Grand Prix de Monaco Historique 2018 : Retour sur un week end complètement fou

Le Grand Prix de Monaco Historique 2018, onzième édition avait lieu le week end dernier sur le célèbre tracé monégasque. Comme tous les deux ans, c’est plus de 150 monoplaces, qui s’étaient données rendez vous pour en découdre, sur ce circuit si atypique, dans les rues de la principauté. 

Avant de vous présenter cet événement si particulier, je me dois de partager avec vous mon expérience personnelle avec ce circuit. Une expérience qui dure depuis pas loin de trente ans. En effet, Monaco c’est un peu mon jardin, puisque enfant déjà, mon père m’y amenais pour voir les essais. J’ai ce souvenir indélébile, d’y avoir vu Senna, Prost, Schumacher et Hill se disputer la pôle position en 1993. J’avais certes 6 ans, et pourtant j’avais déjà la sensation de vivre quelque chose d’exceptionnel.

Aujourd’hui, ils représentent pas moins de quinze titres de champion du monde à eux trois. S’en est suivi pour moi, pas loin d’une dizaine de week end de course à Monaco. Des week end qui m’ont permis de me familiariser avec cette ville, qui aujourd’hui, n’a aucun mystère pour moi. Paradoxalement, c’était la première fois que je me rendais au Grand de Monaco Historique.

Entre les examens scolaires, et les imprévus de la vie, cet événement me fuyait. Au même titre d’ailleurs que les Mille Miglia auxquels je me suis également rendu quelques jours après cet événement. Voilà pour la petite histoire, les liens que j’ai avec ce lieu si particulier. A moi maintenant de vous faire vivre le spectacle fabuleux auquel j’ai pu assister durant ce 11ème Grand Prix de Monaco Historique 2018.

Série A : Voitures de Grand Prix et Voiturettes d’avant-guerre

Nous allons débuter avec la Série A. Cette catégorie regroupe des voitures de Grand Prix allant de 1925 à 1939. Elle est composée essentiellement de Bugatti, de Maserati et d’Era. C’est la série la plus lente du week end, mais pas la moins impressionnante, loin de là. Avec leurs grandes roues étroites, ces voitures demandent un sérieux coup de volant pour pouvoir être exploitées dans les rues de Monaco. On peut regretter l’absence d’Alfa Roméo, des voitures qui ont marqué cette période au sein de la célèbre Scuderia Ferrari.

C’est l’Irlandais Paddins Dowling, au volant de sa Era R5B qui a emporté la série A du Grand Prix de Monaco Historique 2018. Une voiture pilotée à l’époque par le prince “Bira” au Siam, notamment lors de sa victoire au GP d’Albi 1936. Second  Michael Gans termine juste devant Anthony Sinopoli au volant de la Maserati 6CM/4CM victorieuse en 1936 à l’Eifelrennen 1500, aux mains de Felice Trossi.

 Série B : Voitures de Grand Prix F1 et F2, avant 1961

La Série B concerne quant à elle les débuts du championnat du monde de Formule 1. Un championnat qui a vu le jour en 1950. Pour rappel, en 1952 et 1953, le championnat fut disputé sous la réglementation Formule 2, suite au retrait des principaux constructeurs de Formule 1. Retrait d’Alfa Romeo, de Talbot-Lago, de BRM et fin du partenariat Simca-Gordini, c’est pourquoi certaines F2 sont éligibles .

Une catégorie remportée par Tony Wood sur sa Tec-Mec F415. Une voiture qui n’est autre qu’une Maserati 250F allégée, engagée en 1959 par une écurie privée, suite au retrait de Maserati de la compétition. Une victoire acquise devant deux Lotus 16, celles de Nick Padmore et Joachin Folch. Celle de Nick Padmore, été pilotée en 1958 par Graham Hill ( 6 Grand Prix ) et celle de Joachin Folch en 1959 par Innes Ireland et Graham Hill également. Les trois pilotes sur le podium sont engagés dans plusieurs catégories lors de ce Grand Prix de Monaco Historique 2018.

Série C : Voitures de Sport – moteur avant (1952-1957)

Les voitures de sport à moteur sont également mises à l’honneur lors de ce 11ème Grand Prix de Monaco Historique. Des voitures qui avaient couru sur le circuit de Monaco le 2 juin 1952. Une course hors championnat réservée aux moteurs avants. Elle avait été remportée à l’époque par Vittorio Marzotto devant Eugenio Castellotti. Les cinq premières places revenant aux redoutables Ferrari 225S.

Ce week end la course s’est couru sous des trombes d’eau. Des conditions dont a profité Chris Ward, pour s’imposer au volant d’une Cooper Jaguar T33 de 1954, une voiture qui a participé aux dernières Mille Miglia en 1957. Second et troisième au volant de Lister Bristol, Ben Short et Tony Wood a terminé respectivement à plus de 30 secondes et une minute du vainqueur.


Série D : Voitures de Grand Prix F1 (1961-1965)

Avec la catégorie D, on entre de plain-pied dans l’ère des moteurs arrières. Finis les moteurs en position avant si chers au Commendatore. La F1 fait un grand pas en avant. D’ailleurs pour freiner l’escalade des performances, la cylindrée maximale des Formule 1 passe de 2,5 à 1,5 litre. Une période dominée par Ferrari, Lotus et BRM.

Ce week end pour le Grand Prix de Monaco Historique 2018, c’est le Britannique Andy Middlehurst qui l’a emporté. La Lotus 25 qu’il pilotait est celle avec laquelle Jim Clark a terminé 8ème à Monaco en 1963, avant de remporter à son volant sept grand prix en 1962 et 1963, année de son premier titre de champion du monde. C’est avec ce modèle que Colin Chapman a introduit le châssis monocoque, qui a révolutionné la F1 à cette époque.

