Peugeot D3 et D4, le “Nez de Cochon” n’est pas complètement un lion

Peugeot D3 et D4, le "Nez de Cochon" n'est pas complètement un lion
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Quand on parle d’utilitaire ancien, on pense au Citroën Type H ou à la Renault Estafette. Mais peu évoquent les Nez de Cochon, surnom donné à juste titre aux Peugeot D3 et D4. En même temps on en voit peu. Et encore, si Peugeot n’avait mis son nez dedans, il aurait été confidentiel. Car oui, ce n’est pas une création sochalienne !

Né chez Chenard et Walcker

C’est une marque française trop injustement oubliée. Car les productions de Chenard et Walcker étaient à l’époque synonymes de luxe à la française. Et puis cette marque a quand même été la première à remporter les 24h du Mans en 1923 ! La marque a cependant perdu pied et en 1936 c’est le carrossier Chausson qui s’immisce dans le capital. Les Aigle 4 et Aigle 8 sont alors motorisées par des moulins venus de chez Citroën et Mathis.

Après guerre le Plan Pons met en avant la production d’utilitaires. Chenard et Walcker continue de développer ses utilitaires. Au CHE né en 1939 succède le CHV et ces véhicules utilisent un bicylindre en ligne deux temps qui atteint les 25 ch. Pourtant la charge utile de l’engin est de 1500 kg, il en a même l’exclusivité dans le Plan Pons. Évidemment la puissance est faiblarde et une solution est trouvée en externe. Par contre la ligne doit vous rappeler quelque chose !

En avril 1947 naît le Nez de Cochon, le Chenard et Walcker CPV. Chausson a passé un accord avec Peugeot pour la fourniture du moteur 4 cylindres 1133 cm³ de la 202. Et pour lui faire de la place on modifie le faciès de l’engin qui gagne immédiatement son surnom. Néanmoins le Chenard et Walcker est cher, surtout comparé au 1000kg de chez Renault et au Type H de chez Citroën, bien que ceux-ci n’aient pas la même charge utile. Il se vend péniblement avec 2500 exemplaires maximum… sur une année !

Mais quand Peugeot sort sa 203, la production du moteur s’arrête. Chenard et Walcker n’a d’autre choix que d’accepter l’accord que propose Sochaux : l’usine fabriquera les utilitaires, motorisés par le moteur de la nouvelle venue tandis que c’est le réseau du lion qui le commercialisera. Peugeot peut ainsi doter sa gamme d’un utilitaire, sans avoir à l’étudier. En plus il est assez moderne puisque, on ne vous l’a pas encore dit, mais il repose sur un châssis poutre à roues indépendantes et c’est une traction !

Nous sommes en 1950. Chenard et Walcker perd son dernier véhicule et est absorbé par Chausson pour la partie bus.

Les Peugeot D3 et D4

En 1950 Peugeot commence donc à commercialiser son premier véhicule à traction. Et oui, c’est bien le Peugeot D3 qui a ce titre du côté de Sochaux, même si la Peugeot 204 reste la première VOITURE à traction de la marque. Avec 32ch et un poids à vide 1,3 tonne il n’est toujours pas très véloce mais peut compter sur une mécanique robuste et moderne.

Baptisé Peugeot D3A il commence une carrière dont la diffusion est bien plus importante que le CPV. Il est rapidement repris par les différents carrossiers qui adaptent, comme c’est alors de coutume, différentes caisses sur le châssis en fonction de l’utilisation de l’auto. Niveau confort, c’est plus que sommaire. Le tableau de bord reste dépouillé.

En 1952 on fait passer la puissance de l’engin à 40 ch. Il devient alors D3B En février 1953 le Nez de Cochon se dote… d’un siège passager !

En 1955 sort la nouvelle Peugeot 403. On utilise alors ce bloc moteur, mais la culasse reste celle de la 203 tant et si bien que la puissance est de 45ch. Fini le D3B, c’est désormais du Peugeot D4A dont on parle. Autre évolution, une porte latérale coulissante peut être montée.

Côté moteur l’évolution suivante arrivera avec le Peugeot D4AD en 1959, le D signifiant évidemment Diesel. C’est un moteur 5 paliers Indenor de 1816 cm³ qui s’installe derrière le nez de cochon !

En Janvier 1960 le D4B voit sa puissance grimper à 55 ch tandis que la version diesel ne change pas. Les D4B et D4BD resteront au catalogue jusqu’en 1965. On ne peut pas non plus parler d’un raz de marrée commercial puisqu’en 15 ans ce sont 75.881 exemplaires qui ont été produits.

Les Nez de Cochon de nos jours

Les versions Chenard et Walcker sont logiquement encore plus rares aujourd’hui qu’à l’époque. On ne parle même pas de prix à ce niveau mais de temps de recherche avant d’en trouver un !

Pour ce qui est des versions Peugeot, elles sont elles aussi relativement rares. On en voit cependant beaucoup plus sur les différents salons et bourses. Alors si vous cherchez un utilitaire ancien original, voici une bonne idée !

Source : André Leroux

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