La Supercinq EBS, le cabrio qu’on aura pas eu !

Surprise au rassemblement de Montigny de Bretonneux. Peu d’autos sont présentes ce week-end mais une d’elles se distingue. C’est une Supercinq EBS et elle nous a donné l’envie d’en savoir plus.

Début des années 80, les deux crises pétrolières de 1973 et 1979 ont attristé le paysage automobile. Les roadsters anglais vivent leurs derniers instants et dans la catégorie des cabriolets populaires, seule la Golf I réalisée chez Karmann parvient à maintenir le marché avec son modèle à arceau.
En effet la vague sécuritaire initié aux USA impose au constructeurs d’affubler leur décapotable de disgracieux arceaux qui permettent il faut le reconnaître de rigidifier leur coque autoporteuse à peu de frais. Pourtant quelques initiatives tentent de maintenir le marché de la voiture décapotable plaisir.

La Supercinq EBS : une citadine belge au soleil

1984, Renault présente la Supercinq, plus 5 que la 5, elle fait tirer sa révérence à la R5 chère au cœur des Français. C’est elle qui servira de base à la production par EBS, carrossier belge pour la réalisation de 850 Supercinq cabriolets produites de 1987 à 1996 en deux séries (les chiffres divergent selon les sources).

A contrario de la Peugeot 205 contemporaine, arceautée et rebadgée Pininfarina (on s’étrangle à penser que le carrossier italien ait accepté d’apposer sa signature sur ce cabriolet à l’esthétique banale), la petite Supercinq EBS est fabriquée sans arceau, offrant finalement à l’auto une ligne assez fluide.

Deux séries seront donc produites :

  • la Phase I pour lequel le travail de carrosserie a été poussé et reconnaissable à ses feux arrière réduits en hauteur et sa cinématique de coffre permettant de préserver une accessibilité bienvenue
  • la phase II pour lesquels la ceinture de caisse sera légèrement remontée là aussi identifiable à ses feux arrières.

Concrètement EBS étant géographiquement proche de l’usine Renault de Vilvoorde, les caisses étaient prélevées sur la chaîne puis découpées par le carrossier avant d’être rhabillées. Malgré l’esthétique plutôt réussie de l’engin sa production ne sera jamais vraiment encouragée par Renault puisqu’elle ne sera jamais importée en France, mais néanmoins commercialisée en Belgique, aux Pays Bas, en Italie et même en Allemagne.

Pour les conducteurs les plus exigeants une vingtaine de modèles auront été également réalisés sur base de R5 GT Turbo. L’histoire ne dit pas si la rigidité de la caisse supportait les pétillants 115 chevaux de la petite bombe française.

À noter que Renault commercialisera plus tard une version Belle Ile, pick up découvrable transformé par Car System (souvenez-vous le fabricant des JP4 sur base 4L) puis par Gruau de sa Supercinq dont les volumes de production (250 exemplaires environs) seront finalement inférieurs au cabriolet non officiel.

Les autres transformations d’EBS

Preuve du dynamisme de ce carrossier, une version unique de R25 cabriolet sera même fabriquée, le travail de carrosserie allant jusqu’à créer de toute pièce une version deux portes de la grande berline française.

Malgré les déboires vécus avec Renault, EBS réédita l’exploit avec une Clio cabriolet modèle unique également, toujours non arceauté. Mais l’affaire tournera court.

Enfin pour être tout à fait complet sur le sujet EBS, quittons la firme au losange et évoquons la production encore plus confidentielle d’une décapotable venue du froid avec l’étonnant mais néanmoins réussie Lada Natacha produite à 450 exemplaires.

Les autres cabrios Renault

La Supercinq EBS a-t-elle donné des idées à Renault ? En tout cas par la suite la régie se dotera de cabriolets dans sa gamme régulière… mais on a pas dit forcément française.

Alliance Convertible : l’expérience américaine

Dans les années 80, Renault a absorbé l’américain AMC. Symbole de cette « Alliance » une R9 fabriqué aux USA à l’usine de Kenosha, et qui sera déclinée en coupé trois portes et surtout pour le sujet qui nous intéresse en convertible.

L’Alliance convertible sera produite aux USA et au Canada de 1985 à 1987 à environ 10.000 exemplaires.

Dernière de lignée : La R19 cabriolet

Ce n’est finalement qu’avec l’arrivée de la R19 en 1988 en France, que Renault se décidera enfin à revenir à la commercialisation régulière d’une décapotable. Confié aux bons soins du carrossier Karmann en Allemagne l’auto sera fabriquée de 1991 à 1999 sur les deux versions de carrosserie du modèle.

Si vous voulez en savoir plus sur ces étranges Supercinq EBS une page facebook dédiée est visible ici.

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Paul Guy
Rédacteur - Photographe à News d'Anciennes
Paul aime passer son temps à courir après les véhicules anciens. Au sens large puisque les autos côtoient les trains et les avions !
Il a rejoint l'équipe à l'été 2018.

1 commentaire sur “La Supercinq EBS, le cabrio qu’on aura pas eu !”

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