Porsche 550 Coupé, un toit pour ouvrir le bal

Porsche 550 Coupé, un toit pour ouvrir le bal
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Porsche 550 Coupé, un toit pour ouvrir le bal
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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On va s’attaquer à un sacré morceau en vous proposant de vous replonger dans l’histoire de la mythique 550. Mais avant de parler des 550 Spyder, on va revenir sur la méconnue histoire des Porsche 550 Coupé.

La première Porsche pour la course

La Porsche 356 est sortie en 1948 et très vite quelques autos se retrouvent engagées en compétition… par leurs clients. En fait il va falloir attendre pour que l’usine se lance avec une voiture revue : ce sera la 356 SL aux 24h du Mans 1951. On la reconnait, avec ses roues carénées et elle peut compter sur son moteur abaissé à 1086 cm³ pour viser la classe des 1100. Le succès est là d’emblée avec la victoire de classe de Veuillet et Mouche en 1951 et même le doublé avec une nouvelle victoire en 1952.

Mais un championnat des voitures de sport se profile et Porsche, encouragé par les retombées des premiers succès manceau, s’y intéresse. Seulement les Porsche 356, même modifiées sont un peu justes. Alors on va se remettre au travail. Deux projets sont lancés en parallèle, les 547e et 550e du bureau d’étude (qui donne le nom des modèles à l’époque).

Le projet 547 est mené par Ernst Fuhrmann. Il s’agit de créer un moteur de compétition, toujours un 4 cylindre à plat, mais vraiment conçu pour la course et plus dérivé d’un moteur de grande série.

Le projet 550, mené par Wilhelm Hild va donner la Porsche du même nom. Il vise à créer une nouvelle auto de course. Pour le coup on va chercher l’inspiration du côté d’une auto déjà existante. Il s’agit d’une barquette créée par Walter Glöckler, l’agent VW de Francfort et l’un des premiers à avoir fait courir une Porsche. En plus d’avoir dessiné une barquette particulièrement intéressante en terme de format pour la course, elle possède un moteur central. En fait il a “simplement” retourné l’arrière de la voiture. Du coup le moteur n’est plus en porte à faux !

Pour la future auto on créée un châssis tubulaire, comme Porsche avait rêvé de le faire sur la 356. Il est de conception relativement simple, en échelle, avec 6 traverses. Les trains sont directement repris de la 356 mais renforcés pour pouvoir supporter plus de charge.

Pour le moteur, le projet 547, portant sur l’étude d’un moteur permettant à l’auto de rentrer dans la classe des 1500, n’est pas prêt. Nous sommes alors au début de l’année 1953 et les débuts de l’auto sont prévus pour les 24h du Mans. Il faut faire vite. De fait on utilisera le 1498 cm³ de série, mais tout de même préparé. Des 60ch de base on arrive à l’amener jusque 110 ch avec une compression maximale et un carburant gavé à l’alcool. Mais pour améliorer la fiabilité on gardera une compression plus basse permettant tout de même de sortir 78 ch. On note également qu’on lui greffe un radiateur d’huile qui sera placé à l’avant de la voiture.

Pour la carrosserie maintenant, c’est là que ça devient intéressant.

La Porsche 550 débarque

Pour la carrosserie on part sur une Porsche 550 Coupé. Il ne faut pas oublier qu’on vise les 24h du Mans et que le circuit sarthois fait la part belle à la vitesse. Du coup l’aéro d’un coupé étant bien plus intéressante que celle d’une auto ouverte, c’est là dessus que l’on part. Le toit sera bas, très bas, et les formes rappelleront la 356 mais privilégieront surtout la finesse. Pour le poids, on fera évidemment appel à de l’aluminium et c’est Weidenhausen, un spécialiste de Francfort, déjà à l’œuvre sur la barquette Glöckler, qui se chargera de la production.

Néanmoins la carrosserie n’est pas prête à temps ! Du coup c’est une carrosserie découverte qui est utilisée pour la première course de la Porsche 550. Nous sommes à l’Eifelrennen 1953 sur le Nürburgring et on retrouve un certain Glöckler au volant. Encore lui ? Non, ce n’est pas Walter mais son cousin Helmut qui est au volant.

Pour le coup il aurait préféré avoir un toit quand on voit la pluie qui tombe sur le circuit. Il l’emporte néanmoins devant des Veritas, AMF et EMW. La Porsche 550 s’offre donc le luxe de gagner sa première course. Beau début.

Les 24h du Mans 1953 : les débuts de la Porsche 550 Coupé

Nous voilà aux 24h du Mans 1953. L’équipe Porsche prend ses quartiers dans le mythique garage de Téloché. Trois autos sont engagées. Une Porsche 356 sera bien de la partie, histoire de jouer la continuité, et elles confiée à Auguste Veuillet, monsieur Sonauto, et Peter Max Müller.

