La Mercedes 190 SL, une 300 en réduction

La Mercedes 190 SL, une 300 en réduction
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Vous êtes attirés par la fabuleuse Mercedes 300 SL mais vous n’avez pas le budget ? Pas de soucis, il y a des remèdes à tout et la solution est la même qu’à l’époque : la 190 SL, la même, mais en plus petit !

Encore une idée de Max Hoffman !

Décidément c’est vraiment un homme qui a marqué le paysage automobile des années 50, et en particulier le monde des cabriolets et coupés sportifs.

Pour résumer : Max Hoffman est importateur aux USA de nombreuses marques européennes. C’est lui qui convainc Mercedes de lancer la production d’une auto de série sur la base de la 300 SL de course. Cela donner le fameux coupé papillon devenu légendaire.

Mais c’est aussi lui qui indique à la firme de Stuttgart qu’un cabriolet serait une bonne idée vu que sa clientèle est preneuse (et que la Gullwing devient vite un four). Mais il pense aussi à une version plus abordable, la même mais en plus petit, pour élargir sa clientèle. En Septembre 1953 Mercedes lui fait la promesse que deux prototypes seront prêts pour le salon de New York 1954… 5 mois plus tard !

La genèse de la 190 SL : top chrono

Pour la “petite” auto on va reprendre les solutions de la grande. D’abord le châssis qui est une réduction du tubulaire de la 300 SL. Les trains roulants avec double triangle à l’avant et essieu oscillant sont identiques. Par contre ce sont des tambours qui assureront le freinage.

Côté moteur, on dérive du 6 en ligne de la 300 un 4 cylindres de 1897 cm³ qui donnera son nom de baptême à l’auto. En fait seul l’alésage est identique, la course étant réduite. Avec ses deux carbus Solex double-corps il revendique 105 ch DIN, et à l’époque c’est une belle réussite !

Ensuite pour le style : on réduit également. Pour faire simple et bien reprendre la signature de sa grande sœur, les pare-chocs, calandre et phares avant sont identiques ! On garde aussi les renflements au dessus des roues avant. Même certaines pièces de capotes sont identiques ! Enfin on ne lésine pas sur les chromes que la clientèle américaine apprécie grandement. Si la majeure partie est en acier, les ouvrants sont eux en aluminium.

Dernier point : l’intérieur. Là encore, c’est du copier-coller et beaucoup d’éléments sont identiques.

En 5 mois la voiture est prête et s’expose sur le stand de Max Hoffman à New York. Problème : elle reste trop chère. Si la 300 SL prend presque directement la direction des lignes de montage, il n’en est pas de même pour la 190 SL.

Retour à la case dessin

Il faut réduire les coûts et la meilleure solution que l’on trouve est au niveau du châssis. On va faire plus simple… en reprenant tout simplement un châssis existant. Exit le tubulaire et place à une structure monocoque reposant sur la plate forme de la W121 raccourcie. Le type R121 est créé. On revoit aussi le dessin qui va s’éloigner un peu de la 300SL avec une calandre moins large, un nez moins plongeant, un autre renflement au dessus des roues arrières et la disparition de la prise d’air de capot.

Malgré un poids qui atteint maintenant 1150 kg les performances qui reste de premier plan avec 175 km/h en pointe et 14,5 secondes pour atteindre les 100 km/h.

La version définitive de la Mercedes 190 SL apparaît finalement au salon de Genève 1955, plus d’un an après sa première apparition. L’accueil est bon et les 190 SL entrent en production dès Mai 1955. Deux versions sont alors proposées : le Roadster et sa capote en toile et le coupé qui revêt en fait un hard-top amovible.

Son prix est quand même relativement élevé, bien plus que les roadsters anglais, pas forcément aussi bien équipés cela dit. En tout cas cette remarque vaut surtout pour l’Europe puisque le marché américain l’accueille à bras ouverts.

