Ferrari F50 GT, le cheval castré

Ferrari F50 GT, le cheval castré
Ferrari F50 GT, le cheval castré
Pierre
Tombé dans la marmite automobile quand il était petit, il a rejoint l'équipe de News d'Anciennes en 2015. Expatrié en Angleterre depuis Mai 2016, il nous partage les évènements de là-bas. En dehors de ça, il partage une bonne partie de son temps sur la route entre une Opel Ascona et une Mazda RX-8.

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Malgré trois voitures assemblées, la Ferrari F50 GT ne rejoindra jamais les championnats d’endurance, là où son ancêtre la F40 (dans ses versions LM ou Competizione) avait brillé. Retour sur une drôle d’histoire.

La F50 et la 333 SP

La F50 se présentait comme une digne héritière à la F40, avec son V12 Tipo F130B issu de la compétition. En effet, il est dérivé du Tipo 036 (puis Tipo 037) qui équipait les Ferrari 641. Mieux encore, c’était la base idéale pour courir dans les championnats de voitures de sport, puisqu’il avait déjà donné le Tipo F130E qui équipait la Ferrari 333 SP.

C’est d’ailleurs la Ferrari 333 SP qui signe le retour de Ferrari dans les championnats de voitures de sport. Dès 1994, elle s’avère compétitive, mais son arrivée tardive en cours de saison ne permettra pas à Ferrari de faire mieux que deuxième en IMSA GT, derrière Oldsmobile. Dont acte, la couronne sera enlevée l’année suivante, même si la voiture n’arrivera jamais à être réellement compétitive aux 24 Heures du Mans.

La Ferrari F50 GT, le sport proto sur base supercar

La F50, qui faisait ses débuts en 1995 semblait du coup la base idéale pour développer une GT de course. Avec son châssis monocoque en carbone et un moteur déjà disponible et compétitif, tout s’annonçait sous les meilleures augures.

Décision est prise de construire un premier prototype (châssis 001) afin de valider les performances de la voiture. La F50 GT, c’est son nom, s’offre un nouveau kit aérodynamique, incorporant notamment, un toit fixe, un massif aileron arrière ainsi qu’un diffuseur prenant toute la largeur de la voiture.

Dès les premiers tours de roues sur le circuit de Fiorano, il ne fait aucun doute que la F50 GT est efficace. En effet, elle tourne plus vite que la 333 SP ! Cela en fait une arme toute désignée pour régler ses comptes avec McLaren sur un autre terrain que la Formule 1. Et avec un 0 à 100 mesuré à 2,9 secondes et une vitesse max de 380 km/h, nul doute que la bête avait de gros arguments.

Malheureusement, l’engouement de Maranello retomba très vite à plat. Là où Ferrari avait développé une voiture de course à partir d’une voiture de route. Porsche fait l’inverse en exploitant au maximum les zones d’ombre de la réglementation. La marque allemande présente donc une voiture de course, dégonflée pour la route et donc l’homologation, en la faisant passer pour la base la 911 GT1. L’écart de performances est sans appel.

Ferrari tente de faire pression sur la FIA pour faire interdire la 911 GT1, menaçant de quitter le championnat. Ce sera sans effet, la FIA laisse Porsche courir, signant par là-même la mort de la F50 GT.

En effet, fautes de moyens, difficile de pousser le développement plus loin. D’autre part, les années de vache maigre en F1 prennent fin, avec l’arrivée de Jean Todt et Michael Schumacher au sein de la Scuderia. Il n’y a plus vraiment besoin de se rattraper avec l’endurance, le projet est donc abandonné, sans autre forme de procès.

Les F50 GT 002 et 003 étant presque achevées, décision fut prise de les compléter et de vendre les trois prototypes à de riches propriétaires privés, sous réserve de ne pas les faire courir en compétition. Les trois autres châssis (004 à 006) sont quant à eux détruits.

A l’opposé de sa version routière, la F50 GT restera à jamais dans l’ombre de sa devancière, faute d’un pedigree aussi marquant.

Ferrari F50 GT, le cheval castré

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