La Frazer Nash Le Mans Coupé, une auto méconnue aussi élégante que performante

C’est une magnifique mais (trop) rare auto. La Frazer Nash Le Mans Coupé est en plus méconnue du grand public, alors même qu’elle a une histoire plus qu’intéressante. Et puis comme on a pu en voir deux sur les routes du Tour Auto, on s’est dit qu’elle méritait largement qu’on en parle.

Les Frazer Nash de l’après-guerre

Avant la seconde guerre mondiale, Frazer Nash produisait et vendait déjà de très belles autos. On note par exemple que la marque distribuait des Frazer-Nash BMW, qui n’étaient autre que des 328. Mais son histoire prend une toute autre direction après le conflit.

La marque est alors dépositaire des droits de ce moteur. Et cela intéresse Bristol. La société n’est alors présente que dans l’aviation. Elle passe un deal avec Frazer Nash : Bristol produira les moteurs (sous son nom) puisque BMW est dépossédée de ses revendications sur la paternité du 6 en ligne en tant que prise de guerre.

La première auto à recevoir ce moteur est totalement nouvelle. Alors que même des grandes sociétés remodèlent juste leur gamme d’avant-guerre, cela étonne venant de ce petit constructeur. Châssis échelle, triangle inférieur et lame transversale à l’avant, le tout sous une carrosserie minimaliste enveloppant le moteur et avec des gardes boues sur les roues avant. Le moteur se voit doté de chambres hémisphérique et atteint 120 ch.

Assemblées artisanalement à partir de 1948, les High Speed sont renommées Le Mans Replica quand l’une d’elles termine sur le podium des 24h du Mans 1949. La voiture remporte ensuite les Mille Miglia 1951 et Sebring en 1952. Sa réputation est faite et ces noms vont devenir ceux des différentes versions du catalogue.

L’apparition de la Frazer Nash Le Mans Coupé

À partir de 1953, finies les roues simplement enveloppées de garde-boues… Les règlements internationaux exigent des carrosseries enveloppantes. C’est cela qui va donner naissance à une nouvelle auto, la Frazer Nash Le Mans Coupé et la Targa Florio, une auto découverte. On note que c’est d’ailleurs le premier coupé jamais proposé par la marque.

Pour ce qui est de la technique, on a repris ce que la marque avait introduit en 1952 avec la Le Mans Replica MkII. Du coup ce sont des autos plus modernes avec châssis tubulaire mais aussi des roues avant indépendantes et un train arrière monté sur barres de torsion. La belle carrosserie (bien plus jolie que la Targa Florio) de ce coupé est faite en alu.
Niveau moteur, si on est toujours sur la base du BMW 328, les culasses hémisphériques et les trois carbus solex lui permettent d’accrocher les 140 ch tout en restant dans la classe des 2 litres. Pas mal pour l’époque.

La voiture va être produite à 9 exemplaires. On ajoutera aussi 3 autos découvertes, sur la même base mécanique et stylistique qui seront les Sebring.

Les Frazer Nash Le Mans Coupé en course

La première sortie en piste d’une Le Mans Coupé se fait aux 24h du Mans 1953. Si une Le Mans Replica MkII est au départ, l’élégant coupé est piloté par les anglais Wharton et Mitchell. 13e à l’arrivée, elle remporte sa classe !

L’année suivante, la même auto est confiée à Maurice Gastonides et Marcel Becquart. Ils font encore mieux puisqu’ils terminent 11e… mais une Bristol 450, avec le même moteur termine 7e et s’adjuge la catégorie !

Ensuite ce sont les Sebring qui prendront le relais. Elles seront deux au départ des funestes 24h du Mans 1955. Becquart et Stoop terminent à une belle 10e place mais derrière trois Bristol 450 ! Vard et Odlum ont abandonné.

En 1956, Stoop et Gaze abandonneront. Jopp et Stoop seront eux aussi contraints à l’abandon en 1957. On reverra une auto en 1959, engagé par des privés. Dashwood et Wilks ne couvriront que 30 tours pour la dernière apparition internationale d’une Frazer Nash Le Mans Coupé.

Et le Tour de France dans tout ça ? Et bien en fait les Frazer Nash Le Mans Coupé n’y ont jamais couru. Seuls les Le Mans Replica s’y sont effectivement frottées !

Les Le Mans Coupé de nos jours

Neuf exemplaire construits, huit selon certaines sources, évidemment ce ne sont pas des autos courantes.

Deux sont passées aux enchères en 2015, toutes les deux sous le marteau de Bonhams. La première, la verte a été vendue à Bond Street contre 337.500 £, la seconde l’a été lors de la vente du Members Meeting contre 466.666 £.
Aucune référence notable n’est faite aux Sebring dont deux exemplaires sont quelques fois visibles, notamment lors de Le Mans Classic 2016.

Les autos sortent en course lors de grands rendez-vous. On les voit à Goodwood Revival notamment. En France, on peut en voir à certaines éditions du Mans Classic 2016.

Durant le Tour Auto 2019 on a d’ailleurs pu voir en compétition la voiture qui termina 13e aux 24h 1953 (n°159 Macchi – Martrou). Une autre auto était de son côté engagée en régularité (n°4 Strminski – Kurth).

Photos : News d’Anciennes, Les24heures.fr, lemans.eklablog.com,

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

1 commentaire sur “La Frazer Nash Le Mans Coupé, une auto méconnue aussi élégante que performante”

  1. a noter que la voiture portant le n°4 en régularité au Tour Auto est la seule jamais produite en conduite a Gauche… toutes les autres sont RHD

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