Au volant d’une Renault 5, un plaisir simple

Au volant d'une Renault 5, un plaisir simple
Au volant d'une Renault 5, un plaisir simple
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Au volant d’une Renault 5, un plaisir simple

Une Turbo ? Non. Une R5 Alpine Turbo alors ? Non plus. Pourquoi la Renault 5 devrait-elle être sportive pour être intéressante....

Une Turbo ? Non. Une R5 Alpine Turbo alors ? Non plus. Pourquoi la Renault 5 devrait-elle être sportive pour être intéressante. La simplicité c’est beau aussi ! En plus cet essai part d’une belle histoire puisque son propriétaire l’a retrouvée sur une de nos photos ! Rendez-vous pris, on est allé essayer cette populaire au losange étrange.

La Renault 5 en (très) bref

La Renault 5 apparaît en 1972. Elle reprend une bonne partie des recettes qui ont fait le succès de la Renault 4 : suspension par barre de torsion, traction et moteur billancourt et cléon placés à l’avant. Forcément on lui donne un dessin plus moderne. On remarque aussi qu’elle ne comporte que deux portes. Même si c’est elle compte 5cv fiscaux, c’est à la base du marché automobile qu’elle s’attaque.

On reconnaît facilement les premiers modèles : ce sont eux qui inaugurent le fameux logo interdit.

Une vraie gamme se constitue avec les L et LS équipées des Billancourt et Cléon de base qui seront ensuite rejoints par la LS en 1974. C’est la première d’une longue lignée de sportives sur base de Renault 5. En 1976 apparaît la R5 Alpine.

En 1979 la Renault 5 a enfin droit à une version 5 portes. En 1980 apparaît la version “hors-série”, la R5 Turbo complétée en 1981 avec la Renault 5 Alpine Turbo. Fin 1984 les dernières Renault 5 sortent des chaînes où elles seront remplacées par la Supercinq qui reste une évolution de notre auto du jour.

La Renault 5 aura été produite à 5.580.000 exemplaires. Surtout elle aura été la voiture la plus vendue en France sans interruption de 1974 à 1983 !

Notre Renault 5 du jour

La bouille de Renault 5, tout le monde la connaît. Mais elle mérite quand même qu’on en parle. C’est l’oeuvre de Michel Boué du bureau du style Renault.

La face avant est bien plus moderne que celle de la Renault 4 qu’elle supplée. Deux phares rectangulaires dans les coins et pas vraiment de calandre. Le moteur respire à travers une première ouverture entre les phares, une seconde en dessous de ceux-ci et quatre ouvertures dans le parechoc au dessus de la plaque. On note tout de suite le détail qui tue sur cette Renault 5 : le logo interdit de Renault. On remarque aussi les jantes, identiques à celles de la 4L et l’entourage de pare-brise noir, signes distinctifs de la Renault 5 L. Au pire, on peut confirmer avec le monogramme présent sur l’aile avant droite.

Le profil est simple lui aussi tout en restant équilibré. Les surfaces vitrées sont larges mais entourées par des montants plutôt épais. Du côté gauche on remarque également la sortie d’échappement latérale et le seul rétro extérieur.

À l’arrière le hayon est presque plat. Les feux verticaux et des aérations sont placées de chaque côté. Le plus gros relief viendra des gros cubes noirs servant à l’éclairage des plaques.

Et puis comment ne pas parler de la couleur. Certes la version L ne la rehausse pas spécialement de décorations mais le Orange (légèrement plus foncé sur les premiers modèles) combiné aux parechocs plastiques gris donnent à l’auto un charme indéniablement 70s.

L’intérieur, plongée dans les 70s

À l’intérieur de la Renault 5, c’est noir. Heureusement en fait que la tôle apparente est de la couleur de la carrosserie, ça égaye un peu.

Les sièges sont simples et peu épais. Evidemment ils basculent pour laisser l’accès à la banquette arrière. Cette dernière offre suffisamment de place pour y faire voyager deux adultes.

La planche de bord est recouverte d’un plastique matelassé qui donne un certain relief. Peut d’éléments s’y trouvent : une bouche d’aération centrale, une montre, un monogramme le passage du levier de vitesse et enfin le combiné d’instrumentation. Le compteur de vitesse s’y trouve à gauche tandis qu’à droite on retrouve la jauge d’essence et le témoin de charge. Quelques voyants complètent le tout mais on ne va pas être noyé sous les informations, c’est sûr.

Côté commandes, là encore on joue la simplicité. Le volant est de bonne taille, pas trop fin et à deux branches avec un logo interdit de plus en son centre. On le complète avec un commodo à gauche, un bouton sur la colonne à droite et deux autres à côté du combiné. C’est peu mais est-ce qu’on a vraiment besoin de plus pour conduire ?

