Plateaux relevés pour le Concours d’Elégance d’Ecully 2026 (69)

Publié le par Fabien

Plateaux relevés pour le Concours d’Elégance d’Ecully 2026 (69)

Ce n’est que sa seconde édition, mais le Concours d’Élegance d’Ecully en automobile d’époque donne l’impression de beaucoup plus de maturité tant l’organisation est millimétrée. Cette année, les trois plateaux regroupaient chacun 10 voitures que le jury a dû départager. Et malgré l’absence de soleil cette année, et quelques faibles ondées, le défilé devant la mairie d’Ecully (69) et l’exposition au Château du Vivier qui a suivi l’après-midi se sont déroulés sans accroc, et même les décapotables ont pu s’ouvrir aux regards du public.

En bref :
– C’est juste à côté de Lyon que se tenait cette deuxième édition du concours d’élégance d’Ecully.
– Voitures modernes, classiques et anciennes composaient le plateau qui regroupait donc 30 voitures !

Le Club Hervé aux manettes

Hervé de Saint Laumer, fondateur en 1972 et président du Club Hervé, est passionné d’automobiles anciennes. Il est l’instigateur du Concours d’Elégance d’Ecully dont le titre officiel est Concours d’Elégance en Automobile d’Epoque, bien aidé dans la tâche par ses deux vice-présidents, le gentleman driver Alain de Boissieu et Alain Guillaume qui présida le Club des 3A organisateurs du Salon Epoqu’Auto (pour la prochaine édition 2026, c’est par ici).

Et si l’organisation est rigoureuse, c’est tout simplement parce que le Club Hervé n’est certes pas spécialiste des automobiles anciennes ni des concours d’élégance, mais, fort de 12 entités, les trois qui ont leurs sièges à Ecully sont rompues à l’organisation d’événements.

Ainsi, les Club Hervé Activités Ecully, Spectacles Lyon et Entreprise Ecully, ont accompagné et soutenu le projet du Concours d’Elegance d’Ecully. Bien entendu, pour dresser les tables du jury sur son parvis, la Mairie d’Ecully a également été un soutien fort, considérant l’événement comme un moment précieux et fédérateur, contribuant à dynamiser le centre-ville, selon les mots du Maire.

Mais sans autos, point de concours. Et la tâche dévolue à Alain Guillaume, responsable de la sélection et de la présentation des voitures n’a pas été simple ! Pourtant, malgré les désistements de dernière minute, absolument pas liés à la mauvaise volonté des propriétaires mais plutôt à la santé mécanique des belles qui devaient défiler, il a tenu l’objectif de 30 autos… 30 bijoux pourrait-on même dire !

Les règles du Concours d’Elégance d’Ecully

Trois plateaux ont été définis par l’organisation du Concours d’Elégance d’Ecully, en fonction de l’âge des voitures pour être homogènes. Et ces automobiles défilent des plus récentes aux plus anciennes.

Pour le plateau des « modernes« , la plus récente est une Aston Martin V8 Vantage Roadster de 2007. L’année 1972 est la charnière autour de laquelle s’articulent ce plateau et celui des « classiques« , avec une Maserati Indy 4700 qui ferme le premier, et une Alfa Romeo Coupé 2000 Veloce qui ouvre le second. Vient ensuite le plateau des « anciennes« . L’année charnière est 1955 avec une Jaguar XK 140 Cabriolet, et une Lancia Aurelia B20 S pour cette dernière catégorie dont l’automobile la plus ancienne est un mythe de 101 ans : une Bugatti Type 35.

Le jury du Concours d’Elégance d’Ecully a noté les équipages selon trois critères. Deux relatifs à l’automobile et un à l’équipage. Les voitures étaient donc notées sur leurs spécifications, intégrant l’intérêt historique, la rareté et l’origine, d’une part et leur présentation dont l’état général, le design, la couleur et l’authenticité, d’autre part.

Les équipages étaient notés sur la présentation et l’élégance, donc… Et gare au chauffeur qui passerait devant la voiture pour ouvrir la portière passager, il y perdrait quelques points. Car en effet, lors d’un concours d’élégance seuls les chauffeurs de Rolls Royce peuvent passer par l’avant. Et lors du briefing de ce Concours d’Elégance d’Ecully, cela a bien été rappelé.

