Histoire de Carrossiers, ép. 20 : Ghia, l’italien et ses américaines

Histoire de Carrossiers, ép. 20 : Ghia, l'italien et ses américaines
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Histoire de Carrossiers, ép. 20 : Ghia, l'italien et ses américaines

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C’est un nom qui est devenu courant, surtout pour les amateurs de Ford ! Mais Ghia c’est bien plus qu’une simple finition, c’est un carrossier qui a régalé le monde entier de ses créations. Eh oui, contrairement à certaines carrozzeria transalpines, la maison Ghia a travaillé pour des constructeurs venus de tous horizons.

Ghia : de Turin à Détroit

C’est en pleine première guerre mondiale, en 1915 (ou 1916 selon les sources) que Giacintho Ghia lance, avec son partenaire Gariglio, la Carrozzeria Ghia & Gariglio (pas très original, on vous l’accorde). L’homme n’arrive pas dans l’automobile puisqu’il a été pilote d’essai pour les marques Rapid et Diatto. Blessé, il décide donc de se tourner vers une activité plus tranquille !

Au départ, l’activité est surtout tournée vers la sous-traitance, notamment avec le traitement du “métal italien” : l’aluminium. Petit à petit la la Carrozzeria Ghia se met à produire des carrosseries dessinées en interne. La gloire arrive en 1929. Une Alfa Romeo 6C 1750 remporte les Mille Miglia, d’un coup la marque entre dans une autre dimensions.

Histoire de Carrossiers, ép. 20 : Ghia, l'italien et ses américaines

Les Alfa sont nombreuses à se faire habiller au 4 Corso Valentino à Turin. Les Fiat et Lancia sont également présentes. En 1933 la Fiat 508 “Balilla” Sport Coupé séduit tellement le constructeur que le constructeur achète les droit du dessin pour sa Coppa d’Oro et la Mille Miglia.

La guerre arrive, la carrozzeria passe des élégantes aux autos kakis et aux vélos. Cela en fait une cible et l’usine est détruite en 1943. Accablé par ce désastre, Giacintho Ghia décède d’une crise cardiaque en supervisant la construction du nouvel atelier en 1944. Les nouveaux bâtiments sont érigés Via Tomassi Grossi et l’entreprise est cédée à Mario Boano, désigné successeur par le créateur avant son décès, et Giorgio Alberti.

Les carrosseries des Alfa Romeo 6C sont toujours au programme et au tout début des années 50 les Ferrari passent aussi par l’atelier turinois, on parle là des 195 et 212 Inter Coupé. En 1948 une succursale a été ouverte en Suisse, c’est Ghia Aigle.

En 1953 c’est une nouvelle aire qui s’ouvre. Bonano s’en va ouvrir sa propre carrosserie, vendant l’entreprise à Luigi Segre. L’entreprise déménage et place Pietro Frua à la tête du design.

Ce dernier va développer la Carrozzeria Ghia d’une façon inattendue. Les autos italiennes deviennent peu à peu moins nombreuses. Par contre Virgil Exner, designer chez Chrysler, devient un vrai partenaire. Plusieurs Chrysler by Ghia seront alors fabriquées.

On note aussi Renault qui vient toquer à la porte pour la Dauphine, Volkswagen qui fera construire par Karmann les coupés et roadster dessinés par Ghia sur base Coccinelle.

Toujours en 1953, Ghia propose sa Fiat 8V Supersonic. C’est en fait une ligne qui sera proposée sur beaucoup d’autos, Alfa 1900, Aston Martin DB2 ou même Jaguar XK120 et 140 !

Au milieu des années 60, l’italien propose aussi des voitures de plage, les Jolly, sur base Fiat 500 et Renault 4CV également.

Néanmoins l’ère des carrossiers passe peu à peu. Ghia propose de plus en plus des autos à son nom, sans qu’elles ne soient toutes de grands succès.

En 1963, Segre décède, Ghia est vendue à Ramfis Trujillo en 1966. Cette même année sort la dernière création notable de la carrozzeria : la Maserait Ghibli. Le dominicain revend la société à Alejandro de Tomaso l’année suivante.

À Turin on travaille sur la Pantera mais l’italo-argentin ne va pas rester longtemps à la tête de l’entreprise. Tout comme Vignale, dont on vous parlait le mois dernier, l’entreprise est vendue à Ford en 1970.

Devenu un studio de design plus qu’une carrosserie, Ghia travaille sur la GT70 avant de changer de direction en 1973.

Ghia devient alors la finition haut de gamme des modèles Ford et va disparaître en 2010. Le studio travaille toujours, sur des concepts cars notamment, mais le nom Ghia n’est plus aussi visible !

Quelques modèles emblématiques signés Ghia

Au milieu des années 30, on retrouve de belles Fiat. Enfin surtout une, la marque prenant la relève par la suite en gardant le dessin.

