Chris Amon (1943 – 2016), 50 ans après Le Mans

Nous venons d’apprendre le décès de Chris Amon. Le pilote Néo-Zélandais, longtemps animateur des Grand Prix de F1 et des courses d’endurance s’est éteint des suites d’un long cancer à l’age de 73 ans.

Chris Amon, le jeune premier sans réussite

Chris Amon était très précoce. Après avoir couru en Nouvelle-Zélande au volant d’une Austin et d’une antique Maserati 250 F, il arrive en Europe en 1963. Très vite il va courir en F1, à partir du Grand Prix de Belgique. A seulement 20 ans, c’est une attraction.

Dès 1964, deux points inscrits sur une Lotus 25 BRM lui permettent d’être classés 16e au championnat. Parallèlement, on le voit sur des voitures de Sport. 1000km du Nürburgring, 12h de Reims et 1000km de Paris en Ferrari 250 GTO, et ses premières 24h du Mans sur une Shelby Cobra Daytona !

En 1965, il ne dispute que deux course de F1. Mais Shelby lui fait confiance dans son équipe qui vient de récupérer la préparation et une partie de l’exploitation des Ford GT40. Il abandonne à Monza avec Maglioli, et finit 8e au Nürburgring avec McLaren et Hill, excusez du peu ! En parallèle, il s’est rapproché de Bruce McLaren qui l’engage régulièrement sur des Elva en Grande Bretagne.
Il abandonne au Mans avec Phil Hill, et après une pige sur une Bizzarrini 5300 à Zeltweg, il va être assigné au développement du Roadster Ford GT40 X1.

1966, les premières victoires internationales

En 1966, il démarre avec une 5e place aux 24h de Daytona. La Ford GT40 n’est pas encore au top de la fiabilité et on ne le verra à l’arrivée qu’aux 24h du Mans.
Aux côtés de Bruce McLaren, il remporte la courses sur une GT40 MkII. C’est la première des 4 victoires de suite de Ford, et le premier grand succès d’Amon.

Il ne fait qu’un Grand Prix, en France pour une triste 8e place sur une Cooper Maserati, et ne se qualifie pas sur une Brabham en Italie. Mais dans l’entrefait, Chris Amon s’est fait remarqué. En battant les Ferrari au Mans. Enzo Ferrari lui-même le convie à Maranello et pour la première fois, le pilote Néo-Zélandais se voit offrir un contrat d’une saison complète en F1.
Toute l’année, pour le compte de McLaren, il pilote son Elva en Angleterre puis en CanAm. Résultat, trois podiums !

En 1967, début de l’ère rosso de Chris Amon. Sa saison commence bien, victoire de 24h de Daytona avec Bandini sur une Ferrari 330 P3. La F1 a commencé, mais sans les Ferrari, absentes en Afrique du Sud. La Ferrari 330 P4 réussit également à Chris Amon qui remporte, toujours avec Bandini, les 1000km de Monza.

A Monaco pour son premier GP pour la Scuderia, il n’est que 14e sur la grille, mais troisième à l’arrivée. 4e en Hollande, sa première désillusion de l’année est pour les 24h du Mans, où, associé à Vaccarella, il abandonne.
Il se rattrape en prenant la 3e place à Spa en F1. Malgré un abandon sur le Bugatti en F1, oui c’est l’unique GP de F1 au Mans, il fait 3e en Angleterre et enchaîne sur une 2e place au 6h de Brands Hatch. Continuant sur sa lancée, il est 3e sur le Nurb en F1 puis 4e au Canada.
Il ne marque pas de points sur les deux dernières courses, ce qui ne l’empêche pas d’être 4e au championnat du Monde de F1.

A la fin 1967, il va même mener l’offensive Ferrari en CanAm, avec la frêle P4. Face aux V8 américains, une 5e et une 8e place seront des lots de consolation.

Moins de résultats à partir de 1968

En 1968, il va signer trois pôles position en F1, en Espagne, en Belgique et aux Pays Bas. Son seul podium sera en Angleterre, avec une seconde place. Il ne marquera que 10 points pour une 10e au championnat.
Pas de programme Sport Prototype cette année là, mais un programme réduit en série Tasmane sur Ferrari 350 P4 et un final désastreux en CanAm avec la mal née 612P.

