir le garage, de débâcher la Méhari et de rouler sur la côte.

Du Modélisme au Journalisme Automobile

News d’Anciennes : Justement, venons-en aux anciennes, quel est ton premier souvenir motorisé ?

François Allain :
En fait, je suis devenu passionné un peu par accident. Mon père travaillait dans le ferroviaire. Quand on était petit on avait un train électrique à la maison. Dès que j’avais trois francs six sous, j’allais acheter des wagons ou de nouvelles locomotives.

Le transport, c’est la liberté. Cet univers m’a toujours plu. J’ai toujours adoré l’aviation, le maritime, le ferroviaire, l’auto, la moto… J’étais tellement impatient de pouvoir conduire qu’à 13 ans, je me suis fait choper par un gendarme au guidon d’un Solex. Je comptais les jours avant de pouvoir passer le permis.

News d’Anciennes : Quelle a été ta première voiture ?

François Allain :
A la fac, je n’avais pas les moyens d’acheter une 205 GTI. Alors pour ma première voiture je me suis rabattu sur un modèle plus modeste, un peu ancien et au look déjà vintage : une Peugeot 204 Coupé. À l’époque on en trouvait en bon état et pour pas cher. C’était une voiture qui avait déjà une dégaine rétro à la fin des années 80. Une sorte de Youngtimer de l’époque.

News d’Anciennes : Comment en es-tu venu à la télévision ?

François Allain :
J’ai débuté le journalisme automobile en 1989. Comme tout le monde, j’ai été pigiste pendant des années. J’ai commencé par la presse écrite, avant de dévier petit à petit vers la télévision en 1998. En parallèle, j’ai fait pas mal d’édition, en tant qu’auteur, puis comme éditeur. Tous ces médias sont complémentaires. Cela reste le même métier sous des formats différents : auteur, historien, journaliste…

Aujourd’hui, j’ai la chance de faire ce qui me plait. C’est un privilège que j’ai attendu longtemps, et tous les jours je me dis que j’ai une chance extraordinaire de vivre de cette passion.

Ce que je fais maintenant dans Vintage Mecanic, c’est plus un métier de chef d’orchestre et de comédien. Outre mon rôle de présentateur, je maintiens le côté journalistique. Je participe à l’élaboration de l’émission, l’écriture, trouver les modèles, réfléchir à ce qu’on peut en faire et en dire.

Je passe aussi du temps à m’occuper des réseaux sociaux et à être présent dans les manifestations. J’estime qu’il est essentiel d’échanger avec les passionnés.

L’émission Vintage Mecanic

La Transmission de Passion

News d’Anciennes : Quel est le rôle de l’émission ?

François Allain :
Le but de Vintage Mecanic, c’est de donner envie au public de rentrer dans le monde du véhicule de collection et de la restauration, quel que soit le niveau.

Mon rôle de présentateur c’est d’être cette courroie de transmission. Comme dans toutes ces émissions, parfois je mets le bleu et je joue les débutants. J’essaie d’expliquer aux néophytes que certaines opérations sont tout à fait accessibles en leur montrant des astuces à faire soi-même.

Sur les salons, je suis parfois interpellé par des spectateurs de l’émission. Ils m’expliquent qu’après avoir regardé Vintage Mecanic, ils ont ressorti la deudeuch du grand-père qui était au fond de la grange depuis 30 ans. Ils l’ont redémarrée et restaurée petit à petit. À ce moment là, c’est gagné ! Car ces gens-là vont rentrer dans des clubs, acheter de la pièce détachée, faire travailler des artisans mais aussi acheter des magazines spécialisés.

Quand je travaillais pour des revues spécialisées, il s’en vendaient parfois péniblement 10.000 exemplaires par mois. Lorsque sur une émission on touche 700.000 téléspectateurs en une heure, c’est magique ! Il faut prendre la télévision pour ce qu’elle offre. Son impact est gigantesque. Alors pourquoi se priver ? Si ce média peut permettre de démocratiser la passion des anciennes alors c’est génial !

Enfin, l’émission consiste aussi à mettre en avant le savoir-faire des artisans. Quand on restaure une ancienne, il y a parfois des travaux qu’il vaut mieux confier à des professionnels. C’est pour cela qu’il est important de montrer les coulisses d’un atelier de restauration.

News d’Anciennes : Comment renouveler l’émission après 6 saisons ?

François Allain :
L’émission présente des projets qui vont de la simple remise en route, à la reconstruction complète. Certains chantiers peuvent durer des mois. C’est souvent frustrant de devoir résumer tant de travail en 65 minutes, et encore on a allongé cette durée. Il faut trouver le bon équilibre entre trop simple et trop compliqué pour que le public ne s’ennuie pas. Même si on ne peut pas plaire à tout le monde.

Côté sujets, on fait varier les époques et les budgets d’un épisode à l’autre. Evidemment, le fil conducteur reste l’Automobile, mais pas exclusivement.

C’est d’ailleurs l’émission sur le tracteur qui a fait notre meilleure audience. On a découvert que le machinisme agricole fascinait le public. Cela montre qu’il ne regarde plus en fonction des modèles appréciés mais parce qu’il a envie de passer un bon moment en découvrant de nouvelles choses. On est sur RMC Découverte.

L’épisode de la 2CV Rétrofit

News d’Anciennes : Que réponds-tu aux détracteurs du rétrofit ?