Sur cette Alfa Romeo 6C 2500 Sport Cabriolet de 1947 on voit un dessin très personnel et original.

Toujours un dessin peu conventionnel… et très avant-guerre sur cette autre Alfa 6C 2500 Sport Cabriolet de 1948.

Deux françaises, notamment sont carrossées par Ghia, deux Delahaye 1949 avec des dessin bien éloignés des réalisations de Chapron par exemple. La seconde est même très ressemblante avec les Alfa passées par l’atelier.

L’année suivante on retrouve les premières Ferrari réalisées par Ghia, des 166 (et 195) Inter Coupé.

L’année 1951 est notamment marquée par cette Talbot-Lago T26 Record coupé dont le style rappelle la Delahaye de 1949.

Histoire de Carrossiers, ép. 20 : Ghia, l'italien et ses américaines

En 1952 arrivent les Ferrari 212 avec ce style très “tout à l’arrière”.

La première “Chrysler by Ghia” date de 1952 avec cette Crown Imperial Limousine.

En 1953 arrive la remarquée Fiat 8V Supersonic avec un dessin qui fera date.

Les américaines se font également plus nombreuses. Ainsi cette Cadillac 62 n’a plus rien à voir avec l’originale.

Du côté français, Ghia réalise un cabriolet sur base Renault Frégate. Il en sera construit 4 exemplaires.

Chrysler commande toujours des américaines à l’image de cette Special.

Autre Fiat 8V, de 1954 cette fois, #0042 a un dessin qui se rapproche plus des créations américaines et des Ferrari du carrossier.

Mais le dessin Supersonic n’est pas abandonné pour autant et on le retrouve également sur des Jaguar XK120.

Toujours en 1954, l’inspiration de Frua se décline aussi sur cette Alfa 1900 C (dont la calandre n’est que suggérée). Elle est appelée Super Sprint Coupé America.

En 1955 cette Ferrari 375 MM ne s’appelle pas Supersonic… mais on en retrouve l’inspiration !

Cette année là c’est surtout l’arrivée de la Volkswagen Karmann-Ghia, la première du nom, la Type 14, un énorme succès !

On retrouve également cette élégante Chrysler ST Special.

En 1956 sort une auto dont la ligne n’a été qu’affinée à Turin. La Renault Dauphine était presque prête mais c’est bien l’italien qui termine le job.

Toujours en 1956 le design Supersonic est toujours d’actualité, cette fois c’est sur Aston Martin DB2/4 qui sert de base.

En 1957 la Dual Ghia, présentée en 1955, sort avec son gros V8 Chrysler de 240 ch. Ce beau cabriolet sera produit à 117 exemplaires.

En 1958 débarquent les Jolly. Les deux premières sont des Fiat. D’un côté on retrouve la 500, de l’autre la 600. Les autos resteront en production pendant trois ans.

En 1961, belle création pour Fiat 2300S Coupé, une élégante au moteur sympathique dont on parle en détails par ici.

Cette même année, le concept Jolly est appliqué sur une française, la Renault 4CV, qui n’est pourtant plus produite !

C’est cette année là qu’apparaît la Ghia L6.4, dernière héritière des projets menés avec Chrysler. V8 Mopar entre autres pièces originaires de Détroit, prix astronomique et gros échec avec 25 auto fabriquées.

Et puis en 1961 c’est aussi l’arrivée de la Volkswagen Karmann-Ghia Type 34 qui change de dessous et de dessin.

La dernière Jolly est dévoilée en 1962. Sa base : l’Autobianchi Bianchina, là c’est une rareté, il n’y en aura que 4 !

Autre réalisation de 1962, la Fiat 1500 GT, fabriquée par OSI, elle finira par s’appeler Ghia 1500 GT à partir de 1964. 846 autos seront fabriquées.

En 1963 c’est un beau concept qui est présenté. Si la G 230 S a une tête d’américaine, elle est cette-fois basée sur la Fiat 2300 S.

En 1965 les projets se font rares. Le carrossier n’est pas encore dans l’escarcelle d’Allessandro de Tomaso mais c’est bien la carrozzeria qui est choisie pour habiller la Vallelunga.

En 1966 la dernière Ghia “tout court” est proposée. C’est la 450/SS dont le style est extrapolé de la G 230 S. 52 autos seront fabriquées.

En 1967 la remplaçante de la Vallelunga, la Mangusta, est également une création de Ghia.

1968, une auto avec Ghia dans le nom ! C’est la Serenissima Ghia GT, dessinée par Tom Tjaarda… en parallèle de la De Tomaso Mangusta, d’où la ressemblance. Dernière routière du comte Volpi, elle restera à l’état de projet.

Photos additionnelles : RM Sotheby’s, Bonhams, Artcurial

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