Rencontre avec Grégory Galiffi, présentateur de Direct Auto

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Rencontre avec Grégory Galiffi, présentateur de Direct Auto
Vincenthttp://autodantanmag.canalblog.com/
Etudiant et passionné d'automobiles , il commence en 2011 en écrivant "Auto d'Antan", une revue amateur sur les voitures anciennes. Trois ans plus tard il se lance sur la blogosphère puis rejoint l'équipe de News d'Anciennes en 2016 . Il partage la route avec sa Motobécane N40T et de son Vélosolex 3800.

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Il y a une semaine j’assistais au tournage de l’émission de télévision Direct Auto sur la Côte d’Emeraude en Bretagne. Après une journée riche en rencontres et découvertes, j’en profitais pour poser quelques questions à Grégory Galiffi, le présentateur du programme automobile.

L’origine d’une passion

News d’Anciennes. : Comment est née ta passion pour l’Automobile ?

Grégory Galiffi : Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours aimé ça. C’est une histoire de famille, mon père a toujours acheté des voitures populaires à tendance sportive. Comme il est d’origine italienne, on a eu beaucoup de voitures italiennes : Fiat 131 Abarth, Alfa Romeo Berlina 2.0, Alfa Romeo Giulietta 2.0 Super, Alfa Romeo 155 2.0 16S, Alfa Romeo 156, Alfa Romeo 75 Turbo… Il en a eu un paquet.

Mes oncles aussi roulaient avec des voitures sympas. Du côté de ma mère ce sont plutôt des BMistes : M3 e30, M3 e36, 325 IS E30, 2002 Ti… J’ai grandi là-dedans : avec un papa et mes oncles qui aimaient les bagnoles. Le dimanche, il y avait la confrontation entre italiennes et allemandes. Quand on est gamin et bercé là-dedans, ça laisse des traces.

N.A. : Quelle a été ta première ancienne ?

Grégory Galiffi : C’était une Alfa Giulia Nova 1300 Super de 1977. J’avais 20 ans et j’étais à la Fac. On avait quasiment le même âge. A l’époque où mes camarades roulaient en 205 et en Clio, j’arrivais avec une dégaine différente du voisin.

L’Alfa Romeo Giulia c’est LA berline populaire et sportive. La première du genre. Les berlines sportives existaient déjà, comme la Jaguar Mk2 mais c’étaient des voitures luxueuses. C’est Alfa qui démocratisa la sportivité aux familles. Si on fait la comparaison avec les BMW de l’époque, elles avaient aussi un moteur avec une boîte 5 et quatre freins à disques mais seulement 10 à 12 ans plus tard. C’est pour ça que j’adore cette voiture et parce que c’est aussi une voiture extraordinaire à rouler !

En 1963, la Giulia termine 4ème au Tour de France Automobile. Avec son moteur 4 cylindres de 1600, elle était derrière les Ferrari 250 GT et GTO !

J’aime son style improbable de boîte à chaussures. Pourtant, c’est une des premières voitures dont le dessin a été étudié en soufflerie. C’est pour cela que le pavillon et le capot présentent des formes concaves. Malgré son physique carré, elle avait en 1962 un CX de 0,34, là où une Porsche 911 de l’époque affichait un CX de 0,42…

L’émission Direct Auto

N.A. : En 2021, l’émission Direct Auto fête sa 15ème saison. Comment devient-on présentateur télé ?

Grégory Galiffi. : Comme tout le monde, j’ai commencé en réalisant des piges. Avec le temps je me suis créé un réseau. Ça s’est fait petit à petit, mais avec toujours la passion et l’envie de partager.

Quelques années plus tard, j’ai créé Direct Auto. J’ai voulu faire une émission qui me donne envie de la regarder, sans pour autant faire un clone de Turbo ou d’Automoto, qui étaient les émissions historiques et de référence. D’une part parce que l’on n’avait pas les mêmes moyens qu’eux, mais aussi parce que l’on n’aurait été qu’une copie. On a donc créé un style. Direct Auto n’est pas généraliste mais pas non plus élitistes. J’aime reprendre l’esprit anglais : « drive tastefully ». Rouler avec élégance, peu importe le prix.

N.A. : Quel est l’essai qui t’a le plus marqué ?

Grégory Galiffi : L’un des meilleurs, c’était un comparatif entre une Citroën AX Sport et une Peugeot 205 Rallye. Au volant de la 205, j’était comme un dingue. Pendant 6 mois, j’ai écumé les annonces sur Le bon coin et eBay pour en trouver une belle. Impossible, sinon à prix d’or. J’ai pris autant de plaisir à essayer cette 205 Rallye qu’une Aventador SVJ de 700 ch. Le plaisir automobile ne se mesure pas à la puissance sous le capot.

N.A. : Comment se portent les audiences ?

Grégory Galiffi : Les audiences sont excellentes, la Covid-19 nous a peut-être un peu aidé parce que les gens sont plus à la maison. Par rapport à nos concurrents, notre public est un peu plus jeune et féminin. Même si on ne va pas se mentir, les émissions automobiles intéressent principalement un public masculin. Nous sommes souvent dans le top 3 national sur notre cible, avec des pointes à 300.000 foyers. Plutôt pas mal pour un samedi matin !

N.A. : Qu’est-ce qui a changé sur les tournages avec la Covid-19 ?

