Dossier (futures) Youngtimers : laquelle acheter en 2019 ?

On ne se lancera pas dans le débat de sémantique sur le terme Youngtimers. Toutefois, on s’est dit qu’on pourrait vous lancer pour 2019 vers quelques “anciennes trop récentes” pour être de collection, mais qui peuvent valoir le coup pour l’amateur éclairé (ou illuminé).

Le but était bien évidemment de ne pas reprendre la sélection de 2016, et il faut dire que Gaultier avait plus que bien bossé son sujet ! Tant et si bien que je dois vous avouer avoir passé pas mal de temps à trouver quelles perles rares (ou moins rares) vous proposer. De plus, avec mon penchant naturel pour les moutons à cinq pattes, il m’a fallu freiner mes ardeurs, mais je pense qu’on tient le bon bout.

Les Roadsters, pour les plaisirs solitaires (ou en duo)

L’incontournable Mazda MX-5

Apparue alors que les petits roadsters étaient en voie de disparition, la Mazda MX-5 a repris le flambeau, sans jamais le lâcher depuis maintenant trente ans. Avec ses mécaniques simples et son poids plume, elle reste un véritable jouet, permettant à de nombreux amateurs de se faire la main sur une propulsion, le tout à un tarif plus qu’abordable.

Si jamais son côté “commun” vous rebute, les séries limitées/spéciales sont légion, vous permettant de vous démarquer de celle du voisin, sans trop de difficulté.

Concernant son prix, la NA est en forte hausse depuis deux ans. En ce moment elle se négocie entre 6 et 7000 €. Les NB sont plus récentes mais à peine plus chères. Une bonne idée pour siphonner ses économies sans pour autant devoir prendre un crédit pour l’achat d’une voiture.

BMW Z3, retour du roadster européen

Surfant sur la vague du retour en grâce des roadsters, BMW présente la Z3 en 1995. Sous sa robe arrondie se cache la plateforme de la Série 3 Compact E36, avec laquelle elle partage ses moteurs, ainsi que les 6 cylindres du coupé.

Du petit 4 cylindres de 1.8 au célèbre 6 en ligne de 3.2 des M3, il y en a pour toutes les bourses et toutes les philosophies. N’oubliez pas que c’est probablement la seule voiture que James Bond ne détruit pas au cinéma, ce qui lui donne une valeur bien particulière !

Côté tarifs, comptez environ 6000€ pour une version d’entrée de gamme, les prix grimpant jusqu’à plus de 30000€ pour une démoniaque version M.

Lettre à (Lotus) Elise

Après une période GM en demi-teinte, Romano Artioli pousse au renouveau de Lotus avec l’Elise (nommée d’aprés le prénom de sa petite-fille, Elisa). Dévoilée en 1995, elle succède à une Elan M100 décriée (voir notre article sur les vilains petits canards de l’automobile) et renoue avec l'”esprit Lotus”.

Avare en terme d’étanchéité et d’insonorisation, elle est en revanche prolixe en terme de sensations, grâce à son châssis ultra léger, qui donne des performances bluffantes au rustique bloc Rover K.

La cote s’est stabilisée autour de 23000-24000 euros pour un modèle raisonnablement kilométré, cependant, les prix peuvent varier assez fortement, notamment pour les versions en conduite à droite, bien plus accessibles.

Les Cabriolets 4 places, pour ceux qui veulent partager

Volvo C70, cassons la brique

A sa présentation en 1996, la C70 tranche avec le design carré traditionnel pour Volvo. L’année suivante, elle apparait en cabriolet, rendant la ligne encore plus aérienne.

Avec ses 5 cylindres (atmo ou turbo) à la sonorité unique, elle a réussi à rendre la marque suédoise cool, voire branchée, son apparition dans l’adaptation cinéma du Saint aidant sur le marché US. Et il faut reconnaitre que c’est une belle invitation au voyage, cheveux au vent.

La C70 Cabriolet se négocie aux alentours de 5000 euros en moyenne, mais il faut se lever tôt, car elles ne sont pas des plus courantes dans l’hexagone.

