Espiritu de Montjuïc 2019 : Que d’eau que d’eau !

Une semaine après le meeting du Castellet, on se retrouve un peu plus au Sud, a côté de Barcelone, pour le démarrage de la saison Peter Auto avec l’Espiritu de Montjuïc 2019. Si les cieux étaient avec nous en Provence, c’est bien différent en Catalogne et les vannes célestes vont s’ouvrir le vendredi et le dimanche avec une belle efficacité.

Jeudi donc, il fait beau et l’exploration des paddocks de l’Espiritu de Montjuïc 2019 à la recherche des belles de la saison se révèle payante. Commençons par les autos du Greatest Trophy. Guillermo Fierro à laissé sa Birdcage au garage et amené sa très belle Maserati 300S. A son côté, un monument du sport automobile, la Jaguar Type E Low Drag Lightweight 49 FXN. N°6 des 12 originales. Cette voiture unique, transformée dès l’origine par ses propriétaires d’alors, Peter Lumsden et Peter Sargent, n’a jamais cessé de courir depuis sa sortie d’usine en 1963 avec la longue liste de ses différents propriétaires. Elle est maintenant propriété de Martin Halusa (également possesseur de la 250SWB Breadvan) et qui engage aussi une Maserati 300S dans cette course. Quelques voitures plus loin, la Ferrari 250 GTO de Carlos Monteverde. Rien que du très beau monde!

En CER1, les bonnes surprises sont également nombreuses. On retrouve avec plaisir la Porsche 908-3 de Peter Vögele, l’Alfa Romeo T33/TT3 de… Martin Halusa. Autre trésor, l’unique McLaren M8C à moteur Cosworth DFV jamais construite. Elle est entre les mains expertes de Marc Devis et Martin O’Connell.

En CER2, la Porsche 935 JLP-3 de Zak Brown et Richard Dean. Cette voiture est la seule à avoir à avoir jamais gagné à Daytona et à Sebring la même année (1982).

Côté Group C, on retrouve avec plaisir les Jaguar Silk Cut et une petite nouvelle, la Sauber C8 aux belles couleurs Kouros. C’est le dernier jouet d’Henrik Lindberg (également propriétaire de la Porsche 962C “Tic Tac”).

Nouvelle série en compétition cette année, les Endurance Racing Legends. Ici encore, des trésors de technologie nous sont présentés. Aston Martin DBR9 de Kriton Lendoudis, Bentley Speed 8 de Shaun Lynn, Ferrari 333SP de Michel Lecourt et Dodge Viper de Olivier Tancogne.

CER1

Comme à l’époque, une 512 M affronte une 917 et des T70. Le combat est arbitré par les “petites” 2 litres Lola et Chevron qui ne s’en laissent pas compter. Les résultats des qualifications (sur piste humide) illustrent très bien cette bataille. En pole, la 512 de Monteverde/Pearson devance la Chevron d’Alexander Furiani et celle de Maurizio Bianco. Le quatrième temps est pour la T70 de David Hart et le cinquième pour la Lola T212 de Serge Kriknoff. La 917 se contente de la sixième place.

En course, la piste est asséchée et Claudio Rodaro (917) fait parler la poudre en devançant David Hart (T70), Alexandro Furiani (Chevron B19), Sege Kriknoff (Lola T212) et Monteverde/Pearson (512).

Saluons la première victoire de Claudio Rodaro avec son historique 917-008. Ce châssis qui courut au Mans en 1969 (en tête pendant 18 heures, avec Elford et Attwood, avant des problèmes d’embrayage) à ensuite permit à John Wyer et son équipe de résoudre les problèmes aérodynamiques des 917 et devenant de ce fait la première 917K.

En GT, les essais sont dominés par Michel Lecourt et Raymond Narac qui ont troqué leur 911 RSR 74 pour une Ford GT40 avec semble-t-il bonheur. Ils devancent une autre GT40 (Mr John of B/Ayari), la Pantera de Von Der Lieck/Kelleners, la RSR de Daniele Perfetti et celle Didier Denat.

En course, c’est l’équipage Mr John of B/Ayari qui est le plus rapide devançant Lecourt et Narac, Von Der Lieck/Kelleners, Daniele Perfetti et Didier Denat.