François Allain :
Pour ce sujet, j’avais prévenu mon équipe que le rétrofit allait faire polémique (NDLA : le rétrofit consiste à remplacer le moteur thermique d’un véhicule ancien par une motorisation électrique). La plupart de ses détracteurs ne connaissaient pas les tenants et les aboutissants du sujet. Ils étaient restés bloqués sur un apriori que je peux parfaitement comprendre.

Je suis avant tout un journaliste et mon rôle est d’informer. Dans certains cas de figures, le rétrofit est une nécessité, comme pour une utilisation professionnelle en ZFE. Si un commerçant veut continuer à rouler avec un look rétro, il ne pourra parfois plus le faire dans une 2CV authentique.

Dans Vintage Mecanic, on ne dit pas de passer votre ancienne à l’électrique. On présente des faits. Il y a une multitude de solutions dont celle-ci.

On est les premiers a avoir traité le sujet avec un documentaire complet de plus d’une heure. Maintenant le public sait de quoi il parle, qu’il soit pour ou contre le rétrofit.

Le programme

News d’Anciennes : Quels sont les véhicules à venir pour cette fin de saison 6 dans Vintage Mecanic ?

François Allain : Tout d’abord, on retrouvera un Range Rover de 1970. C’est notre premier 4×4 dans l’émission. Ce ne sera pas une restauration à l’origine mais plus dans l’esprit off-road. Ensuite, il y aura un grand classique avec la Ferrari 308 GTB. On retrouvera aussi une Austin Healey 3000, une référence des cabriolets anglais.

Puis un épisode portera sur une Ford GPA de 1943. Un véhicule amphibie de la Seconde Guerre Mondiale qui a nécessité le chantier le plus long de la saison 6 de Vintage Mecanic. C’est une mécanique très simple mais la coque était abîmée et a demandé un travail titanesque de restauration.

Mon épisode préféré sera sur la NSU Ro80, une voiture surprenante et méconnue. C’est aussi notre premier épisode sur le moteur à piston rotatif. Une technologie incroyable abandonnée par la plupart des constructeurs. Ce qui m’a le plus touché c’est que l’émission se passe au Garac, l’école Nationale des Professions de l’Automobile. Cette transmission du savoir-faire entre générations est essentielle pour notre passion. La conclusion de cet épisode est elle aussi très belle.

Enfin, l’ultime véhicule à passer entre les mains de Vintage Mecanic sera la Peugeot 204 Coupé Groupe 4. Une automobile sacrée vice championne de France des Rallyes en 1976 et 1977 avec à son volant Dominique Restellini et Jean Louis Forest. C’est avec cette Peugeot 204 et son restaurateur Nicolas Guenneteau que je participerai au Tour Auto 2021. J’en suis très heureux car c’est une voiture que j’affectionne et parce que c’est une voiture populaire française.

Tour Auto 2021

On a déjà vu François Allain au Tour Auto en Citroën 2CV, en Traction puis en GS avec Stéphane Ruaud. La Citroën GS automobile produite en Bretagne dans l’usine de Rennes La Janais, comme un clin d’œil à son pays de cœur. La prochaine aventure de François sera donc en Peugeot 204.

News d’Anciennes : Au regard de ces choix, est-ce que tu as une préférence pour les voitures populaires ?

François Allain : Comme beaucoup de monde, je suis amoureux des voitures de mon enfance. Quand j’était petit parisien, je voyais beaucoup de petites voitures dans la Capitale : Fiat 500, Austin Mini, Autobianchi… Ce sont des automobiles qui me parlent et que j’ai eu envie d’avoir.

J’aime aussi les Ferrari des années 60, mais pas besoin d’en avoir une pour se faire plaisir. Parler de voitures populaires, c’est ma façon d’inciter celles et ceux qui ne sont pas dans la voiture de collection, à sauter le pas avec des voitures abordables.

A l’inverse, je connais aussi des passionnés qui roulent en Coccinelle dans lesquelles ils ont mis des sommes parfois surprenantes. On peut alors se demander pourquoi mettre autant d’argent dans une voiture populaire ? Parce que c’est une madeleine de Proust. Quand on est amoureux d’une voiture, on ne compte pas toujours par rapport à la valeur du marché. On compte par rapport à ses moyens bien évidemment, mais aussi par rapport à son envie. Ce que beaucoup oublient lorsqu’une personne dépense de l’argent dans une voiture, c’est que ça ne regarde qu’elle et que cela fait aussi travailler des artisans français.

Le problème de nos émissions de télévision, c’est cette histoire de valeur de marché. Ce n’est pas ça le plus important car c’est de l’emballage télévisuel. Ce qui compte c’est la restauration de la voiture. C’est ça le cœur de l’émission. On donne des notions de coûts pour que le public se rende compte du prix d’une pièce ou de la valeur du travail d’un carrossier.

Quand on fait soi-même, cela ne coûte pas cher parce qu’on ne compte pas la main d’œuvre. C’est un détail que beaucoup oublient. En confiant une ancienne à un artisan, cela a un prix. Il y a d’abord un savoir-faire, des compétences, une maîtrise mais aussi des outils, des frais de fonctionnement et surtout des emplois. C’est ce qu’on essaie de valoriser avec Vintage Mecanic.

Ne manquez pas la prochaine diffusion des nouveaux Vintage Mecanic le jeudi 6 mai 2021 sur la chaîne RMC Découverte.

Crédits photos complémentaires : Vintage Mecanic, RMC Découverte et François Allain.

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