Mercedes-Benz CLK, le changement dans la continuité

La Classe E W124 (ainsi que ses dérivés coupé et cabriolet) a marqué la fin des années 80 et le début des années 90. Sa remplaçante berline a moins marqué les esprits, toutefois, les CLK qui en reprenaient les motorisations, tout en les adaptant dans une plate-forme issue de la Classe C restent une “valeur sure” avec une ligne classique, mais qui passe mieux à travers le temps.

Avec des motorisations allant du simple 4 cylindres 2.0 au démoniaque V8 des versions AMG, la CLK vous offre un large choix de performances et de prestations.

Les prix varient fortement d’une simple CLK200 à une CLK55AMG, bien évidemment. Comptez une moyenne de 7000 euros pour une CLK de première génération (W208), et 11000 pour la génération suivante (W209). Les AMG, elles, gravitent aux alentours de 40000€ pour la première génération, et 50000€ pour la seconde.

Opel Astra, quand les allemands se prennent un coup de Turin

Après avoir rencontré un certain succès dans l’hexagone à la fin des années 80 et au début des années 90, Opel était rentré dans le rang des constructeurs purement généralistes. C’est en 2000 qu’Opel ressort du lot en présentant son coupé, dessiné et assemblé par Bertone, si celui-ci n’est pas sans rappeler l’Opel Calibra, c’est sa version découvrable qui va lui donner une personnalité plus affirmée.

Malgré son tableau de bord directement issu de la berline et ses motorisations en 4 cylindres uniquement, l’Astra vous offrira le plaisir de rouler décapsulé à moindre cout.

En effet, l’Astra cabriolet se négocie entre 3000 et 3500 euros en moyenne.

Les berlines (et breaks) pour les amateurs d’espace

Saab 9-5 OG, l’allumeuse suédoise

Là, je le reconnais de suite, je vais perdre une certaine objectivité, j’en ai une à la maison. La 9-5 se proposait comme une alternative aux allemandes sur le segment des berlines routières. D’aucuns lui reprochaient sa plateforme issue de l’Opel Vectra, mais dans la tradition Saab, il ne reste que peu de choses de la voiture d’origine.

Avec différentes évolutions du célèbre 4 cylindres turbo, ainsi qu’un V6, lui aussi suralimenté, la 9-5 offre de belles prestations à un tarif souvent inférieur à ses concurrentes germaniques. Quant à la disponibilité des pièces, pour une marque décédée, vous seriez étonné de la facilité avec laquelle on peut encore trouver des pièces d’origine.

Les prix varient assez peu d’une version à l’autre, comptez environ 4000€ en moyenne pour un modèle ne nécessitant pas de travaux.

Rover 75, Goodbye Stranger

Encore une marque disparue, ça tourne à l’obsession ! En fait, non, il n’en est rien. Au contraire, la 75, c’est le symbole d’une renaissance avortée. Après des décennies Leyland qui avaient mis le groupe à genoux, la roue avait commencé à tourner avec l’aide de Honda, à la fin des années 80. C’est BMW qui finira par prendre les commandes et qui investira dans celle qui allait devenir la 75.

Elle se démarque de la production de la génération précédente, avec un véritable gain de qualité d’assemblage et de finition. Avec sa ligne un tantinet rétro, elle avait tout d’une mini Jaguar, et ses motorisations 4 et 6 cylindres offraient une gamme cohérente. Pour les amateurs éclairés, il reste la rarissime version V8, née après le départ de BMW.

Ici aussi, le ticket d’entrée reste assez bas avec un tarif aux alentours de 2500€ en moyenne pour les premiers modèles, et 500€ de plus pour une version restylée. Les versions V8 étant extrêmement rares, difficile de donner une évaluation fiable.

Jaguar X-Type, faux-départ

La transition était toute trouvée, et on en a parlé également dans un article consacré aux vilains petits canards de l’automobile. Née au mauvais moment, la Jaguar X-Type n’a jamais su décoller sur le marché, la faute à un produit inadapté pour son segment (motorisations essence uniquement à son lancement, le temps de lancer le break et les motorisations diesel, le mal était déjà fait).

De nos jours, elle reste une voiture atypique, offrant des prestations plus que convenables pour la catégorie. Et défaut d’être un grand prédateur, ce gentil chaton vous emmènera où vous voulez dans une ambiance typiquement britannique.

La gamme étant restée serrée du temps de la production, cela se reflète sur le marché de l’occasion. Comptez en moyenne 5000€ pour une X-Type, la motorisation n’a que peu d’influence.