Second, Joseph Colasacco pilotait lui une sublime Ferrari 1512. Une voiture avec laquelle Lorenzo Bandini est arrivé 4e au Grand Prix d’Italie 1965. Enfin sur la troisième marche du podium, on retrouve James King et sa Brabham BT7. Une voiture qui a débuté à Monaco en 1963 et qui a été pilotée par Dan Gurney, Jack Brabham et Denis Hulme ( 2 champions du monde ). Aux mains de Dan Gurney, elle a remporté les GP de l’ACF et du Mexique 1964.

Série E : Voitures de Grand Prix F1 (1966-1972)

En 1966, nouveau changement de réglementation. La cylindré maximale autorisée des moteurs passe à 3.0 litres. Principalement pour que la F1 redevienne la catégorie reine de la course automobile. Un statut qui devenait contesté par les prototypes engagés en endurance. Mais la série E, c’est aussi l’apparition d’un moteur mythique, le fameux V8 Cosworth DFV (lire : Histoires de moteurs : les Cosworth). Un moteur en avance sur son temps, qu’on retrouvera également dans les catégories F et G ci dessous.

Concernant les modèles présent cette année pour ce Grand Prix de Monaco Historique, trois Ferrari 312B, une Matra MS120C dont mes oreilles se souviendront éternellement, ainsi que des Lotus, Surtees, Brabham, Mclaren … A noter la présence de quelques célébrités, les pilotes Andy Soucek et Paulo Barilla mais aussi le célèbre aérodynamicien Adrian Newey sur une Lotus 49B. La victoire est revenue au pilote Björn Wirdheim sur l’ancienne March 711 d’Henri Pescarolo ( 1971 ) et Carlos Pace ( 1972 ). Stuart Hall second, était quant à lui au volant de la McLaren M19A victorieuse au GP de d’Afrique du Sud 1972 aux mains de Denis Hulme. La troisième place est revenue à la Surtees TS9 de Michael Lyons qui aura été sur tous les fronts lors de ce Grand Prix de Monaco Historique 2018


Série F : Voitures de Grand Prix F1 (1973-1976)

L’ancien pilote de F1 Alex Caffi, le triple vainqueur des 24 heures du Mans Marco Werner, et bien d’autres noms composent la série F. Une série rendue célèbre grâce au film Rush, mettant en scène le duel Lauda / Hunt. La grosse révolution en 1973 étant l’obligation faite aux constructeurs d’adopter des structures déformables, afin d’améliorer la sécurité. Un changement de réglementation qui entraîna une modification de la conception des voitures. Les radiateurs latéraux se sont généralisés et par conséquent les formes anguleuses sont apparues.

Durant ce Grand Prix de Monaco Historique 2018, c’est Michael Lyons qui l’a emporté au volant d’une McLaren M26 ex-James Hunt / Jochen Mass. Second comme en Série E, on retrouve le Britannique Stuart Hall. Toujours au volant d’une McLaren mais cette fois d’une M23. Une voiture qui a terminé troisième lors de son premier GP en 1973, en Allemagne, avec Jacky Ickx et a remporté le Grand Prix du Canada avec Peter Revson. Troisième durant cette course, Marco Werner était lui au volant de la mythique Ferrari 312B3 qui a réalisé la pôle position ici à Monaco, en 1974, aux mains de Niki Lauda.


Série G : Voitures de Grand Prix F1 (1977-1980)

On termine avec la série G qui correspond à l’apparition en 1977, de la Lotus 78, de l’effet de sol. Une solution que tous les constructeurs ont rapidement adopté. Le pilote va être positionné très en avant afin de loger tout le carburant entre le moteur et le cockpit. Le but étant bien entendu d’affiner la coque, et de libérer de l’espace. Le tout, afin de produire sous les pontons de l’effet de sol. Les vitesses de passage en courbe vont exploser, et par conséquent les forces encaissées par les pilotes vont décupler.

Le plus assidu ce week end au Grand Prix de Monaco Historique 2018 étant Martin O’Connell et son ATS D4 de 1980 ex-Marc Surer. Second, Nick Padmore sur sa Shadow DN9, pilotée le plus souvent à l’époque par Clay Regazzoni. Et enfin troisième au volant d’une Arrows A3 ex-Jochen Mass, Jordan Grogor.

Conclusion : Un événement à couper le souffle

Si la Formule 1 et plus particulièrement son histoire vous passionne, c’est sans aucun doute l’événement planétaire à ne pas louper. Le plateau est sensationnel, l’organisation parfaite, et le spectacle hors norme. On peut dire que le Grand Prix de Monaco Historique est à la F1 ce que le Mans Classic est à l’endurance. L’un comme l’autre ont lieu tous les deux ans, et se pratiquent sur un circuit ouvert spécialement pour l’occasion. Le plus difficile étant maintenant de patienter plus de 700 jours pour se rendre à la prochaine édition. Pour ma part, je vous donne rendez vous dans quelques jours pour un autre article sur le Grand Prix de Monaco Historique 2018, dans lequel je vais partager avec vous l’ambiance des paddocks, la parade Porsche, et la parade “F1 Héritage” dans lesquels vous le verrez, une pluie d’anciens pilotes étaient présents.

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Cédric
Rédacteur & Photographe à News D'anciennes
Passionné par la course automobile et par son histoire depuis son plus jeune âge, c'est au début de l'année 2016 qu'il a rejoint l'équipe News d'Anciennes.
Amoureux des voitures italiennes et plus particulièrement des Ferrari, c'est pourtant au volant d'une Porsche 944S2 Cabriolet qu'il parcourt les routes du Grand Est le week end.

9 commentaires sur “Grand Prix de Monaco Historique 2018 : Retour sur un week end complètement fou”

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