Le défilé des automobiles d’époque

Les modernes

Outre l’Aston Martin déjà citée, venaient ensuite deux Jaguar sur ce premier plateau du Concours d’Elegance d’Ecully. Une XJ8 Sovereign de 2001, de génération X308, luxueuse version de ce modèle avec son V8 au feulement velouté et, équipée du moteur 4.0 litres, la version XK8 cabriolet, plus sportive.

Toujours venue d’outre-Manche et toujours en V8, une Morgan Plus 8 de 1998 dans une livrée noire avec son parapluie et la malle en cuir sur la véronique, au-dessus de la roue de secours. Mais pour la Porsche 911 type 993 Carrera 4S de 1996, c’est le fameux flat 6 qui l’anime, et dans sa dernière version refroidie par air.

Retour en Albion au Concours d’Elégance d’Ecully. Cette Lotus Elan M100 de 1994, dans l’esprit du créateur, est probablement l’une des meilleures sportives traction à moteur avant. Et pourtant, un modèle rare sur les routes du monde puisque boudée par les puristes et trop chère à l’époque. Ce qui fait le bonheur des propriétaires actuels, notamment avec son moteur Isuzu 16s Turbo revu et corrigé par Lotus.

On repart ensuite chez Jaguar. En 1990, la firme de Coventry produisait cette XJ-SC motorisée par un V12 de 6 litres et reconnaissable à sa face avant d’avant le facelift de 1991 (devenue XJSC sous la houlette de Ford). Quant à la Ferrari Testarossa de 1987, c’est toujours le même délice que d’entendre ce V12 ouvert à 180° et d’admirer cette ligne signée Fioravanti de chez Pininfarina (notre essai est par ici).

La DS présentée sur ce second Concours d’Elegance d’Ecully est assez exceptionnelle. Non par sa motorisation puisqu’il s’agit d’une version 23 à injection électronique de 1975, mais par sa boîte de vitesse. Il s’agit en fait d’une DS 23 IE BorgWarner du nom du fabricant américain de cette boîte de vitesse automatique. Ce système amenait le confort de conduite à son apogée, sur cette voiture déjà considérée comme un tapis volant par son confort de suspension. Son seul défaut, des performances en baisse par rapport à la boîte hydraulique et une consommation en hausse. D’où sa rareté.

Enfin, la Maserati Indy 4700 de 1972, du même modèle que nous avions essayé (et c’est ici), a été fort remarquée par le jury du Concours d’Elegance d’Ecully pour sa ligne, ses performances, mais aussi son équipage.

Les Classiques

Les formes changent. Les Jaguar sont encore là en force, les françaises sont plus nombreuses et les américaines font leur apparition pour ce plateau des classiques.

L’Alfa Romeo 2000 déjà mentionnée ouvre le ban du Concours d’Elégance d’Ecully. Suivie d’une Citroën SM de 1970 à la robe bleue qui lui sied à merveille. Cette française au cœur italien reste une valeur sûre dans ce type d’événement, tant le coup de crayon de Robert Opron, reconnaissable à ses lunettes arrières enveloppantes, est intemporel.

1970 aussi pour l’Aston Martin DB6, une auto que l’on a également essayée (c’est ici), qui ne renie en rien le luxe et la sportivité associée à la marque. Un design sobre et élégant. A côté, l’Oldsmobile Cutlass 1966, dans cette version cabriolet, stigmatise ce que l’on s’imagine du rêve américain dans les années 60 : lignes démesurées, cheveux au vent, une sportivité limitée mais un bloc capable de « cruiser » tranquillement sur la route 66.

Autre valeur sûre des concours d’élégance, dont le Concours d’Elégance d’Ecully, la Jaguar Type E, voiture que même Enzo Ferrari qualifiera de « plus belle voiture du monde ». Ici en version roadster, elle ne perd rien de son élégance, d’autant qu’il s’agit d’une série 1 de 1964, reconnaissable à ses globes de phares en verre, cerclés de chrome notamment. Cette version est la plus prisée en collection.