CER2

Là encore, affrontement entre trois litres et deux litres. Les essais reviennent à une “grosse” menée par un jeune pilote à suivre: Maxime Guénat. Il pilote la voiture qui a apporté le titre à Papa l’année dernière mais ça n’enlève rien à son talent. Il devance la Lola T292 de Max Goff/Chris Fox, la Toj SC 304 de Yves Scemama, la Lola T298 de Yves Lafargue et la Chevron B26 de Henry Fletcher.

La course va confirmer cette hiérarchie sauf que, l’expérience va primer sur la jeunesse. Yves Scemama, malheureux ici l’an dernier (perte de freins) l’emporte devant deux jeunes : Henry Fletcher et Maxime Guénat. Les trois se tiennent en en 3″5 et devancent Paul Lafargue et Franck Morel.

Espérons que cette belle victoire en CER2 console Yves Scemama de la destruction de sa Capri en HTC.

En GT, une petite nouvelle fait son apparition, la Lotus Esprit. Si elle ne peut prétendre à un premier prix de beauté, elle n’en demeure pas moins très efficace et fait jeux égal avec les belles BMW M1.

Aux essais qualificatifs, c’est donc la BMW M1 Procar de Sebastien Glaser qui prend la pole devant la Lotus Esprit de Greg Caton, l’autre M1 de Guenther Schindler, la Porsche 935 de Zak Brown et la Lancia Beta Monte Carlo de Franco Meiners.

La course de 60 minutes va donner une répartition différente des prétendants. C’est en effet Schindler qui empoche la victoire devant Greg Caton, la Porsche 934 d’Alex Caffi/Andrea Bianca, la Porsche 934/5 de Hans Jörg Hübner et la M1 de Sebastien Glaser.

Endurance Racing Legends

Ce plateau, découvert avec intérêt l’an dernier en démonstration, voit s’affronter des Protos et des GT des années 1990 à 2000. Elle va cette année, selon des critères inconnus, être parfois en course, parfois en démonstration. Pour l’Espiritu de Montjuïc 2019, c’est jour de chance et donc de course. 21 voitures prennent part aux essais et pas des plus anodines.

La séance d’essais se déroule sous une pluie battante et Shaun Lynn préfère ne pas mettre en danger sa superbe Bentley et ne roule pas. Ce sont donc les GT qui vont bénéficier de la météo et un Lendoudis (DBR9) très en forme s’adjuge la pole en étant près de 8 secondes plus rapide que Mirco Seiler (Corvette Z06) suivi de Maurizio Fratti (996 GT3) Xavier Micheron (Lola B98/10) et Michel Lecourt/Raymond Narac (Ferrari 333SP).

La première des deux courses se déroulant sur piste sèche, Shaun Lynn roule et part en fond de grille. Lecourt et Narac montrent leurs ambitions et prennent la tête dès le premier tour mais Shaun Lynn remonte inlassablement. Au 10 ème tour, la Bentley prend la tête et va creuser l’écart. Sous le drapeau à damier, la Bentley devance la Ferrari de plus de 15″. Suivent Xavier Micheron (Lola B98/10), Xavier Galant (Panoz Esperante GTR1) et Olivier Tancogne (Viper GTS/R).

La seconde course se déroulant à nouveau sur une piste très humide, Shaun Lynn ne prend pas le départ. Il laisse donc la route ouverte à Lecourt et Narac qui, sans faillir, passent en tête la ligne d’arrivée. Suivent dans l’ordre Lendoudis, Seiler/Wiget, Morel et Jean.

Group C Racing

Deux séances de qualification et deux courses sont au menu de l’Espiritu de Montjuïc 2019.

La première séance d’essais voit la nette domination de la Mercedes C11 de Lendoudis/Aguas. Elle précède la 905 de Dominique Guénat, la Jaguar XJR11 de Vercoutère/Müller, la Nissan R90 CK de Pierre Alain et Erwin Franc et la Porsche 962C de Lecourt/Narac.

La seconde séance d’essais est très… humide. Dans ces conditions difficiles, c’est Vercoutère et Müller qui s’en sortent le mieux devant Lecourt/Narac, Lendoudis/Aguas, Shaun Lynn et Philippe Colançon.

La première course se déroule sur piste humide et ce sont les Spice qui vont la dominer devant les Jaguar. L’arrivée voit donc la victoire de Mike Wrigley qui devance Tony Sinclair, Vercoutère et Müller, Shaun Lynn et Max Von Braumühl.

La seconde course se déroule sur piste et sèche et va voir un évènement attendu depuis longtemps: la victoire de Dominique Guénat et sa magnifique 905. Il est suivi (à plus de 32″!) par Lendoudis, Wrigley, Sinclair et la famille France.