Grégory Galiffi : C’est un peu plus compliqué en termes de logistique. On ne part quasiment plus à l’étranger. Avant cela représentait 50 % des tournages. Au niveau de la création, il a fallu se remettre en question. On arrive encore à tirer notre épingle du jeu car la France est un terrain de jeu incroyable. On trouve l’évasion à côté de chez nous ! Aujourd’hui on est en Bretagne, la semaine dernière j’étais en Auvergne, dans 15 jours on sera en Côte d’Or et en Bourgogne. En France, on a la chance d’avoir des paysages riches et variés.

Je suis un amoureux de la France. J’aime ce côté pluriel, cette diversité : quand on est en Bretagne, on n’est pas en Auvergne, on est pas en Alsace, et les trois sont très beaux !

Il y a des passionnés partout. La France est un pays autophile quoi que veulent nous faire croire la plupart des politiques. Concernant la passion automobile, il y a un fossé entre ce que l’on nous dit et la réalité. Et heureusement !

N.A. : Qu’est-ce qui te passionne le plus quand tu traites un sujet ?

Grégory Galiffi : L’Automobile, ce n’est pas monolithique. J’aime tous les styles de voitures. Mais ce que je trouve le plus intéressant par-dessus tout, ce sont les personnes qui ont travaillé sur chaque modèle.

Par exemple, Renault avait tenté quelque chose de nouveau avec la Twingo. C’était une voiture intelligente, abordable, spacieuse, mignonne et fiable. Ils avaient inventé un truc mais ne l’ont malheureusement pas fait perdurer…

De temps en temps certains constructeurs ont des coups de génie. Comme pour le coupé Bertone des années 60 chez Alfa Romeo. Si Alfa avait eu le nez, ils auraient continué la production de ce modèle. La Porsche 911 classique et le coupé Bertone sont deux voitures avec des lignes différentes mais extrêmement pures. Ce sont deux dessins extraordinaires qui ne vieillissent pas. Si Alfa avait gardé le modèle en le modernisant comme Porsche l’a fait avec la 911, ils le vendraient encore aujourd’hui.

Je suis pour l’entretien de la passion et la sauvegarde du patrimoine. Quelle que soit la voiture. Je peux aussi bien m’extasier devant une Mazda MX-5 que devant une Renault 5 orange des années 70. Encore deux automobiles populaires et au combien emblématiques !

N.A. : Qu’est-ce qui te passionne le plus dans les anciennes ?

Grégory Galiffi : Je fais essentiellement ce métier pour la découverte et les rencontres. La passion automobile est transfrontalière, transgénérationnelle. Elle casse les barrières sociales entre les groupes. Presque seules les voitures anciennes permettent ça.

Je croise des personnes vraiment extraordinaires. Je sais certes analyser une voiture dans son comportement et j’ai une bonne culture automobile. Mais je ne sais pas démonter un moteur, le refaire, le préparer pour en faire un avion de chasse. Ce savoir-faire là me fascine. La voiture ancienne est un patrimoine qui fait vivre des gens. Ma contribution à ça, c’est de les mettre en avant via la télévision et je l’espère, de créer des vocations.

En route pour le Tour Auto pour Grégory Galiffi

N.A. : Nous t’avons déjà croisé plusieurs fois au Tour Auto Optic 2000, quelle a été ta meilleure compagne pour cette épreuve ?

Grégory Galiffi : En effet, j’ai participé à plusieurs TAO. L’année dernière j’étais en Ford Mustang, mais l’auto la plus mémorable reste la petite Peugeot 104 orange que j’ai conduit en 2019. On l’appelait “Mandarine”. Au TAO, je n’ai jamais eu de voiture qui attirait autant la sympathie. Pendant une semaine, j’ai rencontré une foule de personnes qui me racontait leurs souvenirs avec cette attachante voiture. C’étaient des moments magiques. J’aime ces voitures qui parlent tant aux gens.

N.A. : Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans cette épreuve ?

Le TAO est une vraie course pour ses participants et malheureusement, cela va trop vite. De temps en temps on aimerait s’arrêter et contempler les paysages et les belles routes de France. On se dit que l’on reviendra, mais malheureusement on n’en a jamais vraiment le temps. Malgré cette lutte contre le chrono, j’essaie de discuter un maximum avec les personnes sur le bord des routes.

Parfois j’aime regarder passer les autres concurrents. Une voiture c’est beau quand ça roule. C’est comme un vêtement sur un mannequin statique ou sur une jolie femme, c’est pas la même chose.

N.A. : Quelle sera ta voiture pour l’édition 2021 ?

Grégory Galiffi : J’ai choisi de rouler en Golf GTI car c’est une autre voiture populaire. Peter Auto a été réceptif à notre demande et on a une dérogation pour rouler avec la Golf. Elle sera dans sa couleur d’origine : Rouge Mars.

En 1981, elle n’a pas gagné au général (elle se classe 17e) mais elle termine 1ère en Gr1 et Gr2. En 2021, ce seront donc les 40 ans de ce doublé.

La Ferrari 250 châssis court est peut être l’une des plus belles voitures du siècle, mais la Golf GTI parle beaucoup plus aux gens. C’est ce qui me plaît avec le Tour Auto. Tu peux avoir des voitures extrêmement élitistes et de temps en temps tu vois passer une Citroën Traction ou une GS.

La Golf GTI appartient au phénomène Youngtimers. C’est une porte d’entrée pour les jeunes générations au monde des anciennes. Cette transmission fait parti intégrante de la passion.

La semaine prochaine, je vous emmènerai dans les coulisses de l’émission qui sera diffusée sur la chaîne C8 le samedi 17 avril 2021 à 11h.

Crédits photos complémentaires : Emiliana Georgieva

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