Quant à la Facellia F2B, avec son moteur Pont-à-Mousson, elle symbolise le luxe sportif à la française. Cette Facel-Vega de 1962 a été entièrement restaurée et paraît directement sortie d’usine. Française et de 1962 aussi, la 404 coupé cabriolet est l’exemple type de comment Peugeot a transformé une voiture populaire, la 404, en objet de luxe désirable. La version présentée au Concours d’Elégance d’Ecully est d’origine suisse, reconnaissable à ses clignotants avant bicolores, destinés à satisfaire la réglementation helvète.

Ce n’est pas la mythique Corvette associée à Marilyn Monroe, mais cette C1 Mk2 de 1960 reste le symbole d’une certaine sportivité à l’américaine. Sa calandre à 4 phares permet de reconnaître la série 2 au premier coup d’œil. Mais elle conserve les flancs caractéristiques de la C1 et son pare-brise panoramique.

On finit ce plateau du Concours d’Elégance d’Ecully avec deux Jaguar aux styles opposés. La première, beaucoup de spectateurs l’ont confondue avec une Rolls Royce. C’est vrai que ces formes généreuses destinées à conduire l’élite chapeautée rappellent cette célèbre marque. Mais ce n’est pas une Rolls, ni une Bentley, même si son appellation est liée à l’existence de la Bentley MK VI. Pourtant cette Jaguar MK VII M est un véritable salon roulant, tout en boiseries, chromes et cuir. Le modèle présenté est sorti d’usine lors de la dernière année de production en 1956.

L’autre Jaguar de ce plateau du Concours d’Elégance d’Ecully, une XK 140 roadster de 1955 est, en comparaison beaucoup plus gracile, avec une tendance sportive affichée. Stricte 2 places, elle est, dans l’arbre généalogique Jaguar l’aînée de la Type E.

Les anciennes

On commence donc par la Lancia Aurelia B20 S, celle là même qui a été immortalisée par Hergé dans L’Affaire Tournesol, avec à son volant le signor Cartoffoli de Milano. Une Jeep Willys symbolise le passage de l’avant à l’après guerre sur ce Concours d’Elégance d’Ecully, qui se déroule sur la place de la Libération. Un équipage adorable qui a même tenté d’acheter le jury avec distribution de Coca Cola et de chewing gums. Acheter ? En fait non, ces accessoires font partie intégrante de cette voiture qui a révolutionné tant le tout-terrain que la logistique de guerre.

Produite juste après guerre, en 1946, la Delage D6 est le symbole du déclin du luxe Français. L’auto est aujourd’hui fortement désirable tant par ses lignes que par sa motorisation et son aura, mais en ces temps d’après guerre, Delage a du mal à trouver sa clientèle.

Dans ce Concours d’Elégance d’Ecully, on entre alors de plain pied dans un monde où l’automobile était soit un objet de luxe, soit un engin diabolique associé aux sports mécaniques et à cette époque, la France tenait le haut du pavé. Pour preuve cette Bugatti type 57 Coach Ventoux. Une auto luxueuse avec son toit transparent, son cuir et ses boiseries, mais également sportive grâce à son chassis et son moteur affûtés en cette année 1938 de sa production.

A cette époque, Packard était une marque réputée de la production américaine. Avec des voitures expédiées des USA en chassis nu et moteur, et carrossées en France. La Packard Super Eight blanche est un exmple typique de cette procédure et a été carrossée par Franay. Le roadster quant à lui, outre ses sièges de belle-mère occupés par trois enfants, a permis à un autre de réviser ses chiffres en comptant le nombre de phares qu’elle avait !

Encore une marque emblématique de ces années de démesure automobile présente à ce Concours d’Elégance d’Ecully 2026 : Hispano-Suiza. Le modèle H6B de 1926 présenté a une carrosserie là aussi typique de cette époque où les chauffeurs étaient soumis aux affres de la météo quand les propriétaires étaient luxueusement installés à l’arrière.

Une magnifique Chrysler Impérial Sedan Convertible, série GQ de 1933, était un autre exemple de ces modèles haut de gamme. Huit cylindres en ligne, 4,9 litres de cylindrée. Un modèle très peu produit et dont cet exemplaire serait le seul roulant en France à ce jour. Question exclusivité, la note sûrement dû être élevée.