On note aussi les ceintures de sécurité pour les sièges avant. On peut les accrocher à l’arrêt, derrière les sièges. Et quand on roule, on boucle sa ceinture. Ou plutôt on l’attache à la boucle métallique qu’on retrouve au plancher.

Moteur : une tête connue

Sous le capot de la Renault 5 L on retrouve un moteur connu chez Renault. Non, ce n’est pas le Cléon, c’est l’autre. Le Cléon et ses 956 cm³ c’était pour la TL. La L se contentait du moteur billancourt, encore plus ancien puisqu’il fêtait déjà ses 25 ans quand la R5 sortait ! Ici ce n’est même pas le plus gros, le 845 cm³ mais une version apparue en 1971. Ici il cube 782 cm³. Dans la Renault 4 qui le reçoit en premier il sort 27ch et atteint 36 dans la R5 qui l’abandonnera dès 1976 pour le remplacer par le 845.

Comme dans une R4, il est très reculé. En même temps la boîte est devant, dans l’axe et doit entraîner les roues avant. Du coup le radiateur n’est pas collé à la face avant. Il y a même de la place ! Autre caractéristique qu’on retrouve sur ces autos c’est la commande de boîte. La tringle qui passe à travers le tablier est ensuite au dessus du moteur et agit directement sur un levier qui sort au dessus de la boîte. C’est rustique, mais c’est efficace. Maintenant on va passer au volant.

Au volant de la Renault 5, simple comme bonjour

La porte claque dans un son métallique et sourd à la fois. De nos jours on met des acousticiens à travailler sur ce bruit. Celui-ci est authentique et loin d’être désagréable. Comme quoi, faut pas se prendre la tête.

Le moteur démarre au quart de tour. Le son du Billancourt est proche du cléon, mais pour avoir bouffé des milliers de kilomètres avec un 1108 devant moi, je sais que c’est bien le trois paliers qui est sous le capot. Maintenant j’attache ma ceinture en la poussant simplement sur la fameuse boucle installée au plancher et on peut y aller.

Pour ceux qui n’auraient jamais conduit de 4L ou de Renault 5 avec levier de vitesse au tableau de bord, aucune raison de vous inquiéter. C’est même plus simple qu’avec un levier au volant. On fait légèrement pivoter le levier vers la gauche, et on le pousse. Voilà, la première est mise. Ce dispositif a beau être original il a au moins l’avantage de ne pas être avare en remontée d’information. Si la vitesse n’est pas enclenchée vous le saurez bien avant que le moteur ne s’emballe. Pour le coup j’ai bien enclenché ma vitesse, la première et pas la troisième comme certains pourraient le faire, et c’est parti.

Le moteur répond bien et la pédale d’embrayage a un toucher intuitif. Le point de patinage n’est ni trop haut ni trop bas. Après deux trois départs où je fais monter le régime plus que nécessaire j’ai déjà trouvé le bon “réglage”. En ville, alors qu’il n’y a pas besoin de limiter à 30 pour qu’on ne les dépasse que rarement la Renault 5 n’est évidemment pas larguée. Je ne peux rien dire des freins qui font le job. À cette allure le contraire eut été problématique.

Le gabarit réduit de la populaire orange amène à ne se poser aucune question quand la chaussée se rétrécit et qu’un gros SUV a eu peur pour ses 19″ et n’a pas collé le trottoir. J’en profite aussi pour remarquer que même à basse vitesse la direction n’est pas trop lourde. Ou alors c’est le volant qui fait vraiment la bonne taille.

Quand la route s’élargit enfin, direction les marais salants. L’idée n’est pas de faire rouiller la Renault 5, celle-ci est particulièrement bien conservée. Mais par contre les petites routes qui les sillonnent vont être parfaites pour se faire une idée plus précise sur sa conduite extra-urbaine. Je monte un peu en troisième et passe la 4e. Même en légère montée le moteur continue de monter lui aussi. En même temps le couple maxi est atteint dès 3000 tours ! La vitesse limite est atteinte sans trop de mal. 36ch c’est peu, mais comme à chaque fois qu’on parle de puissance, il faut aussi prendre en compte la masse.

À vitesse de croisière la Renault 5 n’est pas aussi confortable qu’une Bentley S1 mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. Et pour une populaire d’entrée de gamme on voyage plutôt bien en R5. À 80 (oui c’est ça la limite par ici) le moteur n’est pas trop bruyant et les bruits d’air et de roulement sont bien contenus. Les sièges ont beau être aussi fin qu’un livre qui serait dédié à l’auto (et heureusement que ce n’est pas le cas pour toutes les autos) on est bien dedans.

