Peugeot 202, le trait d’union

Peugeot 202, le trait d'union
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Peugeot 202, le trait d'union
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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La série 02 chez Peugeot est immédiatement reconnaissable. Plus que toute autre série, elle présente cette ligne qui originale qui sera reprise sur tous les modèles de la gamme. Cette gamme n’est pas si large, avec trois modèles dont le plus connu, le plus vendu aussi, la Peugeot 202.

Un besoin logique

C’est en 1929 que le constructeur sochalien se lance avec ses autos à 0 central. La première auto c’est la 201, la petite auto de la marque est vite complétée par une vraie gamme, 301, 401 et même 601.

Pour autant la concurrence ne lésine pas, notamment du côté du quai de Javel qui propose se mythique Traction à partir de 1934. Peugeot réplique en 1935 avec sa 402, complétée l’année suivante par la 302. Ces deux autos inaugurent un nouveau style, le “streamline” baptisé “Fuseau Sochaux”, prônant une réelle finesse aérodynamique. Si son nom est anglais c’est qu’il est lancé par une Chrysler, l’Airflow, lancée en 1934.

Les nouvelles autos s’attaquent aux Citroën mais en parrallèle la 201, qui marche bien, n’a pas encore été remplacée. Après de bons débuts, elle voit arriver la Renault Juvaquatre, plus moderne, tandis que Simca prépare sa 8. Chez Peugeot on est pas resté les bras ballants. Dès 1935 les études de la remplaçante sont lancées.

Du côté de la ligne, on va évidemment décliner le “Fuseau Sochaux” sur la Peugeot 202. Néanmoins elle est plus petite (4,11 m contre 4.85 m pour les 402) ce qui la rend plus homogène en réduisant notamment la longueur du capot. Les phares sont toujours doublés et “cachés” sous la calandre, les roues arrières sont carénées et la malle en queue de castor, reprise des 01 est au programme.

Pour les trains roulants on fait appel à des barres de torsion à l’avant, donc des roues indépendantes, et un essieu arrière rigide avec lames longitudinales. Les freins sont à câbles. Le moteur est évidemment un 4 cylindres en ligne. Bien plus petit que les 302 et 402, le moteur de la Peugeot 202 cube 1133 cm³ et son carburateur inversé Solex lui permet de sortir 30 ch. Son petit plus moderne : il a des soupapes en tête quand cette technologie n’est encore que peu répandue.

Côté fiscal, on se place évidemment dans le segment des 6CV.

La nouvelle auto est prête, mais elle n’est pas révélée au grand public au salon de Paris 1937. Au lieu de cela Peugeot y tient une grande consultation auprès du public. Avec des questions bien choisies, le constructeur demande à ce dernier quelles sont les critères que doit respecter sa future auto.

La Peugeot 202 débarque

Lancée en Janvier 1938 devant la presse réunie au Bois de Boulogne, la nouvelle Peugeot est forcément “parfaite”. Les résultats du sondage du salon sont évidemment tous validés par la nouvelle auto ! Coup marketing réussi.

La nouvelle Peugeot démarre très bien. Les évolutions sont très rapides puisque dès les premiers modèles présentés et sortis, on apporte déjà les premières corrections. Ainsi la tenue de route étant pointée du doigt, on élargit légèrement les voies et on remplace les jantes originelles par des Michelin Pilote pleines permettant de chausser des pneus plus larges.

Au salon de Paris en Octobre 1938 on présente le reste de la gamme Peugeot 202. Débarquent alors une berline découvrable, à quatre portes, et un élégant cabriolet qui fait l’impasse sur les portes arrières (et la roue de secours).

En plus des élégantes, les besogneuses sont aussi de la partie avec cinq versions. Basées sur un empattement allongé de 10cm on retrouve un châssis-cabine, un fourgon tôlé, une limousine commerciale (à 6 glaces donc) et une camionnette bâchée (le pick-up).

