La Citroën M35, l’expérience râtée

La Citroën M35, l'expérience râtée
La Citroën M35, l'expérience râtée
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Alors qu’on vous raconte l’histoire des Citroën Ami dans un autre article, il est une des versions qui mérite un article à elle seule. C’est la Citroën M35, une auto expérimentale, mais lâchée sur les routes de France, qui a montré que des fois, l’expérience peut être un beau raté !

Un concentré de ce que Citroën voulait faire

À la fin des années 60, Citroën s’est associé avec NSU dans la Comotor pour développer un moteur à pistons rotatif qui devra se retrouver sous le capot de voitures de tous les jours. Pour la tester, rien de tel que de la mettre sur la route, en nombre, et entre les mains de monsieur tout le monde !

On conçoit ainsi une auto telle que Citroën l’aurait rêvée : des sièges confortables, une suspension hydropneumatique… mais une base très courante puisque c’est celle de l’Ami 8 ! Oui, on utilise pas une DS, qui aurait plus collé aux apsirations qu’avaient les chevrons pour son Wankel, mais une petite auto. L’avantage c’est que son image est plus sacrifiable en cas de souci.

Niveau ligne, elle va ressembler à une Ami 8 mais au final seules les ailes avant sont communes. Tout le reste change et quand on sait que Citroën avait tout fait pour faire oublier l’arrière si décrié de l’Ami 6 on se demande pourquoi découper comme ça l’Ami 8. Certes la forme se rapproche plus d’un coupé, mais le résultat n’en fait pas un canon de beauté !

Sinon ce moteur ? C’est donc un moteur à piston rotatif, avec un seul rotor et une cylindrée de 995 cm³. Il atteint les 45ch, une puissance spécifique très correcte à l’époque mais sa consommation est énorme. Les chocs pétroliers des années 70 sont encore loin et Citroën ne bronche pas. Pour se prémunir de tout souci, on dote quand même l’habitacle d’un compte tour qui déclenche une alarme une fois (vite) arrivé à 7000 tours.

Des clients triés sur le volet

La Citroën M35 va donc être une voiture sortie de son laboratoire. 500 exemplaires sont prévus pour 500 clients qui doivent répondre à certains critères. Tout d’abord ils doivent être de ceux qui font 30.000 km par an. Ensuite ils doivent avoir un porte-feuille bien rempli car la Citroën M35 est vendue, pas donnée ! Et elle est même vendue cher, 14.000 francs, plus qu’une DS. Mais le client aura une voiture atypique et sera un véritable essayeur.

Par contre on lui offre l’entretien, il ne doit financer que le carburant et les consommables que sont les pneus et le freinage. En cas de grosse panne, la voiture est remplacée gratuitement le temps de la remettre d’aplomb.

L’expérience Citroën M35 tourne court

La production commence en décembre 1969 à Cerizay, chez Heuliez. Les autos sortent avec leur numéro afin de bien souligner la série très limitée qu’est la Citroën M35.

Les clients n’affluent pas en masse, loin de là. 6 autos sortent en 1969. Elles sont 212 en 1970 et déjà on sent que les 500 ne seront jamais atteints. Alors on saute des numéros. Si bien que malgré les 49 exemplaires de 1971 la dernière sort avec le n°500.

Sur la route, les clients déchantent. Certes le confort est louable, mais le moteur de la Citroën M35 ne tient pas ses promesses. Les 49ch sont à la peine et on se demande s’ils sont tous là ! En plus le moteur montre quelques soucis de jeunesse. Ceux qui arrivent aux 30.000 km demandés se retrouvent avec une mécanique rincée et bonne à changer.

Conclusion

L’expérience tentée avec la Citroën M35 est un bel échec. Les voitures sont rapatriées chez Citroën qui les échange à ses clients contre des CX. En échange de leur bonne volonté, ils montent en gamme !

Les tests servent néanmoins à la mise au point de la GS Birotor. Celle-ci apparaît en 1973. Mais là aussi l’auto se révélera peu performante et surtout sa consommation énorme la rendra inutilisable après le choc pétrolier qui s’est abattu sur la planète en 1973.

Heureusement pour les amateurs d’automobiles que nous sommes, quelques exemplaires (une trentaine d’après certaines sources) ont survécu et sont visibles lors de certains rassemblements.
Pour en acquérir une de nos jours il faudra bien chercher. Et ensuite, comme à l’époque, une Citroën M35 vous coûtera le prix d’une DS : 25.000 € !

Source : l’Automobile Ancienne

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