Mais c’est sans compter sur les deux derniers modèles, français. Le premier, daté de 1926, est une Ballot Type 2 LT. Dérivée du modèle 2LS de compétition, elle est une voiture innovante avec freins mécaniques sur les quatre roues, assistance au freinage, une boite à 4 vitesses, et un arbre à cames en tête. Et celle présentée, 2 places à tendance sportive est dans un état exceptionnel.

Enfin, une autre Bugatti ferme la marche en étant la voiture la plus ancienne du plateau. Une auto qui montre ses rides. Entretenue, elle nécessite quelques manipulations pour démarrer : pomper l’essence, régler l’allumage, actionner la manivelle… La Bugatti type 35 est une voiture de course et avec son 8 cylindres en ligne a monopolisé les premières places dans les compétitions de ces années là. Un véritable monument automobile reconnaissable dès le premier coup d’oeil par un novice.

Et les gagnants sont…

Chez les modernes c’est la Maserati Indy 4700 qui raffle la mise du jury du Concours d’Elégance d’Ecully, suivie de la Morgan Plus 8 et de la DS 23 IE BorgWarner.

Concernant les classiques, la Corvette C1 a pour première dauphine (oui, le jeu de mot était facile !) l’Aston Martin DB6 et comme seconde dauphine la Jaguar XK 140.

Enfin, pour le plateau Anciennes, il a été impossible de lutter contre la Bugatti type 35. La Chrysler arrive seconde et la troisième place est occupée par l’Hispano-Suiza.

Outre ces récompenses, plusieurs prix spéciaux ont été décernés lors du Concours d’Elégance d’Ecully. La coupe de l’organisation a été remise à la Packard Super Eight Franay, mais également à la Ballot. La coupe « Best of show » a été attribuée à la Packard cabriolet. La Coupe du Libérateur a été remise, bien entendu, à la Jeep Willys. Et enfin, la Coupe de la Restauration la plus longue et la plus complète est allée à la Facel Vega Facellia F2B.

Et les autres modèles

Autour de ces automobiles mises en vedette au Concours d’Elégance d’Ecully, il y avait bien entendu d’autres voitures, plus communes mais aussi plus surprenantes.

Entre les Citroën 2CV des différentes époques, des origines avec une type AZ, totalement dans son jus, aux dernières séries spéciales avec une Charleston, la Mercedes 280 SL Pagode ou encore une Jaguar XJS 3,6 litres et boîte manuelle estampillée d’un super A d’apprenti, il y avait de quoi se faire plaisir. Y compris avec des autos plus exotiques comme cette jolie Puma cabriolet de conception et d’origine brésilienne.

Evidemment, la Ferrari 328 GTS ne laissait aucun visiteur du Concours d’Elégance d’Ecully indifférent. Mais la Porsche 911 Dakar type 992, évocation moderne de la Porsche 953 qui a gagné le Paris-Dakar en 1984 a attiré bien des regards. Pourtant, même une 2CV a surpris avec une conception spéciale et histoire singulière : un look baroudeur, deux moteurs de GSA non synchronisés, elle a été préparée pour le Paris-Dakar par Jack Hanon mais qui n’a jamais connu son concepteur étant décédé avant l’épreuve.

En bref ? On en redemande !

Pour conclure, compte tenu de la qualité que ce soit de l’organisation comme de la sélection des modèles, on n’a qu’une envie, revenir en 2027. D’autant que, par rapport à la version précédente (c’était ici) qui avait dû être écourtée à cause d’une météo magnifique le matin mais pluvieuse l’après-midi, l’édition 2026 du Concours d’Elégance d’Ecully a permis de se retrouver dans l’après-midi dans les jardins du château du Vivier. L’occasion de voir les autos dans un autre contexte.

En bref, merci et bravo au Club Hervé pour l’organisation de cet événement addictif, et d’ores et déjà, cochez le premier week-end d’octobre pour venir participer ou simplement assister à ce beau rendez-vous de l’automobile d’époque.

Et voici la traditionnelle galerie photo pour attendre l’édition 2027 du Concours d’Elégance d’Ecully.

Fabien

C'est un lion et un cheval cabré qui lui ont fait aimer les voitures dans son enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des pilotes de légende l'ont conduit à me passionner pour des bolides plus anciens. Fabien est basé près de Lyon où il essaye régulièrement des voitures variées mais couvre des événements dans toute la France avec plus de 200 articles à son compteur.

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