Sugga : le Volvo que Red-Bull s’est approprié

Dans la série Canadienne, j’ai croisé un drôle d’engin : le Sugga. C’était dans le parking souterrain de la cité internationale de Montréal. Je me suis garé quasiment à côté de ce monstre. Quel était-il ? Je n’en savais rien. J’ai shooté avec mon « honorable Honor 8 » que j’avais sous la main. Mais je savais que quelque chose de spécial se cachait derrière cet imposant engin !

Un design particulier, commençant à dater, et un logo Red-Bull sur les portières. Voilà ce qui a attiré mon attention. Après quelques recherches rapides, je n’ai pas été déçu et je partage cette information au cas où vous croisiez un jour ce monstre !

A la base, c’était un Volvo PV800 Series « Sugga » TP21 de 1957 destiné aux communications. Au passage, on peut noter le côté charmant du diminutif de l’engin, Sugga signifiant truie en suédois !

La série PV800 était à l’origine en 1938, et le restera jusqu’en 1958, un véhicule à forte habilité « 4-doors Saloon » destiné à être utilisé comme taxi en suède. Il assura plus qu’honorablement cette fonction dans les années 40 et 50. Mais cette base fut utilisée pendant la seconde guerre mondiale : Volvo réalisa un « rejeton illégitime » de sa série PV800 avec des éléments de camions légers de la marque pour générer le Tärrengpersonvagn m/43 (ou TPV) : un véhicule tout terrain au museau de camion et à l’habitabilité d’un taxi destiné à l’armée suédoise. Ce dérivé fut donc produit de 1944 à 1946. En 1953, Volvo relança une production de véhicule tout-terrain destiné à l’armée mais aussi aux civils. Selon les cas, il fut désigné RAPTGB 915 par l’armée, ce qui correspondait chez Volvo au TP21/P2104 dans la version militaire et au P2104 dans la version civile. Mais tous conserveront ce diminutif de Sugga. Un concept qui pourrait se rapprocher de ce qu’on a connu en France avec les Renault Prairie et Colorale (on en parle ici).

Et c’est la version militaire qui nous intéresse ici puisque c’est cette base produite de 1953 à 1958 à seulement 720 exemplaires que Red-Bull a utilisé pour produire son Sugga, exemplaire unique.

Base ? Produire ? Oui, car seule la carrosserie, et encore rallongée, a été utilisée par le fabricant de boissons énergisante. Donc à partir d’un rejeton illégitime, Red-Bull a créé un mutant !

Exit donc le châssis Volvo, bonjour le châssis (et le moteur V8 de 6,2 litres Flex-Fuel de 385 chevaux à 5750 t/min) du Ford F-350, dont la longueur est à l’origine de l’augmentation de longueur de la carrosserie. Le Dr Frankenstein à l’origine de ce monstre est l’entreprise canadienne, basée à Vancouver, 360 Fabrication.

Mais la spécificité du Sugga Red-Bull n’est plus d’être un puissant franchisseur et le seul but du châssis est de permettre à ce monstre de plus de 4,5 tonnes de parcourir chaque année quelques milliers de kilomètres, pour aller de gros événement en gros événement partout au Canada. Il est en effet le fer de lance de la flotte Canadienne de Red-Bull constituée de 3 autres véhicules.

A l’intérieur, l’aménagement dédié aux communications d’origine a laissé place à la technologie dernier cri en matière de Dance Machine : 7500 watts de puissance audio et un équipement digne d’un David Guetta, d’un Martin Solveig ou tout autre grand DJ de la sphère électro.

Que l’on aime ou pas ce type de transformation, ce véhicule reste exceptionnel et unique au monde, et a été pour moi (et pour vous qui lisez peut-être aussi) l’occasion de découvrir le Volvo TP21.

 

Fabien
Un lion et un cheval cabré m'ont fait aimer les voitures de mon enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des légendes, Fangio-Moss-Hawthorn, m'ont conduit à me passionner pour des bolides plus ancien.
A mon tour de partager avec vous.

3 commentaires sur “Sugga : le Volvo que Red-Bull s’est approprié”

  1. Pour avoir vu ce monstre régulièrement dans les rues du Vieux Montréal, c’est intéressant d’en connaître plus sur l’origine du véhicule! Je me disais que le chassis devait être un de Hummer vu la largeur du truc!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.