Évidemment les regards sont beaucoup plus tournés vers les nouvelles Porsche 550 Coupé. Car enfin les voilà.

Le châssis 550-01 a reçu son toit. À son volant on retrouvera la paire de pilote Helmut Glöckler – Hans Hermann. Un équipage allemand dont les pilotes sont habitués à bien faire figurer les autos de la marque.

La seconde auto, 550-02 connait sa première sortie. À son volant on retrouve des journalistes-pilotes. D’abord l’allemand Richard Von Frankenberg déjà vu sur des Porsche 356 aux Mille Miglia 1952 ou encore aux 12h de Hyères (notamment la semaine d’avant les 24h du Mans, déjà sur 550-02). Le second, c’est Paul Frère. Déjà vu en endurance, notamment aux 24h de Spa, il compte alors plusieurs courses de F2 et plusieurs Grand Prix de F1 au compteur. En tout cas ce seront les premières 24h du Mans pour les deux pilotes.

Dès le début de la semaine les performances des Porsche 550 Coupé sont bonnes. Avec leur petit moteur elles filent tout de même à 200 km/h ! Évidemment la marque de Stuttgart ne vient pas pour bousculer les leaders. C’est bien la victoire de classe des Sport 1500 qui est en ligne de mire. Les concurrents se nomment Gordini, O.S.C.A. ou Borgward.

La conduite des Porsche 550 Coupé est particulièrement difficile à cause du toit. Les pilotes sont vraiment à l’étroit dans l’habitacle, la chaleur qui y règne est à peine supportable, tout comme le bruit. Néanmoins les autos marchent bien, ne s’arrêtent aux stands que pour les ravitaillements et passages de relai (on fait alors la course entière avec un seul train de pneu) et au bout des 24h du Mans c’est le succès.

Les deux Porsche 550 Coupé roues dans roues. Néanmoins, l’une étant partie plus loin que l’autre (on connaît l’histoire), c’est la voiture des journalistes qui est classée devant. Sa 15e place lui offre la victoire en Sport 1500, la 16e des pilotes assure le doublé.

Porsche 550 Coupé, un toit pour ouvrir le bal

Fin de saison exotique pour les Porsche 550 Coupé

La suite de la saison des Porsche 550 Coupé va se faire sur circuit et en course de cote où Hans Hermann brille pendant l’été.

En Juillet apparaît 550-03. C’est la première Porsche 550 Coupé à recevoir le moteur 547. Si la cylindrée est toujours inférieure à 1500, 1498 cm³, l’alésage est plus gros et la course plus faible que le moteur de série. Surtout le moteur est sophistiqué avec 4 arbres à cames en tête et un allumage avec deux bougies par cylindres. Porsche en sort 110 ch ! L’auto est en réalité construite par Weinsberg, et conçue dès le départ pour pouvoir recevoir une carrosserie barquette sur un châssis adapté au nouveau moteur.
La Porsche 550-04 qui apparaît un mois plus tard est uniquement prévue pour être une barquette et marque un tournant pour les Porsche 550.

Après les courses européennes, c’est au Mexique que l’on va retrouver les deux Porsche 550 Coupé, 01,02 ont été vendues à un garagiste guatémaltèque, né en République Tchèque, Jaroslav Juhan. Deux barquettes sont engagées par l’usine. Cette première sur les pistes mexicaine ne va pas être une partie de plaisir. En fait seuls Gonzalez et Ariano finissent sur la Porsche 550 Coupé 02. Leur 32e place à 5h et 46 minutes du vainqueur est néanmoins suffisante pour leur offrir la victoire en Sport 1600 !

En tout cas ces résultats ont donné des idées à Porsche. La carrosserie coupé est abandonnée puisque la marque a présenté au salon de Paris, en Octobre, la fabrication des Porsche 550 RS Spyder, des compétitions client qui sont de grosses évolutions de ces premières Porsche 550. On en reparlera bientôt.

Pour la postérité, on notera tout de même que cette carrosserie coupé va donner des idées à Walter Glöckler, qui va lui aussi produire un coupé, après les barquettes donc, sur base 356. On parle de cette Glöckler-Porsche 356 par ici.

Les Porsche 550 Coupé de nos jours

On ne sait pas vraiment ce qu’est devenue 550-02. De fait il ne reste qu’une seule Porsche 550 Coupé, la toute première Porsche 550-01. Retrouvée au Mexique dans les années 90 elle a été restaurée. Elle est désormais conservée précieusement par le Revs Institute. Évidemment elle est inestimable !

Photos complémentaires : Type550, Porsche AG et Revs Institute

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