Sortie de Grange Collection Bataille

Dossier : Typologie des Sorties de Grange dans les enchères récentes

Tout le monde ne peut pas trouver une Ferrari 250 GT California Spider dans une grange, ça se saurait. Mais les sorties de grange sont toujours aussi fréquentes et de plus en plus présentes lors des ventes aux enchères. On s’est ici intéressé aux sorties de grange “post-baillon”, et uniquement aux collections dispersées d’un seul coup afin de voir les points communs de ces Graal du collectionneur.

Avant tout : pourquoi la sortie de grange fascine ?

Parce que c’est bien la question que tout le monde se pose. La sortie de grange fascine bien plus que l’auto achetée démontée et entièrement restaurée (même si elle ne manque pas d’intérêt).

Avec une auto sortie de grange on touche une histoire. Une histoire figée, une capsule temporelle. Même si certaines collection sont connues de beaucoup, à l’instar de la collection Baillon, encore elle, une sortie de grange c’est l’aboutissement d’une chasse au trésor. On va enfin pouvoir arracher une auto à un sommeil prolongé pour la remettre sur la route.

Ainsi on a un morceau de cette histoire. De celle d’un collectionneur. De celle d’une collection à laquelle l’auto sera attachée à tout jamais.

Typologie des Sorties de Grange Récentes

Après la récente dispersion de la collection Bataille, nous avons pas mal d’exemples différents pour étudier les sorties de granges récentes passées aux enchères. Voici celles que nous avons retenu :

La succession : cause principale de ces ventes

Sur les 9 ventes dont on vous parle là, elles sont presque toutes dues à des successions. Le plus souvent les descendants sont face au fait accompli. Leur père, leur oncle ou leur cousin n’on jamais voulu vendre toute la collection… et toutes ces autos prennent de la place.

Pour la collection Baillon, une première vente avait été organisée pour faire de la place. La famille n’ayant (alors) pas encore le goût pour l’automobile, comme dans la plupart des cas présentés, l’idéal était de rendre ces belles endormies à des collectionneurs prêts à les faire reprendre la route… Si possible. Car dans tous les lots, il faut bien avouer que certaines autos ne pourront servir que de donneuses ou pire de pièce de décoration.

La collection Mahy est à part puisque là il s’agissait de vider les réserves. La collection est bien constituée et n’étaient vendues que des doublons.

Les ventes aux enchères sont alors une solution “aisée” puisque les maisons sont chargées de tout organiser. Les vendeurs n’ont pas à aller à la chasse à l’acheteur et bénéficient de l’exposition qu’offrent ces ventes. De plus, quelques reportages télé ont mis en lumière les maisons de vente dans cet exercice et permettent d’entretenir le phénomène.

Des collections de belle taille

Parmi ces collections sorties de grange, les autos sont souvent nombreuses. On entend par nombreuse qu’elles comptent plus de 20 autos. On comptait plusieurs centaines d’autos et motos pour la vente Gombert, 135 pour la vente Mahy… Les collection Ruggieri, Ecklé ou Baillon comptaient respectivement 80, 55 et 59 lots, celle de la collection Bataille en compte 56.

À l’autre bout de l’ordre de grandeur, la collection Thomassen ne comptait que trois Bugatti et une Citroën 5HP. Petite… mais costaude !

Des populaires ? Pas tout le temps…

On l’a dit, découvrir une Ferrari 250 n’est pas commun dans une sortie de grange. Et parmi ces collection on remarque que bien souvent ce sont des collections d’auto “populaires”. En tout cas pour la majorité des lots.

Souvent une ou deux autos tirent leur épingle du jeu. Souvent c’est LE lot emblématique. À ce titre on notera l’Alpine A210 de la collection Gombert ou la Miura de la Collection Ruggieri.
La première a explosé toutes les attentes. Les autres autos étaient souvent sportives mais dans un état de décomposition avancé…
La seconde était vraiment au dessus de la mêlée puisque seule une Porsche 356 et une Jaguar Type E on dépassé les 50.000 €… quand la lambo a atteint les 560.000 € !