Bravo donc à Dominique Guénat qui voit une ténacité et un investissement considérables trouver leurs justes récompenses après trois ans de doutes autour de cette voiture magique mais capricieuse et fragile.

Heritage Touring Cup

Ce plateau est traditionnellement très fournit. À l’Espiritu de Montjuïc 2019, il respecte cette tradition avec 35 concurrents qui s’alignent pour la séance de qualification.

Ce sont, sans surprise, les dominants de la saison dernière que l’on retrouve aux premières places : Christian Traber est donc le plus rapide devant Steve Dance, Chritophe Van Riet, Charles Firmenich et Ben Gill.

A l’issue de l’heure de course, c’est Christian Traber qui le premier voit le drapeau à damier. Il devance respectivement Michael Erlich, Thierry de Latre Du Bosqueau, Damien Köhler et Firmenich/Moser.

Sixties’ Endurance

Cette course est toujours outrageusement dominée par les Cobra dont pas moins de 11 sont au départ! (pour un total de 43 concurents).

Aux essais qualificatifs, sous la pluie, on retrouve donc 4 de ces cobras aux quatre premières places et la petite Lotus XI complétant le quinté. Dans l’ordre: Carlos Monteverde, David Hart, Charles Firmenich, Thierry de Latre Du Bosqueau et Sandy Watson.

Les deux heures de course de l’Espiritu de Montjuïc 2019 se déroulent sur le sec et sans surprise, les cinq premières places sont occupées par cinq Cobra!

C’est l’équipage Thierry de Latre Du Bosqueau/Cristophe Van Riet qui monte sur la première marche devant Ben Gill, la famille France (Cobra Daytona), Carlos Monteverde/Gary Pearson et Charles Firmenich/Henri Möser.

The Greatest Trophy

Place aux très belles et rares autos pour ce plateau prestigieux.

Les essais qualificatifs se déroulent sous la pluie ce qui n’empêche pas les courageux pilotes de prendre la piste. En tête de ces courageux, Lukas et Martin Halusa devant Carlos Monteverde, Yves Vögele, Carlo Vögele et Peter Vögele (un virus familial!).

La première course se déroule sur le sec et voit la famille Halusa confirmer sa forme en gagnant largement devant Monteverde/Pearson, Yves Vögele, Guillermo Fierro et Jan Glijzen.

La seconde course, également sur le sec, est beaucoup plus animée que la première.

Après le départ en pole de la Jaguar, il ne faut que deux tours à la GTO pour prendre la tête qu’elle va garder jusqu’au onzième tour où elle doit abandonner, c’est alors la Bizzarini qui prend le commandement suivie comme son ombre par la Jaguar (647 millièmes sur la ligne d’arrivée !).

Autre curiosité du quinté victorieux, un même équipage (Halusa/Halusa) est à la fois second et cinquième. Le classement est donc le suivant : Christian Bouriez (Bizzarini 5300 GT), Lukas Halusa/Martin Halusa (Type E), Jan Glijzen (275 GTB4), Carlo Vögele (Guilia TZ) et Martin Halusa/Lukas Halusa (Maserati 300S).

Porsche 2.0L Cup

Lancé la saison dernière, cette série monotype est donc réservée aux Porsches 911 2.0L exclusivement.

24 pilotes s’élancent pour les essais qualificatifs et à l’issue de cette session, le classement est le suivant : Andrew Smith/Oliver Bryant (vous vous souvenez du Tour Auto l’année dernière), Sandy Watson/Andrew Kirkaldy, Mark Sumpter, Richard Cook/ Harvey Stanley et Oscar Rovelli. Oui, cette série est outrageusement dominée par les Britanniques.

A l’issue des 90 minutes de course, le classement est le suivant: Andrew Smith/Oliver Bryant, Mark Sumpter, Xavier Dayrault, Richard Cook/ Harvey Stanley et.. Halusa/Halusa !

Conclusion

Malgré une météo capricieuse, Peter Auto nous a encore offert un Espiritu de Montjuïc 2019 exceptionnel avec une recette maintenant bien au point : Plein de belles autos, plein de bons pilotes, une belle organisation, tout ceci donne de belles courses et donc un moment très agréable.

Seul petit regret, le déroulement intermittent (course, démo) du plateau Endurance Racing Legends qui a dès cette course prouvé son efficacité.

On termine avec quelques photos supplémentaires.

En 60s Endurance :

En CER 1 :