Coys of Kensington : voiture jamais payée, la maison de vente anglaise dans la tourmente

Coys of Kensington : voiture jamais payée, la maison de vente anglaise dans la tourmente
Coys of Kensington : voiture jamais payée, la maison de vente anglaise dans la tourmente
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Les ventes aux enchères de véhicules anciens sont devenues une norme pour un certain nombre de modèles et plus généralement les autos les plus chères. Alors qu’on croyait les arnaques réservées à des négociants peu scrupuleux, une maison anglaises s’est faite remarquer, et pas dans le bon sens du terme, en Allemagne lors du salon de Essen.

Chris Routledge arrêté à Essen

Pendant le salon Techno Classica Essen (qu’on vous raconte ici), le Samedi 13 Avril, il s’est déroulé une scène assez étonnante. La maison organisait sa traditionnelle vente aux enchères sur place et Chris Routledge, CEO de Coys of Kengington était présent. Sauf qu’il est vite reparti, avec la police allemande et menottes aux poignet !

L’explication est à retrouver lors du salon de l’année dernière. Coys of Kensington proposait à la vente une magnifique Lamborghini Miura de 1967, orange, estimée entre 1.2 et 1.5 millions d’euros. La vente s’est bien déroulée et la Miura a été la voiture la plus chère de la vente avec 1.270.000 € sous le marteau.

Le hic, c’est qu’en Avril 2019, plus d’un an après la vente, l’ancien propriétaire n’avait toujours pas vu le moindre euro de la vente ! Celui-ci a entamé une action auprès de la justice locale. Cette dernière a “simplement” attendu que le board de Coys of Kensington soit à nouveau présent sur le salon pour l’interpeller.
Chris Routledge a donc été emmené par la polizei et sera jugé le 6 Mai dans cette affaire. Le réel problème derrière tout ça, c’est qu’il semblerait que ne soit pas un cas isolé !

Pas vraiment une première pour Coys of Kensington

On pourrait penser à un soucis administratif, mais malheureusement ce n’est pas la première fois que la maison Coys of Kensington est mise en cause dans ce genre d’affaire. Une autre Lamborghini vendue en décembre 2017, une Countach Anniversary de 1990 partie pour 295.000 €, avait été source de beaucoup d’ennuis pour le vendeur.

Mais surtout, la maison avait déjà été placée en faillite en 2004. La cause ? 1.6 million de livres de dettes, toutes dues à des vendeurs d’autos anciennes après la vente au Royal Horticultural Halls du 4 Décembre 2003. Par la suite la maison de vente Coys Limited était devenue Coyrs of Kensington et était repartie sur des bases “saines”… Sauf que les impayés étaient nombreux. Les vendeurs d’autos étaient les principales victimes mais pas les seules. Le Mondial de l’Auto de Paris, qui avait accueilli une vente de la maison anglaise en 2016 avait également eu des soucis avec Routledge. À ce jour Coys n’a toujours pas réglé sa facture, abusant ainsi de la confiance et de la bonne volonté des organisateurs.

Pas près d’arriver en France

Ce genre d’histoire malheureuse a moins de chances d’arriver en France. Il faut signaler que le système anglais permet à toute personne de se déclarer Auctioneer… tant qu’elle exerce effectivement la profession ! Léger…

En France donc, le système est tout autre, ne serait-ce que par la qualité des commissaires-priseurs. Ceux-ci sont en effet officiers ministériels et leur formation est plus conséquente. Un commissaire priseur devra en effet obtenir une licence en droit, une seconde en histoire de l’art, passer un premier examen qui lui ouvrira les portes d’un stage de deux ans dans une maison de vente et enfin le valider avant d’acheter une charge auprès d’un confrère ayant pris sa retraite.

De plus les maisons françaises sont bien plus surveillées et il existe le CVV, Conseil des Ventes Volontaires, véritable autorité de régulation des ventes aux enchères publiques de meubles (tout ce qui n’est pas immeuble) qui est d’ailleurs au centre de débats en vue de sa refonte prochaine.

On notera également que les maisons françaises de vente aux enchères sont tenues d’avoir une assurance garantissant le paiement des vendeurs.

Concernant Coys, peut-être auront nous plus d’informations après le 6 Mai.

Sources : PH, The Telegraph, Scamion / Photo de couverture : Siha.de

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3 Commentaires

  1. Sympa l’article, Benjamin, mais il faudrait penser à se relire : “une maison anglaises s’est faite remarquer” => anglaise sans S ; fait et non pas faite…

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