En 1969, la Ferrari 312P de Sport Prototype est performante. Avec Andretti il finit 2e des 12h de Sebring, et avec Rodriguez, 4e à Brands Hatch. Les autres courses vont être une triste série d’abandons. Comme en F1. Malgré de bonne qualifs, Chris Amon enchaîne les abandons. Sa seule arrivée sera à Zandvoort, troisième. Après l’Angleterre, ne pouvant attendre le futur moteur à plat, il quitte la Scuderia.
Cela ne l’empêche pas de courir sur une 612 en CanAm. Avec deux troisième place à Watkins Glen et Mid-Ohio et une seconde place à Mid-Ohio, la saison part bien. Hélas, plus aucune arrivée sur les 6 autres courses.

Pour 1970 Amon disputera deux programme. Il pilotera une March 701 officielle en F1 et quelques courses sur Ferrari 512S en Sport Prototype. Sur cette dernière il finit 5e à Brands Hatch puis à la fois 2e et 4e à Monza ! Néanmoins, après deux abandons, on ne l’y verra plus.

Sur la March, sa première arrivée est hors championnat, il gagne l’International Trophy à Silverstone ! C’est le déclic. Il va faire 2e avec le meilleur tour en Belgique, et il n’abandonnera qu’aux Pays Bas et en Allemagne. 2e France, 5e en Angleterre, 3e au Canada, 5e aux USA et 4e au Mexique, ses 23 points le mènent à la 8e place du championnat.
En fin d’année, il court également sur une March 707 en CanAm avec deux 4e place et une 5e.

Chris Amon sur voitures françaises

Pour 1971, c’est en pilote Matra qu’on retrouve Chris Amon. Sa saison de F1 sera un peu terne. Quatre arrivées dans les points, dont la 3e place en Espagne et une pole position en Italie l’emmèneront à la 9e place du classement.
En Sport Prototype, il fera les 24h du Mans sur une Matra MS660 avec Beltoise, pour un abandon, et les 1000 km de Paris avec le même Beltoise pour une modeste 13e place.

Pour 1972, il est une nouvelle fois sur Matra. Après une absence au départ et un abandon, il enchaîne sur deux 6e place à Monaco et en Belgique. Aux 24h du Mans, associé à Beltoise sur une MS670, il abandonne. Juste après, il signera la pôle (record du tour du circuit de Charade dont on vous parlait la semaine dernière) et la troisième place du GP de France. Une 4e place en Angleterre, une 5e en Autriche et une 6e au Canada et cela fera 12 points pour une 10e place au championnat.

Matra se retire de la F1 à la fin 1972. Heureusement, en Sport Prototype c’est un programme complet qui l’attend, sur le papier du moins. Sur une MS670B, il finit 3e à Spa avec Pescarolo et Larrousse. Il court le GP quelques jours plus tard sur une Tecno du Martini Racing, qu’il mène à la 6e place ! En parrallèle, il court aussi sur une BMW 3.0 CSL. Il abandonne au Mans, mais gagnera les 6h du Nürburgring avec Stuck. A la fin de l’année il fera une course sur Tyrell pour une modeste 10e place au Canada.

Chris Amon constructeur, puis retraité

Pour 1974 il est à pied ! Il crée donc une F1. Comme beaucoup de petits à l’époque, c’est le V8 Ford qui fait tout. La voiture, la Amon AF101 ne prendra le départ qu’une fois, en Espagne pour un abandon. S’en suivront deux non qualification en Italie et en Allemagne !
Il termine la saison avec deux piges sur Motul BRM, un abandon et une 9e place à la clé.

Pour 1975, il ne fera que deux courses pour Ensign, deux douzièmes place en Italie et en Autriche.

En 1976, il sera plus heureux, avec une 5e place en Espagne qui lui offrira ses deux derniers points en F1. Il finira la saison avec le Walter Wolf Racing dont les Williams ne lui apporteront aucun départ de plus. Il fera sa dernière course en 1976, 10 ans après sa victoire au Mans, en CanAm sur une Wolf Dallara WD01, une 16e place à la clé.

50 après sa victoire au Mans, Chris Amon nous a donc quitté, avec un palmarès bien maigre au regard du nombre de courses mythiques auquel il a pris part et au nom des autos qu’il a piloté.

Nos pensées vont à sa famille.

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Une réflexion au sujet de « Chris Amon (1943 – 2016), 50 ans après Le Mans »

  1. Chris Amon fut pendant de très nombreuses années un de mes pilotes préféré .Sa distinction ,sa discrétion ainsi que son bon coup de volant resteront à jamais gravé dans ma mémoire.

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