Des prix qui s’envolaient…

Pour certains observateurs, c’est le problème de ces ventes aux enchères. Les prix s’envolent, parfois de façon inexpliquée. Prenons quelques exemples :

  • la Renault Nervastella de la Collection Ecklé, estimée entre 4 et 6000 € et partie contre 126.875 €
  • l’arrière (et uniquement l’arrière) d’une Miura de la Collection Gombert, mis à prix à 20.000 € et parti pour 150.000 !
  • la Ferrari 250 GT California Spider de la collection Baillon, estimée entre 9.5 et 12 millions et partie pour 16.288.000, soit plus qu’une version compétition en état concours !

Après, on en revient au pourquoi des ventes aux enchères. C’est le travail des commissaire priseurs, de leurs spécialistes et des équipes de communication qui travaillent sur la vente de faire monter la sauce. Ils touchent une com’, certes, mais leur client est avant tout le vendeur. Et pour que le vendeur soit satisfait, il faut que les autos se vendent cher ! C’est grâce à cela qu’ils auront d’autres clients… et proposeront d’autres sorties de grange.

… mais qui reviennent à la normale

On pourra dire que le marché s’est tassé… et c’est vrai. Les deux dernières ventes, celles de Guillaume Cheroyan et celle d’Osenat avec la collection Bataille n’ont pas vu de lots partir à des prix complètement fous.

Pour la maison bellifontaine, par exemple, les plus gros prix ont été de 10.200 €. À chaque fois ça concernait des autos en bon état général, plutôt recherchées et dont la remise en état se fera pour un budget “correct”.

Quelques maisons se détachent

Sur les 9 ventes, on retrouve au final assez peu de maisons de vente différentes. Quatre ont été menées par Jean Pierre Osenat et ses équipes, deux par Artcurial. Pour les premiers on note une certaine habitude avec une vente par an environ et souvent des collection nombreuses, dépassant les 20 véhicules. Pour l’autre maison on retrouve plus des collections prestigieuses, prêtes à se vendre à Rétromobile, un bel écrin pour de gros prix.

Pour les trois autres ventes on se rend compte que ce ne sont pas forcément des spécialistes qui s’y collent. Collin du Bocage (collection Mahy) est plutôt spécialisé sur l’art, Guillaume Cheroyan et Maitre Adam (collection Ruggieri) sur les ventes “classiques” de meubles et objets d’art… et donc de successions.

On notera également que les maisons Aguttes ou Stanislas Machoïr, pourtant habituées à vendre des autos ne sont pas représentées.

Une spécialité française ?

Certes, la collection Mahy est belge. Mais pour le reste nous n’avons traité que de collections françaises. Alors les collections à sortir de grange seraient toutes en France ? Non, bien évidemment.

Ici on parle de celles dont vous avez pu entendre parler, de celles qui ont fait du bruit en France… mais pas seulement. La collection Baillon a ainsi traversé les frontières et a été éparpillée.

Le fait qu’on ne parle que de ventes françaises est en fait assez logique. Les grandes maisons comme Bonhams, RM Sotheby’s ou Gooding & Co sortent également des autos de grange. Mais rarement elles ne préparent de vente dédiées uniquement à ces autos.

De plus, les ventes plus petites, avec des populaires locales (des collection d’Austin anglaises, d’Opel allemandes ou de Fiat italiennes) sont plus rares. Et puis la France est un pays où les autos anciennes passent beaucoup plus sous les marteaux. Et la commicaion faite autour de ces collections est donc plus fréquente.

Conclusion : l’histoire se répète ?

Et bien en fait… oui. Les maisons habituées à vendre des autos sortie de grange se voient cataloguées comme telles par les vendeurs. Cela ne les empêche pas de proposer d’autres belles autos lors de leurs ventes aux enchères mais ce sont elles qui seront les premières sollicitées.

Un bon moyen de le savoir sera tout simplement de guetter les prochaines ventes. On verra quelles maisons parviendront à nous faire rêver avec d’autres belles collections… et si ce sont les mêmes que celles citées ici.

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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