Allez, voilà une agglo et vais pouvoir tester les freins. Sans surprise. Ils freinent juste ce qu’il faut, sans nous faire peur ni nous faire tester sur la planche de bord est vraiment matelassée. En sortie du petit village la route est moins large et moins fréquentée. Je vais pouvoir pousser un peu cette mécanique. D’accord, la Renault 5 L n’est pas une Alpine Turbo. Mais un jeune qui commençait avec cette version voulait certainement la pousser un peu.

En la cravachant un peu et en jouant plus haut dans les tours on arrive à tenir un bon rythme. Et le comportement est toujours aussi bon. Par contre il faut être habitué au maniement du levier, mais heureusement on peut rester en troisième et quatrième ce qui revient en fait ici à tirer ou pousser le levier sans avoir besoin de lâcher le cerceau trop longtemps. Le maniement ne posera pas de soucis à ceux qui l’ont déjà essayé. Par contre il faut avouer qu’une première expérience peut vite être gâchée.

On devine une petite envie de glissade avec cette auto tandis qu’aucun survirage ou sous-virage ne vient nous troubler. Si l’allure n’est pas sportive mais la conduite et les sensations qui permettent d’y arriver le sont !

Allez on se calme et on roule normalement. Parce qu’au final on n’achète pas une Renault 5 L pour se la jouer pilote. Non, c’est une auto qu’on achète pour rouler, possiblement au quotidien, sans se prendre la tête ni se ruiner.

Conclusion :

Une Renault 5 ça peut être banal. Ok, je vous l’accorde. Mais quand elle est dans cet état là esthétiquement et mécaniquement c’est également un plaisir. Un plaisir qui tient plus de la nostalgie que des sensations mécaniques… et encore. Ce genre de petite populaires procure aussi son lot de sensations. Certainement pas celles d’une sportive sur des routes de montagne. Mais celles qui sont de plus en plus gommées par nos autos de tous les jours.

Et justement, une Renault 5 L ferait une parfaite auto de tous les jours.

Points forts Points faibles
Une madeleine de Proust pour beaucoupLe plus petit moteur de la gamme
Un comportement sain et moderneLe levier de vitesse au tableau de bord
La simplicité de conduiteStricte trois portes
Une auto économiqueÉléments de décoration pas facile à trouver
CritèreNote
Budget Achat20/20
Entretien17/20
Fiabilité15/20
Qualité de fabrication11/20
Confort12/20
Polyvalence14/20
Image18/20
Plaisir de conduite14/20
Facilité de conduite18/20
Ergonomie14/20
Total15,3/20

Conduire une Renault 5

Oui, conduire une Renault 5 c’est très simple, on les trouve sous le sabot d’un cheval ou presque (parce qu’il faut d’abord trouver le cheval). Mais en trouver une belle ne sera pas si facile. Les versions sportives et plus haut de gamme ont forcément été mieux conservées que les plus bas de gamme. Alors imaginez une R5 L du second millésime…

Niveau prix les R5 L et TL se trouvent en bon état et sans trop de travaux au dessus des 4000 €. En dessous il faudra peut-être mettre la main à la pâte mais rien de rédhibitoire. Certains modèles vont chercher au dessus des 7-8000 € mais là il s’agit d’autos en état concours, parfaitement restaurées et peu kilométrées. Et il faut avouer qu’on est alors loin de la simplicité du modèle.

Pour ce qui est à vérifier, c’est simple : la rouille. D’autant que les extrémités des longerons ont tendance à l’aimer particulièrement et que leur réparation n’est pas toujours possible. Pour le reste on trouvera la plupart des pièces en abondance que ce soit en neuf d’époque ou en refabrication, et à des prix tout à fait abordables. Reste le point des monogrammes et autres décoration. Le plafonnier rectangulaire au dessus de la porte conducteur est par exemple introuvable. Et évidemment c’est pareil pour le losange interdit. Mais la refabrication 3D est alors faite pour vous !

Un grand merci à Adelin qui a tout de suite accepté de nous confier le volant.

Fiche Technique de la Renault 5 L
Mécanique Performances
Architecture 4 Cylindres ligne Vmax 120 km/h
Cylindrée 782 cm³ 0 à 100 km/h NC
Soupapes 8 400m da NC
Puissance Max 36 ch à 5200 tr/min 1000m da NC
Couple Max 57 Nm à 3000 tr/min Poids / Puissance 20 kg/ch
Boîte de vitesse 4 rapports manuelle

Transmission Traction
Châssis Conso Mixte ±6 L/100 km
Position Moteur Longitudinale avant Conso Sportive
Freinage Tambours AV et Ar
Dimensions Lxlxh 350 x 152 x 140 cm
Poids 730 kg

Source complémentaire : Renault-5.net

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