Les évolutions de la 190 SL

La Mercedes 190 SL ne verra pas de très grosse évolution au cours de sa carrière. Néanmoins on apportera des retouches constantes.

Le premier gros changement intervient en Février 1956 quand le hard-top en alu cède sa place à une version moins coûteuse en acier. En avril de la même année, tandis que les sièges sont redessinés, la 190 SL se dote de nouveaux équipements comme un servofrein et un dégivrage de pare-brise. On installe ensuite une montre sur le couvercle de la boîte à gant et on change les feux arrière. À l’automne c’est un rétroviseur extérieur qui est monté en série tandis que le capot et le coffre deviennent plus épais. C’est cette année là que l’auto fait son meilleur score de production : 4032 autos sortent de l’usine !

En 1957 on apporte des retouches aux poignées et aux supports de plaques d’immatriculation. En 1958 ce sont les pare-soleil qui sont changés, la passagère bénéficiant alors d’un miroir de courtoisie. On installe aussi un neiman et le démarreur est actionné par un bouton poussoir. L’année suivante la 190 SL se voit doter d’un lave-glace tandis que le hard-top est repensé et intègre une vitre panoramique. En 1960 c’est un allume cigare qui fait son apparition dans l’équipement tandis que les poignées sont repensées.

En 1961 les retouches sont encore minimes, sauf sous le capot avec une évolution moteur qui ne change rien aux performances. Déjà les ventes commencent à faiblir tandis qu’on planche sur les Pagodes qui prendront la relève. De fait en 1962 le seul changement sera l’arrivée de plaques en plastique protégeant les passages de roues et le dessous de caisse des projections d’eau et donc de la corrosion.

Et c’est tout. Aucune grosse évolution stylistique ou mécanique n’aura été remarquée pendant les 8 ans de carrière de l’auto. En Février 1963 quand les dernières 190 SL sortent des chaînes ce sont 25.881 autos qui ont été produites. Et plus de 80% d’entre elles sont parties aux Etats-Unis !

Mentionnons enfin la carrière sportive de la 190 SL. La voiture pouvait être préparée pour la course en recevant des portières sans vitres et en remplaçant le pare-brise par un saute-vent. Ce kit permis à quelques autos de se distinguer en compétition. Ainsi on a retrouvé des 190 SL au Mille Miglia 1955, elle était même équipée d’une injection ! Mais elle brilla surtout avec une victoire de classe (moins de 2 litres) au Grand Prix de Macao 1956, une autre au Grand Prix de Casablanca la même année et une victoire au général au Rallye de Hong Kong 1958.

Mais la 190 SL a aussi été une voiture de record ! Équipée d’un moteur… diesel, elle établit le record de distance en 24h sur le Circuit d’Hockenheim en 1961 avec une marque à 124 km/h de moyenne !

La Mercedes 190 SL de nos jours

En Europe c’était à la base une auto rare. Heureusement de nombreux modèles ont repris le bateau pour alimenter le marché. Mais les 190 SL restent chères. Ces dernières années les prix avaient bondi pour s’établir autour des 100.000, et allant chercher bien plus haut pour des modèles en parfait état !

Néanmoins la conjecture actuelle est à la baisse et la vente Osenat du 27 Mai dernier a vu un bel exemplaire partir à 86.400 €. Sans qu’on ne puisse prévoir qu’elle devienne tout à fait abordable, la Mercedes 190 SL devrait redevenir accessible à plus de collectionneurs. Reste qu’elle est relativement rare pour qu’il faille chercher pour obtenir la bonne configuration !

Par contre la bonne surprise sera au niveau de l’entretien. S’il vaut mieux la confier à un spécialiste qu’au garage du coin de la rue, les pièces se trouvent. Comme toute Mercedes elle peut piocher dans le vaste catalogue de pièces refabriquées… par le constructeur !

En tout cas, c’est une auto qu’on adorerait essayer ! Vous en avez une ? Dites le nous !

Source et photos complémentaires : Mercedes media et RM Sotheby’s

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