La Renault Frégate “Prototype” de Chausson, une auto à la fibre particulière

Cette fois, ce n’est pas News d’Anciennes qui a fait cette découverte, mais c’est un lecteur qui nous a contacté, pour nous informer qu’il possédait une Renault Frégate. Jusqu’ici rien de bien transcendant ! Mais quand celui-ci nous indiqua que cette fameuse Frégate Prototype possédait un grand nombre de pièces en fibre de verre et qu’elle aurait été fabriquée chez Chausson, nous nous sommes dit qu’il fallait aller voir ça de plus près !

La Frégate en résumé

La Renault Frégate à la rédaction on la connait un peu, Benjamin nous en parlait dans cet article, et j’ai moi-même déjà rencontré une Frégate carrossé par Chapron, et on vous relate ça ici. On se rappellera que c’est une tentative de Renault de crée une voiture haut de gamme, afin notamment de rivaliser avec la Traction Avant de Citroën.

Victime de l’empressement de la direction du losange à vouloir sortir le projet un peu trop tôt elle présente quand même des lignes fluides et élégantes. C’est une élégante berline spacieuse, qui avec ses deux banquettes et son plancher plat peut accueillir une famille de six personnes. Elle possède également un vaste coffre à bagages. Son confort est assuré par une suspension à quatre roues indépendantes. Le freinage est tout aussi satisfaisant, faisant appel à une assistance hydraulique de marque Bendix. Seule la direction reste assez lourde à manier, tout comme la boite de vitesse elle aussi au maniement peu pratique.

Mais le principal souci de la Frégate résidera dans sa motorisation, bien trop anémique avec ses 58ch sensés pourvoir propulser les 1 210kg de la bête. Disponible courant 1952, la voiture se vend mal, et ce malgré l’adoption d’un nouveau moteur 2l, 77cv, en 1956, ainsi que des petits changements comme un toit ouvrant ou même l’arrivé de la transmission “Transfluide”. Son sort était scellé, car ni le break Domaine ou le grand pavois ne purent sortirent les ventes de l’ornière. L’année 1960 verra donc la fin de sa carrière, après seulement neuf année de service et 180.000 exemplaires vendus. Il faut dire qu’entre-temps la Citroën DS était sortie…


A la recherche de la Frégate perdue !

Quand le propriétaire Alex, nous contacta pour nous présenter sa Frégate, nous fûmes quelques peu dubitatif devant cet étrange véhicule. Mais après plusieurs échanges, nous en apprîmes un peu plus… On sait, par le premier propriétaire que c’est le carrossier Chausson qui en 1956 monta plusieurs pièces en fibre de verre sur cette frégate. La voiture fut rachetée à Chausson, et elle roula pendant quelques années. Ensuite elle resta stockée dans un garage pendant un trentaine d’années pour être retrouvée par Alex. Le stockage dans un garage explique le très bon état général de la Frégate.

Pourquoi réaliser cette Frégate Prototype ?

On vous l’a dit, le moteur était un des points faibles de la Renault Frégate. Même en faisant évoluer le moteur, les performances restaient en retrait de la concurrence. Du coup, sans pouvoir augmenter la puissance, c’est vers le poids qu’il a fallu chercher.

C’est certainement pour cela que Chausson a réalisé cette Frégate prototype. Chausson connaît bien la fibre… et s’y est déjà cassé les dents. En 1955, un an avant la mise sur roue de notre auto du jour, D.B a retiré la fabrication des Coach au nordiste suite à de nombreux problèmes de production.

Les pièces en fibre, attraction de cette Frégate Prototype

Les pièces de carrosserie en fibre qui équipe cette auto sont assez nombreuses. Sur l’avant, rien n’est a signaler. Les premières pièces seront les portes avant et arrière ainsi que le coffre de la malle arrière. On trouvera aussi les deux demies ailes arrières, alors que celles à l’avant ne change pas. A l’intérieur aussi on trouve du polyester, la planche du tableau de bord est elle aussi en fibre.

Julien, sur place pour prendre les photos est aussi… un pro de la fibre. Donc si on rentre dans la technique :

Nous sommes en présence de fibre de verre dans du polyester, la résine epoxy n’existait tout simplement pas ! C’est un taffetas épais, un tissu de 600 à 800 g/m², qui est appliqué par contact sur une forme et qui se fige à l’air libre, quand on utilise du contact sous vide avec les procédés et résines modernes. Les panneaux sont assez épais, environ 3 mm ce qui nécessite cet emploi de plusieurs plis.


Et le reste ?

Sinon tout le reste est conforme à l’origine des équipements de sortie d’usine. Comme je l’ai dit plus haut l’auto est plutôt bien conservée. Les intérieurs, tant le ciel de toit que les garnitures de porte sont dans un bon état, juste un petit nettoyage à effectuer et quelques petites réparations mais rien de très grave. Les banquettes sont elles aussi, en parfaites conditions, rien n’a bougé. Hélas la commande de démarrage est à changer car la clef fut cassée dedans.

Niveau moteur, là non plus rien à re dire, c’est bien celui d’origine. Comme on peut le constater sur les photos, on notera l’absence du radiateur et de la pompe à eau. Cette dernière étant cassée, Alex est en attente pour la remplacer. Autre intérêt pour les collectionneurs pointilleux que nous sommes, toutes les plaques ou autocollants d’époque, sont encore présent.

Conclusion

Cette Renault Frégate Prototype est bien mystérieuse ! Connue du club sans pour autant que son origine et son histoire ne soit clairement connus, cette auto est bel et bien présente.

Une partie de l’histoire de Chausson, plus que de l’histoire de Renault. Chez Renault Classic, on ne connaît pas cette auto qui reste un mystère. Alors que les coupés sportifs ont adopté les fibres et le polyester à cette époque là, les berlines qui seraient équivalentes à la Frégate ne s’y sont mis que ces dernières années pour limiter l’embonpoint. Et permettre le downsizing. Encore une problématique de rapport poids / puissance !


bertrand
photographe/reporter
rédacteur et photographe à news d'anciennes.
Passionné d'histoire et de véhicules anciens, il rejoint la rédaction de news d'anciennes en 2015. Armé de son fidèle Nikon, il écume les rasso et salons pour vous les faire découvrir.

7 commentaires sur “La Renault Frégate “Prototype” de Chausson, une auto à la fibre particulière”

  1. Bonsoir, Pierre Lefaucheux PDG de la régie Nationale des Usines Renault, c’est tué au volant d’une Frégate qui aurait eu une carrosserie en plastique. Beaucoup sont septique sur cette affirmation. Mais finalement, peut être que la voiture de cette article est une “petite sœur” de la voiture de Pierre Lefaucheux…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.