Les coupés de grande série, parce qu’on peut être un roturier qui a la classe

Opel Calibra, de la chenille au papillon

En 1988, Opel présente la Vectra, paisible berline familiale. L’année suivante, la marque au blitz présente son dérivé coupé, la Calibra. La transformation est tant inattendue que séduisante. Avec son aérodynamique léchée (un Cx record, à l’époque, de 0.26), elle offre de belles performances malgré une mécanique modeste.

Par la suite, le 4 cylindres 2.0 sera épaulé d’un V6, la transformant en véritable GT, et surtout d’un démoniaque 2.0 Turbo, accouplé à une transmission 4 roues motrices lui permettant de titiller ses confrères germaniques.

Ayant souvent subi des modifications pendant la frénésie tuning du début des années 2000, l’attrait pour les Calibra s’est effondré. Comptez en moyenne 2500€ pour une version 2.0, en revanche, une version Turbo 4×4, d’origine, se négociera plutôt du côté de 10000€.

Volkswagen Corrado, le coup de Scirocco

La “remplaçante” de la Scirocco (elles furent produites en parallèle pendant 4 ans), se veut plus cossue que sa devancière. Elle commence sa carrière avec un 4 cylindres 1.8, atmosphérique ou compressé (G60). Cependant, la Corrado va vraiment marquer les esprits avec l’apparition du fameux VR6 sous son capot.

Même si les prestations restent très VW (sérieuses, voire un peu tristes), la Corrado reste une auto très agréable à mener, comme nous le rapporte Benjamin. Au final, c’est son blason qui fait qu’on l’oublie.

Ici aussi, le tuning a fait pas mal de dégâts au début des années 2000. De nos jours comptez aux alentours de 5000€ pour les versions 4 cylindres atmo, 6000€ pour une G60 et pas loin de 9000€ pour une VR6.

Peugeot 406 Coupé, braquage à l’italienne

En 1996, la 406 Coupé reproduit le coup de la Calibra. Après une placide berline, Peugeot (qui renoue avec Pininfarina pour le design) dévoile un coupé pour le moins séduisant.

La 406 Coupé n’est pas une sportive à proprement parler, bien plus un coupé grand tourisme, dans la veine du coupé 504. Cependant, dans ce registre, malgré une finition intérieure perfectible, elle reste une référence non négligeable de l’époque.

Pour ce petit bout de charme franco-italien, comptez environ 4500€ pour une V6, et 3500€ pour les versions 4 cylindres.

Bien entendu, cette sélection n’est ni exhaustive, ni parfaitement objective. Elle vise surtout des véhicules relativement abordables, tout en se faisant plaisir avec des modèles un peu moins courants.

Nota : Les prix sont données à titre indicatif, et surtout, ce sont des valeurs moyennes. Ils peuvent varier grandement en fonction de l’état de la voiture.

Crédits photo : News d’Anciennes, Classic Car News, AutoEvolution

Pierre
Rédacteur à News d'Anciennes
Tombé dans la marmite automobile quand il était petit, il a rejoint l'équipe de News d'Anciennes en 2015. Expatrié en Angleterre depuis Mai 2016, il nous partage les évènements de là-bas.
En dehors de ça, il partage une bonne partie de son temps sur la route entre une Opel Ascona et une Mazda RX-8.

10 commentaires sur “Dossier (futures) Youngtimers : laquelle acheter en 2019 ?”

  1. Bravo pour cet article ! un joli panorama des différentes possibilités en véhicule “vintage”.
    Je suis personnellement possesseur depuis peu de temps d’un roadster BMW Z3 dont je suis parfaitement satisfait et avec lequel je fais de magnifiques ballades…..
    Salutations.

  2. Des photos actuelles de chaque modèle permettraient d’avoir une vue plus réaliste sur leur apparence réelle, plutôt que des photos très orientées commercialisation.
    Des photos issues d’annonces ou ventes publiques récentes, ça devrait pouvoir se trouver.

    1. Si vous avez regardé avec attention, vous avez constaté que nous proposions soit des photos provenant de News d’Anciennes (et feue sa subside anglophone Classic Car News), soit des photos presse fournies par les constructeurs. C’est une simple question de droits d’auteur.

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