La tenue de route est encore au centre des préoccupations en fin d’année. On décide de revenir à une solution technique plus rustique, mais mieux maîtrisée, pour le train avant. Exit les barres de torsion, place à une bonne vieille lame transversale ! Et puis on copie aussi sur Citroën au niveau des supports moteur. Sans aller jusqu’au “moteur flottant” la Peugeot 202 remplace ses silentblocs par des blocs de caoutchouc plus souples.

Néanmoins ces petits soucis n’ont pas empêché la nouvelle petite lionne de bien se lancer et ce sont plus de 20.000 autos qui sont sorties des chaînes la première année.

Forcément l’année 1939 ne voit aucune nouveauté. Pour autant la guerre ne stoppe pas de suite la fabrication de la petite Peugeot. 400 autos sont même réquisitionnées par l’armée qui en fait des véhicules de liaison ou même des véhicules anti-aérien avec des découvrables munies d’un fusil-mitrailleur.

En 1942 la production de la Peugeot 202 est interrompue. L’occupant a besoin de véhicules utilitaires qui prennent sa place sur les lignes de Sochaux. La conséquence, c’est que l’usine est une cible pour les alliés. Mais des sabotages internes réduiront le besoin de bombardement. Ceux-ci seront ensuite parfaitement ciblés par les directeurs de l’usine elle-même, limitant les dégâts.

La Peugeot 202 redémarre

Si la gamme du lion se composait de la 202 et de la 402 en 1942, seule la plus petite redémarre une fois le conflit passé. Évidemment seule la berline est d’abord concernée et 52 autos sortent en 1945. Elles sont 6486 en 1946.

En Mai 1946 on a d’ailleurs dévoilé une évolution, c’est la Peugeot 202 B. Les voies sont élargies de 2cm pour améliorer la tenue de route tandis que les rapports de boite et de pont son revus. Le tableau de bord sera également revu. Surtout les freins à câbles sont remplacés par des tambours à commande hydraulique.

La production redémarre, les utilitaires sont avantagés dans un premier temps. En attendant la 203, la Peugeot 202 fait tout de même de la résistance. Les cabriolets sont de nouveau en production. À partir de 1948 on installe des amortisseurs hydrauliques, les mêmes qui se retrouveront sur la 203 quelques mois plus tard. On propose aussi des roues plus jolies avec moyeu plaqué et bouchon chromé. Le toit ouvrant est également généralisé à toutes les berlines.

En Octobre 1948 on présente la dernière nouveauté : la Peugeot 202 affaires. Sans chauffage et avec des pneus plus minces, elle est moins chère et doit servir à évacuer les stocks de pièces.

En effet la Peugeot 203 est présentée en même temps. La Peugeot 202 est retirée du catalogue en 1949. Ce sont 104.126 autos qui ont été construites, dont une majorité après le conflit. Un beau trait d’union qui permet à Peugeot de se tourner sereinement vers sa nouvelle auto.

La Peugeot 202 en collection

On ne vas pas vous raconte qu’on voit autant de 202 que de 203 ou même de Traction. Pour autant l’auto n’est pas si rare et représente une belle opportunité pour celui qui voudrait avoir une voiture “avant-guerre” avec une ligne originale. En plus, les modèles d’après-guerre, plus modernes notamment avec leurs freins hydrauliques, gardent la même tête. Une vraie fausse avant-guerre !

Côté prix, il s’est stabilisé. Les berlines se trouveront entre 8 et 10.000 €, les plus chères pouvant s’approcher des 15.000 € si leur état le justifie. Les moins chères sont évidemment les versions utilitaires dont les prix sont légèrement inférieurs, seules les versions “bois”, très jolies, peuvent atteindre des prix supérieurs aux berlines.

Enfin les cabriolets sont évidemment les plus chers. N’en cherchez pas de beaux à moins de 15.000 € quand ceux en état concours peuvent facilement dépasser les 25.000 € !

En tout cas, à son volant, on vous remarquera, quelle que soit la carrosserie.

Photos additionnelles : Wheelsage et Osenat

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